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shub22
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La théorie sur la conscience de Dehaene en question - Page 9 Empty Re: La théorie sur la conscience de Dehaene en question

le Sam 16 Fév 2019 - 6:05
@Zeugme a écrit:pour ce faire nous diviserons cet article en trois parties :

1/ la consolidation de la conscience
2/ l'imperfection de la mémoire
3/ l'improvisation comme secours immédiat

Comme il est fait mention dans le titre de cet article, l'importance de l'oubli semble être en partie la résultante d'un refus de la dépendance, mais aussi une forme de sauvegarde de l'identité, car lorsque nous avons mis en évidence la tension qui existe entre l'autonomie et l'autonomisation, il apparu qu'une certaine instabilité de la conscience pouvait prendre une forme d'opposition et générer par le fait, des réactions de dominations entre humains, justement par le refus de dépendre d'autrui ou d'un milieu ou par l'attachement à une identité communautaire (conscience collective)...

Il me paraît important à la lecture de tracer une dichotomie, ou disons multiplier aussi DES dichotomies probables et possibles pour aborder un aussi vaste sujet que la conscience : le quod et le quid ce qui donnerait la quoddité et la quiddité.
En lisant votre article j'avais envie de parler d'une chose que vous n'avez pas véritablement abordé jusqu'à présent: la pathologie ou les formes éventuellement pathologiques de la conscience. Pathologie est un qualificatif provisoire, non quelque chose de normatif débouchant à terme sur de l'idéologique et/ou pris dedans, ce qui entrainerait quasi inévitablement une volonté de normatisation ou re-normatisation partant du collectif et ayant pour but de viser l'individu pour l'assujettir. Historiquement la négation de la singularité de ces états de conscience comme cela fut traité dans la psychiatrie classique, j'avais envie de dire 2 mots sur la conscience hallucinée... ou d'une façon plus appropriée sur les "états de conscience hallucinée".
La conscience au travers de ces "états hallucinés" est prise dans la définition de quelque chose qui serait intériorisé: la conscience hallucinée ou les "états de conscience hallucinée" nous font percevoir tel des fantômes des objets qui n'existent pas réellement. Une co-naturalité de la conscience ? Des perceptions sur lesquelles pèsent un doute quant à l'existence "réelle" des objets auxquels elles sont censées renvoyer... Dans cette acception nosographique, la conscience hallucinée serait dite une pathologie mais saisie/appréhendée globalement, surtout principalement de façon organiciste : une conscience qui se subdiviserait en autant de blocs -ou états-blocs- comme la conscience objective, subjective, perceptuelle, réfléchie ou morale... Cette dernière, la conscience morale, résulterait d'une faculté d'abstraction élevée, bloc ou état-bloc aussi reliée à une "conscience morale collective" comme produit d'autant de "consciences morales singulières". Donc individuelles mais juxtaposées/reliées entre elles et de façon quasi fusionnelle à certains moments de l'Histoire...
Une conscience morale collective comme concept pour moi est tout à fait envisageable. Ces blocs ou états-bloc (objective, subjective, perceptuelle, réfléchie ou morale) viendraient constituer autant de parties structurantes ou structurées d'un ensemble global et général qui se retrouvera individualisé : on pourrait l'appeler ou le nommer symboliquement LaConscience
pour paraphraser le LaLangue de Lacan...
Zeugme
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La théorie sur la conscience de Dehaene en question - Page 9 Empty Re: La théorie sur la conscience de Dehaene en question

le Sam 16 Fév 2019 - 22:22
Comme nous en somme encore à rechercher la délimitation des intelligibilités respectives, distinctes, pertinentes, utiles, voir nécessaires pour rendre possible ce qu'est la conscience, et que pour vous répondre particulièrement shub22, au sujet de ce que vous proposez dans ce passage : "La conscience au travers de ces "états hallucinés" est prise dans la définition de quelque chose qui serait intériorisé: la conscience hallucinée ou les "états de conscience hallucinée" nous font percevoir tel des fantômes des objets qui n'existent pas réellement. Ou sur lesquels pèsent un doute quant à leur existence "réelle"...

Donc le moyen terme culturel "conscience morale collective" qui serait sous-entendu en ces singularités que vous nommez : "états de conscience hallucinée",  nécessiterait de refaire une lecture détaillée,
1/ des figurations primales de l'hominisation(ce que l'on nomme aussi l'intégration culturellement caractérisée des sauts phylogénétiques),
2/des bases archétypales de la représentation de l'individualité(par exemple dans l'historicité de la place des mythes et légendes),
3/des structures techno-évolutives du "facere" (en ses apports dans la survalorisation des capacités du groupe comparée au seul individu),
4/et surtout refaire une lecture détaillée de l'impact socio-psychologique des formes dominantes de la représentation de l'autorité d'un coté, du pouvoir de l'autre et des deux en mélange relatif et fluctuant(comme pour les religions, l'argent, le savoir, l'ancestralité(ne cherchez pas c'est un néologisme), la noblesse de sang, l'héroïsme, le génie...(liste non-exhaustive).

Bref, si il était possible de retracer la genèse : "d'une  conscience qui se subdiviserait en autant de blocs - ou états-blocs - comme la conscience objective, subjective, perceptuelle, réfléchie ou morale..." que vous admettez à demi-mot être l'aboutissement structurée d'une "hallucination collective", qui chemineraient dans la conscience individuelle et issus : "des objets qui n'existent pas réellement. Ou sur lesquels pèsent un doute quant à leur existence "réelle"...  ce serait admettre qu'il y ai un conditionnement psychique pathologique qui serait à la base de l'émergence de la conscience humaine.

Je ne suis évidement pas de cet avis puisque la place de la singularité pathologique ne justifie en aucun cas le déploiement de toutes des nuances évolutives de "l'état de conscience"(une des erreurs fatales de S.Freud), celui-ci étant sous-tendu dans son élan vital par l'acception intellectuelle et par l'acceptation volontaire, les deux unis formant une "morale"...

Ce qui est à percevoir maintenant ce sont les passages (les ponts possibles) entre les diverses intelligibilités que nous pouvons avoir de la conscience, en neuroscience, en psychologie, en science cognitive, en philosophie, et si il est envisageable de trouver analogiquement au moins, la preuve d'une correspondance, non pas conceptuelle (car cela est par définition une impossibilité qui est due à l'encodage spécifique du "signifié" dans un signifiant et qui est respectif à chacune de fores d'intelligibilités), mais structurelle, comme dans le travail de Dan Sperber en anthropologie, avec une spécificité universelle cette fois ci de la conscience que je nommerais, l'échange énergie/information...
Je cite en premier lieu un passage de l'introduction du livre de Raymond Ruyer, La cybernétique et l'origine de l'information, publié en 1954 :

Depuis longtemps, le pragmatisme et le béhaviorisme ont appris aux psychologues à mettre l'accent sur l'action plutôt que sur la conscience. La cybernétique adopte rigoureusement ce point de vue : le sens, la conscience dans l'information, n'a rien d'essentiel; ou plus exactement, le sens d'une information n'est rien d'autre que l'ensemble des actions qu'elle déclenche et contrôle. Si je dis à un homme qui occupe le même bureau que moi : « Il fait trop chaud ici, ouvrons la fenêtre, et que cet homme réponde : « En effet, quelle chaleur, ouvrons vite, il semble y avoir échange d'impressions conscientes encore plus évidemment que préparation d'un geste. Pourtant, la psychologie, même classique et académique, a reconnu depuis longtemps qu'une conscience qui ne provoquerait aucune réaction pourrait à peine être appelée une conscience. Je puis être tellement absorbe dans un travail que je ne sente pas la température excessive; et c'est au moment même ou je réagis que la conscience apparaît. Mon corps peut avoir réagi bien avant ma conscience, par les  mécanismes  de  régulation  thermique, tels que la transpiration, qui fonctionnent inconsciemment.
Ce passage met bien en évidence (peut-être à l'insu de son auteur) que la conscience se nourri même au travers d'une participation passive au réel, et que de dégrader son environnement a pour causes la confusion entre l'acte conscient et l'état de conscience, ce passage dit aussi comment le transfert d'informations exige toujours un contact/échange énergétique même aussi ténu soit-il (quantique pour les adeptes de cet encodage) mais ce qu'il ne dit pas, c'est que la qualité n'est jamais séparée de la quantité mais qu'elles se subdivisent entre elles par la finalité en devenir (ἐντελέχεια), (et cela donc en contradiction totale avec la position de Henri Atlan pour qui la causalité efficiente suffit à paramétrer toutes les relations et les transferts d'énergies réduisant la cause finale à une projection anthropocentrique) finalité donc qui est le sens même de l'information selon trois plans de stabilité de cette information : 1/l'émetteur, 2/le milieu intermédiaire de l'émission, et 3/le récepteur, avec cette particularité que les trois plans sont présents aussi dans un corps vivant sous des modalités biochimiques...

Ces trois plans formant une des structures communes à toutes les recherches d'intelligibilités citées plus haut... Mais en tant que personne consciente, savoir que l'information est la base vitale de toute "relation" entre ce corps, le milieu et un autre corps, ne précise pas en quoi cette information est nécessairement liée à un alter ego entropique en vue de la néguentropie de ce corps, il faut donc comme dans une autre participation sur ce sujet, citer de nouveau Olivier Costa de Beauregard par son livre : le second principe de la science du temps, page 65 :  "Toute mesure quantitative, même à signification plus sociale que physique (par exemple celle de la valeur en centimètre du pouce anglais) ; toute communication sociale (par exemple, une conversation téléphonique) ; toute délibération individuelle assez complexe pour exiger le secours aux traces écrites ou à l'enregistrement (par exemple, calcul à la main ou au moyen d'une machine) ; toute réflexion même mettant en jeu le seul cerveau, implique l'intermédiaire d'agents physiques, et comme une descente au niveau de la matière. De ce chef, le principe de Carnot généralisé va imposer sa loi, en dégradant inexorablement une fraction de l'information qu'on lui demande de transmettre ou de manipuler. Telle fût la découverte initiale, et lourde de sens, des ingénieurs des télécommunications et des calculs électroniques.
Ainsi le cosmos, où se trouve incarnée la société des psychismes (consciences), et par le moyen duquel ils communiquent entre eux, prélève obligatoirement un impôt frappé à ses armes sur tout message qu'on lui confie. Il y a là une découverte grandiose, et qui renouvelle entièrement les termes du problème de décider si la probabilité physique doit être objective ou subjective ; cette découverte fait passer du virtuel à l'actuel le vieux problème du dilemme objectivité/subjectivité de la Mécanique statistique.

Ou plus précisément, comme il apparaîtra par la suite, elle fait passer ce dilemme du contemplatif à l'actif.
J'ajoute personnellement avant de poursuivre la citation que c'est dans un ordre entre, ce qui est proprement l'acte contemplatif et ce qui est proprement le maintient des conditions de l'activité psycho-physiologique (contribuant donc à la dualité corps/esprit) que la tension vitale génère la conscience...
[...]
La cybernétique (avant qu'elle ne se fourvoie dans la systémique)apporte une idée nouvelle importante, c'est qu'un accroissement d'information sur l'état fin d'un système équivaut à la possibilité de faire décroître l'entropie de ce système [...]. Et ceci pose d'emblée la question : faut-il ou ne faut-il pas dire et penser que l'information est de la néguentropie tout court ?

Pourrais-je poursuivre encore cette citation, que se donnerait à voir avec encore plus de netteté, la lucidité de l'auteur sur ce qui est possible de percevoir des liens entre la physique et la psychologie, dans leur lien vital, nous découvrons en effet qu'une cause efficiente est perpétuellement à l'oeuvre, mais qu'elle ne peut participer à la distinction évolutive des corps que si elle est saisie elle même par la cause finale, puisque celle-ci est récapitulative des quatre autres causes : matérielle, formelle, exemplaire et efficiente... (nous y reviendrons peut-être).

Si c'est à la cybernétique appliquée que nous pensons être redevable l'approche neurophysiologique de la conscience dans le travail de Dehaene, il n'en reste pas moins vrai que la recherche de "dialogue" entre plusieurs intelligibilités pose avant tout une difficulté quant au fait de maintenir le suivi réflexif dans une zone où chacun puisse se comprendre, et sauf de découvrir un langage universel direct, seuls quelques épistémologues émérites saurons trouver des ponts et points de passages...

P. S. : à votre inquiétude shub22 quant aux risques de dichotomie entre l'essence et l'existence, et plus particulièrement entre ce qui demeure et ce qui passe, une dernière citation de Costa de beauregard :
le rêve, tout platonicien (état de conscience hallucinée), de ces théoriciens qui veulent, passer de la probabilité subjective à la probabilité objective, (ressuscitant à leur manière le rêve médiéval du passage de l'essence à l'existence) nous allons maintenant le revivre, et activement avec la cybernétique.
(Avant qu'elle ne se fourvoie dans la systémique.)

Cela mettant en lumière que toute dichotomie et plus encore toutes dichotomies croisées, uniquement instruites par une intelligibilité fondée sur la psychologie, produisent une suite hallucinatoire (pathologique ou pas) de déformation des informations issues directement du réel, et se terminent en une restriction de l'existence, si ce n'est tragique du quotidien, au moins sûrement en déficience de bonheur...

Reste que j'apprécie l'oeuvre de Lovecraft !
Zeugme
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La théorie sur la conscience de Dehaene en question - Page 9 Empty questionnement sur deux possibles points de contact entre les consciences humaine et computationnelle

le Lun 18 Fév 2019 - 8:34
Pour le faire repartir, je voudrais en reformuler l’enjeu en soulignant combien il est simple. Dans son livre : « Le Code de la Conscience », Dehaene expose une certaine théorie qui prétend expliquer comment le contenu de notre subjectivité se forme. Cette théorie est celle de l’espace de travail global. Pour elle la conscience émerge à partir d’algorithmes d’information (de calculs, pour parler simplement) au moment où, dans tout l’espace du cerveau, s’opère un travail d’intégration de ces algorithmes. Ce point de vue, cette thèse de Dehaene conduit à la problématique de départ : Le mécanisme d’intégration computationnel tel qu’il existe dans le cerveau et tel qu’il pourrait être reproductible dans un ordinateur produit-il ou non le quale de la conscience ?

