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    Critique de la raison pure

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    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Lun 7 Mar 2016 - 16:33

    Nous allons maintenant aborder la première partie de la Critique :  Théorie transcendantale des éléments.

    Rappelons que les "éléments" désignent les deux souches de la connaissance humaine : la sensibilité par laquelle les objets nous sont donnés et l'entendement par lequel les objets sont pensés.

    Le mot transcendantal  (le vocabulaire de kant, page 113) "qualifie une connaissance qui concerne nos concepts a priori des objets, notre manière de connaître les objets en tant qu'elle est possible a priori. Le transcendantal désigne un usage a priori de la connaissance".

    Ne surtout pas confondre ce mot avec le mot transcendant. (Nous reviendrons ultérieurement sur le sens de ce dernier mot, mais nous pouvons dès maintenant qualifier de transcendantal tout usage légitime (empirique) des concepts purs et de transcendant tout usage illégitime (au-delà de l'expérience possible) de ces mêmes concepts).

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Lun 7 Mar 2016 - 18:00

    Le premier chapitre de la Critique traite du premier élément, première souche de la connaissance humaine  : 

    I  L'esthétique transcendantale.


    Le mot esthétique signifie ici : sensiblité (du grec aisthêsis : sensibilité).


    Introduction (page 117)


    Toute connaissance, toute pensée en rapport avec un objet s'appuie en premier lieu sur l'intuition. L'intuition serait donc la représentation immédiate d'un objet, immédiate en opposition avec toute représentation "travaillée" par l'entendement (nous reviendrons ci-après sur le problème de la définition même de cette représentation immédiate, spontanée, dite : intuition).

    Mais l'intuition, la représentation immédiate d'un objet, ne peut être que si l'objet nous est donné, et l'objet nous est donné que s'il nous affecte sur un certain mode.

    "La capacité de recevoir des représentations par la manière dont nous sommes affectés par des objets s'appellent : sensibilité. C'est donc par la médiation de la sensibilité  que des objets nous sont donnés" (puis ils seront pensés par l'entendement) "et c'est elle seule (la sensibilité) qui nous fournit des intuitions".

    Tout acte de pensée qu'il soit direct (intuition) ou indirect (concept) se rapporte en définitive à des intuitions, donc à la sensibilité, seule faculté par l'intermédiaire de laquelle (médiation) les objets nous sont donnés.

    L'effet produit par un objet sur la capacité de représentation est une sensation.

    L'intuition qui se rapporte à l'objet à travers une sensation s'appelle intuition empirique.

    L'objet indéterminé d'une intuition empirique s'appelle phénomène (objet au sens  : contenu de l'intuition, représentation dans l'intuition).

    Dans le phénomène est appelée matière ce qui correspond à la sensation.

    La mise en rapport du divers des sensations s'appelle la forme du phénomène.

    La matière du phénomène est donnée a posteriori.

    La forme du phénomène est certes donnée à la matière quand elle se dépose dans l'intuition mais cette capacité à la mise en forme, qui donne forme, qui met en forme est donnée  a priori, ce que Kant simplifie en écrivant que la forme réside a priori dans l'esprit.

    Nous développerons ces notions complexes ci-après.

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Mar 8 Mar 2016 - 8:13

    Essayons de synthétiser les notions précédentes.

    Nous avons d'abord "la chose en soi". Celle-ci affecte nos sens. Nous pouvons déjà, à ce niveau, introduire la notion de "choc" puisque la sensation résulte d'un choc entre une manifestation de la chose en soi et nos sens.

    Nos sens sont donc affectés et là Kant introduit la notion de sensibilité qui est notre capacité à éprouver des sensations (la sensibilité est aussi appelé par Kant réceptivité).

    Intervient alors dans la description de Kant : l'intuition, capacité à recevoir des représentations (par la médiation donc de la sensibilité).

    Dans l'intuition la sensation devient : matière (de l'intuition) laquelle matière est mise en forme, grâce aux formes a priori de l'intuition (l'espace et le temps, nous verrons cela ci-après).

