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    Peut-on vivre en étant nihiliste ?

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    higlhf

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    Peut-on vivre en étant nihiliste ?

    Message  higlhf le Sam 5 Mar 2016 - 21:51

    Bonjour,

    Je ne suis pas doté d'une grande culture philosophique, et c'est pourquoi je poste sur ce forum : pour obtenir des références, des idées, qui pourraient nourrir ma réflexion.
    Pour expliquer le problème, j'en suis venu à une conception nihiliste du monde (fondé sur quelques choix axiomatiques et une logique personnelle). Le but n'est pas ici de remettre en question cette vision, mais de construire avec.

    Pour le dire autrement, si on admet que la vie n'a pas de sens, que peut-on construire ? 
    De ce que j'ai pu voir, il y a tout un champ de réponses basées sur l'affirmation de la subjectivité. Ces réponses me semblent à la fois utiles (parce que de très bon outils pour analyser le monde) et insuffisantes (parce que les versions les plus extrêmes ne cadrent pas avec mes propres axiomes).

    Bref, je demande des références sur des philosophes qui intègrent le nihilisme.

    [Reformulation de la question et modification du titre du topic - Euterpe]

    kercoz

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    Re: Peut-on vivre en étant nihiliste ?

    Message  kercoz le Dim 6 Mar 2016 - 8:11

    Votre questionnement porte sur le déterminisme et la désespérance qu'il implique.

    Ma position est de préférer les recherches sociologiques aux recherches philosophiques, du moins la philosophie telle qu'on la comprend actuellement. Je ne prétends pas avoir raison, mais cette démarche m'apporte des ouvertures et surtout m'écarte du nihilisme. De mon expérience, il ressort que j'ai plus de chance de me rapprocher de la réalité et de l'objectivité. Nous existons plus dans nos interactions que dans notre entité et l'introspection n'aboutit qu' à des impasses.
    Comme auteurs, je ne peux vous conseiller que ceux qui m'ont ouvert cette voie : K. Lorenz ; E. Goffman et P. Bourdieu.

    Bien que la philosophie se soit écartée des mathématiques, la "théorie du Chaos" me semble indispensable pour qui s'intéresse à la réalité. L'intérêt de cette théorie récente sur la complexité c'est qu'elle est accessible (cf. Gleick, Prigogine et Laskar).
    avatar
    Zingaro
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    Re: Peut-on vivre en étant nihiliste ?

    Message  Zingaro le Dim 6 Mar 2016 - 14:30

    De nombreux auteurs se sont confrontés au nihilisme, la page consacrée sur Wikipédia en mentionne déjà quelques uns : outre Nietzsche bien sûr il y a Kafka, Camus, Cioran... Mais rien n'assure que leurs écrits correspondront à ce que vous cherchez. Qu'entendez-vous par "construire" ?

    higlhf

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    Re: Peut-on vivre en étant nihiliste ?

    Message  higlhf le Dim 6 Mar 2016 - 21:09

    @kercoz a écrit:Bien que la philosophie se soit écartée des mathématiques, la "théorie du Chaos" me semble indispensable pour qui s'intéresse à la réalité.
    Les mathématiques sont une langue, ni plus ni moins, même si elles impliquent un mode de pensée encore plus différent que des langues classiques.

    Plus encore, ce mode de pensée est par nature relativement inhumain. Très pratique pour manipuler la réalité, qui est (pour moi) très largement extra-humaine... Tout cela va dans le sens dont vous parlez.

    Le léger problème est que la construction mathématique n'est pas adaptée à ma question. On ne cherche pas à mieux décrire la réalité. On cherche une réponse. La notion de réponse est une notion de dialogue, de parole, et donc d'esprit humain. Je cherche une réponse à ce qui n'est pas vraiment une question, mais un constat.

    Votre questionnement porte sur le déterminisme et la désespérance qu'il implique.
    Totalement, on parle de la même chose.