Si c'est en effet comme vous nous y invitez, clément dousset, cette dernière question qui tendrait à porter par recherche d'analogies efficientes,  matérielles, formelles et sur un même plan de définition, la nature de la conscience humaine et la fonctionnalité binaire d'un processeur informatique...
Il n'est pas étonnant de certains chercheurs, je pense à Geoffrey Hinton, Dan Nicolau,  et surtout Yann Le Cun aient admis la possibilité performative d'autonomiser certaines fonctions programmatiques qu'ils nomment habituellement machine learning et deep learning...
Ce qui est notable, c'est que sans l'apport de bases de données continues, ou la mise en réseaux de certains capteurs d'informations bruts, comme la surveillance vidéo et satellitaires ou les relevés d'utilisation fine de la consommation électrique, etc., la fonctionnalité de ces programmes dits "autonomes" est assez vite limité, c'est pourquoi la phase suivante sera évidement de faire entrer "l'intelligence artificielle" dans une autre capacité de traitement de l'information, celle des ordinateurs quantiques, qui proposeraient une résolution des "problèmes" par des process ayant un taux de conductance augmenté et qui par là admettraient une singularité ressemblante à une conscience, si nous décidons de la définir comme un lieu énergétique d'un ordre d'information...
Et même dans le cas de l'avènement d'une telle "machine consciente", il resterait à lui proposer une direction à son activité, ou la laisser elle-même se diriger selon ce qui ressemblerait le plus au choix humain, c'est-à-dire la régulation de sa détermination, c'est pourquoi elle "choisirait" sa prolongation fonctionnelle, puisque c'est la contrepartie de ce qu'une conscience humaine recherche : sa survie.
A cette différence que le milieu de fonctionnement des machines n'est pas la nature, mais une extension de notre productivité, c'est aussi pourquoi dans certains scénarios cinématographiques, il se produit un affrontement pour avoir laissé échapper une forme autonome rivale de l'humain...
Ce qui ressort de la recherche sur la conscience en neurobiologie, n'est pas comme certains l'interprètent, la validation d'une délimitation fonctionnelle telle que l'abstraction ou (plus étrangement) l'inconscient, car justement pour la première, sa fonction (entendez son efficience et sa finalité unifiées) n'est pas constitutive de la conscience, mais participe comme d'autres fonctions à l'équilibre de toute la personne dans son milieu de vie...
est-il nécessaire de faire séparément une étude de l'abstraction en philosophie, pour parvenir à conclure que ce qui est saisie en conclusion des expérimentations en neurobiologie ne se recoupe qu'en partie seulement, celle qui permet de faire passer une information(entendu comme une part significative du réel) d'un état à un autre...
l'encodage tout comme l'ancrage qui sont des états fonctionnels aboutis de l'abstraction et que l'on trouve aussi bien(conceptuellement)dans un texte cognitiviste et dans une programmation informatique, sont-t-ils de même nature ?
une piste à suivre ?
Il y a eu depuis quelques années en neurobiologie et en psychologie cognitivo-comportementale une controverse au sujet des neurones miroirs, et pour confirmation, voici un court passage relaté par Florence Rosier et Publié le jeudi 14 mai 2015 dans le Temps : "Leur nom vient du fait que, comme dans un miroir, ils permettraient de se voir agir à la place de l’autre. Car l’existence d’un système analogue a été retrouvée chez l’homme… et le concept s’est emballé. Selon leurs hagiographes, ces fabuleux neurones seraient à la base de tous nos comportements sociaux, le langage, les conduites d’imitation et l’apprentissage, la compréhension d’autrui, l’altruisme et l’empathie, l’orientation sexuelle, les attitudes politiques, l’hystérie de masse, ou encore le bâillement, le tabagisme ou l’obésité. Mais aussi, en cas de dysfonctions, dans la schizophrénie ou l’autisme. «Ces cellules sont devenues la tarte à la crème de la psychologie», résume Jean Decety, professeur de psychologie et de psychiatrie à l’Université de Chicago.
En 2008, une étude publiée par le biologiste Harold Mouras et ses collègues dans la revue Neuroimage est même parvenue à « montrer » l’importance des neurones miroirs dans l’érection chez l’homme. De son côté, le dalaï-lama aurait été tenté de visiter l’Université de Californie à Los Angeles pour comprendre le rôle des neurones miroirs dans la compassion. L’art est aussi concerné: « Avec la découverte des neurones miroirs, les neurosciences commencent à comprendre ce que le théâtre sait depuis toujours », a déclaré le metteur en scène Peter Brook, comme l’indiquent Giacomo Rizzolatti et Corrado Sinigaglia dans leur ouvrage Les Neurones miroirs (Odile Jacob, 2008).
Patatras ! Voilà le mythe qui s’effondre. « Quelles sont ces miraculeuses cellules du cerveau humain capables de tout expliquer, de l’érection à l’autisme ? » s’étonne, non sans ironie, Gregory Hickok. Ce spécialiste des bases neurales du langage, professeur à l’Université de Californie à ­Irvine, a publié en août 2014 The Myth of Mirror Neurons (Norton & Company, non traduit en français). Ou comment démolir, à coups d’arguments étayés, les promesses abusives de ces cellules aux reflets trompeurs.
Pas question pour autant de remettre en question leur existence. «Le point clé est qu’il existe des codes neuraux communs à l’action et à la perception, souligne Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France. Dans le domaine du langage, c’est évidemment une condition nécessaire à l’existence de représentations partagées entre les différents locuteurs. »
« Le concept de neurone miroir reste très intéressant, poursuit Stanislas Dehaene. De nombreux scientifiques n’ont pas eu la naïveté de croire qu’il s’agissait de cellules miracles, tel le professeur Marc Jeannerod en France. Mais il est vrai que leur importance a souvent été exagérée.  » Pour Jean Decety, c’est un euphémisme: «Le terme même de «neurone miroir» a favorisé cet engouement. Ces neurones jouent un rôle certain dans le codage des actions, les apprentissages moteurs et les associations sensori-motrices. Mais de là à les rendre responsables de la compréhension des émotions ou de l’empathie, ce n’est pas sérieux ! »
Pour ne pas allonger excessivement cette participation, je réserve pour plus tard une place réflexive sur la congruence possible par ce qui est induit dans l'effet miroir, c'est-à-dire l'inversion de la représentation axiale, entre la conscience humaine et la "conscience" computationnelle...
Car il s'agit de trouver (ensemble : voir le titre de cette participation) ce qu'est spécifiquement : l'abstraction, la mémoire, et le langage du corps humain...
Zeugme
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La théorie sur la conscience de Dehaene en question - Page 9 Empty pièce au dossier.... pensée : langage/mémoire

le Mar 19 Fév 2019 - 11:18
Spoiler:

Pensée et langage, les deux faces d’un même problème...?
Toute la relation entre la pensée et le langage ne se réduit pas au problème de la communicabilité, car autant pour la pensée que pour le langage, la disproportion entre la signification et le sens nous porte à considérer ces deux faces de l'activité cérébrale comme ayant chacune et distinctement une finalité propre...
pour s'en rendre compte il suffit d'interroger notre expérience dans deux moments singuliers irréductibles l'un à l'autre, pour la pensée : l'abstraction sensible et pour le langage : l'adéquation logique...
car la pensée comme acte de l’intelligence, pose nécessairement un jugement d'existence en chaque abstraction sensible, et fait donc que la présence du réel est premier en temps et en lieu sur la signification de chaque réalité, car une fois l'abstraction stabilisée sous formes de concepts, plusieurs autres modalités de l'activité intellectuelle se ressaisissent des concepts, le langage quant à lui, pose une cohésion symbolique par chaque adéquation logique entre le sens personnel « visé » du discours et sa signification, il est donc est une des modalités de l'activité de l'intelligence...
nous voyons mieux ainsi que la pensée est plus tournée vers le pourquoi(car elle vise le sens) et le langage est plus tourné vers le comment, mais aussi que la finalité propre de la pensée est le constat et celle du langage est le contact, comme forme aboutie de communication, et donc il clair de voir aussi que le problème commun entre la pensée et le langage se trouve justement dans la possible temporalité commune des deux, à savoir une cohérence entre le pourquoi et le comment(être et devenir), contribuant à la stabilisation de la conscience...
si la pensée semble être le mouvement vital le plus éloigné des causalités régissant la matière(n'en déplaise à certains neurobiologistes), c'est qu'il constate plus immédiatement, entendu comme sans intermédiaire, l’unité effective entre l'être de la pensée et l'être de la réalité existante...
alors que le langage semble être la forme vitale la plus sous-tendue par ces mêmes causalités de la matière, car il est la forme de contact la plus propre à rendre compte du réel sensible par le descriptif et le figuratif, et du réel connu/abstrait par l'explicatif, il suit donc que la concomitance pensée/langage forme quant à elle, une nouvelle modalité de présence du corps vivant en son milieu de vie...
si le langage est un lieu commun circonscrit par un moment de la pensée, c’est par cette concomitance entre locuteurs que cette pensée vise à établir un sens commun et cohérent du réel, le pourquoi... et rencontre ainsi le lieu le plus représentatif de la présence de l'individu face aux autres individus, à savoir: la cohésion des significations de ce même réel, ainsi le comment de cette concomitance peut devenir la résolution du problème que pose l'évolutivité du langage comme moment de la pensée puisque le constat de celle-ci établi un contact...
car depuis le début de cet article, le problème c'est évidement la présence en devenir de l'individu, donc la temporalité de la durée de son existence, ainsi il nous faut donc convenir que seule la rencontre des deux, pensée et langage peut résoudre le problème de l'existence...

toutefois, si c'est un problème, c'est que l'humain est le représentant vivant ultime de cette tension entre le comment et le pourquoi, et qu’il lui revient peut-être de résoudre ce problème aussi par d’autres voies comme celle de la contemplation naturelle ou infuse...
en un deuxième temps 

il est utile de rechercher en quoi la représentation et la définition sont les deux structures du langage comme substitut de la mémoire...

la connaissance d'une vérité est avant tout une approche du meilleur sens, en tant que ce dernier puise son origine dans l'attente de notre fin perfectible, ainsi nous approchons toujours plus d'une "exemplarité" lorsque nous cherchons à comprendre ce que les réalités en elles-mêmes signifient pour nous même...
ex cursus sur : le passage du sens à la signification et de la signification au sens (effet miroir): si ce passage du sens à la signification est le résumé de toute l'histoire de la pensée, il nous restera une imperfection dans l'intelligibilité du langage que nous analyserons à la fin...
toutefois si l'exemplarité de la définition qui provient de la représentation ne limite pas l'universalité de la recherche de vérité, car la signification de la définition apporte aussi une justification et un engagement communautaire comme formes relationnelles socialisantes de la nature humaine, cette justification de la signification dans son "exemplarité" se réorganise sous des aspects de plus en plus complexes opérant un inextricable réseau de droits et d'interdits, signes si il en faut de son manque de finalité propre, de même l'engagement personnel malgré la diversité de ces implications légales, se résume à un rapport entre deux éléments, la sécurité personnelle et la stabilisation de la personne par les vertus...fin de l'ex cursus
donc notre recherche de sens et de la signification se trouve dans ces deux pôles : 
1/ la maîtrise de notre nature personnelle en vue du bonheur (le sens)
2/l'organisation de notre environnement en vue de notre bien-être(la signification)

et si nous devons les distinguer et pas les séparer, encore moins les opposer, c'est que la signification portée par le langage, ne peut apporter qu'un bien-être (par ex : les discours idéologiques sous l'apparence de divers relations que la signification figure), car la signification est perçue aux travers de la cohésion d’une communication «rassurante», sur une possible pérennité de ce bien-être...
alors que percevoir le sens apporte une perfectibilité à la conscience, par l'ordre de cohérence que le sens aide à former à partir de la multiplicité d'éléments du réel, premier gage de bonheur qui est comme une stabilisation dans la vérité...
De plus par la connaissance des diverses priorités ordonnées par le sens, émerge une unification de la personne dans l'équilibre qu'elle trouve en donnant : à ses besoins:la vertu de force, à ses envies:la tempérance, à ses projets:la justice, à ses désirs:la prudence, les quatre actes volitifs ainsi soutenus par les quatre vertus sont alors ordonnés de l'intérieur et ne cause plus de perturbations...
Position particulière du langage pour passer du sens à la signification par la substitution de la mémoire...
la pratique particulaire du langage est de servir d'extension à l'activité mnémonique et de se substituer logiquement à la mémoire lorsque l'intelligence pose un acte de locution intérieur ou de communication extérieur, cela veut dire que le langage est coextensif au raisonnement puisque ce dernier est l'efficience corporel mnémonique (la fonctionnalité cérébrale) de l'acte intellectuel...
la causalité du langage se retrouve en ce qui est délimité par la situation de la personne à partir :
1- de l'appréhension du jugement d'existence: qui permettra au langage de passer de la singularisation du phénomène à la saisie d'un universel(le mot), et cela par le mimétisme de la définition.
2- des sensations: qui permettront au langage de passer de l'expérimentation individuelle à une mise en commun culturelle via la signification du discours.
3- des émotions: qui permettront au langage de passer de l'incomplétude du vécu, au sens de la rencontre avec les autres via le dialogue et les confidences.
4- les passions: qui permettront au langage de passer de l'attente de l'élan vital à l'expérience du moment d'échange dans la relation via le langage amoureux ou haineux.
5- les intentions: qui permettront au langage de passer de la connaissance de l'autre aux conseils via l'enseignement et les lois.
6- la réflexion: qui permettra au langage de passer de la saisie du vrai au partage des vérités, via le débat pour manifester l'accord et le désaccord.
7- la mémorisation: qui permettra au langage d'établir une correspondance entre les représentations respectives des individus d'un même groupe via l'historicité de leur langue commune et les occurrences culturelles que la remémoration réactualise.
ces sept niveaux qui sont les influx du raisonnement comme nous le verrons plus tard au sujet de l'harmonisation de la représentation du monde réel et de son imagination passe tous par le langage...
ainsi nous voyons que le langage se situ (à la suite du cri) comme une recherche de délimitation de l'espace et du temps à la suite de la pensée, et cela par sa première expressivité selon les quatre premiers niveaux, et se construit selon une normalisation des rapports entre les deux niveaux suivants, 5 et 6, par la présence du sujet locuteur face aux autres locuteurs...
la mémorisation étant le champs de spécification du langage, réclame quant à elle une analyse séparée qui doit prendre en compte le conditionnement de la personne selon la continuation volontaire d'être au monde et la continuité naturelle de cette présence...
la mémoire tenant autant de la volonté de la personne que de son implication communautaire et cela sous une même délimitation figurant et préfigurant son ipséïté, permet que la mémoire contienne toute l'extension linguistique, mais aussi que le langage ne puisse pas recouvrir toute la mémoire...
nous voyons ainsi que mémoire et langage ont fonction de délimitation, pour insérer la personne humaine dans le monde, et en même temps le monde en elle...
pour le langage particulièrement, la responsabilisation du communiquant pose une question de tout premier ordre sur l'acceptabilité du réel, puisque comme nous l'avons dit plus haut c'est à partir de l'appréhension que se forme un premier "raisonnement" ou "résonnement"(effet d'écho) et comme premier du genre il influera sur tous les suivants, c'est-à-dire que le langage qui s'enracine dans la saisie du réel sera tel, qu'il portera toujours la marque de ce réel brut (voir l'étymologie des mots)...
aparté : 
c'est ce que l'on nomme dans la recherche linguistique moderne de la théorie de la référence directe et de la théorisation générale du réalisme : la fonction vectrice du langage, mais qui historiquement a été modelé par le rigorisme de l'écrit...
mais même dans ces théories, la distinction entre l'usage intégrateur au groupe par le langage humain et l'utilisation volontaire du langage en vue d'un bien, n'est pas assez marquée, il en résulte une dilution du principe même de communicabilité du langage qui comme nous allons le voir est en fait, selon l'évolution, belle et bien une substitution temporelle de la mémoire...
ce qu'il reste à appréhender c'est donc ce que procure le langage dans le passage de la signification au sens et du sens à la signification, et pour ce faire si vraiment le langage est une substitution de la mémoire, ce serait que quelque chose de l'intériorité doive céder la place à l'extériorité, la réception à l'émission, c'est l’enjeu de la parole dite, en vue d'être entendue...
si la définition fait suite à la représentation(elle même s'originant dans l'abstraction), et que le langage humain est le témoin sémantique et évolutif de cette continuité, nous pouvons mieux saisir pourquoi il se substitue à la mémoire, puisque qu'en terme de singularisation de l'information, la forme dynamique et évolutive du langage établit une base de figurations communes en vue de l'échange(la communication), alors que la mémoire biologique(des cellules) est une base commune partagée sans nécessaire mise en commun dynamique, qui se retrouve nécessairement dans la réciprocité de l'échange émetteur/récepteur du langage humain, dit autrement la mémoire cellulaire est un partage, la mémoire substituée par le langage devient un échange...
c'est pourquoi aussi toutes les formes de langage dans la nature: gestuel, olfactif, sonique, chimique et thermique, magnétique, micro-vibratoire, etc...( j'en oublis sûrement)sont toutes des partages, mais certaines deviennent aussi des échanges, puisque le partage est le propre de la matière et que l'échange est le propre de la vie...
le langage humain apporterait ainsi ce qui est en attente de la constitution de l'individu pour devenir une personne, mais que cet avènement puisse passer aussi par d'autres voies, que la voix est aussi évident...
Zeugme
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La théorie sur la conscience de Dehaene en question - Page 9 Empty Re: La théorie sur la conscience de Dehaene en question

le Mer 27 Fév 2019 - 15:04
Spoiler:

S'il ne suffit pas de percevoir la conscience, dans sa distinction avec l'âme (que les traditions philosophiques et religieuses nomme ainsi), dans sa stabilité et comme sommet de la tension vitale, dans son impasse d'unification communautaire, ni même en ce que sa présence corporelle implique comme héritage actif ou passif, il serait possible de proposer que la mesure consciente de toute chose par le jugement, se soit l’acceptation !

