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Zingaro
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Pourquoi la compréhension d'un écrit change-t-elle ?

le Ven 26 Juil 2013 - 19:57
Amis philosophes, bonjour !

Ceux à qui il est arrivé de reprendre une lecture de jeunesse des années plus tard comprendront peut-être l'expérience à la base de ce questionnement.

Pourquoi la compréhension d'un écrit change-t-elle avec le temps ? Pourquoi parvenons-nous parfois à une compréhension plus directe ? Qu'est-ce qui a évolué entre les deux lectures ?
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Erysimumcheiri
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Re: Pourquoi la compréhension d'un écrit change-t-elle ?

le Lun 26 Aoû 2013 - 15:39
@Zingaro a écrit:Ceux à qui il est arrivé de reprendre une lecture de jeunesse des années plus tard comprendront peut-être l'expérience à la base de ce questionnement.
Pourquoi la compréhension d'un écrit change-t-elle avec le temps ? 
Bonjour, 


Comprenez-vous qu'une histoire ne soit jamais la même en fonction du lecteur qui la lit ? Concevez-vous que l'imagination est telle que jamais les personnages d'un même livre ne se ressembleront d'un lecteur à l'autre ? 


"Un livre a toujours deux auteurs : celui qui l'écrit et celui qui le lit". Jacques Salomé
Difficile alors d'imaginer le nombre d'auteurs qui résultent d'un seul livre ! 


En relisant un livre, vous considérez-vous comme étant exactement la même personne que la première fois que vous avez eu ce livre dans les mains ?


Je crois que lorsque nous lisons un livre, beaucoup d'éléments sont à prendre en compte. Non seulement notre vécu, qui oriente déjà de façon considérable notre interprétation de l'œuvre, mais également notre état d'esprit au moment où nous nous plongeons dans sa lecture.
Lorsque nous sommes tristes, nous n'envisageons pas notre avenir de la même manière que lorsque nous sommes heureux. Pourquoi cela serait-il différent avec la lecture ? Ce n'est pas parce que les mots sont les mêmes qu'ils nous frappent forcément toujours avec la même portée et le même impact. 


Ainsi, même si une part de nous-mêmes reste inchangée au fil des années, notre expérience, notre vécu s'enrichissent et notre vision du monde change. Notre façon d'interpréter des sentiments et des émotions peut-être bien différente d'une année à l'autre. Parfois être plongé dans un contexte particulier suffit à changer un état d'esprit. 


Vient-on de vous jouer un mauvais tour, que la moindre action de vos personnages vous paraîtra suspecte alors que quelque temps auparavant vous auriez pris cela pour un geste anodin. La méfiance apparue dans votre vie de tous les jours ne se retrouve pas seulement dans la réalité mais dans votre regard sur le monde. Est-ce que ce regard change lorsque nous passons de la réalité à la fiction ? cela me semble difficilement possible.


La méfiance était un exemple comme un autre. Également, le fait d'avoir acquis de nouvelles connaissances, va porter notre attention sur certains détails que nous n'avions jusqu'alors pas relevés. Lire un roman de quelques centaines de pages et pouvoir se concentrer sur chaque mot est un exploit. Le cerveau sélectionne beaucoup de choses lors d'une lecture mais d'autres passent inaperçues. C'est pourquoi lors d'une seconde lecture, nous avons toujours l'impression de découvrir ou redécouvrir certains passages. 


Un détail oublié que l'on remarque quelques années après s'être replongé dans le livre, peut suffire à faciliter notre compréhension et à créer le lien essentiel qu'il nous manquait. Mais je ne suis pas sûre que cela réponde à votre question. Je pense plutôt qu'il faut chercher du côté de l'évolution de l'esprit du lecteur dans la mesure où nous ne sommes jamais assez ouverts d'esprit pour envisager tous les possibles qu'offre un livre. 


C'est quelque chose que je ne saisis pas bien et que j'ai du mal à mettre sous forme de mots. En quelque sorte, c'est comme si la lecture était composée de plusieurs plans successifs, dont on ne remarquait que les deux ou trois premiers lors d'une première lecture ; des plans plus éloignés lors de la seconde mais où, même de nombreuses lectures d'une œuvre ne suffiraient pas pour la contempler en trois dimensions. Ce qui reviendrait à répondre à votre première question : la compréhension ne change pas mais elle s'affine, elle cherche les détails et elle s'approfondit.
 
