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    Ravioli

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    Message  Ravioli le Ven 26 Fév 2016 - 21:34

    Bonjour, 

    Eu égard à l'expérience philosophique des participants de ce forum, il semblerait que vous ayez été nombreux à poursuivre par le passé des études en philosophie. Terminant, comme j'ai pu l'écrire, ma licence cette année même, j'en profite pour réinterroger mes passions, me comprendre, et par là même, me réorienter. J'aime travailler des textes, fouiner, produire, et transmettre ces fruits. Aussi souhaité-je m'engager dans l'enseignement et la recherche, soit en philosophie, soit en sociologie. Je suis parfaitement conscient qu'il s'agit de disciplines très différente, quoique la dernière soit appelée la petite soeur industrielle de la première (je ne sais plus où, j'aimais bien la formule).

    Durant mon cursus et à côté, j'ai pu toucher à des classiques de l'un et de l'autre; le tout dans un cadre universitaire dont je n'ai vu qu'une face. Or pour le contenu théorique comme pour l'environnement, je nage encore de trop dans le vide et aurais besoin d'avis éclairés, les vôtres. Je ne demande bien évidemment pas des réponses exhaustives et précises, si vous avez la bonté d'en publier, mais des pistes, des redéfinitions de mes questions s'il le faut, ou des articles qui pourraient m'éclairer, s'il vous plaît.

    Par rapport aux études : masters et mémoires; agrégations; doctorats et thèses, quelles sont les difficultés principales dans l'une et l'autre discipline (pour la sociologie j'entends l'agrégation de Sciences Economiques et Sociales) ? Conseillerez-vous de tenter, ou non, d'obtenir ces diplômes ? 
    Quelles sont les universités dont l'enseignement semble le plus épanouissant (je suis de Paris Sorbonne) ? L'enseignement supérieur est-il si fermé qu'on le dit aux nouvelles recrues ? Et le secondaire ? A quoi ressemble l'actuel milieu de la recherche en France et dans le monde (effectifs, attitude entre les pairs, ...) ? Vaut-il mieux passer son doctorat dans une autre ville que Paris ? Que pensez-vous de l'enseignement des Grandes Ecoles (Sciences Po Paris, ENS-Paris, EHESS, notamment) ?

    Mon ambition n'est pas de révolutionner le domaine dans lequel je me jetterai, ni même d'y devenir un grand, simplement de profiter d'un savoir et d'en faire profiter. De gober mon retard, de le comprendre, et de considérer le tout ensuite.

    Dienekes
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    Re: Orientation.

    Message  Dienekes le Lun 29 Fév 2016 - 21:47

    Pour ma part, je vais vous répondre en tant que cadre dans un grand groupe français. Pour ce qui est de la philosophie, je suis trop dilettante pour vous donner des conseils avisés si vous souhaitez faire carrière dans son enseignement.

    Pour ce qui est de l’employabilité, je vous conseillerais fortement ENS ou Science Po plutôt qu’un master lettres « classiques ». Même si vous visez l’enseignement, il faut savoir qu’il y a de nombreux prétendants et très peu d’élus sur les postes d’enseignant chercheur et que même l’agrégation est loin d’être facile à obtenir (moins de 5% en philo il me semble). Si par malheur vous deviez abandonner cet objectif, un diplôme de l’ENS ou Science Po vous ouvre tout de même pas mal de postes dans les entreprises françaises. À l’étranger, il y a tout de même la mention Sorbonne qui peut vous aider par contre, ce peut être un choix intéressant si vous souhaitez vous expatrier.
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    Ravioli

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    Re: Orientation.

    Message  Ravioli le Lun 29 Fév 2016 - 23:00

    Je vous remercie beaucoup pour votre réponse. 

    Environ 10% en Philosophie, 20% en Sciences économiques et sociales pour l'agrégation en 2015. Le doctorat et la thèse sont la marche plus haute : je voulais me renseigner, mais reste lucide quant au nombre de postes encore plus restreint pour l'enseignement dans le supérieur et/ou la recherche.

    J'ai pensé à l'ENS et à Sciences Po : pour la première, plus que rares (inexistantes certaines années) sont les entrées d'étudiants n'ayant pas fait de CPGE auparavant; pour la seconde, mon dossier manque d'excellence. Je tenterai l'un et l'autre l'année prochaine, en rattrapant mes lacunes en mathématiques et histoire durant l'été.

    Dans tous les cas, apprenant l'italien, j'aimerais effectivement partir à Bologne ou Rome pour une année d'études, où des établissements sont reconnus pour leurs cours en sciences humaines. Qu'en pensez-vous ?

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    Re: Orientation.

    Message  Silentio le Lun 29 Fév 2016 - 23:08

    Si j'étais vous, concours ou pas concours, j'irais passer une année en Italie. On n'apprend une langue qu'en la parlant et maîtriser une langue étrangère moins répandue que l'anglais est un avantage sur le CV. A un niveau personnel, ce séjour ne peut que vous enrichir.

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    Re: Orientation.