    L'ensemble matière-forme de l'intuition (objet, contenu de l'intuition) s'appelle le phénomène.

    Dans le phénomène la matière est donnée a posteriori, la forme est donnée a priori.

    Une telle intuition (d'un phénomène) est appelée intuition empirique.


    La question que se pose immédiatement un lecteur qui découvre Kant est celle-ci : en quoi consiste cette représentation, ce phénomène?

    Ou encore : puis-je me représenter ce phénomène?

    Nous pourrions penser que c'est la représentation telle qu'elle se dépose en mon esprit, par exemple la vision de cet arbre là devant moi.

    Pas du tout puisque la vision de cet arbre, là devant moi, est déjà le produit d'un "travail" de l'entendement sur le phénomène.

    Du coup le phénomène est "un objet indéterminé".


    Il faut nous arrêter sur cette question de l'interdétemination du phénomène.

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Mar 8 Mar 2016 - 10:28

    Pour approfondir cette question de l'indétermination du phénomène je me réfère à l'étude qui en est faite par M. Rivelaygue dans son œuvre citée plus haut (leçons de métaphysique allemande) page 83.

    "Kant dit de la chose sensible  que "c'est l'objet indéterminé d'une intuition empirique". Pourquoi indéterminée? Ce qu'il faut comprendre , c'est qu'en fait la détermination de la chose n'apparaitra qu'à travers l'entendement" 

    "Au niveau de la perception, si l'espace et le temps sont continus, et d'une continuité qui n'est pas l'addition des parties, la chose perçue n'a pas d'unité"

    Nous anticipons là sur la définition de l'espace et du temps comme formes continues mais l'essentiel n'est pas là pour le moment : l'essentiel est qu'en effet le phénomène ne peut pas être défini. Ce qui pose tout de même problème, car décrire une "réalité" qui ne peut être définie ouvre beaucoup de perplexité.

    Cette position intellectuelle de Kant sera critiquée par Husserl. Page 86, Rivelaygue  :"On comprend que pour Husserl l'Esthétique transcendantale soit à refaire , puisque, de fait, la chose de la perception n'y est pas définie".

    Nous ne rentrerons pas ici dans un débat qui a fait l'objet de réflexions approfondies de la part de Husserl, Merleau-Ponty et Heidegger (Kant a ouvert de nouvelles et passionnantes voies de réflexion!) mais le lecteur ne doit pas s'inquiéter de ne pas bien saisir ce que c'est "cet objet indéterminé  de l'intuition empirique", il est en bonne compagnie! Puisqu'il marche ainsi sur les pas de philosophes tels que Husserl et d'autres.

    Pour ma part, et toujours dans un esprit pratique, concret, je propose une approche du phénomène, dans sa perception, avec cet exemple :

    Lorsque nous découvrons un paysage nouveau, par exemple une chaîne de montagne jamais vue auparavant, nous avons quelque difficulté à distinguer les sommets les uns des autres, nous avons le sentiment d'un certain flou, d'une difficulté à "saisir" ce nouveau paysage. Pourtant si, munis d'une carte, nous nous efforçons de nommer les différents pics et cols de cette chaîne de montagne, nous nous apercevons, après nomination que brusquement nous distinguons les sommets et les cols. Le seul fait de nommer crée pour nous, en nous, la distinction. Je dirai que la nomination fait intervenir de manière plus approfondie les synthèses de l'entendement, et que la perception, avant nomination, se rapproche (peut-être) de ce que Kant appelle phénomène. Il s'agit là bien sûr d'une simple proposition.

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Mer 9 Mar 2016 - 9:13

    Kant nomme "pures" (au sens transcendantal, soit dans le cadre d'un usage a priori de la connaissance) les représentations dans lesquelles ne se rencontre rien qui appartienne à la sensation.