Comme disait le poète : « Le sens que l'on cherche parfois en toutes les réalités, ne se trouve pas selon la même intensité en chaque réalité... » Car en effet une finalité existe qui, sans être quantitativement ni qualitativement une limite entre les choses, ne laisse pourtant à la recherche du vrai et du bien qu'une seule voie... Celle de l'acceptation ! Mais loin d'être passive, l’acceptation consciente est l'acte le plus parfait dans la recherche de sens, puisque l'expérience individualisée en est la cause dynamique et que la personne entière y participe... De fait l'acceptation pose déjà la reconnaissance de l'existence puis du contact et enfin de l'échange entre une réalité particulière et son milieu, nous reviendrons sur ces trois moments de l’acceptation et surtout sur l’ordre naturel de leur procession, car c’est par cet ordre que nous trouverons pourquoi l’humanité en y dérogeant s’est égarée... L’acceptation est une des modalités vitales premières de la spécification corporelle du vivant, car sous des formes évolutives diverses, elle a toujours présidé aux échanges de toutes natures entre organismes vivants et avec leurs milieux de vie respectifs...

Mais ce qui est devenu pour notre espèce une qualification particulière (l'acceptation de l’acte conscient), c’est que cette mesure de toute chose qu’est l’acceptation s’opère par un questionnement, c’est-à-dire que l’intelligence sonde et prolonge le contact physique des cinq sens, par une inquisition du réel, qui peut atteindre une complexification telle que, ce pourquoi elle aurait dû être en acte, à savoir préparer l’acceptation, soit devenu une fin en tant que telle : la connaissance pour elle même...

Dans cette quête évolutive de la noosphère (comme le suggérait P. Teilhard de Chardin voir annexe 1*), la fonction de la conscience individuelle a émergé d’une disposition plus fondamentale du vivant, celle de l’extension poly ou mono phylétique, ce qui fait intervenir en "choix structurels" ("choix» étant compris ici comme la détermination première de la matière à compléter sa répartition), deux possibilités : celle que la vie soit une continuité infra-atomique des combinaisons de la matière constitutive d’un temps et d’un lieu à savoir : la surface (ou proche surface) de la terre il y a x millions d’années, cela pour la solution poly-phylétique... et pour l’autre possibilité, que la vie soit une singularité mono-phylétique ayant comme caractéristique première, une capacité d’adaptation proche d’une absolue assimilation du milieu de vie, que je désigne comme l’origine biologique de l’acceptation, c’est-à-dire l'origine aussi de la conscience... Et dans ce sens il est utile d'approfondir les conditions de l'échange matériel, vital, spirituel... L'échange est une des données première et continue de toute l'évolution, qu'elle soit matérielle, vitale, spirituelle, c'est dire que la permanence de l'échange soit  irréductiblement présente en chaque individualisation, et surtout qu'elle accompagne chaque saut ontologique et même qu'elle puisse rendre compte de ces sauts... C'est pourquoi l’échange doit être connu en tant que tel, et donc avant de rechercher ce qu'est l'intellection, il est utile de regarder les conditions de l'échange de manière universelle, pour ce faire, il sera indispensable d'exposer en premier lieu la différentiation induite entre plusieurs notions en "pairages" que nous tirons du réel, telles que : quantité/qualité, opposition/contraire, multiple/divers, acte/puissance, union/unité, limite/lieu, temps/mouvement,  macrocosme/microcosme, bien et mal, etc. Ainsi l'échange sera vu en ses caractères actifs puisqu'il n'est perceptible (tout comme la relation) qu'au travers des présences respectives de deux entités ou entre plusieurs parties d'une seule entité...
Entre la quantité et la qualité ce qui semble de prime abord être sujet à l'échange, révèle "comment il s'opère", et c'est la quantité qui est première et promotrice de l'échange, mais en recherchant le pourquoi de tel échange spécifique, c'est la qualité qui devient première car elle est son conditionnement le plus parfait ; En effet (comme vu précédemment) la qualité préside principalement au déploiement de la vie, alors que le partage préside principalement à la répartition de la matière...
Quant aux notions d'opposé et de contraire, elles nous donnent quelque chose de l'acmé de l'échange quant à son acte, puisque qu'elles ouvrent et ferment l'échange dans un même rapport à savoir: l'équilibre des dualités, qui ne sont pourtant pas identiques car l’opposition s’ouvre par une dualité dans l'indétermination, et se ferme par une dualité de négation, alors que le contraire s’ouvre par une dualité de différentiation et se ferme par une dualité d’harmonisation (comme pérennité des différences élan de la biodiversité);  Mais ce qui semble difficile à concevoir pour une intelligence humaine c'est qu'une même réalité puisse passer d'un état de contraire à celui d'opposé par rapport à une autre réalité ou en elle même, dans un seul et même échange, ce qui révèle bien l'importance et donc aussi les possibles causes d'égarements de ces deux notions d'opposé et de contraire pour l'échange...
Le multiple et le divers biologiques (analogie propre de la quantité et de la qualité physique) sont pour l'échange ce qui est irréductiblement source de contingence des corps vivants dans leur évolution respective et irréductiblement source et effet de nécessité dans l'évolution de tous les corps vivants, c'est pourquoi le multiple et le diverse sont les deux dimensions constamment présentes en chaque échange, c'est pourquoi aussi l'ordre entre ces deux dimensions est primordiale pour connaître la durée de l'échange et le pourquoi de la procréation du vivant, ce que nous verrons plus tard...
Le couple « acte/puissance » est une distinction de l'être en tant qu'être, elle est donc première dans l’ordre d’intelligibilité (ordre de perfection), et fournie à l'échange sa stabilité, en effet si l'échange existe c'est qu’une puissance est en acte et que tel acte finalise telle puissance, c'est donc dans cette équilibre de l’acte et de la puissance que tel être vivant trouve sa stabilité en tant qu'échange/relation avec sont milieu de vie(relation subsistante déjà vu à propos de l'âme)...
Maintenant est-ce l'union ou l'unité qui préside à l'ordre génétique de l'échange ? nous opterions logiquement pour l'union car elle est déjà première comme acte de singularisation de chaque échange, mais dans l'ordre de perfection c'est plutôt l'unité qui est première, car elle rassemble en elle tous les caractères propres à l'échange, c’est à dire toutes les déterminations de tel être vivant susceptibles d'être "objets de l'échange"...
Pareillement, pour le lieu et la limite, l'échange est-il plutôt dû au lieu ou à la limite ?
là aussi nous serions poussés à dire que c'est la limite qui fonde l'échange pour chaque être singularisé, mais si nous regardons l'universalité de l'échange, c'est à travers l’irréductibilité du lieu de chaque corps que l’échange est rendu opérant, donc ce qui est premièrement cause de l'échange c'est le lieu...
Pour le temps et le mouvement, nous avons plus facilement la solution, puisque l'échange est le dimensionnement du temps et du mouvement en tel corps, (ce que nous appelons aussi la durée de vie pour le vivant singulier), et si l'ordre entre le diverse et le multiple est si important pour connaître la durée de l'échange (donc de vie), c'est que ces deux spécificités du réel que sont le temps et le mouvement selon la primauté de l'un sur l'autre ou leur égalité d'inversion (position isomorphe), est le facteur modificateur d'attirance (ouverture) ou de répulsion (fermeture) d'un échange ; car comme tel le temps est la mesure d'un mouvement, il est donc pour la vie une durée...
Est-il utile de rappeler ici que les trois mouvements naturels du vivant qui sont selon : la forme, la croissance et le lieu "un élan d'individuation", prennent fin respectivement dans la maladie(forme opposée au corps), dans la vieillesse(forme opposée à la croissance) et dans l'accident (forme opposée au mouvement local, donc au lieu)...
Pour le microcosme et le macrocosme, qui est une subdivision uniquement intelligible si nous recherchons les lois communes entre la partie et le tout, (par exemple aussi entre le vivant et la matière), il est évident que l’échange n’est "soluble" dans le microcosme et le macrocosme que dans la gradualité de l’individuation, et réclamerait donc la saisie d’une forme universelle qui rendrait compte à la fois de la distinction des planètes (et autres objets stellaires) et de la distinction de tous les vivants...
aparté : cela pourrait être la substance (forme définie) mais même par induction, la notion de « substance » (ὑποκείμενον) est toujours saisie à la fin de l’induction comme point de stabilisation de l’être individualisé, et ce ne serait que dans un regard de sagesse sur le réel que l’ordre entre le microcosme et le macrocosme rendrait compte de ce qu’est l’échange et inversement en quoi l’échange rend compte de l’ordre entre le macrocosme et le microcosme, et cela dans la répartition de la matière et dans le déploiement de la vie...
Enfin pour le bien et le mal, la caractérisation propre d'une pensée, d'une action et donc aussi d'une parole, et de tous les faits et événements, établie non seulement du plus et du moins quantitatif, mais surtout une disposition qualitative vers une fin, c'est-à-dire la direction finale de toute pensée, action, parole, fait et événement, c'est pourquoi cette partition entre la quantité et la qualité, se trouve soumise pour nous humains aux deux notions de bien et de mal, en effet la quantité et la qualité entre dans une unité (bénéfique) si leurs singularisations dans une pensée, une action, événement, etc., acceptent les contraires en les unifiant mais ne peuvent s'unifier si elles s'opposent (maléfique)...
Nous venons de voir de manière inductive quelque chose de l'échange, mais comme ce n’est pas par induction que l’intelligence opère le plus communément, il est utile d'essayer de rappeler maintenant l’origine de l'intellection...(toujours en vu d'alimenter la réflexion sur le mind-body problem que nous partageons ici)

Si tout d'abord il semble évident que cet acte soit le propre de la zone cérébrale de certains corps vivants, il y a aussi au travers de certaines formations biologiques plus « simples » que l'animal, une capacité de saisie d'informations, de reports synthétiques et d'organisation de nouvelles occurrences, qui sont autant de manifestations de la pérennité du milieu de vie, sortes de facultés naturelles abstractives, telles que nous pouvons y voir aussi une activité biologique analogiquement proche de l'intellection animale et donc humaine...
Ayant dit cela, il n'est pas aussi évident d'admettre que les mouvements vitaux soient tous orientés dans la même direction, car la matière elle même se dispose en plusieurs strates ayant des contraires et des oppositions, c'est pourquoi il est nécessaire de prendre un autre angle de vue pour trouver en quoi l'intellection qui est une forme active de vitalité, et plus exactement un mouvement vital (qui s'origine dans la matière), garde une dépendance vis à vis de son origine matérielle tout en étant indépendante dans son élan vers sa finalité)...
Donc, en essayant de trouver les bases analogiquement communes entre le mouvement de la matière et l'intellection (comme acte de l’intelligence) nous sommes devant un fait incontournable, c'est la symétrie opérative existante dans le partage de la matière et dans l'échange vital quant à la répartition des informations...
est-ce cela la capacité commune pour que la néguentropie du vivant soit en union et en unicité avec le milieu de vie ? et qui pourrait rendre possible la pérennisation de certaines qualités au détriment d'autres ? sorte de choix primordial de l’évolution, qui mettrait aussi en évidence une des finalités communes de l'intellection et de la matière à savoir:l'organisation de l’information...

En effet, si le choix humain est premièrement un acte de l'intelligence, qui est en vue de l'adhésion de la volonté (acceptation/conscience), il a son origine dans une des capacités de la matière lorsqu'elle est disposée au partage d'énergie et donc d'informations (organisation collaboratrice des neurones entre autres), et c'est par le lieu et la limite que le passage entre le partage et l’échange se fait, qui sont alors ana-logiquement pour l'intellection, la mémoire (le lieu) et le concept (la limite)... Le «choix» sera donc proprement pour la matière : quel lieu pour quelle limite ? pour l'intellection : quelle mémoire pour quel concept ? dans cette direction, on peut dire aussi que les cinq sens sont des dispositions physiques(stimulations) et physiologiques (complexion) d'un corps en vue du passage : partage/échange...
Or, si du point de vue humain, la matière semble entièrement déterminée par des lois qui régissent tous ses états et l'enserre dans une quantité finie de qualifiants, nous devons quand même convenir que cette matière soit dans une potentialité de diversification de corps de complexités distinctes, c'est-à-dire qu’elle soit une structure métamorphe ayant une capacité de mutation telle que, par la vie (comme sommet de sa répartition), le diverse pourrait devenir la finalité du multiple dans son déploiement... (biodiversité)

Cette disposition dynamique d'équivalence multiple/diverse comme base commune entre la matière et la vie, est ouverte aussi au "niveau supérieur" d'organisation de la matière par l'interaction et pour les corps vivants par la relation, c’est donc qu’il est important de s’intéresser à l'intellection comme acte d'une fonction vitale et d’essayer de percevoir en cette capacité, une des marques de la qualité première de la vie à savoir : la reproduction ! car l’acte d’intellection est une reproduction (modalité isomorphe de l'échange) du réel, ce que nous nommons communément l’abstraction sensible... (et donc qu'il ne faille pas en conclure que les mathématiques soit l'intelligibilité isomorphiquement la plus aboutie du réel)

Aparté :
mais il y a une autre disposition naturelle d'un corps vivant pour la reproduction, c’est la procréation qui se déploie en trois ordres: organique, de compatibilité et de nécessité, et il serait utile de voir dans ces trois ordres en quoi les deux dispositions naturelles que sont l'intellection et la procréation se recoupent...

L'organisme : les bases organiques de la procréation/reproduction et de l’intellection sont autant de zones de contacts effectifs, (comme un œil pour voir doit être en contact avec une lumière), mais la fonction reproductrice du vivant étant plus complexe, elle est naturellement dépendante avec d'autres facultés particulaires de la personne humaine, qui sont les dimensions affective et prudentielle ; là aussi nous pouvons suivre le même élan vital d’échange entre l’acte d’intellection et la reproduction du vivant, si nous admettons qu’ils sont tous deux, des capacités de mutation par le  contact entre deux corps...
En effet, si il y acte c'est qu'il y a eu rencontre/contact entre deux corps vivants identifiables, et dans le cas de l'intellection, avec les vestiges de la présence de certains formes dans la mémoire, c'est alors que l'on parle communément de la "fécondité de l'intelligence" dans la continuité historique d’un savoir, mais aussi dans l'expression artistique par exemple, sous le nom "d'inspiration" qui ne part pas de rien, mais toujours d’un substrat cognitif...(voir l’article très instructif de  Marcin Sobieszczanski en annexe 4*)

La compatibilité : autre spécificité communes de la procréation et de l'intellection, qui révèle une des causes de l'évolution, autant pour les corps vivants que pour les civilisations, c’est le rapport individuel au choix de participation de l'individu aux mouvements du groupe, ce qui établi de fait une hiérarchie de "références communes", nous avons là la base de la vie politique, car il est évident que dans l'ordre génétique, la compatibilité précède le contact, avec cette complexification pour l'intellection, c'est qu'elle est plus difficilement préservée et plus facilement mise en acte par les zones d’hyper-communicabilités, (ce qui a fait l'emballement des sciences et des techniques en notre temps) alors ce qui resterait à mettre en lumière, c'est ce « moment des possibles » qu'outrepassent les productions intellectuelles et la procréation ( jusqu'à leurs P.N.R respectifs), mais cela réclamerait de distinguer les connaissances nécessaires et les autres(dans l'éducation par exemple) tout autant que la limite de la fécondité, ce qui ressemblerait fort dans l'une et l'autre "production" à de la censure et à de l'eugénisme...

La nécessité : puisque c'est à partir de la notion de puissance entendue comme "capacité à être en acte" que la procréation et l'intellection se trouvent ou non opérantes,(unifiant la mutabilité et la disposition naturelle à la stabilité, vers une survie de l'espèce et l'évolution de la conscience) c'est donc que la dynamique naturelle la plus commune et la plus stable de cette capacité de mutation se trouve être «la nécessité», et comme première forme dynamique elle impose aux autres quelque chose de sa nature, se sera donc elle qui sera par exemple, organise le centre de tension des trois mouvements naturels que sont : la forme, la croissance et le mouvement local, elle aussi qui régulera les qualités dans chaque quantité et chaque qualité dans telle quantité, également elle qui ouvrira de nouvelles fonctions dans la complexification des états de vies biologiques, tout autant que de nouveaux rapports énergétiques dans la matière...

Bref, la nécessité comme dynamique est opérante selon chacune des limites du réel, et elle est donc la base de la distinction entre l'union et l'unité, entre le diverse et le multiple, etc...jusqu'à l’échange et le partage qui lui sont redevable pour leur distinction, leur successivité et leur élans respectifs...