    Ma position est de préférer les recherches sociologiques aux recherches philosophiques, du moins la philosophie telle qu'on la comprend actuellement. Je ne prétends pas avoir raison, mais cette démarche m'apporte des ouvertures et surtout m'écarte du nihilisme. De mon expérience, il ressort que j'ai plus de chance de me rapprocher de la réalité et de l'objectivité. Nous existons plus dans nos interactions que dans notre entité, et l'introspection n'aboutit qu'à des impasses.
    Intéressant... Je vais me permettre plusieurs critiques, désolé si certaines sont à côté.
    - On peut lire ça comme "arrête d'y penser et occupe-toi". C'est une philosophie de vie tout à fait valable (quand elle est choisie) et qui existe au moins depuis les Lumières. Mais c'est ni plus ni moins éviter la question.
    - La partie sur les interactions me semble très juste. L'individualisme actuel est pour moi très illusoire. Il est très intéressant de voir que sur ce point nous avons le même point de vue.
    Parce que c'est bien là que se pose le problème : quel rapport avec la question ? En quoi mieux comprendre l'homme permet-il de répondre à "la vanité de la vie" ? Cela permet de mieux se sentir, mais ce n'est pas constructif : on peut se rapprocher indéfiniment d'une objectivité et d'une réalité incroyablement précise, mais toujours constater que toutes ces choses sont finalement peu de choses.

    @Zingaro a écrit:Mais rien n'assure que leurs écrits correspondront à ce que vous cherchez. Qu'entendez-vous par "construire" ?
    Il y a de gros bouts de philosophie qui se fixent sur des objectifs. Je peux rechercher le surhomme, l'engagement d'une subjectivité pure. Je peux plaire aux dieux, où aux canons que la société m'a inculqués. Mais toutes ces choses semblent des choix axiomatiques. Vouloir être toujours meilleur, se dépasser sans cesse, ça semble bien. Et parce que ça me semble bien, on va avoir tendance à y adhérer.

    Mais si on admet un nihilisme, on se rend compte que tout cela ne se base que sur des choix arbitraires. On ne construit plus sur cette idée d'une vie d'un point de vue relatif, mais plutôt à coté, voire malgré elle. Si j'admets que je veux devenir meilleur, je peux chercher des façons de le devenir, je peux construire de multiples idées. Le nihilisme, quand on prend le raisonnement jusqu'au bout, est effroyablement destructeur. Ou pour essayer de reformuler la question : pourquoi ferais-je de la philosophie, si tout n'est que vanité ?

    anormal

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    Re: Peut-on vivre en étant nihiliste ?

    Message  anormal le Dim 6 Mar 2016 - 22:32

    Avant tout, on peut se demander si le fait de se questionner sur le sens de la vie est une chose qui découle de la simple curiosité philosophique, ou si cela tient à autre chose. Autrement dit on pourrait se demander si la cause de cette question est "libre", ou si elle relève de quelque chose qui n'est peut-être pas de l'ordre du questionnement habituel. Le questionnement habituel, j'ose avancer que c'est la vie qui le produit, et en cela, ce questionnement sert la vie. Ainsi, les questions viennent le plus souvent à la suite d'un problème, d'un obstacle, d'une incommodité, toutes choses problématiques qu'il faut solutionner. Or vous vous questionnez sur ce qui habituellement questionne et cela devrait nécessairement faire appel à un métalangage: à un langage qui questionne la question.

    En math, par exemple, il nous faut passer par la géométrie pour que les équations décryptent le langage de la Nature, en cela, la logique formelle des maths doit passer par le "médium" géométrie pour "comprendre" le langage de la Nature. Mais vous avez remarqué que l'on ne sait pas grand chose de la Nature... Or l’être humain est d'une complication singulière, puisqu'au problème naturel s'ajoute le problème culturel ; en cela, c'est une question au carré...

    Soyons logiques : lorsqu'on se questionne sur la vie, c'est que celle-ci pose problème. La vie est-elle un problème ?

    [Suppression des remarques trop personnelles - Euterpe]


    Dernière édition par anormal le Lun 7 Mar 2016 - 8:23, édité 1 fois

    higlhf

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    Re: Peut-on vivre en étant nihiliste ?

    Message  higlhf le Lun 7 Mar 2016 - 0:33

    Je porte très bien mon nihilisme au jour le jour. Sauf que la question qu'il porte reste ainsi ouverte... Pour moi, il faudrait que la personne qui s'engage dans cette sombre voie soit d'une nature heureuse. Mais au-delà du bonheur (ou du malheur) il n'en reste pas moins un fait qui cherche réponse et soulève pour cela une question mal définie : "et alors, on fait quoi de ce nihilisme ? Aujourd'hui mon obstacle, c'est : "j'en arrive par logique à un concept dont je ne sais pas quoi faire".