    Cette forme pure de la sensibilité  il l'appelle intuition pure, et il ajoute ce texte important (page 118)  :

    "Quand j'isole abstraitement de la représentation d'un corps ce que l'entendement en pense, comme la substance, la force, la divisibilité, etc. de même que ce qui y revient à la sensation, comme  l'impénétrabilité, la dureté, la couleur etc. quelque chose me reste encore de cette intuition empirique, à savoir l'étendue et la figure"
    (l'étendue : le volume).

    Ce teste est important car Kant décrit là implicitement le contenu de l'intuition (dans sa composante sensation c'est-à-dire matière) ce qui met partiellement en défaut les critiques qui  lui ont été faites (voir ci-dessus).

    L'étendue et la figure appartiennent ainsi à l'intuition pure (en tant que représentation), laquelle réside a priori dans l'esprit, sans sensation (sans objet).

    La science de tous les principes de la sensibilité a priori est nommée : esthétique transcendantale.

    Après le travail de séparation décrit dans le texte rapporté ci-dessus Kant isolera deux formes pures de la sensibilité (il écrit "intuition sensible", cette variation dans le choix des mots ne facilite pas la compréhension de son texte) savoir : l'espace et le temps.

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Mer 9 Mar 2016 - 18:06

    Le texte qui va ensuite du milieu de la page 119 jusqu'au premier tiers de la page 120 (de "première section..."  jusqu'à "1.L'espace...") peut encore être rangé sous le titre introduction.


    Kant détermine les deux sens  suivants (propriétés de notre esprit) (page 119) :

     Le sens externe par lequel nous nous représentons les objets comme extérieurs à nous, dans l'espace, l'espace étant la forme du sens externe.
     Le sens interne par lequel l'esprit intuitionne son état intérieur, le temps étant la forme du sens interne (cela sera développé plus loin).

    Le temps ne peut pas être intuitionné extérieurement de même que l'espace ne peut pas être intuitionné intérieurement.

    Kant va procéder à l'exposition de ces deux concepts : (page 120)  "J'entends par exposition la représentation claire de ce qui appartient " à chacun des concepts.

    Et il va procéder pour chacun des deux concepts à deux expositions :

     l'exposition métaphysique  : " Quand elle (l'exposition) contient ce qui présente le concept comme donné a priori" (page 120)
     l'exposition transcendantale  : soit " L'explication du concept comme constituant un principe à partir duquel la possibilité d'autres connaissances synthétiques a    
                                                 priori peut être aperçue".

    Ici il nous faut introduire le distinction subtile entre transcendantal et  a priori. Pour cela nous citerons Rivelaygue (leçons de métaphysique allemande, page 54) :

    "La méthode transcendantale consiste à repérer l'a priori (intellectuel, mais aussi sensible quand il s'agit de l'espace et du temps) et à se demander comment il peut servir de forme à l'a posteriori, comment il peut servir à penser l'a posteriori (des représentations)"

    Par exemple l'espace du mathématicien n'est pas une représentation transcendantale bien qu'il soit a priori (l'espace), parce que le mathématicien n'étudie pas l'espace comme condition des objets, il l'étudie pour lui même, indépendamment du contenu sensible (de l'a posteriori).
    En revanche l'espace du physicien est une représentation transcendantale (a priori) car le physicien étudie l'espace comme condition de la possibilité des événements physiques comme le mouvement, l'action des forces, etc.

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Jeu 10 Mar 2016 - 9:47

    Note :  Kant va démontrer que les concepts espace et temps ne sont pas des...concepts!
    Bien entendu le mot concept est employé ici dans des sens différents. Kant va démontrer que l'espace et le temps ne sont pas des concepts empiriques (nous avons défini ce qu'était un concept empirique au début de cette étude).
    Le mot concept est aussi employé par Kant dans un sens général. Est concept tout ce qui peut être pensé. L'espace par exemple n'est pas un concept empirique mais nous pouvons penser l'espace, c'est-à-dire, pratiquement : penser à l'espace, se demander ce qu'est l'espace  et en cela nous pouvons penser à l'espace sans même pourvoir nous le représenter -au sens visuel- Nous voyons ainsi que nous pouvons penser l'espace et nous pourrons alors avec Kant parler du concept espace (idem pour le temps).

