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Etotsira.
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Quel est le statut du sujet chez Schopenhauer ?

le Jeu 18 Sep 2014 - 19:37
En considérant les propositions suivantes du Monde comme volonté et comme représentation :

1) “Le monde est ma représentation” (LMVR, I, 1, §1).
2) “Ce qui connaît tout le reste, sans être soi-même connu, c’est le sujet. Le sujet est, par suite, le substratum du monde, la condition invariable, toujours sous-entendue de tout phénomène, de tout objet ; car tout ce qui existe, existe seulement pour le sujet.” (LMVR, I, 1, §2).

Je voudrais de l'aide pour examiner les expériences de pensée suivantes.

1) Si des personnes sortent d'une pièce, en ne laissant aucun être conscient dans la pièce, l'intérieur de la pièce s'évanouit-il ? (Question à laquelle je pense que Schopenhauer répondrait par la négative : Plusieurs personnes pouvant partager des représentations (objectives), celles-ci ont une existence distincte de la subjectivité individuelle).
2) Si tous les êtres conscients étaient éradiqués de la surface de l'univers, resterait-il quoi que ce soit ? (Question à laquelle je ne sais pas ce que répondrait Schopenhauer : quelle est l'existence du sujet s'il n'y a aucun individu pour le supporter ?).

Toute aide sera largement appréciée.
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Vangelis
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Messages : 719
Date d'inscription : 11/03/2011

Re: Quel est le statut du sujet chez Schopenhauer ?

le Lun 6 Oct 2014 - 1:10
Etotsira. a écrit: Si tous les êtres conscients étaient éradiqués de la surface de l'univers, resterait-il quoi que ce soit ? (Question à laquelle je ne sais pas ce que répondrait Schopenhauer : quelle est l'existence du sujet s'il n'y a aucun individu pour le supporter ?).

Ne tombons pas dans un idéalisme délirant. Toute représentation du sujet est objet, et tout objet est représentation pour un sujet. Supprimer l'un ne veut pas dire éradiquer l'autre, mais que sa représentation en est rendue impossible.
Schopenhauer - Le monde comme volonté et comme représentation, §5 a écrit:
À ce point de vue, le monde perçu par l’intuition dans l’espace et le temps, le monde qui se révèle à nous tout entier comme causalité, est parfaitement réel et est absolument ce qu’il se donne pour être ; or, ce qu’il prétend être entièrement et sans réserve, c’est représentation, et représentation réglée par la loi de causalité. En cela consiste sa réalité empirique. Mais, d’autre part, il n’y a de causalité que dans et pour l’entendement ; ainsi, le monde réel, c’est-à-dire actif, est toujours, comme tel, conditionné par l’entendement, sans lequel il ne serait rien. Mais cette raison n’est pas la seule : comme, en général, aucun objet, à moins de contradiction, ne saurait être conçu sans un sujet, on doit refuser, par suite, aux dogmatiques la possibilité même de la réalité qu’ils attribuent au monde extérieur, fondée, selon eux, sur son indépendance à l’égard du sujet. Tout le monde objectif est et demeure représentation, et, pour cette raison, est absolument et éternellement conditionné par le sujet ; en d’autres termes, l’univers a une idéalité transcendantale. Il n’en résulte pas qu’il soit illusion ou mensonge ; il se donne pour ce qu’il est, pour une représentation, ou plutôt une suite de représentations dont le lien commun est le principe de causalité. Ainsi envisagé, le monde est intelligible à un entendement sain, et cela dans son sens le plus profond ; il lui parle un langage qui se laisse entièrement comprendre. Seule une intelligence faussée par l’habitude des subtilités peut s’aviser d’en contester la réalité. C’est faire un emploi abusif du principe de raison : ce principe relie bien entre elles toutes les représentations, quelles qu’elles soient, mais il ne les rattache pas à un sujet, ou à quelque chose qui ne serait ni sujet ni objet, mais simple fondement de l’objet. C’est là un pur non-sens, puisqu’il n’y a que des objets qui puissent causer quelque chose, et que ce quelque chose est toujours lui-même un objet.

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