    [Suppression des remarques trop personnelles - Euterpe]

    anormal

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    Re: Peut-on vivre en étant nihiliste ?

    Message  anormal le Lun 7 Mar 2016 - 9:13

    Le nihilisme, en premier lieu, on le voit surtout chez les autres. C'est une interprétation, un jugement portés sur les agissements d'autrui, et tant que cela ne produit pas de nuisance pour nous, on s'en accommode assez bien. Dès lors que les valeurs et les modes de vie de l'autre ne nous dérangent pas, il n'y a pas véritablement de problème lié au nihilisme.

    - C'est autre chose que de considérer le nihilisme qui nous touche de près et qui, de fait, touche ce que l'on pourrait nommer "le bien commun" (là, on peut avec Nietzsche remonter au cas Socrate, pour souligner que la raison peut elle-même se retourner contre la vie, juger la vie...)

    - Et c'en est encore une autre que de méditer son propre nihilisme. Car dans ce cas, il nous faut une instance particulièrement conformée pour nous saisir de nous-mêmes, pour nous juger nous-mêmes, pour être sujets et objets à la fois, alors que l'on sait que la raison peut s'avérer, dans ce domaine, quelque chose de pervers. La raison ne peut suffire, parce que nous ne sommes pas des êtres de raison. De fait, dire ce qu'est le nihilisme implique nécessairement de définir ce qu'est l’être humain (vaste programme). On ne rencontre nulle part un individu, il y a toujours derrière lui des institutions, des lois, des règles, autant de choses qui nous en éloignent*.

    Se poser la question du nihilisme nous place devant un paradoxe, celui de la double impossibilité. Impossibilité d'être à la fois soi-même et conforme aux attentes de la société. Cet état de fait est supportable tant que l'attachement que l'on a pour les Valeurs du groupe font illusion.

    [Suppression des opinions et des remarques obscures - Euterpe]

    higlhf

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    Re: Peut-on vivre en étant nihiliste ?

    Message  higlhf le Mar 8 Mar 2016 - 13:15

    Le nihilisme, en premier lieu, on le voit surtout chez les autres.
    Mon expérience semble est différente... Pouvez-vous détailler ? Ou alors vous parlez d'une forme de nihilisme qui consisterait à dire : "puisque rien n'a de sens je peux faire n'importe quoi" ?

    La raison ne peut suffire, pour la simple raison que nous ne sommes pas des êtres de raison.
    Mais dans ce cas, bien peu de choses peuvent être considérées. Lorsque je développe un raisonnement, A implique B, je peux aussi considérer pourquoi je l'ai fait, dans quel cadre, pourquoi j'en suis arrivé à cette façon de l'exprimer. D'un autre coté, je peux aussi considérer cette implication elle-même. Sans admettre A ou tous les autres axiomes implicites, je peux dire dans l'absolu que s'il y a A alors il y a B. Ici la construction est la même. Ce que je vois ici c'est une analyse de l'origine de la question. Mais le nihilisme questionne aussi sur un aspect bien plus primaire.

    Autant présenter ma propre réponse, si peu satisfaisante soit-elle : Admettons le nihilisme. Mais alors il n'y a pas de "sens de la vie". La notion de "sens" n'a plus de raison d'être : les choses sont, ni plus ni moins. Dans ce cadre là, l'immensité de l'univers par rapport à nous n'est plus une question. C'est angoissant, certes... Le nihilisme peut être une excuse pour s’affranchir de la morale et des valeurs. Croire dans le nihilisme apporte des inconvénients : stress d'un univers immense, perte de charge symbolique de la morale/des valeurs. Maintenant, j'ai déjà trouvé des réponses pour "gérer cette crise" sur le plan personnel. Ici il s'agit de voir ce que les autres répondent, de voir ce qui a pu m’échapper.

    [Suppression des remarques confuses et des passages hors-sujet - Euterpe]

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    Re: Peut-on vivre en étant nihiliste ?

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