@Zingaro a écrit: Pourquoi parvenons-nous parfois à une compréhension plus directe ? 
En quel sens trouvez-vous que la compréhension soit plus directe après une relecture ? Je la vois tellement plus indirecte pour ma part...

@Zingaro a écrit: Qu'est-ce qui a évolué entre les deux lectures ? 
Entre les deux lectures, seul le lecteur peut avoir évolué mais l'être humain est si complexe qu'il est difficile de savoir ce qui en lui a évolué pour lui permettre d'aboutir à cette nouvelle façon de comprendre le livre.



Je persiste à croire qu'il faut lire chaque livre en son temps. Si un livre nous a paru long et fastidieux durant nos jeunes années, ce n'est peut-être qu'en le relisant vingt ans plus tard que l'on se rendra compte du véritable chef-d'œuvre dont il était question. Durant vingt ans, il peut s'en passer des choses dans une vie et que de lectures (!) auront pu permettre à l'esprit de s'élever et d'envisager le monde sous un angle bien différent de celui de notre enfance.


J'espère ne m'être pas trop éloignée de vos questions bien que je ne sois pas sûre d'avoir exactement cerné ce que vous recherchiez.
Sur ce, bonne journée à vous !
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Zingaro
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Re: Pourquoi la compréhension d'un écrit change-t-elle ?

le Jeu 29 Aoû 2013 - 18:39
Bonjour Erysimumcheiri,

Je crois que lorsque nous lisons un livre beaucoup d'éléments sont à prendre en compte. Non seulement notre vécu, qui oriente déjà de façon considérable notre interprétation de l'œuvre, mais également notre état d'esprit au moment où nous nous plongeons dans sa lecture.
Lorsque nous sommes tristes, nous n'envisageons pas notre avenir de la même manière que lorsque nous sommes heureux. Pourquoi cela serait-il différent avec la lecture ? Ce n'est pas parce que les mots sont les mêmes qu'ils nous frappent forcément toujours avec la même portée et le même impact.

Spoiler:
C’est vrai. Rapidement, par rapport à ce point, je pense que nous pouvons distinguer les œuvres qui correspondent à un état d’esprit de celles qui en contiennent un. Lorsque je suis triste, je peux me diriger en matière de musique vers des chansons qui correspondent à la tristesse, tandis que d’autres œuvres vont induire un état d’esprit qui leur est propre indépendamment du mien. En musique classique notamment, mais pas seulement, se trouvent des œuvres que je dirais « maîtresses » ou « complètes » en ce sens qu’elles ne sont pas soumises à mon état du moment. L’œuvre m’arrache à moi-même et me transporte dans un univers propre, qui semble tenir par soi-même. D’expérience, retrouvez-vous également cette différence ?

Autrement, sur le reste, pour avancer sur ce sujet il va falloir définir ce qu’est la compréhension d’une œuvre.
Spoiler:
Henri et Gudule lisent un texte contenant une métaphore. Henri est capable de lire et se figure l’histoire telle qu’elle se déroule ; il la comprend littéralement. Gudule, elle, saisit l’histoire et elle repère les points d’analogie qui dessinent en fond un mouvement plus abstrait. Elle saisit la métaphore en même temps qu’elle comprend qu’il s’agit d’une métaphore.

Deux ans plus tard, Henri relit l’histoire et le sentiment à sa lecture n’est pas vraiment le même parce qu’il a une rage de dents à ce moment-là. Pour autant, il n’a toujours pas saisit l’aspect métaphorique de l’histoire. Le sentiment a changé mais la compréhension est la même. Encore plus tard, après en avoir discuté avec Gudule, il découvre comme par enchantement un ‘’nouveau’’ texte dont la profondeur est cette fois tout autre. En plus d’être une histoire, c’est une métaphore. La compréhension de l’œuvre a changée.