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Jeu 10 Mar 2016 - 10:26

    Première section de l'esthétique transcendantale : de l'espace (page 119)


    A) Exposition métaphysique de ce concept

    (Rappel : nous avons rangé le texte qui part sous ce titre (page 119 ) jusqu'au paragraphe 1. l'espace...(page 120) sous le titre précédent de notre étude : introduction)

    1) L'espace n'est pas un concept empirique, car pour pouvoir se donner la localisation de tout objet extérieur il faut déjà avoir la représentation de l'espace, je ne peux avoir l'extériorité d'un objet défini que sur fond d'espace. Et si l'espace était lui-même un objet (concept empirique) je ne pourrais objectiver l'espace que sur fond préalable d'espace. Prenons un exemple pratique. Si je regarde un tableau (peinture) je ne peux voir les figures du tableau que sur fond d'une toile. Et le tableau lui-même ne peut apparaitre que sur fond d'un mur. Et si je me dis, oui mais si le mur est l'espace alors j'ai là un objet (le mur), oui mais le mur lui-même ne peut apparaître que sur un fond plus étendu (qui sera la pièce elle-même, etc.). 

    2) L'espace est une représentation nécessaire, a priori, qui intervient à la base de toutes les situations externes. Il est en effet impossible de construire une représentation (externe) sans fond d'espace (impossible de peindre un tableau sans le fond de la toile).
    L'espace est donc la condition de possibilité des phénomènes (et en cela il ne dépend pas des phénomènes, au contraire il les rend possibles). 
    Il est donc une représentation a priori et (profitons-en pour affiner le sens de transcendantal) transcendantale, transcendantale en ce sens que l'espace est étudié ici en tant que possibilité d'un a posteriori (le phénomène).

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Sam 12 Mar 2016 - 17:28

    3) (page 121) L'espace n'est pas un concept discursif (qui repose sur le raisonnement par opposition à l'intuition) mais c'est une intuition pure. Nous ne pouvons nous représenter qu'un seul espace et si nous pensons à plusieurs espaces c'est toujours en tant qu'ils sont des parties de cet espace unique, qu'ils sont en lui (donc nous ne pouvons pas déduire l'espace à partir de ses parties, car les parties ne sont pensables que sur fond d'un espace unique; le fait de ne pas pouvoir déduire l'espace unique à partir des parties de l'espace, par sommation par exemple, nous fait sortir du raisonnement, de la déduction du tout à partir des parties).
    L'espace est donc une intuition a priori qui intervient à la base de tous les concepts que nous en élaborons.
    Kant cite ensuite l'exemple de l'inégalité triangulaire. Soit a, b et c les mesures des trois côtés d'un triangle, alors nous avons a < (ou égal) b + c, b < (ou égal) a + c et c < (ou égal) a + b. Si nous essayons d'établir cette inégalité en ne nous appuyant que sur les concepts pensés, les seuls concepts intellectualisés du triangle et de la ligne  il est impossible d'établir cette inégalité. Pour l'établir il faut nous représenter spatialement les côtés d'un triangle, soit dans l'imagination, soit (c'est plus pratique!) sur une feuille de papier. Mais alors nous ne sommes plus dans  des concepts intellectualisés mais dans des formes spatialisées (dans l'imagination ou sur la feuille). Et nous voyons que nous ne pouvons établir cette inégalité que dans l'espace représenté par la feuille de papier (avec une certitude apodictique, ce qui est une marque de l'a priori, voir ci-dessus l'introduction; apodictique : incontestable).