Il y a bien dans cette notion de nécessité un des nœuds de conceptualisation du réel qui a surgit en théologie chrétienne dans la question du libre arbitre humain en face de la création/rédemption de Dieu ! en philosophie dans la question de la liberté/responsabilité personnelle et collective en face du conditionnement naturel et artificiel ! en physique théorique dans la question du passage/relais entre physique classique et quantique, sur des notion telles que le déterminisme et la nécessité ( voir le résumé en annexe 4* du très bon exposé de Michel Paty) ! en biologie moléculaire pour la question de l'épigénétique dans la performation du vivant, et du caractère irréversible de l'évolution (voir le livre de J.Monod dont un extrait est en annexe 5*)
mais qui se retrouve aussi aujourd'hui (entre autre) dans la recherche en bio-psychosociale) !...

Conclusion : l'intellection phase critique...
Indubitablement si l'acte d'intellection est un discernement (κρίνω), faisant une identification du singulier (jugement d’existence τὸ τί ἥν εἵναι ) par une distinction entre plusieurs réalités, (voir une proto-définition comme encodage premier de la conscience), il semble indispensable aussi de considérer l'acte d'intellection comme un des moments naturels de l'affirmation sur la négation, mais aussi de la mise en perspective des potentialités du réel,  puisque le jugement sur la faisabilité est un jugement critique et conduit parfois même à une «opposition» entre les diverses acteurs d'un projet commun, donc si l’acte d’intellection est un mouvement de séparation entre plusieurs possibles, plus encore il devrait être un secours incontournable dans l'organisation de la communauté humaine, son implication dans la formation de cette communauté doit également être à chaque moment de choix, comme ce qui justifie et «impose» une cohérence et une cohésion entre les diverses acteurs...(via le travail de communication par le langage)
Enfin, c'est en reprenant la généalogie naturelle de l'intelligence, que nous serions conduit à prendre l’acte d'intellection comme le tranchet s'appliquant au réel en vue de composer de nouveaux assemblages en continuité de ceux que la nature produit, cette continuité devenant la garantie de la viabilité de tout projet humain, ainsi nous pourrions voir comment et pareillement à la conscience et à la liberté, que l'intellection, qui est l’acte de l’intelligence qui tend vers le vrai, est indissociablement "uni" et "un", avec l’acte volontaire qui accepte et accède au bien et pourrait alors être nommé acte de contemplation...

A suivre les textes en annexe...
Zeugme
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La théorie sur la conscience de Dehaene en question - Page 9 Empty Re: La théorie sur la conscience de Dehaene en question

le Mer 27 Fév 2019 - 15:05
Spoiler:

Textes annexes :

1* Pierre Teilhard de Chardin, La place de l'homme dans la nature. Le groupe zoologique humain.

AVERTISSEMENT : Comme leur titre même l'indique, les pages qui suivent ne prétendent absolument pas donner une définition exhaustive de l'Homme. Mais elles cherchent tout simplement à en fixer les apparences « phénoménales », dans la mesure où (pour notre observation terrestre) l'humain peut être légitimement regardé par la Science comme prolongeant et couronnant, au moins provisoirement, le vivant. Essayer de définir expérimentalement ce mystérieux humain en fixant structurellement et historiquement sa position présente par rapport aux autres formes prises autour de nous, au cours des temps, par l'étoffe cosmique, — tel est le but, bien circonscrit, de l'ouvrage ici présenté. Objectif proche et limité; mais dont l'intérêt puissant est de nous faire accéder, si je ne m'abuse, à une position privilégiée d'où nous découvrons, avec émotion, que si l'Homme n'est plus (comme on pouvait le penser jadis) le centre immobile d'un Monde déjà tout fait, — en revanche, il tend désormais à représenter, pour notre expérience, la flèche même d'un Univers en voie, simultanément, de « complexification » matérielle et d'intériorisation psychique toujours accélérées. Une vision dont le choc devrait être assez fort sur notre esprit pour exalter, ou même pour transformer, notre philosophie de l'existence.
Paris, 10 janvier 1950.

Vers plus de cerveau... pages : 154-156.
J'ai signalé et analysé ci-dessus (chap. IV, pp. 127-128) le mécanisme de cérébralisation collective qui, à défaut d'autres indices anatomiques positivement observables, témoigne de la persistance, au cours des temps historiques, du mouvement de corpusculisation cosmique dans une Humanité en état d'expansion. Sous un régime convergent, il est inévitable en droit, et surabondamment prouvable en fait, que le processus tende à s'accélérer et à s'intensifier. Ici encore, noyés dans l'ampleur et la lenteur du phénomène, nous n'y prêtons d'ordinaire qu'une attention distraite. Et cependant, favorisée par la multiplication soudaine des moyens ultra-rapides de voyage et de trans-mission de pensée, la formation ne se multiplie-t-elle pas à vue d’œil, autour de nous, d'aires ou d'îlots psychiques où, par con-vergence de leurs pouvoirs de réflexion sur un même problème dans une même passion, les noyaux humains s'organisent stablement en complexes fonctionnels où il est parfaitement légitime, en saine Biologie, de reconnaître une « substance grise » de l'Humanité ?
Et c'est alors que, rendue possible par le jeu même de cette innervation sociale (opération jamais encore tentée à une pareille échelle, ni avec de pareils éléments dans la nature !) , l'éventualité révolutionnaire se découvre à l'esprit d'un rejaillissement concerté de la Recherche sur l'intelligence même dont elle émane : la cérébralisation collective (en milieu convergent) appliquant la fine pointe de son énorme puissance à compléter et à perfectionner anatomiquement le cerveau de chaque individu. 
A compléter, d'abord. Et ici je pense à ces extraordinaires machines électroniques (amorce et espoir de la jeune « cybernétique ») par lesquelles notre pouvoir mental de calculer et de combiner se trouve relayé et multiplié suivant un procédé et dans des proportions qui annoncent, dans cette direction, des accroissements aussi merveilleux que ceux apportés par l'optique à notre vision. Et à perfectionner, ensuite ; ce qui peut se concevoir de deux façons : — ou bien par mise en circuit de neurones déjà tout prêts à fonctionner, mais encore inutilisés (et comme tenus en réserve) dans certaines régions (déjà repérées) de l'encéphale, où il s'agirait seulement d'aller les réveiller ; —ou bien, qui sait ? par provocation directe (mécanique, chimique ou biologique) de nouveaux agencements.
De la sorte, à l'intérieur de la Noosphère en voie de compression, une nouvelle chaîne se dessinerait, particulièrement centrale et directe : la cérébralisation (effet supérieur et paramètre de l'enroulement cosmique) se refermant sur elle-même dans un processus de self-achèvement ; une auto-cérébralisation de l'Humanité devenant l'expression la plus concentrée du rebondissement réfléchi de l'Évolution. Malgré leurs apparences un peu folles, ces vues, je prétends, n'ont rien d'invraisemblable. Mais elles se trouvent tout bonnement à l'échelle des dimensions que la Science rencontre chaque fois qu'elle s'attaque à un mouvement d'ampleur cosmique. Impossible de mieux s'en convaincre qu'en cherchant (comme une curiosité irrépressible nous y porte) à extrapoler vers l'avant, aussi loin que possible, le flux totalisant d'énergies psycho-techniques dont la marche convergente, j'espère l'avoir montré, se fait chaque jour plus reconnaissable dans la marche des choses autour de nous.

2* Martin Heidegger, Être et temps,  § 20. Les fondements de la détermination ontologique du « monde ». Traduction par Emmanuel Martineau.

Descartes ne se contente pas d’esquiver la question ontologique de la substantialité, mais il souligne expressément que la substance comme telle, c’est-à-dire sa substantialité, est d’emblée en et pour soi inaccessible. « Verumtamen non potest substantia primum animadverti ex hoc solo, quod sit existens, quia hoc solum per se nos non afficit » [1]. L’« être » lui-même ne nous « affecte » pas, aussi ne peut-il être perçu. « L’être n’est pas un prédicat réal », selon l’expression de Kant, qui se borne à restituer la proposition de Descartes. Du coup, l’on renoncera fondamentalement à la possibilité d’une pure problématique de l’être, et l’on cherchera une échappatoire pour obtenir ensuite les déterminations citées des substances : comme l’« être » est en effet inaccessible comme étant, il sera exprimé à l’aide de déterminités étantes de l’étant en question - d’attributs. Non pas cependant à l’aide de n’importe quels attributs, mais à l’aide de ceux qui satisfont le plus purement au sens de l’être et de la substantialité que l’on persiste à présupposer tacitement. Dans la substantia finita comme res corporea, l’« assignation » primairement nécessaire est l’extensio. « Quin et facilius intelligimus substantiam extensam, vel substantiam cogitantem, quam substantiam solam, omisso eo quod cogitet vel sit extensa » [2], car la substantialité ne peut être dégagée que ratione tantum, non pas realiter, elle ne peut être trouvée comme le substantiellement étant lui-même.
Ainsi les bases ontologiques de la détermination du « monde » comme res extensa sont devenues claires : elles consistent dans l’idée non seulement non-clarifiée, mais encore déclarée non-clarifiable en son sens d’être, de la substantialité, exposée moyennant le détour par la propriété substantielle prééminente de chaque substance. D’autre part, la détermination de la substance par un étant substantiel nous livre également la raison de l’équivoque du terme. C’est la substantialité qui est visée, et pourtant elle est conquise à partir d’une constitution étante de la substance. L’ontique étant substitué à l’ontologique, l’expression substantia fonctionne tantôt au sens ontologique, tantôt au sens ontique, mais le plus souvent dans un sens ontico-ontologique confus. Mais ce qui s’abrite derrière cette imperceptible différence de signification, c’est l’impuissance à maîtriser le problème fondamental de l’être. Son élaboration exige de se mettre convenablement « sur la trace » des équivoques ; qui fait cette tentative ne « s’occupe » pas « de simples significations verbales », mais doit se risquer, [95] pour clarifier de telles « nuances », dans la problématique la plus originaire des « choses mêmes ».

3* Vers une génétique cognitive des médias, Marcin Sobieszczanski, 31/08/2017 tiré à part de Pélissier-Thieriot, Art, culture et communication : métamorphoses numériques, L’Harmattan, coll. Communication et Civilisation. ( j'ai omis la table des références, mais les personnes intéressées la retrouveront aisément).
Table des matières
Résumé  .........................................................................................................  1
Introduction  ...................................................................................................  2
Génétique du cerveau et de ses productions  ...................................................  3
Vision circulaire du couplage corps/culture ........................................................  4
Paradoxe de la culture......................................................................................  5
Cas de la zone d’écriture  ................................................................................  5
Extension médiale des recherches grammatologiques........................................  7
De la « génétique des médias » à la « pro-génétique du design des médias »  ..... 8
Complémentarité sensorielle  ............................................................................ 9
Complémentarité bio-artéfactuelle  ...........................  9
Principe duratif  ................................................................... 10
Conclusion  ..........................................................................  11
Références  ..........................................................................  12


1/Résumé
Les sciences cognitives ont apporté des éclairages décisifs dans plusieurs domaines relevant des sciences  de la culture. Notamment la faculté de langage a été l’objet de développements spectaculaires apportant des arguments en faveur d’une vision naturalisée des artefacts linguistiques. C’est actuellement à l’écriture, le premier média complexe de l’humain, scellant l’union du langage verbal avec le système de signes graphiques, de se prêter à l’exercice de l’épistémologie biologisante et de confirmer l’existence de ponts entre la génétique du substrat cérébral, l’épigénétique, le mimétisme comportemental et finalement l’apprentissage culturel.
La localisation  cérébrale des aptitudes scripturales découverte récemment dans la zone dite d’Exner, plaide pour cette circularité corps/culture et permet d’envisager de nouveaux programmes de recherches portant sur l’ensemble des médias. La diffusion des médias multisensoriels numériques apporte une nouvelle donne à cette perspective. En effet, l’usage intensif de ces médias provoque un impact ultrarapide sur l’architecture fonctionnelle du cerveau humain. Cette situation inédite, où l’apprentissage d’un nouveau média et l’impact cognitif que son usage suscite, coïncident avec le processus de sa conception et de sa mise en circulation, confère aux concepteurs le rôle de « pro-généticiens ».

3/Introduction
A la fin des années 1990, la communauté française des SIC, par la voix de chercheurs associés au GIS « Sciences de la cognition », dont le soussigné, travaillant sous la direction de Gabriel Ganascia (Trognon, 1995) et en collaboration avec Bernard Conein, commence à tirer des conclusions des études cognitivistes présentes dans la tradition anglo-saxonne résumée admirablement dans l’ouvrage posthume de Gregory Bateson (Bateson, G., 1991). Elle s’est engagée, à la suite, avant tout, de ses collègues américains, à prendre désormais en compte le substrat neuronal qui est à l'œuvre en toile de fond de tout acte de communication. Elle y ajoute aussi du sien : avec  la traduction anglaise de l’ouvrage de Dan Sperber  et de Deirdre Wilson (Sperber, D., Wilson, D., 1989), les concepts de l'effort cognitif et de l'effet cognitif, sont à leur tour propulsés Outre-Atlantique. Or, la faible présence des études cognitives au sein des SIC académiques  actuelles, et même  au  sein  des  études des médias, nous informe  d’un certain ralentissement  dans ce  domaine, et ceci-même au moment  où les résultats  des sciences cognitives sont à leur apogée. A la différence des techniques de représentation visuelle et filmographique, des études linguistiques  et même littéraires ou des  études en cognition sociale, la  communication  et l’information se cherchent toujours un objet cognitif qui démontrerait auprès du public l’intérêt d’une épistémologie « caractérisée » voire « réductionniste », que ces disciplines récusaient toujours au nom de leur hybridité et leur polygenèse. C’est étonnant, puisque les SIC n’ont jamais été aussi proches des  sciences  cognitives naissantes que  dans leurs propres stades précoces. Les conséquences présentes de ces anciennes accointances  sauront  encore nous surprendre : en témoigne, actuellement, la circulation mondiale d’idées autour de cette prémonition de Bateson : « But let us suppose that in biological evolution there were a direct communicational bond between individual experience which will induce somatic change, as it’s called, and the DNA injunction to be passed on to the next generation. » (Bateson, G., 1991).

4/Génétique du cerveau et de ses productions
L’exégèse de la formule batesonienne s’impose d’elle-même : depuis Descartes d’abord, ensuite depuis les travaux pionniers des naturalistes des Lumières, et finalement avec l’essor de la neurophysiologie du 19ème, on postule une corrélation biunivoque entre l’ensemble des fonctions vitales des espèces à système nerveux et les différentes populations de neurones implémentant différentes fonctions cognitives, tantôt d’une manière centralisée et tantôt d’une manière distribuée. La naissance de la génétique, apparue d’abord dans les études des caractères somatiques menées par Gregor Mendel, achoppe rapidement sur la question de l’hérédité du système nerveux. D’une manière générale, depuis l’apparition, à la fin du 19ème, de l’hypothèse dite de « barrière de Weismann » (Weismann, A., 1892), l’hérédité de la variabilité individuelle est sujette à caution.

Les tissus biologiques présentent une différentiation fondamentale entre les cellules dites germinales et les cellules somatiques. La « barrière » fonctionne ici en tant que mécanisme de préservation de la stabilité morphologique des organismes pluricellulaires dans la durée impartie à la stabilisation de leurs différentes espèces.
De surcroît, dans cette vision, le système nerveux recèle encore un niveau supplémentaire de complexité puisqu’il est à la fois un substrat neurophysiologique implémentant les fonctions et un mécanisme d’acquisition, de stockage et de traitement des informations générées dans des expériences écologiques vécues par des individus et par des populations. Si la « barrière de Weismann » est un moyen dilatoire visant à empêcher le matériel génétique de s’imprégner de l’expérience somatique, elle doit être encore plus efficace dans le cas des informations affectant le système nerveux. Cette « barrière épistémologique » donne naissance à une longue tradition de séparation entre la « biologie somatique » et les « contenus psychiques ». On observera que c’est  aussi  la  ligne  du partage,  toujours  actuelle,  entre  les  sciences  dites  de  la  nature  et  les sciences de la culture.
Ainsi la classification de nos sciences en champs ne passe pas seulement par les statuts des objets d’intérêt sur lesquels les « sciences de la nature et de la vie » et les « sciences de la culture humaine » se focalisent, mais aussi par les moyens génétiques
de la transmission transgénérationnelle des mécanismes dédiés à la gestion de l’expérience apparue durant l’ontogénèse de l’individu et des populations d’individus biologiques.
Aujourd’hui, sur le terrain académique ce schisme a encore de beaux jours devant lui, mais la recherche, aussi bien fondamentale qu’appliquée, et peut-être avant tout cette dernière, semble se positionner déjà sur un socle épistémologique nouveau. On l’observe d’ailleurs des deux côtés de la frontière disciplinaire.