S’agissant de la compréhension d’une œuvre, il s’agit d’abord de la compréhension de ce qu’est l’œuvre. Le sentiment se situe sur un autre plan. Pour rester dans l’illustration : je manque de culture en matière de poésie, si bien que je ne comprends jamais pleinement les poèmes que je lis car je ne maîtrise pas la métrique et quantité d’autres aspects que l’auteur a eu en tête lorsqu’il a composé les vers. Cela n’empêche pas d'apprécier les poèmes, mais la compréhension, elle, est restreinte à ce que je domine moi-même en matière de poésie, soit peu de choses. Si une bonne âme m’apprend à composer, la compréhension de l’œuvre sera changée, j’aurais la capacité d’en apprécier plus d’aspects, ma lecture sera plus complète. Exactement comme la compréhension des Nocturnes de Chopin est plus complète lorsque c’est un pianiste qui l’écoute, et encore plus lorsque c’est un pianiste qui l’a lui-même jouée, que lorsque c’est un auditeur lambda.
 
Alors, pourquoi la compréhension d’un écrit change-t-elle ? Il s'agit d'abord, comme nous l'avons vu, de la compréhension de ce qu’est l’œuvre. Voilà un premier point. Alors, pourquoi change-t-elle ? Eh bien, d’abord, assez simplement, parce qu’une œuvre comprend plusieurs aspects. Et c'est une première proposition, sur laquelle nous sommes d'accord si j'ai bien compris vos propos. Ainsi, une possible évolution est celle de la compréhension relative à ce qu’est l’écrit en lui-même. Une œuvre peut comprendre différents aspects, tous ne sont pas disponibles immédiatement, et l’un d’entre eux n’est pas nécessairement épuisé dès lors qu’on l’appréhende; mais ils peuvent le devenir, disponibles, et chaque aspect peut faire l’objet d’une compréhension plus ou moins fine (vous parliez de plans : « c'est comme si la lecture était composée de plusieurs plans successifs », si j’ai bien compris ce que vous vouliez dire, alors un aspect sera éventuellement composé de plusieurs plans ?). Appelons cela la compréhension « interne » de l’écrit, s’agissant de la compréhension par le lecteur de ce que comprend l’écrit.

Maintenant, voyons que l’écrit est compris dans un contexte. Il s’inscrit dans une époque et, selon le type d’écrit, le lien au contexte sera plus ou moins direct. La relation au contexte est essentielle à certains écrits et s’inscrit dans la compréhension interne. Par exemple : les écrits de Zola relatifs à l’affaire Dreyfus. Mais tout écrit est susceptible d’être mieux compris à la lumière du contexte de son apparition. Nous pouvons ainsi décrire différents « cercles contextuels » autour de l’écrit. Je m’explique : un matin, Mahmud écrit une lettre à son frère René. Savoir que Mahmud était de très mauvaise humeur ce matin-là (une migraine infernale) permettra de mieux comprendre l’aspect désobligeant de ses écrits. Cela ne nous dira pas en quoi, comment ses écrits sont désobligeants, ce qui relève de la compréhension interne de l’écrit ; cela nous dira pourquoi ils le sont. Un premier cercle contextuel renvoie ainsi à l’auteur, son état, le moment auquel il écrit, sa vie en général etc. Il y a ensuite l’époque à laquelle il écrit, les influences de l’époque sur l’auteur, l’éventuelle tradition dans laquelle il s’inscrit, etc. Autant de cercles contextuels dans lesquels l’œuvre est comprise. Bien sur, ces cercles n’en sont pas, mais l’image ne me semble pas inutile. Nous avons donc une seconde possibilité d’évolution de la compréhension d’un écrit.

Il y avait la compréhension de ce que comprend l’écrit, nous parlons maintenant de celle de ce qui comprend l’écrit. Soit la relation de l’écrit à un contexte : les influences qui se sont exercées sur lui et celles qu’il a exercées sur le contexte, qui sont autant d’éléments susceptibles d’enrichir notre compréhension. Jusque-là, nous nous sommes attardés sur les possibles évolutions de la compréhension d’un écrit en particulier. D’autant que nous sommes sur un forum de philosophie, il ne faut pas oublier que l’écrit en général peut aussi faire l’objet d’une compréhension. Qu’est-ce qu’écrire ? Qu’est-ce que lire ? Qu’est-ce qu’un écrit ? Ces questions soulèveront des considérations visant à traverser l’ensemble des écrits. Connaissances et réflexions sur l’écriture en général sont susceptibles d’influer la compréhension que nous avons de chaque écrit. Exemple évident : apprendre à lire. Ainsi une autre réponse à la question « pourquoi la compréhension d’un écrit change-t-elle ? » est : parce que nous pouvons découvrir ce qu’est l’écrit en général.

