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    Le travail.

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    Le Vicaire

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    Re: Le travail.

    Message  Le Vicaire le Sam 26 Mai 2012 - 20:06

    @Le Vicaire a écrit:
    @Janus a écrit:En fait je trouve votre "raisonnement" tout simplement pervers, dans le style nihiliste qui inverse les valeurs : accepter un travail "alimentaire", juste bon à satisfaire "son seul appétit"... tout comme considérer qu'être libre c'est se soumettre aux lois respectueuses de la liberté d'autrui.... tout cela est morale d'esclave, juste valable pour les imbéciles....

    Décidément vos arguments sont bien minces et vous avez un sens de la démonstration assez saisissant mais excusez-moi je n'ai pas fait charabia en première langue.

    Vicaire, je vous prie d'éviter ces piques inutiles au débat. Janus, évitez de votre côté de simplifier les propos de votre interlocuteur. (Liber)

    Très drôle de la part de quelqu'un qui parle de mes propos dignes du "café du commerce" et puis moi c'est Le Vicaire pas "Vicaire".
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    Le Vicaire

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    Le travail.

    Message  Le Vicaire le Lun 28 Mai 2012 - 23:06

    @jean ghislain a écrit:Alors à chacun ensuite de voir si ce travail est un tourment, ou un accomplissement. Personnellement, je pencherai comme la plupart des philosophes grecs pour la valeur du loisir et laisserai le travail à l'esclave... si cela était possible .
    Chez les Grecs, si on prend la définition de la vie bonne qui correspond à une sorte de téléologie existentielle, ce "but du jeu" c'est bien de se consacrer aux activités les plus hautes parce qu'elles correspondent à ce qui relie l'être humain à la divinité du monde intelligible chez Platon et, de manière plus incarnée chez Aristote, à cette vie intellective qui fait de l'homme... un homme car sa faculté de raisonner le conduit vers la sophia (à mon sens impossible) synonyme d'accomplissement terrestre de son humanité. Donc effectivement pas question de bosser... Et le truc pratique, ce sont les esclaves et il y aurait à disserter sur la façon dont Aristote justifie l'esclavage. Mais bon admettons que chacun se consacre à cet idéal antique dès lors que les machines travaillent à la place des hommes, comme l'envisageait Marx, et que l'esclavage soit définitivement aboli - ce qui n'a rien d'évident dès lors que l'on définit l'esclavage comme un rapport entre un dominant et un dominé, on pourrait ainsi trouver des exemples où la contrainte s'exerce encore de nos jours et dans nos sociétés policées. Comme l'esclave, nous devons travailler contraints et forcés par la nécessité. Il se pose néanmoins la question de savoir si le travail qu'il reste à accomplir, car au lieu de buller on cherche encore et toujours à travailler, est quelque chose que je subis même s'il est codifié par le droit - caissière à mi-temps à Cora par ex. c'est mon choix ? - , auquel cas on pourrait admettre que la fin (nécessité) justifie les moyens (contingence), c'est-à-dire que je travaille sans trop me poser la question de savoir ce que je fais. Je peux m'en remettre au hasard, à l'opportunité, pour me trouver un travail sur lequel je serai assez peu regardant. Ainsi, la pensée se déconnecte de l'action. Ou alors j'ai une attitude qui prend le travail comme une fin en soi - mais là nous risquons le cercle - car s'il est moralement bon, accompli par ma pensée depuis l'idée jusqu'à sa réalisation, genre Picasso ou Kant, et bien il relève davantage de l'idéal gréco-romain.

    @jean ghislain a écrit:Plus sérieusement, on constate que les animaux travaillent par besoins primaires (quand il s'agit de construire une tanière par exemple).
    L'homme a d'abord l'idée de la maison qu'il va construire avant de se mettre au boulot..., son idée préexiste au travail. L'abeille c'est moins sûr.

    @jean ghislain a écrit:Alors faut-il tout accepter ? Le problème c'est que si l'on commence par tout accepter, on finira par accepter tout et tout le temps, le travail alimentaire devenant notre vocation . La société devrait prendre en compte ce principe que chacun doit choisir son rythme de travail et ses premières préférences. Ce qui éviterait par exemple aux agents de pôle emploi de vous proposer une formation de camionneur quand vous avez un diplôme en sciences, ou encore d'aller porter des briques sur des chantiers, et que sais-je encore...
    Je souscris à votre première remarque mais où se situe la limite ? Il n'y a rien d'infamant à travailler pour subvenir à ses besoins même si le travail en question ne nous plaît pas. C'est bien là que se trouve la difficulté, existe-t-il une hiérarchie morale dans le travail et l'action humaine ? Le travail n'est-il que le produit de notre humanité car l'homme serait d'abord une machine à penser et à agir ? Le travail comme la politique peut être tout à fait amoral.

    @jean ghislain a écrit:Sinon pour Eichmann, je dirais avec un peu d'ironie qu'il était le fonctionnaire parfait qui adorait son travail pour l'accomplir de cette (horrible) manière, ce qui devrait laisser à penser sur la soi-disant "valeur" du travail.
    La "banalité du mal" s'accompagne aussi d'une forte remise en cause de la morale kantienne du devoir. Arendt ne semble pas aussi catégorique que ça dans sa critique : "On ignore jusqu’à quel point Kant a contribué à la formation de la mentalité du "petit homme" en Allemagne. Mais il est certain que, dans un certain sens, Eichmann suivait effectivement les préceptes de Kant : la loi, c’était la loi ; on ne pouvait faire d’exceptions." (Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem).

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