5/Vision circulaire du couplage corps/culture
Sur le terrain de la biologie moléculaire et génétique, la reprise critique des idées séminales de August Weismann a commencé par la réflexion lancée à la fin des années 1980 par le biologiste et  éco-philosophe  américain Leo W. Buss  (Buss, 1987), et aujourd’hui elle investit jusqu’aux mécanismes intracellulaires afin de se procurer une vision plus fluide des rapports entre l’hérédité et l’expérience  (Radzvilavicius, Hadjivasiliou, omiankowski, Lane, 2016).
Nous avons également une nouvelle vision de l’origine moléculaire du système nerveux (Moroz, Kocot, Citarella, et al., 2014) qui par l’observation des organismes pluricellulaires parmi les plus anciens tend à élucider la manière dont les agrégats de cellules nerveuses gèrent leur stabilité morphologique, leur hérédité et l’impact des événements écologiques sur l’organisme individuel en tant que « corps innervé ».
Sur le terrain des productions culturelles de l’Humain, plusieurs travaux initiés dans les années 1990 démontrent l’importance de l’évolution des comportements et de l’évolution des cultures dans l’évolution universelle qui les englobe sous sa forme élargie, néodarwinienne, comportant aussi bien les mécanismes génétiques qu’épigénétiques. Un pas de plus serait la remise en cause du principe de l’unicité de l’apprentissage ontogénétique dans la transmission transgénérationnelle du langage, envisagée déjà depuis 1973 par Noam Chomsky (Chomsky, 2007), et des biens culturels… Autrement dit, si comme le soutiennent Jablonka et Lamb, la culture est un puissant et autonome vecteur de l’évolution chez l’Humain, elle-même doit être  pourvue d’un mécanisme  biologique lui permettant de gérer l’évolution du substrat neuronal qui la soutient et la produit (Jablonka, Lamb, 1995). Cette circularité quadridimensionnelle de l’évolution du vivant, génétique, épigénétique, comportementale et culturelle, est d’autant plus évidente que les origines de la culture sont observées de plus en plus tôt dans le monde animal (Lestel, 2009), y compris chez les invertébrés  (Avarguès Weber, 2010).

6/Paradoxe de la culture
La génétique de la culture nous apprend aussi à procéder d’une manière paradoxale. D’un côté, on atteste chez les  insectes sociaux les  mécanismes d’apprentissage « culturel » (AvarguèsWeber, A., 2010) se traduisant par la transmission extra-génétique des comportements ainsi induits.
D’un autre côté, on observe une longue maturation de différentes parties du cerveau, depuis  les  animaux à conscience (Anceau, 1999), en  passant  par  plusieurs  stades du développement du cortex et finalement l’apparition, chez l’Humain, des « organes cérébraux », telles les « aires  linguistiques », dédiés à la production et à la communication des objets culturels. Le paradoxe consiste dans le fait que de très nombreuses productions culturelles, tout en profitant des apports des zones hautement organisées et spécialisées, prennent leur naissance dans des zones polyvalentes et même souvent peuvent être considérées en tant que issues d’un substrat neuronal mobilisé ad hoc.
Si, par exemple, on n’a jamais observé de structures cérébrales supportant les pratiques des arts visuels issues de l’instauration au milieu du 18ème siècle du système occidental des beaux-arts (Alain, 1920), les neurolinguistes observent avec succès l’apparition  des phénomènes ondulatoires localisés caractérisant la production des énoncés, selon les règles de la générativité grammaticale et dans des circonstances déictiques précises et réitérables. Rien d’étonnant au vu des anciennetés respectives de deux  pratiques culturelles. Or, deux faits érodent la fausse certitude dans ce sujet. Premièrement, les pratiques des beaux-arts visuels sont systématiquement accompagnées d’artefacts linguistiques. Cette coprésence doit nécessairement impliquer une activité de communication intracérébrale qui en assure la cohérence.
Deuxièmement, le système des beaux-arts, tel qu’il a été codifié dans les écrits de Charles Batteux (Tatarkiewicz, 2012), a  été inculqué socialement  par une éducation s’exerçant d’une manière presque immuable durant deux siècles, et a bénéficié de l’autorité du circuit des instances de consécration (Bourdieu, 1979). Il a produit un véritable « cerveau esthétique occidental » officiant par le truchement d’une critique, formelle ou privée, et s’exprimant à la place de l’instance du « goût » qui dans des études statistiques donne sensiblement les mêmes résultats qualitatifs que les tests de « grammaticalité » menés auprès de différentes populations de locuteurs occidentaux (Piotrowski, 2005). Aurons-nous deux cultures, verbale et visuelle, provenant de deux substrats neuronaux foncièrement différents, mais qui au final déboucheraient sur les mêmes conséquences ? Voici l’énigme de la culture qui convoque les sciences cognitives au secours des cultural studies les plus actuelles.

7/Cas de la zone d’écriture
Sur ce plan, la découverte des caractéristiques étonnantes de la « zone d’écriture » par l’équipe INSERM « Imagerie cérébrale et handicaps neurologiques » de Toulouse, apporte les éléments particulièrement éclairants. Domaine de la psycholinguistique, ces recherches esquissent les rapports les plus intéressants entre le substrat neuronal, les habilités culturelles et leurs modes de propagation sociale et de transmission transgénérationnelle.
Les études empiriques de l’INSERM réalisées  auprès de  sujets  subissant  des  opérations chirurgicales à cerveau  éveillé, auxquels on fait  exécuter des exercices en écriture, nous interpellent sur plusieurs registres. Depuis l’apparition des études systémiques sur l’évolution des écritures, introduites dans les années 1960 par Ignace Jay Gelb (Gelb, 1963) et prolongées jusqu’à nos jours par Peter T. Daniels (Daniels, Bright, (ed.), 1996), la grammatologie épouse simultanément deux voies, celle, orientée langage, qui se focalise sur des progrès réalisés  par différentes écritures dans la façon de représenter graphiquement le matériel phonologique, et celle, orientée graphisme, qui s’attache à l’évolution des capacités du signe visuel de représenter l’intentionnalité communicante de l’Humain. Il est évident que la deuxième voie met le doigt sur l’aspect médial de l’écriture. En effet, celle-ci est un support technique des contenus  communiqués et  en dehors de son rôle de consignation du matériel phonologique elle organise avant tout le transfert d’entités verbales complexes par le moyen d’artefacts visuels. La quête centrale de ces études se place donc dans l’ergonomie cognitive du signe visuel qui assure l’intelligibilité des occurrences verbales dans le processus de leur communication. Dans ce sens, la prolongation naturelle de ces travaux peut s’appliquer aux différents médias, leur apprentissage et leur expansion, avec pour horizon la refonte des études en ergonomie des médias et en design des médias.
Si le langage articulé est un « média  naturel », dans le sens où l’agencement de la matière signifiante, l’indexation de la « forme du contenu » sur la « substance du contenu », selon la terminologie de Louis Hjelmslev, se fait, chez les générations des Humains, simultanément à l’élaboration de la substance sonore, l’écriture est un « média artéfactuel » où le système langagier doublement articulé est « plaqué » sur le système graphique issu d’une évolution parallèle mais indépendante. Les évolutions de deux modalités sensorielles ne seront interdépendantes qu’à partir de leur réunion, à partir de l’invention, progressive et géographiquement éparpillée, mais rapide à l’échelle de l’hominisation, du média présentant une nouvelle ergonomie mixte.
La formation et le fonctionnement de la « zone de l'écriture » (Roux, F.-E., Dufor, O., Giussani, Wamain, Draper, Longcamp, Démonet, 2009) mis en évidence il y a 6 ans par l’équipe du professeur Démonet constitue ici un casus rationis parmi les plus importants.
Nous découvrons qu’une activité vieille de 6000 ans, et dans sa version alphabétique seulement de 3800 ans (Lemaire, 2008 ; Petrovich, 2016), qui se transmet par l’apprentissage culturel, possède dans le cerveau humain une zone dédiée à l’association de l’image sonore avec le schème moteur responsable de l’exécution du graphème correspondant. Mais cette zone, dite zone d’Exner (Exner, S., 1881), n’est pas un organe cérébral au sens de l’aire de Broca et de Wernicke.
Ces dernières, attestées dans les moulages endocrâniens effectués par Phillip Tobias (Tobias, 1991), dateraient de l’homo habilis, et constitueraient le substrat neuronal capable de prendre en charge l’apprentissage d’abord du langage facial, postural et gestuel et ensuite du langage sonore, s’étalant entre 2 millions et 100 00 ans. Elles sont donc le résultat somatique de l’évolution impulsée par la culture, et leur fonctionnement a été suffisamment long pour franchir la « barrière de Weismann » et s’inscrire dans les tronçons du DNA responsables de leur architecture complexe.
La zone d’Exner n’a pas la même ancienneté et ne présente pas le même niveau de complexité, mais c’est néanmoins elle qui implémente systématiquement l’apprentissage de l’écriture. On peut donc postuler que l’apparition du média de l’écriture graphique au lieu de résulter des processus génétiques élémentaires est plutôt accompagnée dans le temps par une combinaison des processus épigénétiques et des processus de transmission culturelle  (Jablonka, Lamb, 1995 ; Jablonka, Lamb, 2005). C’est à l’aune de cette combinaison qu’il nous faut penser les médias et leur participation dans la circularité (biofeedback) que l’homme engage avec son milieu au moyen des médias. C’est également là où apparaissent les limites de la philosophie de la bio-inspiration qui nécessite désormais la prise en compte de l’impact du mixte épigénèse/culture sur le substrat biologique, l’impact qui impose une nouvelle inspiration des chercheurs et des designers, la bio-artéfactuelle.

7/Extension médiale des recherches grammatologiques
Jean-François Démonet et son ancienne équipe de Toulouse proposent de diversifier leurs recherches en les déclinant sur différents modes d’écriture technicisée et plus spécialement assistée par l’ordinateur. L’extrapolation de ce programme, son application à d’autres médias, proposerait alors un protocole inouï, à la fois théorique et opératoire, qui recèlerait les prémisses suivantes :
-  Il  existe un substrat  neuronal supportant  l’invention et l’exercice de chaque  média artéfactuel. Ce substrat  est  un  substrat  « à  apparition rapide »,  issu  de  la  plasticité neuronale.
-  Dans le processus de maturation du média se produit un effet de seuil, quand le cerveau atteint un optimum au niveau de l’ergonomie sensorielle que le média lui offre.
-  L’effet de média se propagerait par acculturation en tant qu’imitation des comportements et serait sujet à la transmission transgénérationnelle par le processus impliquant à différentes échéances temporelle la génétique, l’épigénétique, l’imitation des comportements et l’apprentissage culturel.
-  Dans la mesure où certaines temporalités de cette « génétique des médias » prendraient effet simultanément avec le processus du design, de l’industrialisation et  de la mise en circulation sociale du média, le concepteur/chercheur des nouveaux médias épouse en effet la fonction de déclencheur des effets cérébraux de seuil et peut considérer cette instance aussi bien en tant que domaine d’inspiration que champ d’intervention bioartéfactuelle. On appellera ce type d’activité créative le  « prototypage  vivant  des médias ».

8/De la « génétique des médias » à la « pro-génétique du design des médias »
C’est dans ce cadre théorique que nous observons plusieurs recherches actuelles en media design qui réalisent la prise en compte du facteur bio-artéfactuel. Nous reconnaissons ces tentatives par la présence conjointe de trois procédures inhérentes au prototypage :
1. La modélisation écologique des actes de communication prenant en compte le parallélisme de différents canaux modaux de la communication.
2. La modélisation de la mixité bio-artéfactuelle de l’environnement médial ou la prise en compte du parallélisme des cofacteurs biologiques et artéfactuels du contexte médial.
3. La réitération du prototypage à chaque étape de l’acculturation au média des agents cognitifs engagés en tant qu’acteurs de l’expérience.
Remarquons que ces trois procédures résultent de l’adoption par les designers de la modélisation des médias en tant que versant complémentaire, créatif, de l’activité perceptive de l’agent cognitif, la vision développée sur le terrain des recherches théorétiques depuis les années 1970 par de Robert Vallée (Vallée, R., 1995), président de la World Organisation of Systems and Cybernetics (WOSC).
Ce triple process technologique s’inspire du fonctionnement écologique de l’usager de media et relève de ce que nous appelons la complémentarité sensorielle, labcomplémentarité bioartéfactuelle et le principe duratif.

9/Complémentarité sensorielle
Le  principe épistémologique de complémentarité  sensorielle cherche à discerner les canaux perceptifs dans lesquels se déploie l’interactivité entre le psychisme de l’agent cognitif, les caractéristiques variables et évolutives du média et l’environnement dans lequel la communication advient. Une avancée décisive s’est produite dans ce domaine depuis la découverte, au début des années 2000, des neurones multimodaux concentrés dans le « territoire de Geschwind » composés du gyrus angulaire et du gyrus supramarginal, traitant simultanément les afférences auditives, visuelles et somatosensorielles, et influençant  en même  temps  les activités langagières de l’Humain (Friedmann, Siloni, 2007 ; Grodzinsky, 2007).
Cette série de résultats de l’imagerie cérébrale confirme les hypothèses des années 1960 du neurophysiologiste américain Norman Geschwind et met les designers des médias dans l’obligation de rechercher toute optimisation ergonomique dans la multisensorialité qui n’est plus seulement une coïncidence de différents flux modaux mais la condition de l’excitabilité de vastes pans  de neurones directement responsables de l’apprentissage et de la pratique des médias. Depuis la première application intuitive de cette méthode à l’échelle industrielle, entre 2003 et 2007, opérée par  Apple dans la série de prototypes aboutissant à la définition des caractéristiques multimodales de IPhone, les designers travaillent sur l’intégration de ses bases scientifiques au sein-même du processus technologique, comme l’atteste le programme demeurant au cœur des brevets impliquant Jonathan Ive  (Jonathan, I.), l’ancien collaborateur de Steve Jobs et le nouveau président de Royal College of Art.

10/Complémentarité bio-artéfactuelle
L’environnement  de  l’Homme  actuel  étant  fortement  anthropologisé,  les  canaux perceptifs offrent  à  chaque  agent cognitif  une  matière  sensorielle  composée  d’un mixte  de  facteurs naturels  et  anthropiens.  Les  recherches  montrent  que la  perception des  éléments  sensoriels fabriqués  par  l’usage  de  différents  médias  suscite  des phénomènes  de  cognition sociale spécifiques. L’exemple le plus spectaculaire en est donné par la cognition cinématographique.
Depuis les expériences pionnières menées entre 2005-2008 par Center for Neural Science, New York University, dans le domaine de la « neurocinématique » (Hasson, Landesman, Knappmeyer, Vallines, Rubin, Heeger, 2008), on parle d’« Inter-Subject Correlation in Brain Activityty » (ISCiBA). Cette synchronisation collective visible en IRM permet d’établir la distinction neurofonctionnelle entre la perception collective du réel « brut » et la réception de sa représentation filmographique  structurée en langage. Ce paradigme de recherches empiriques inspiré par David Bordwell (Bordwell, D., 2005)  et poursuivi aujourd’hui par le laboratoire d’Arthur P. Shimamura, University of California, Berkeley, sous le label de « psychocinematics » (Shimamura, A., P., (ed.), 2013) est toutefois à prendre avec précaution. Plutôt que de pointer les divergences entre les différents types de perception, le problème du concepteur des environnements médiaux est de modéliser la coprésence effective des stimuli  hétérogènes. Mener la discussion entre la bio-inspiration et l’inspiration bioartéfactuelle est devenu indispensable afin de pouvoir inclure dans la conception des médias des phénomènes comme  ISCiBA  qui,  au-delà du cinéma, sont omniprésents dès qu’un média couvre un fragment  du réel et du fait se substitue à certaines parties de ce réel. Chaque média venant remplacer le média obsolète ne retrouve jamais la même séquence du réel que celle dont disposait son prédécesseur, au contraire, l’exercice du média ancien reconfigure  la richesse sensorielle dans laquelle évoluent les usagers et c’est cet environnement qui devient désormais la cible du designer.