Reste à éclaircir tout un pan du problème. Nous avons parlé de l’évolution de la compréhension par son contenu : aspects internes de l’écrit, relations de l’écrit à un contexte et qualités communes aux écrits. Ce faisant nous n’avons pas parlé de l’évolution de la compréhension en tant que capacité du lecteur. C’est à mes yeux la partie la plus mystérieuse. Comment se fait-il, sans que j’aie acquis plus de connaissances quant à l’écrit en particulier ou en général, que la compréhension de tel écrit ait tant changée ? Comme l’ancienne compréhension est toujours présente à l’esprit et que, autour et par-delà elle, de nouveaux liens se créent, qui peuvent modifier la signification globale de l’écrit mais qui restent le fruit d’un travail allant dans la même direction qu’à la première lecture, j’en conclus que ma capacité à comprendre a elle-même évolué. Ce qui a changé, c’est ce qui comprend, c’est ce qui prend l’écrit en soi : le lecteur. Si ce changement n’est pas celui d’une évolution au niveau du savoir, n’est-ce pas le fruit d’une évolution au niveau de l’être ?
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Erysimumcheiri
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Re: Pourquoi la compréhension d'un écrit change-t-elle ?

le Lun 9 Sep 2013 - 11:59
Bonsoir Zingaro,

@Zingaro a écrit:Une œuvre peut comprendre différents aspects, tous ne sont pas disponibles immédiatement, et l’un d’entre eux n’est pas nécessairement épuisé dès lors qu’on l’appréhende; mais ils peuvent le devenir, disponibles, et chaque aspect peut faire l’objet d’une compréhension plus ou moins fine
Nous sommes en effet d'accord sur ce point et c'est avec justesse que vous nommez cela la compréhension "interne" de l'œuvre. Mon intérêt se porte tout particulièrement sur le fait que ces aspects ne soient pas tous disponibles immédiatement. De quoi dépendrait alors cette disponibilité ? Pour avoir la même base (j'entends par là la trame même de l'écrit), il apparaît certain que les principaux aspects doivent se présenter comme une évidence aux yeux des lecteurs. Cependant, ce sont rarement ceux-là qui nous intéressent car il est peu probable qu'ils changent lors d'une relecture. Mais qu'en est-il de ces aspects dont nous n'avons pas immédiatement conscience lors de notre lecture ? Qu'ils puissent devenir disponibles, cela ne fait aucun doute ; mais comment peuvent-ils le devenir ?

Connaître le contexte peut aider mais il ne suffit pas. Les éléments qui suggèrent la diversité de ces aspects sont si variés que cette compréhension interne me semble bien plus difficile que de se pencher sur l'époque et sur l'auteur lui-même.

Au sujet de la compréhension de l'écrit inscrit dans un contexte, il est indéniable que celui-ci a un rôle important. Encore faut-il (je crois) distinguer le contexte de notre perception de ce contexte. Je sépare ici l'auteur du lecteur : le premier a vécu le contexte tandis que l'autre peut n'avoir qu'une image biaisée de ce dernier.
Si l'utilisation du mot cercle ne reflète pas aussi bien votre pensée que vous le souhaiteriez, est-ce que "sphères contextuelles" conviendrait mieux ?

J'ai plus de mal à saisir votre troisième paragraphe.
@Zingaro a écrit:Soit la relation de l’écrit à un contexte : les influences qui se sont exercées sur lui [/font]et celles qu’il a exercées sur le contexte, qui sont autant d’éléments susceptibles d’enrichir notre compréhension.
Les interactions entre l'écrit d'une part et l'auteur ainsi que l'époque d'autre part sont d'une importance considérable et ceci, comme vous le soulignez à juste titre, dans les deux sens.


@Zingaro a écrit:il ne faut pas oublier que l’écrit en général peut aussi faire l’objet d’une compréhension. Qu’est-ce qu’écrire ? Qu’est-ce que lire ? Qu’est-ce qu’un écrit ? Ces questions soulèveront des considérations visant à traverser l’ensemble des écrits.

Qu'entendez-vous par la compréhension de l'écrit en général ? Y a-t-il réellement une base commune à tous les écrits étant donné la variété 
des formes, la [font=Gisha]diversité des desseins et la multitude des interprétations que cela offre ? Quelles sont donc ces qualités communes aux écrits ?