    Message  Dienekes le Lun 29 Fév 2016 - 23:30

    Si vous avez l’occasion de faire un an d’études à l’étranger, n’hésitez surtout pas. Totalement d’accord avec Silentio, bénéfique à tous les niveaux.

    Pour ce qui est de devenir enseignant chercheur, attention, passer une thèse ne suffit pas. J’ai une amie qui a suivi cette voie en histoire et ça a été encore tout un parcours après sa thèse (il faut avoir fait une thèse suffisamment reconnue, obtenir des recommandations de professeurs, passer devant une « commission de je ne sais plus quoi », trouver un poste…). D’autres ici pourront peut-être vous donner des détails sur ce passage de la thèse à l’enseignement.
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    Ravioli

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    Re: Orientation.

    Message  Ravioli le Mar 1 Mar 2016 - 11:41

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:Pour ce qui est de devenir enseignant chercheur, attention, passer une thèse ne suffit pas. J’ai une amie qui a suivi cette voie en histoire et ça a été encore tout un parcours après sa thèse (il faut avoir fait une thèse suffisamment reconnue, obtenir des recommandations de professeurs, passer devant une « commission de je ne sais plus quoi », trouver un poste…). D’autres ici pourront peut-être vous donner des détails sur ce passage de la thèse à l’enseignement.

    Je le sais : c'est ce que je sous-entendais en disant que je restais lucide quant au nombre de postes :) J'ai en effet grand besoin de témoignages de docteurs et/ou agrégés.

    Merci de me motiver pour ce voyage d'études. L'Italie vous paraît une bonne idée ? La voie royale serait (et encore, selon les classements produits dans ces pays) le Royaume-Uni et les Etats-Unis, mais les entrées sont bouchées et je n'ai pas tellement les moyens d'y vivre.

    Silentio

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    Re: Orientation.

    Message  Silentio le Mar 1 Mar 2016 - 12:01

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:Pour ce qui est de devenir enseignant chercheur, attention, passer une thèse ne suffit pas. J’ai une amie qui a suivi cette voie en histoire et ça a été encore tout un parcours après sa thèse (il faut avoir fait une thèse suffisamment reconnue, obtenir des recommandations de professeurs, passer devant une « commission de je ne sais plus quoi », trouver un poste…). D’autres ici pourront peut-être vous donner des détails sur ce passage de la thèse à l’enseignement.
    Disons qu'il est plus facile de devenir maître de conférence avec une thèse que professeur. Mais là encore les places sont monopolisées par l'élite sortie des grandes écoles. Bref, une thèse et un concours aident grandement, bien que cela ne garantisse pas la disponibilité d'un poste.

    Il n'est d'ailleurs pas impossible de réussir les concours en sortant de l'université, mais l'avantage des grandes écoles c'est qu'elles forment intensivement à l'acquisition de la méthode. L'université au contraire n'encadre pas, elle incite malgré elle à l'autonomie. Or il est très difficile de s'imposer un rythme de travail soutenu. Personnellement, je ne sais pas penser sur commande et j'ai été vite dépassé par les exigences attendues dans les différents exercices. Je ne sais me discipliner que pour mes propres recherches. Il faut aussi savoir se protéger, car la préparation au concours est solitaire. Comme c'est une compétition, la concurrence est rude et les échanges assez froids. Notez aussi que cela représente un budget conséquent. Un dernier conseil : on n'apprend pas à enseigner (encore moins devant une classe), alors demandez-vous si vous seriez à l'aise, si c'est vraiment ce que vous désirez.

    Quant aux débouchés, l'enseignement, l'enseignement et l'enseignement. Mais il existe quelques alternatives : l'édition, le coaching ou conseil philosophique (selon que l'on s'adresse à des individus ou à des entreprises), les RH, etc. Bien sûr, un profil philo seul ne vous distinguera pas de la masse, mais couplé avec une autre formation, cela peut aider. Après, je crois que c'est plutôt valorisé dans les pays anglo-saxons. N'oubliez pas non plus que la philosophie suppose un esprit à la fois critique, analytique et synthétique. Cela peut être un atout dans d'autres disciplines : si la philosophie ne marche pas, essayez la sociologie, l'histoire, etc.

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    Re: Orientation.

    Message  Dienekes le Jeu 3 Mar 2016 - 21:26

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:Merci de me motiver pour ce voyage d'études. L'Italie vous paraît une bonne idée ? La voie royale serait (et encore, selon les classements produits dans ces pays) le Royaume-Uni et les Etats-Unis, mais les entrées sont bouchées et je n'ai pas tellement les moyens d'y vivre.

    Je ne connais pas du tout l’Italie, mais pourquoi pas. S’ils ont un programme qui vous intéresse, ce peut être un plus un peu original sur un CV, ça ne fait pas de mal.

    Pour ce qui est des classements des écoles, il faut tout de même se méfier. Certes les écoles de premier rang aux États-Unis et au Royaume-Uni sont des valeurs plutôt sures, mais je ne pense pas que payer trois fois plus cher pour une école de second rang dans l’un de ces deux pays soit préférable à une bonne école ailleurs en Europe, même moins bien classée.

      La date/heure actuelle est Lun 11 Déc 2017 - 1:11