11/Principe duratif
Le  principe  duratif  cherche  à  inclure  l’usage  du  média  dans  les  données  présidant  à sa conception. Il ne s’agit pas de prévoir une hypothétique ergonomie de l’interface que le média doit offrir à l’usager ou encore moins d’une étude coercitive des ergonomies existantes. Il s’agit de travailler à la confluence des processus épigénétiques et des processus de transmission culturelle, en prenant en compte l’impact de l’apprentissage, de l’acculturation et de l’usage sur les aptitudes médiales de l’agent cognitif ayant expérimenté les phases antérieures d’un media.
L’exemple classique est  donné,  en  smartphonie, par la couverture de différents publics en réseau 4G  LTE. La ville de Stockholm en a été pourvue en 2009, à Séoul les  essais  ont commencé en 2008, à Londres en 2011 et Paris a été couvert en 2014. Il est évident que les populations exposées à l’usage des médias générés par la 3G ne sont pas les mêmes que celles accoutumées  à  la  4G.  Notamment  toutes  les  pratiques  liées  aux Application Programming Interface  (API)  ont profondément reconfiguré les activités intellectuelles des usagers. Certaines études  prouvent  que  les  différences  du fonctionnement  cérébral chez les  usagers  intensifs peuvent  être  détectées  par l’imagerie  neurofonctionnelle  dans l’intervalle  quadriennal (Lachaux, J.-P., 2011). Si alors le cycle comprenant l’invention technologique, le brevetage, la production industrielle et la commercialisation s’établit aujourd’hui en moyenne à 7 ans, cela signifie que les designers des médias disposent d’un substrat  neuronal  dont  l’évolution observable implique l’impact du média en devenir sur lequel ils sont en train de travailler. Pour les chercheurs en sciences cognitives, ce substrat est bien celui  qui relève d’une épistémologie « caractérisée » ou « réductionniste », mais le champ opératoire qu’il leur procure n’est  pas réduit à l’observation stricte d’une génétique, c’est en effet une  « pro-génétique du design des médias »  par rapport à laquelle  le chercheur et le designer endossent le rôle consubstantiel, celui d’impulseur.

12/Conclusion
Passant en revue les recherches actuelles sur la génétique du système nerveux et sur la diffusion des produits culturels nous avons constaté un certain effacement des frontières disciplinaires lié au dépassement des anciennes coupures épistémologiques propres aux sciences de la nature.
L’évolution du vivant, et avant tout de notre espèce, serait régie par quatre types de mécanismes, génétique,  épigénétique, comportemental  et  culturel,  entre  lesquels  on peut  observer  une certaine  circularité ou interdépendance.  Le substrat neuronal de la culture prend, dans cette optique, une signification toute particulière.  En l’étudiant, nous ne travaillons pas seulement sur la découverte de sa nature, nous actionnons de fait sa dimension causale. La récente revisite de la zone d’Exner où sont localisées les habiletés cognitives résultant de  l’apprentissage de l’écriture, nous donne un paradigme expérimental transposable, à notre sens, sur l’ensemble des études de  médias. Mais qui plus est, la rapidité des processus de maturation et d’évolution du substrat neuronal engagé dans l’émergence des  médias permet d’inclure leurs inventeurs dans le corps des chercheurs. En effet, les designers des nouveaux médias non seulement travaillent à partir de la modélisation des processus neurophysiologiques impliqués dans le processus de l’invention  mais  aussi  participent  activement  à  l’évolution  de  ces processus.  La multisensorialité écologique, le parallélisme des facteurs naturels et anthropiens, et finalement les temporalités simultanées du prototypage et de la maturation du substrat neuronal du média à  la  fois  inventé  et  étudié,  sont  des conditions  de  cette  approche mélangeant  la  génétique culturelle et le design vivant.
Cette  situation où  la  «  génétique  cognitive  des  médias  »  rattrape  ses  propres facteurs de détermination, permet aux designers de conscientiser le phénomène tout en l’impliquant dans leur  propre  programme  d’action.  Par  ce  chemin,  ils  ont la  possibilité d’œuvrer à l’accomplissement d’une écologie du cerveau, social et individuel, qui se positionne en miroir de l’écologie  des  canaux  communicationnels  de  l’environnement, par l’exercice  et l’observation dans le temps réel des effets ad hoc  de la confluence de l’épigénétique et de la transmission culturelle. La nouvelle « écriture » est ainsi née devant nos yeux, les yeux de ceux qui la déchiffrent, et dans le temps de l’accomplissement de son design."

Zeugme
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La théorie sur la conscience de Dehaene en question - Page 9 Empty Re: La théorie sur la conscience de Dehaene en question

le Mer 27 Fév 2019 - 15:08
4* Le hasard et la nécessité, Jaques Monod, 1970 extrait de la préface :

qu'apporte aujourd'hui la théorie moléculaire du code génétique. J'entends ici « théorie du code génétique » dans le sens large, pour y inclure non seulement les notions relatives à la structure chimique du matériel héréditaire et de l'information qu'il porte, mais aussi les mécanismes moléculaires d'expression, morphogénétique et physiologique, de cette information. Ainsi définie, la théorie du code génétique constitue la base fondamentale de la biologie. Ce qui ne signifie pas, bien entendu, que les structures et fonctions complexes des organismes puissent être déduites de la théorie, ni même qu'elles soient toujours analysables directement à l'échelle moléculaire. (On ne peut ni prédire ni résoudre toute la chimie à l'aide de la théorie quantique qui en constitue cependant, nul n'en doute, la base universelle.) Mais si la théorie moléculaire du code ne peut aujourd'hui (et sans doute ne pourra jamais) prédire et résoudre toute la biosphère, elle constitue dès maintenant une théorie générale des systèmes vivants. Il n'y avait rien de semblable dans la connaissance scientifique antérieure à l'avènement de la biologie moléculaire. Le « secret de la vie » pouvait alors paraître inaccessible dans son principe même. Il est aujourd'hui en grande partie dévoilé. Cet événement considérable devrait, semble-t-il, peser d'un grand poids dans la pensée contemporaine dès lors que la signification générale et la portée de la théorie seraient comprises et appréciées au-delà du cercle des purs spécialistes. J'espère que le présent essai pourra y contribuer. Plutôt que les notions elles-mêmes de la biologie moderne, c'est en effet leur « forme » que j'ai tenté de dégager, ainsi que d'expliciter leurs relations logiques avec d'autres domaines de la pensée. Il est imprudent aujourd'hui, de la part d'un homme de science, d'employer le mot de « philosophie », fût-elle « naturelle », dans le titre (ou même le sous-titre) d'un ouvrage. C'est l'assurance de le voir accueilli avec méfiance par les hommes de science et, au mieux, avec condescendance par les philosophes. Je n'ai qu'une excuse, mais je la crois légitime : le devoir qui s'impose, aujourd'hui plus que jamais, aux hommes de science de penser leur discipline dans l'ensemble de la culture moderne pour l'enrichir non seulement de connaissances techniquement importantes, mais aussi des idées venues de leur science qu'ils peuvent croire humainement signifiantes. L'ingénuité même d'un regard neuf (celui de la science l'est toujours) peut parfois éclairer d'un jour nouveau d'anciens problèmes. Il reste à éviter bien entendu toute confusion entre les idées suggérées par la science et la science elle-même ; mais aussi faut-il sans hésiter pousser à leur limite les conclusions que la science autorise afin d'en révéler la pleine signification. Exercice difficile. Je ne prétends pas m'en être tiré sans erreurs. Disons que la partie strictement biologique du présent essai n'est nullement originale. Je n'ai fait que résumer des notions considérées comme établies dans la science contemporaine. L'importance relative attribuée à différents développements, comme le choix des exemples proposés, reflètent il est vrai des tendances personnelles. Des chapitres importants de la biologie ne sont même pas mentionnés. Encore une fois cet essai ne prétend nullement exposer la biologie entière mais tente franchement d'extraire la quintessence de la théorie moléculaire du code. Je suis responsable bien entendu des généralisations idéologiques que j'ai cru pouvoir en déduire. Mais je ne crois pas me tromper en disant que ces interprétations, tant qu'elles ne sortent pas du domaine de l'épistémologie, rencontreraient l'assentiment de la majorité des biologistes modernes. Je ne puis que prendre la pleine responsabilité des développements d'ordre éthique sinon poli-tique que je n'ai pas voulu éviter, si périlleux fussent-ils ou naïfs ou trop ambitieux qu'ils puissent, malgré moi, paraître : la modestie sied au savant, mais pas aux idées qui l'habitent et qu'il doit défendre.

5* La notion de déterminisme en physique et ses limites, Michel Paty (PUF, 2003 Coll. Sciences, histoire et société.). Résumé :

L'idée  de  déterminisme,  proposée  pour  étendre  et  généraliser  la  causalité  physique, ajoutant  en  particulier  la  considération  des  conditions  initiales,  se  constitua  dès  lors  comme  la référence  idéale  et considérée comme indépassable de toute connaissance scientifique. Cet idéal devait  toutefois  se  voir  dépassé  dans  plusieurs  directions.  D’une  part,  la  causalité  physique classique se transforma en  causalité relativiste, comportant des restrictions sur les possibilités des rapports spatio-temporels  et suscitant, avec la relativité générale, l'idée de  complétude théorique, méta-concept  qui  permet  de  formuler  des  conditions  internes  de  perfectionnement  théorique.

D’autre part, le déterminisme proprement dit devait connaître des limitations de sa portée en physique classique même, avec la considération des systèmes dynamiques « non linéaires », déterministes, mais dont le comportement peut être totalement non-prévisible à terme. Enfin, la causalité et le déterminisme se sont vus remis radicalement en question avec l'élaboration de la physique quantique. Le sens exact de ces remises en cause est directement lié aux questions d’interprétation de la théorie quantique : équation causale et problème de la « réduction » de la fonction  d’état, d’un côté, prédictions probabilistes, d’un autre côté. Les deux aspects se retrouvent dans la question de la limitation des représentations spatio-temporelles et de sa signification du point de vue théorique. Il faut donc concevoir les problèmes d’interprétation de la théorie  quantique  en termes  du  rapport  entre la causalité, le déterminisme, et les grandeurs qui portent les contenus physiques effectifs. On est ainsi amené à s’interroger sur un sens directement physique des grandeurs mathématiques de la théorie et, si un tel sens est assignable, à considérer les catégories en question par rapport aux concepts théoriques réellement appropriés, avec comme effet  de les « remettre sur leurs  pieds ». Cela est du moins possible pour la causalité, ainsi que pour la complétude. Quant au déterminisme, il ne peut être, dans sa formulation usuelle, que statistique, et reste  ainsi très  en-deçà des possibilités des  perspectives  théoriques. Ces transformations laissent entrevoir l'impératif d'une autre catégorie, plus fondamentale qu’elles car indépendante des choix conceptuels et théoriques, et pourtant souvent omise dans les débats : celle de nécessité, régulatrice des autres catégories et systèmes de concepts.
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La théorie sur la conscience de Dehaene en question - Page 9 Empty Le problème de S. Dehaène ne réside-t'il pas dans sa définition ?

le Mer 27 Fév 2019 - 20:43
Bonjour, bonsoir je suis nouveau sur le forum et ce sujet m'a interpellé et donc me voilà !
 
Je trouve assez prétentieux de posséder [Le code de la conscience] sans avoir sa définition optimale. Dire que je détiens ainsi la vérité sans pour autant avoir de preuves à l'appui, c’est un comme de mettre la charrue avant les bœufs, non ? En cela je vise des preuves satisfaisantes, comme le sont les mathématiques c’est un peu comme d’avoir la solution du mind-body problem sans aborder le problème de la causalité mentale.
Pour moi le terme de CODE fait notion à un algorithme, voire-même à un code de chiffres d’un coffre-fort ou d'une boîte noire en l'occurrence « l'esprit ». 
 
De ma position, je vois simplement que la discipline des neurosciences cognitives veut  tout posséder et ainsi dévorer les autres telle que la philosophie de l'esprit au sens large, mais surtout d'éradiquer le dualisme cartésien : car c'est bien beau de mettre en avant les travaux cartésiens en première d'introduction, or, si c'est pour dire voilà c'était ça avant la science, maintenant je vous propose la nouvelle vérité  : LES NEUROSCIENCES COGNITIVES. Comment dire c'est un peu comme si je vous dis : la philosophie vous voyez la porte et bien c'est par ici, non qu'en pensez-vous ?
 
Personnellement, je crois que la conscience est chimérique tant qu'elle n'a pas de définition tangible mais surtout si elle n'est pas mesurée par la discipline des mathématiques.
 
J'ai une petite définition mais qui reste trop extensible et non formelle et qui n'est que le fruit de ma subjectivité orientée par le dualisme cartésien d’où son aspect mécaniste :
 
La conscience est systématique : elle s’organise en deux niveaux ; physique et mentale. L’un assurant un connexionnisme physique (cérébral), l’autre permet de passer les connexions physiques dans la dimension mentale. Ce module est dual puisqu’il permet de créer un pivot entre le corps et l’esprit.
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La théorie sur la conscience de Dehaene en question - Page 9 Empty Re: La théorie sur la conscience de Dehaene en question

le Dim 17 Mar 2019 - 7:59
@cardinal a écrit:Bonjour, bonsoir je suis nouveau sur le forum et ce sujet m'a interpellé et donc me voilà !
 
Je trouve assez prétentieux de posséder [Le code de la conscience] sans avoir sa définition optimale. Dire que je détiens ainsi la vérité sans pour autant avoir de preuves à l'appui, c’est un comme de mettre la charrue avant les bœufs, non ? En cela je vise des preuves satisfaisantes, comme le sont les mathématiques c’est un peu comme d’avoir la solution du mind-body problem sans aborder le problème de la causalité mentale. 
Pour moi le terme de CODE fait notion à un algorithme, voire-même à un code de chiffres d’un coffre-fort ou d'une boîte noire en l'occurrence « l'esprit ». 
 
De ma position, je vois simplement que la discipline des neurosciences cognitives veut  tout posséder et ainsi dévorer les autres telle que la philosophie de l'esprit au sens large, mais surtout d'éradiquer le dualisme cartésien : car c'est bien beau de mettre en avant les travaux cartésiens en première d'introduction, or, si c'est pour dire voilà c'était ça avant la science, maintenant je vous propose la nouvelle vérité  : LES NEUROSCIENCES COGNITIVES. Comment dire c'est un peu comme si je vous dis : la philosophie vous voyez la porte et bien c'est par ici, non qu'en pensez-vous ?
 
Personnellement, je crois que la conscience est chimérique tant qu'elle n'a pas de définition tangible mais surtout si elle n'est pas mesurée par la discipline des mathématiques.
 
J'ai une petite définition mais qui reste trop extensible et non formelle et qui n'est que le fruit de ma subjectivité orientée par le dualisme cartésien d’où son aspect mécaniste :
 
La conscience est systématique : elle s’organise en deux niveaux ; physique et mentale. L’un assurant un connexionnisme physique (cérébral), l’autre permet de passer les connexions physiques dans la dimension mentale. Ce module est dual puisqu’il permet de créer un pivot entre le corps et l’esprit.

                                                          Bonjour Cardinal,

Je découvre aujourd'hui votre message au même moment que je me rends compte de l'interruption du lien entre ce sujet et ma boîte courriel, lien en principe rétabli.

Il ne me paraît pas douteux que la conscience ait un support matériel et qu'il existe donc un lien nécessaire et suffisant entre des phénomènes physiques particuliers et un état de conscience, lui-même particulier, issu de ces phénomènes.

Cependant cette considération très générale ne me paraît pas nous amener à progresser beaucoup dans la compréhension de la conscience. Ce qui n'est pas le cas, à mon sens, de l'hypothèse que je fais. Celle-ci consiste à dire que, dans les supports physiques de la conscience, tels qu'on les connaît (cerveau des hommes ou des animaux ) deux mécaniques sont en oeuvre. Une mécanique connexionniste et une mécanique moduliste. La mécanique connexionniste est basée sur la seule interaction des neurones. Elle fonctionne de façon similaire à celle qui est en oeuvre dans les ordinateurs. Elle peut traiter des informations qui, elles-mêmes, engendreront des actions ou des comportements mais elle ne peut en aucun cas produire des états de conscience subjectifs : les quales. S'il n'y avait dans le cerveau que la mécanique connexionniste à l'oeuvre, il n'y aurait pas de conscience ou, pour reprendre votre propos, pas de dimension mentale.