Après avoir prêté attention à vos réflexions, je voudrais ici vous poser une question : vous demandez-vous "Pourquoi la compréhension d'un écrit change-t-elle avec le temps ?" ou bien " Pourquoi la compréhension d'une œuvre change-t-elle avec le temps ?" Je dois avouer qu'il m'est difficile de traduire ma pensée avec des mots bien que j'en aie une image beaucoup plus claire à l'esprit.

Ainsi, je distingue deux aspects d'une œuvre : l'écrit (ce qui est écrit par l'écrivain) et le livre (ce qui en toute logique est lu par le lecteur). Je crois que pour le reste de mon explication, je dois m'en remettre à un schéma !


C'est là où j'aboutirais à cette idée que la compréhension de l'écrit changerait grâce à la connaissance : on comprend l'écrit car l'on connaît le contexte, l'intention de l'auteur, son état d'esprit, etc. Tandis que la compréhension du livre évolue grâce à l'évolution même de la personne qui lit.

Pour terminer...
@Zingaro a écrit:Reste à éclaircir tout un pan du problème.
Nous n'avions effectivement jusque ici parlé que de la compréhension de l'écrit car votre question nous limitait à cet aspect là, à l'inverse de votre réponse.

On ne peut demander à un auteur de comprendre son œuvre de façon totalement différente que ce qu'il avait l'intention d'écrire. C'est lui le maître du jeu : il distribue les cartes, aperçoit l'ensemble des possibilités qu'elles offrent mais ne peut prévoir à l'avance ce que les joueurs en feront. Alors la compréhension du lecteur est sans borne, non dans le sens où il découvrira toutes ces possibilités mais dans la mesure où il peut toujours enrichir sa compréhension.
L'enrichir certes, mais il y a également quelque chose de formidable avec le lecteur : n'étant pas l'auteur, il peut sans cesse remettre en doute sa compréhension de l'œuvre car il est impossible pour lui d'avoir la certitude que sa compréhension est juste. Ô combien il a acquis un certain savoir au sujet de l'écrit, il n'aura jamais une connaissance suffisante de lui-même pour savoir ce qui en lui le mène vers cette compréhension qui lui est propre et qui est bien loin d'être immuable.
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Zingaro
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Re: Pourquoi la compréhension d'un écrit change-t-elle ?

le Jeu 12 Sep 2013 - 0:50
Erysimumcheiri a écrit:Mais qu'en est-il de ces aspects dont nous n'avons pas immédiatement conscience lors de notre lecture ? Qu'ils puissent devenir disponibles, cela ne fait aucun doute ; mais comment peuvent-ils le devenir ?
Pour une part c'est un problème de quantités et d'espace. Il faut avoir la capacité de comprendre, je pense aux conditions biologiques ou en termes d'états d'esprits, car il me semble que certaines conditions mentales y sont plus favorables. Mais ça ne nous éclaire pas beaucoup.
 


Encore faut-il (je crois) distinguer le contexte de notre perception de ce contexte. Je sépare ici l'auteur du lecteur : le premier a vécu le contexte tandis que l'autre peut n'avoir qu'une image biaisée de ce dernier.
 Il est exclu de vivre à la place d’un autre. Il n'est pas exclu de chercher à avoir une idée juste de ce qui est déterminant pour la compréhension d’un écrit. Au-delà, on reproche à l’image de n’être qu’une image.
 


Qu'entendez-vous par la compréhension de l'écrit en général ? Y a-t-il réellement une base commune à tous les écrits étant donné la variété des formes, la diversité des desseins et la multitude des interprétations que cela offre ? Quelles sont donc ces qualités communes aux écrits ?
Oui, à commencer par l'évidence à dire de tout écrit : c'est un écrit. Il y a un auteur, le langage, la conscience, des technologies, des sociétés, des valeurs... Des questions d'ordre général traversent l'ensemble des écrits ou des grappes d'écrits. - Qu'est-ce que le fantastique ? Qu'est-ce que la religion ? Comment s'élabore un mythe ? Quel effet a la locution verbale "il y a..." ; sous ces interrogations de multiples lectures alimentent un espace de compréhension qui produit lui-même une manière de lire, une attention, une sensibilité.
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