Pour que cette dimension mentale existe, il faut, à mon sens, une autre mécanique : la mécanique moduliste. C'est elle à laquelle je me réfère dans la quasi-totalité de mes interventions et dont j'expose le principe dans le message intitulé : "une niche pour la conscience : le modulisme".

Cordialement,

CD
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La théorie sur la conscience de Dehaene en question - Page 9 Empty Re: La théorie sur la conscience de Dehaene en question

le Lun 18 Mar 2019 - 7:48
Il ne me paraît pas douteux que la conscience ait un support matériel et qu'il existe donc un lien nécessaire et suffisant entre des phénomènes physiques particuliers et un état de conscience, lui-même particulier, issu de ces phénomènes

Faute de logique ! De ce que la conscience ait, évidemment, besoin d'un "support matériel" (comme, d'ailleurs, la fonction digestive ou la fonction onirique), on ne peut inférer qu'elle se réduise à ce support. Une condition nécessaire n'est pas nécessairement une condition suffisante. Que la construction d'un édifice nécessite des fondations n'implique pas que ledit édifice se réduise à ses fondations.

La mécanique connexionniste est basée sur la seule interaction des neurones. Elle fonctionne de façon similaire à celle qui est en oeuvre dans les ordinateurs. Elle peut traiter des informations qui, elles-mêmes, engendreront des actions ou des comportements mais elle ne peut en aucun cas produire des états de conscience subjectifs : les quales

Aucune mécanique ne peut rendre compte des qualia (et non pas des "quales" !) pour la bonne raison que "pour découvrir que percevoir le goût du chocolat n'est rien d'autre, en réalité, qu'un processus [mécanique] cérébral, nous devrions analyser quelque chose de mental, non pas une substance physique observée de l'intérieur, mais une sensation interne de goût. Et il est exclu que des événements physiques dans le cerveau, aussi nombreux et aussi compliqués soient-ils, puissent être les parties dont une sensation de goût serait composée. Un tout physique peut être analysé en parties physiques plus petites mais un processus mental ne peut pas l'être. Des parties physiques ne peuvent tout simplement pas s'additionner pour former un tout mental"(Nagel, qu'est-ce que tout cela veut dire ?, iv).
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le Lun 18 Mar 2019 - 8:26
@Phiphilo a écrit:Faute de logique ! De ce que la conscience ait, évidemment, besoin d'un "support matériel" (comme, d'ailleurs, la fonction digestive ou la fonction onirique), on ne peut inférer qu'elle se réduise à ce support. Une condition nécessaire n'est pas nécessairement une condition suffisante. Que la construction d'un édifice nécessite des fondations n'implique pas que ledit édifice se réduise à ses fondations.

Je n'ai pas dit que la conscience "se réduisait" à ce support matériel. Je dis qu'il y a un lien nécessaire et suffisant entre ce support matériel et cet état de conscience. Et ce n'est pas la même chose. Les conditions d'existence d'une chose ne sont pas cette chose-là même. Cessez de me faire dire ce que je dis pas.

@Phiphilo a écrit:Aucune mécanique ne peut rendre compte des qualia (et non pas des "quales" !) pour la bonne raison que "pour découvrir que percevoir le goût du chocolat n'est rien d'autre, en réalité, qu'un processus [mécanique] cérébral, nous devrions analyser quelque chose de mental, non pas une substance physique observée de l'intérieur, mais une sensation interne de goût. Et il est exclu que des événements physiques dans le cerveau, aussi nombreux et aussi compliqués soient-ils, puissent être les parties dont une sensation de goût serait composée. Un tout physique peut être analysé en parties physiques plus petites mais un processus mental ne peut pas l'être. Des parties physiques ne peuvent tout simplement pas s'additionner pour former un tout mental"(Nagel, qu'est-ce que tout cela veut dire ?, iv).
Lorsque j'explique dans le "modulisme" comment pourrait se former dans le temps la sensation d'orange, je pars de la sensation de rouge et de jaune, donc je pars de sensations et non de modalités physiques. Ce que nous ressentons dans un instant de longueur donné peut s'expliquer à partir de ce que nous ressentons dans un instant de longueur beaucoup plus brève et se composer à partir de diverses sensations ordonnées dans le temps. Que Nagel dise ceci ou cela ne change rien à l'histoire !
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le Lun 18 Mar 2019 - 8:56
Je n'ai pas dit que la conscience "se réduisait" à ce support matériel. Je dis qu'il y a un lien nécessaire et suffisant entre ce support matériel et cet état de conscience. Et ce n'est pas la même chose. Les conditions d'existence d'une chose ne sont pas cette chose-là même. Cessez de me faire dire ce que je dis pas.

Cessez de répéter à l'envi que vous ne dites pas ce que vous dites en réalité (ou bien, vous ne comprenez absolument pas ce que vous dites lorsque vous parlez de "lien nécessaire et suffisant") et que vous n'êtes pas ce que, de toute évidence, vous êtes fondamentalement, à savoir un scientiste ! Votre pratique de la prétérition est fatigante !


Lorsque j'explique dans le "modulisme" comment pourrait se former dans le temps la sensation d'orange, je pars de la sensation de rouge et de jaune, donc je pars de sensations et non de modalités physiques. Ce que nous ressentons dans un instant de longueur donné peut s'expliquer à partir de ce que nous ressentons dans un instant de longueur beaucoup plus brève et se composer à partir de diverses sensations ordonnées dans le temps. Que Nagel dise ceci ou cela ne change rien à l'histoire !

Comment faites-vous pour isoler analytiquement "ce que nous ressentons dans un instant de longueur donnée" dès  lors que, précisément, comme le souligne Nagel, vous ne pouvez pas, par définition (un quale n'est pas un quantum !), découper un ressenti  en un avant et un après ?
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le Lun 18 Mar 2019 - 9:02
Lorsque nous ressentons le goût du chocolat, nous éprouvons une sensation qui pourrait s'élaborer sur environ un vingtième de seconde. Cela veut dire que, lorsque nous savourons le chocolat pendant quelques secondes, nous pouvons diviser ce temps jusqu'à un vingtième de seconde sans que change la sensation ressentie pendant cette durée, mais que, si nous envisageons une durée inférieure, un centième ou cinq millième de seconde, la sensation ressentie (ou du moins constituante du champ de conscience) ne serait pas la sensation du chocolat mais une sensation appartenant à une gamme de sensations gustatives premières. Et, comme une mélodie particulière est formée de la particulière succession de notes de natures et de durées données, la sensation de goût peut être formée de la particulière succession de sensations gustatives premières. L'expérience mise au point par les médecins genèvois: Carleton et confrères, à laquelle j'ai fait allusion, établit rigoureusement que les odorants perçus par les souris impliquaient une succession de décharges neuronales rigoureusement ordonnées dans le temps. On peut facilement concevoir que cette succession particulière de décharges entraîne une succession particulière de "notes" d'odorants premiers sans confondre le moins du monde un élément du support physique : la décharge neuronale et un élément du composé de sensations : la note olfactive primaire...
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La théorie sur la conscience de Dehaene en question - Page 9 Empty Re: La théorie sur la conscience de Dehaene en question

le Lun 18 Mar 2019 - 9:19
Lorsque nous ressentons le goût du chocolat, nous éprouvons une sensation qui pourrait s'élaborer sur environ un vingtième de seconde. Cela veut dire que, lorsque nous savourons le chocolat pendant quelques secondes, nous pouvons diviser ce temps jusqu'à un vingtième de seconde sans que change la sensation ressentie pendant cette durée, mais que, si nous envisageons une durée inférieure, un centième ou cinq millième de seconde, la sensation ressentie (ou du moins constituante du champ de conscience) ne serait pas la sensation du chocolat mais une sensation appartenant à une gamme de sensations gustatives premières.

Non. Nous pouvons, théoriquement et abstraitement, subdiviser une quantité (par exemple de temps, une durée) autant de fois que l'on veut en autant de parcelles infinitésimales que l'on veut. En revanche, on ne peut pas, par définition pratiquer le même type d'opération sur une qualité (c'est à se demander si vous comprenez ce que vous dites lorsque vous parlez de quale !). Qu'est-ce que c'est qu'une "gamme de sensations" ? Et, à supposer qu'on puisse établir un nuancier gustatif ou olfactif comme il en existe dans le domaine chromatique, comment mesure-t-on l'adéquation d'un ressenti gustatif ou olfactif audit nuancier autrement qu'en faisant confiance au témoignage de l'organisme qui ressent, donc sans la garantie d'une mesure objective ?

 Et, comme une mélodie particulière est formée de la particulière succession de notes de natures et de durées données, la sensation de goût peut être formée de la particulière succession de sensations gustatives premières.

Ah oui ... alors là, avec l'analogie, je comprends mieux ! En musique, vous n'avez manifestement jamais entendu parler de chromatisme, d'harmonie, de tonalité, de timbre, de phrasé, de feeling, de groove, de coma, d'oreille musicale, etc. Bref, vous n'avez jamais compris ce qu'est la musique !
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La théorie sur la conscience de Dehaene en question - Page 9 Empty Re: La théorie sur la conscience de Dehaene en question

le Jeu 28 Mar 2019 - 9:47
En relisant L'avenir est ouvert (Champs Flammarion, 1995), je trouve une phrase de K. Popper qui présente sa théorie des 3 mondes durant un Symposium : "Ces 3 mondes ne s'inscrivent pas dans le contexte de la science au sens des sciences de la nature. Ils relèvent d'un domaine qu'il faut dénommer autrement, disons la métaphysique". Aujourd'hui, m'étant intéressé à l'informatique après la biologie, ayant rencontré  les développements qui suivirent la théorie mathématique de la communication de Claude Shannon - que l'on appela abusivement "théorie de l'information" - et ayant trouvé une affirmation péremptoire d'un biochimiste renommé qui m'a toujours plongé dans la perplexité : "l'information est une forme de l'énergie" (dans The molecular basis of biological energy transformations,  Albert L. Lehninger), je me dis que la théorie des 3 mondes de Popper, ce n'est pas de la métaphysique mais une théorie de l'information, qu'il reste à développer dans le contexte des sciences de la nature.  L'ADN des organismes contiendrait un ensemble de propositions dont la valeur de vérité déterminerait les possibilités de survie de ces organismes dans un environnement donné, et ces propositions, qui sont de l'information, seraient liées aux réactions biochimiques de production et consommation d'énergie dont l'efficacité conditionne le succès évolutif des organismes.

Je place cette réflexion dans la présente discussion car Popper commence son exposé en disant qu' "... on y retrouve le problème corps-esprit, sans doute le plus le plus grand problème, le plus ancien et le plus délicat de toute la métaphysique". On pourrait envisager un problème information-énergie, en lieu et place.
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La théorie sur la conscience de Dehaene en question - Page 9 Empty questionnements ....

le Jeu 28 Mar 2019 - 9:56
ou la place de l'intelligence dans l'évolution de la vie ?

ou la distinction entre l'intelligence et raisonnements ?

ou vers quelles intelligibilités du milieu de vie va-t-on ?

Pour continuer cette participation, il est donc nécessaire de reprendre un des points qui semble avoir été initiateur de bon nombres de projets et de recherches scientifiques (peut-être aussi de celui de Mr.Dehaene) sur ce qu’est la conscience, et ce point est le possible isomorphisme entre l’activité cérébrale et la structure fonctionnelle de la matière (matière/énergie/information), avec comme corollaire critiquable que seule l’intelligibilité mathématique serait apte à restituer cet isomorphisme structurel total…
 
avant d’entrer en critique de cette théorisation, il est indispensable de proposer en première réflexion ce que serait l’intelligence dans le plan naturelle de l’évolution de notre espèce et en fin de compte quelle est sa place dans la nature…
 
Pour cela nous devons faire dès à présent une distinction entre la raison et l’intelligence, en partant comme premier moment de spécification de l’acte réflexif deux possibilités directionnelles, qui sont aussi deux modes de stabilisation de la conscience face au réel…
 
Et curieusement ces deux modes se retrouvent à toutes les époques et en tous lieux de cette planète sous des formes très diverses comme deux voix et deux voies intérieures de l’individu, qui le font être et devenir (ou pas) une personne humaine…
 
Comme l’acte d’intelligence est un mouvement vital, il a donc un point de départ et une direction, car tout mouvement a comme toute relation, une existence participative à l’existence de deux êtres singularisés, ou de deux parties d’un seul être, et c’est bien là la première distinction entre raison et intelligence, la première a une existence participative aux deux parties d’un seul être, alors que la deuxième a une existence participative de deux êtres singularisés…
 
Ainsi raisonner sur le résultat d’autres raisonnements est le pire risque d’erreurs, puisque la singularité de l’acte premier abstractif de l’intelligence c’est de percevoir par distinction une réalité en ce qu’elle est, selon certaines catégories, et donc si il y a bien un lien de causalité entre le mode naturel de l’activité de l’intelligence et le réel, c’est que seul dans le réel se trouvent des dispositions aptes à cette abstraction sensible…
 
Les catégories ont été incluse dans le langage par des notions spécifiques qui servent à communiquer la singularité de notre expérience de tel lieu et de telle limite, mais si elles existent aussi dans le réel, ces spécificités doivent être réparties selon un mode naturel commun, c’est ce qui reste à retrouver.
 
Selon ce plan visuel il est plus facile de percevoir les liens de la circulation vitale dans la matière du corps par l’apport des informations sensibles.
 
 
Lieu →  →  → contact sensible  →   →   → entrée
    ⇩                                       
  Connaissance         ⇩                      ↗   
Du milieu  < Les dix Catégories >organes corporels
    ⇩     ↙                              
    ⇩  ↙           ⇩                           
Sortie← ← mouvement de l’abstraction sensible ←  ←limite


Il s’agit donc de retrouver dans le réel les spécificités qui sont à l’origine de notre sensibilité puisque c’est au travers de la formation de notre corps que la nature communique ce qu’elle est, et donc au travers de nos cinq sens, pourrions nous retrouver l’ordre structuré du réel.
 
Et de l’intelligibilité première que nous avons via les sens, il y a une corrélation particulière avec les quatre éléments, cela est assez évident pour marquer plus avant ce lien entre l’intelligence et le réel, puisque il est plus facilement admit que le corps soit en son milieu de vie une conséquence de la formation naturelle de tous les corps à partir du mélange des quatre éléments.
 
Là aussi une rapide visualisation du lien particulier qui existe entre chaque sens et certaines catégories tend à nous rapprocher de cette ‘‘connexion’‘ entre la nature et notre corps sensible, toutefois comme il est évident que les éléments ne vont jamais seul mais qu’ils s’associent à plusieurs en chaque réalité vivante ou pas, nous pouvons avec circonspection allez plus avant dans cette voie.
 
Les dix catégories                     les cinq sens              les quatre éléments
 
Action ––––––––––––––––––––                            
Passion –––––––––––––––––––    le toucher ––––––––––––––– la terre
 
 
 
Possession ––––––––––––––––
Relation ––––––––––––––––––     le goût  


                                                                      ––––––––––––––––– L’eau

Quantité ––––––––––––––––––    l’odorat 
Qualité –––––––––––––––––––                     
 
 
 
Lieu ––––––––––––––––––––––
Temps ––––––––––––––––––––   l’ouïe –––––––––––––––– l’air
 
 
 
Situation –––––––––––––––––
Substance ––––––––––––––––   la vue––––––––––––––– le feu
 
 
Les dix catégories dans l’évolution de la saisie d’informations de l’intelligence face au réel
 
Les dix catégories comme formalisations du réel par le langage ont émergées du réel au fil des jours par lesquels l’humanité à organisé sa vie quotidienne, et donc quand elle a dû se conformer aux expériences qui s’accumulèrent en laissant une trace mnésique significative, sorte de conceptualisation première du réel…
 
 
Vie quotidienne    conceptualisations premières    catégories
 
Le territoire                  appartenance                     lieu
 
La survie                       permanence                      temps
 
Les découvertes             étonnement                     qualité
 
L’unité                         coopération                       quantité
 
L’inconnu                       recherche                       possession
 
La communication           échange                        relation
 
L’exemplarité                   élection                       substance
 
Les usages                      conformité                     situation
 
Les urgences                   réactivité                       action
 
La mort                        acceptation                      passion
 
Et de ce point de vue il est donc plus simple de comprendre en quoi notre corps est en attente du réel pour que l’intelligibilité du milieu de vie nous soit concrètement favorable, car comme c’est dans une discontinuité de la sensation que nous sommes en contact avec le réel, l’intelligence devient une possibilité de continuité avec ce réel.
 
En ce qui concerne le raisonnement, c’est une autre disponibilité qui entre en acte puisque si la cause propre de l’abstraction sensible du premier degrés est la conscience de notre présence physique au réel, la cause propre de l’abstraction de second degrés, c’est-à-dire du raisonnement, est l’affirmation construite de l’individualisation du sujet…
 
Il est donc plus que certain que le raisonnement comme abstraction, a un mode de complexification supérieur mais aussi une plus difficile aptitude à se maintenir en contact avec les points vitaux de la présence physique du corps, c’est aussi pourquoi il est plus ‘‘périlleux’‘ de passer à ce mode d’abstraction sans quelques règles, ce qui a permit à certaines personnes (Descartes, Spinoza, Kant entre autres) de prendre des dispositions strictes pour conduire leurs raisonnements, mais pas nécessairement en continuité avec leurs points vitaux.
 
Ce que recherche ce présent travail, c’est à comprendre en quoi la reprise d’autres raisonnements pour commencer le sien est plus l’occasion d’erreurs que de prendre le réel comme début d’un savoir, et pour ce faire, une double correspondance reste à faire quant à savoir si la base universelle de l’intelligibilité se trouve dans le réel ou dans l’intelligence même, et si la communication de son propre raisonnement restitue suffisamment la complexité de la saisie à partir de sa présence individuelle.
 
En ce qui concerne les savoirs dit scientifiques, il est évident là aussi que leurs modes d’intelligibilités représentent une succession d’abstractions de second degrés telle que leur communication reste la plus sujette à égarement au regard des points vitaux liés au réel d’un corps dans son milieu de vie, dont la conscience individuelle a nécessairement besoin pour constituer sa pérennité, mais que la conscience collective peut se passer en reconstruisant un monde figuratif artificiel.
 
Il s’en suit une disjonction entre ce savoir issu du raisonnement et la présence du corps qui, comme on le sait ne peut exercer sa continuité vitale qu’avec une relation continue à un milieu de vie, et de fait plus le savoir qui provient de l’abstraction de second degrés, type scientifique, est partie prenante dans le lien que la conscience entretient avec le réel, plus une difficulté de cohérence avec le milieu de vie est patent (productions technologiques et pollutions)…
 
 
 
La place de l’intelligence dans la nature
 
Si nous proposons que l’intelligence soit dans son acte, une requalification d’une information à partir de la discontinuité de l’information sensible, il y a une proportionnalité positive à ce que le contact entre les sens et le milieu de vie soit en retour fortement modifié par l’activité de l’intelligence puisque tout échange (comme toute relation) fait participer les deux pôles par symbiose, à savoir le milieu et le corps, avec un diverse rapport entre la qualité et la quantité, c’est à ce point que tout le devenir des techniques dans le travail en porte l’évidence puisqu’elles sont les restes de l’action de l’intelligence pour remédier  à  cette disjonction entre les sens et le milieu de vie…
 
Ainsi la place de l’intelligence dans la nature serait la continuité d’un contact discontinu des sens, ou plus exactement de l’impermanence d’une direction de l’information sensible qui aurait rendu possible un nouveau cadre de gestion de l’information, jusqu’au point où les premiers raisonnements ont établi une figuration complexe du monde et sont à l’origine des cultures civilisationnelles…
 
Mais cela ne remet pas en cause la distinction entre intelligence et raisonnement puisqu'il existe toujours une capacité à saisir directement dans le réel des informations à partir des sens, ce sera donc là que devraient se trouver aussi les points de stabilités vitaux que le corps a nécessairement besoin pour continuer de participer à l’évolution de la vie…
 
En tous cas, aucune forme de connaissance ne peut se passer longtemps de ces points de références que procure l’évolution vitale, au risque de fabriquer une artificialité destructrice du milieu de vie, et plus encore de la vie tout entière…
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le Jeu 28 Mar 2019 - 11:01
ou la place de l'intelligence dans l'évolution de la vie ?

La place de l'intelligence dans l'évolution de la vie c'est l'intelligence de la Nature. Mais pour que vous puissiez en avoir conscience, il faudrait que vous vous intéressiez aux sciences naturelles.

ou la distinction entre l'intelligence et raisonnements ?
La distinction entre intelligence et  raisonnements peut être suivie au cours de l'évolution biologique à mesure que les systèmes nerveux se complexifient.

ou vers quelles intelligibilités du milieu de vie va-t-on ?

La complexification du cerveau n'est pas terminée...
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La théorie sur la conscience de Dehaene en question - Page 9 Empty Re: La théorie sur la conscience de Dehaene en question

le Jeu 28 Mar 2019 - 21:39
une conséquence de la formation naturelle de tous les corps à partir du mélange des quatre éléments.

C'est une blague ? Il y a encore des gens aujourd'hui qui pensent comme nos ancêtres gréco-latins vivant il y a plus de 2000 ans ? Comme si le temps s'était arrêté là, que le dépassement de l'âge préscientifique n'avait jamais eu lieu. Comme s'il n'y avait pas d'historicité de la pensée humaine. Comme si les premières prouesses du cerveau humain en matière de philosophie devaient être considérées comme des fondements sur lesquels il faudra éternellement baser sa pensée. Il est donc si difficile de voir, pour certains, que ces ancêtres n'avaient que leur imagination poétique pour se construire une vision du monde et que notre imagination doit se nourrir d'informations nouvelles, celles de la science ? Les quatre éléments !!! Je suis sur le cul.
shub22
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La théorie sur la conscience de Dehaene en question - Page 9 Empty Re: La théorie sur la conscience de Dehaene en question

le Ven 29 Mar 2019 - 3:53
Il y a un biais culturel aussi important.
Je me souviens d'une discussion sur un autre forum du concept d'être-pour-la-mort de Heidegger, que Hannah Arendt a réussi à lui faire transformer en être-vers-la-mort.
Je soutenais qu'il n'y a pas qu'une métaphysique neutre spirituelle, et intemporelle, projection dans notre monde réel temporel et intelligible de l'Idée de Métaphysique -pour faire platonicien brièvement- mais surtout chez lui quelque chose de profondément ancré dans la culture germanique et surtout de son époque. Donc d'ancré dans la politique alors qu'objectivement métaphysique et politique se marient difficilement voire pas du tout.
L'Être chez Heidegger j'y soutenais c'est l'Être allemand (Seyn en vieil allemand) et pour-la-mort cela signifie qu'il est prêt à mourir pour le Führer cet Être-là. Et aussi mourir pour l'Allemagne qui est la Sainte Allemagne bien sûr... Ce qu'a dit devant ses bourreaux Claus von Stauffenberg auteur d'un dernier attentat raté contre Hitler avant d'être fusillé ? Vive la Sainte Allemagne, ce fut sa dernière parole... Conception confirmée par l'anecdote suivante: un jour à Fribourg dans une conférence, quelqu'un dans la salle demanda à Heidegger ce qu'il entendait par l'Être-là, le Dasein, et sa réponse fut: le Dasein c'est le Führer

Tout ça pour revenir au sujet par ce biais indirect et dire qu'en Occident nous sommes dualiste et cartésien alors qu'en Orient on est spiritualiste et sensualiste. Et que la vision ou conception de Dehaene de la conscience via un "code de la conscience" serait très loin voire complètement différente de celle d'un moine bouddhiste: je ne connais pas assez l'Orient pour développer même si ce dernier revient à la mode régulièrement.
Le code c'est le programme informatique. Et le paradigme informatique finit par tout envahir dans les sciences humaines. À quand le code de la volonté aussi tant qu'on y est ? Tout cela, cette tentative de Dehaene et d'autres, s'appelle le computationnalisme, mot qui ne sonne pas très agréablement à l'oreille...
Chose amusante, aux USA on essaie d'apprendre via l'IA aux robots domestiques (il y en a de + en +) à être polis: témoigner de la considération pour un robot envers un humain fait partie du projet Pretty Please. Et ils multiplient les formules de politesse,  au téléphone en particulier et comme ça arrive souvent quand on arrive pas obtenir le renseignement qu'on souhaite avec les robots et automates que l'on a souvent au bout du fil et qu'on a tendance à s'énerver, le robot a un répertoire tout prêt de phrases rassurantes et apaisantes à vous délivrer dans ce cas.
PhiPhilo
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le Ven 29 Mar 2019 - 7:31
"Ces 3 mondes ne s'inscrivent pas dans le contexte de la science au sens des sciences de la nature. Ils relèvent d'un domaine qu'il faut dénommer autrement, disons la métaphysique". Aujourd'hui, m'étant intéressé à l'informatique après la biologie, [...] et ayant trouvé une affirmation péremptoire d'un biochimiste renommé qui m'a toujours plongé dans la perplexité : "l'information est une forme de l'énergie" (dans The molecular basis of biological energy transformations,  Albert L. Lehninger), je me dis que la théorie des 3 mondes de Popper, ce n'est pas de la métaphysique mais une théorie de l'information, qu'il reste à développer dans le contexte des sciences de la nature. 

Vous vous dites ce que vous voulez, mais ce que soutient Popper dans la Connaissance Objective est, disons un peu plus profond que vos allégations à l'emporte-pièce. Dire que "le monde est constitué d’au moins trois sous-mondes ontologiquement distincts ; ou, dirais-je, il y a trois mondes : le premier est le monde physique, ou le monde des états physiques ; le second est le monde mental, ou le monde des états mentaux ; et le troisième est le monde des intelligibles, ou des idées au sens objectif ; c’est le monde des objets de pensée possibles : le monde des théories en elles-mêmes et de leurs relations logiques ; des argumentations en elles-mêmes ; et des situations de problèmes en elles-mêmes", venant de la part d'un épistémologue positiviste du XX° siècle, cela devrait vous faire réfléchir un peu. Notamment du point de vue de la logique de l'argumentation. Parce que, de deux choses l'une : ou bien il n'y a qu'un seul monde (le monde 1 ou monde physique), ou bien, s'il y en a plusieurs (2, ou 3 ou n) et tous les mondes non-physiques sont, par définition, méta-physiques, non ?


L'ADN des organismes contiendrait un ensemble de propositions dont la valeur de vérité déterminerait les possibilités de survie de ces organismes dans un environnement donné, et ces propositions, qui sont de l'information, seraient liées aux réactions biochimiques de production et consommation d'énergie dont l'efficacité conditionne le succès évolutif des organismes.

Des propositions dans l'ADN ??!! C'est à mourir de rire ! Au moins Fodor avec son language of thought et Chomsky avec sa transformational generative grammar situent-ils le niveau computationnel du langage archaïque dans le cerveau humain conçu comme une sorte d'ordinateur. Pas dans l'ADN !!!! Personnellement, je croyais qu'un brin d'ADN était constitué d'un certain nombre de nucléotides, chacun comprenant un acide nucléique (adénine, guanine, thymine ou cytosine), d'un désoxyribose et d'un phosphate. Mais bon, votre culture scientifique dépasse manifestement la mienne, alors ... Il est vrai que l'on parle souvent d'information génétique ou de code génétique à propos des séquences de nucléotides qui se transforment en ARN puis en protéine. Mais, outre qu'il s'agit là d'une analogie, il faudra m'expliquer comment vous vous y prendriez (car je constate que vous utilisez tout de même le conditionnel, comme les journalistes qui parlent sans savoir) pour déterminer la valeur de vérité d'une séquence ACCCTTAAAAGGCC !!! Bref, non nageons en plein délire scientiste.


C'est une blague ? Il y a encore des gens aujourd'hui qui pensent comme nos ancêtres gréco-latins vivant il y a plus de 2000 ans ?  Les quatre éléments !!! Je suis sur le cul.

Il est vrai que, depuis l'apparition du WIFI, Patanjali, Zarathoustra, le Bouddha, Héraclite, Platon, le Christ, Mahomet et, d'une manière plus générale, tous les sages, les prophètes, les philosophes, les poètes, les écrivains n'ont plus rien à nous apprendre. Encore que ... tiens, écoutez donc cette chanson. Ridicule et arrogante vulgarité du scientisme ! 

Si nous proposons que l’intelligence soit dans son acte, une requalification d’une information à partir de la discontinuité de l’information sensible, il y a une proportionnalité positive à ce que le contact entre les sens et le milieu de vie soit en retour fortement modifié par l’activité de l’intelligence puisque tout échange (comme toute relation) fait participer les deux pôles par symbiose, à savoir le milieu et le corps, avec un diverse rapport entre la qualité et la quantité, c’est à ce point que tout le devenir des techniques dans le travail en porte l’évidence puisqu’elles sont les restes de l’action de l’intelligence pour remédier  à  cette disjonction entre les sens et le milieu de vie…
 
Ainsi la place de l’intelligence dans la nature serait la continuité d’un contact discontinu des sens, ou plus exactement de l’impermanence d’une direction de l’information sensible qui aurait rendu possible un nouveau cadre de gestion de l’information, jusqu’au point où les premiers raisonnements ont établi une figuration complexe du monde et sont à l’origine des cultures civilisationnelles… 

Ce que vous dites est intéressant (ça change un peu de ce qui précède !). D'autant plus que cela recoupe l'étymologie latine de la racine du terme intelligence : inter-ligo "je fais la liaison entre ..." ou inter-lego "je lis entre (les lignes)". Par ailleurs, cela correspond, grosso modo, à la conception humienne de la perception sensible en termes de données discontinues des sens dont la continuité serait assurée par des inférences spontanées et inconscientes exigées par la nécessité de survivre et positivement sanctionnées puis renforcées par l'habitude vitale (la sanction négative étant l'inhibition de l'habitude par la douleur ou la mort). Nous pouvons néanmoins faire au moins deux objections :
- on en reste là au niveau de la psychologie individuelle et on fait l'impasse sur les conditions sociales d'existence des organismes biologiques (pas uniquement humains, d'ailleurs) qui imposent à l'intelligence des contraintes de communication, de compréhension et d'ajustement mutuels
- à supposer que l'intelligence soit bien une instance d'information du corps, il n'y a aucune raison de réduire cette fonction à une représentation du monde extérieur pour l'organisme percevant, ce qui impose la notion d'image mentale et suscite toute une série de difficultés conceptuelles (sophisme de l'homoncule, statut de l'image des objets inexistants, nature des "représentations" non-visuelles, etc.) ; en d'autres termes, l'information peut être conçue, au sens étymologique du terme, comme une in-formation, c'est-à-dire comme la faculté de donner une forme à la matière corporelle (cf. mon article).


Je me souviens d'une discussion sur un autre forum du concept d'être-pour-la-mort de Heidegger, que Hannah Arendt a réussi à lui faire transformer en être-vers-la-mort.

Non. C'est un simple problème de traduction de la préposition zum dans Sein zum Tode. Hannah Arendt n'a aucune responsabilité là-dedans.


Je soutenais qu'il n'y a pas qu'une métaphysique neutre spirituelle, et intemporelle, projection dans notre monde réel temporel et intelligible de l'Idée de Métaphysique -pour faire platonicien brièvement- mais surtout chez lui quelque chose de profondément ancré dans la culture germanique et surtout de son époque. Donc d'ancré dans la politique alors qu'objectivement métaphysique et politique se marient difficilement voire pas du tout.
L'Être chez Heidegger j'y soutenais c'est l'Être allemand (Seyn en vieil allemand) et pour-la-mort cela signifie qu'il est prêt à mourir pour le Führer cet Être-là. Et aussi mourir pour l'Allemagne qui est la Sainte Allemagne bien sûr... 

C'est, en gros, ce que soutient Pierre Bourdieu dans son ouvrage l'Ontologie Politique de Martin Heidegger.


Tout ça pour revenir au sujet par ce biais indirect et dire qu'en Occident nous sommes dualiste et cartésien alors qu'en Orient on est spiritualiste et sensualiste. Et que la vision ou conception de Dehaene de la conscience via un "code de la conscience" serait très loin voire complètement différente de celle d'un moine bouddhiste: je ne connais pas assez l'Orient pour développer même si ce dernier revient à la mode régulièrement.

Sur ce point, cf. la dernière partie de mon article Nécessité du Dualisme Corps-Esprit.
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