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Dim 13 Mar 2016 - 6:17

    Rappelons- nous : le concept empirique est fondé d'abord sur l'expérience d'un objet (nous avions pris comme exemple : une table), puis l'élaboration d'une définition (compréhension) et d'une extension (ensemble des tables telles que définies).
    Nous voyons qu'ici il n' y a pas extension, addition, sommation de tous les espaces limités pour constituer l'espace comme résultant de l'addition des parties, mais il y a donnée d'abord de la totalité de l'espace, sous laquelle il est possible ensuite de ranger des espaces limités. 
    Nous sommes dans une démarche opposée à celle qui permet la définition du concept empirique (ne pas oublier  que le mot: concept, employé seul, désigne ce qui peut être pensé, à ne pas confondre avec le concept empirique).

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Dim 13 Mar 2016 - 8:53

    4) L'espace est représenté comme une grandeur infinie donnée. L'espace est "donné" à la sensibilité. Le mot "infini"est à prendre au sens : non-déterminé, car l'infini en tant que grandeur, appelle déjà l'intervention d'un concept pur de l'entendement  (quantité) alors que nous sommes là dans le cadre de la seule sensibilité.
    Le mot concept utilisé ensuite par Kant a le sens  : concept empirique.
    Un concept empirique contient sous lui la totalité des objets répondant à sa définition (extension du concept empirique) mais il ne les contient pas en lui (la définition de la table ne contient pas en elle la totalité des descriptions de toutes les tables). Or l'espace comme grandeur infinie donnée contient en lui toutes les parties d'espace limitées, ce ne peut donc être un concept empirique.

    Page 121, citation du texte : "Donc la représentation originaire de l'espace est une intuition a priori, et non pas un concept" (concept empirique).

    anormal

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  anormal le Dim 13 Mar 2016 - 10:23


    Nous voyons qu'ici il n' y a pas extension, addition, sommation de tous les espaces limités pour constituer l'espace comme résultant de l'addition des parties, mais il y a donnée d'abord de la totalité de l'espace, sous laquelle il est possible ensuite de ranger des espaces limités.



    Bravo, pour le gros travail que vous produisez!

    Juste une petite incise: ce passage nous montre que Kant, avait déjà l'intuition de ce que l'on nomme aujourd'hui "l'univers fractal".

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Mer 16 Mar 2016 - 18:39

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:

    Nous voyons qu'ici il n' y a pas extension, addition, sommation de tous les espaces limités pour constituer l'espace comme résultant de l'addition des parties, mais il y a donnée d'abord de la totalité de l'espace, sous laquelle il est possible ensuite de ranger des espaces limités.



    Bravo, pour le gros travail que vous produisez!

    Juste une petite incise: ce passage nous montre que Kant, avait déjà l'intuition de ce que l'on nomme aujourd'hui "l'univers fractal".
    Tout à fait! Toute une branche de mathématiques avec Mandelbrot et l'application qui à z fait correspondre z² + c (dans le corps des complexes). Ce n'est pas une branche des mathématiques que j'ai étudiée, j'ai juste contemplé les effets visuels de cette application. Merci pour vos encouragements.

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Mer 16 Mar 2016 - 19:03

    B) Exposition transcendantale du concept de l'espace (page 122).

    Kant définit à nouveau le concept "transcendantal" ainsi: 

    "J'entends par exposition transcendantale l'explication d'un concept comme constituant un principe à partir duquel la possibilité d'autres connaissances synthétiques a priori peut être aperçue."

    Nous voyons là qu'il faut appliquer "transcendantal" à un principe ou à un concept qui permet d'accéder à des connaissances synthétiques a priori. Cette définition ne contredit pas la définition donnée plus haut, elle la complète.

    Kant part de cette constatation (qu'il commente ensuite) :

    La géométrie est une science qui détermine synthétiquement et a priori les propriétés de l'espace.

    Sachant que ces deux sources de la connaissance sont la sensibilité et l'entendement mais qu'un concept ne peut rien offrir comme connaissances que ce qu'il contient, les connaissances apportées par la géométrie ne peuvent pas venir de concepts, elle viennent donc de l'intuition (la sensibilité). Cette intuition doit nécessairement être a priori car les propositions géométriques sont toutes apodictiques, elles sont nécessaires, marque de l'a priori comme nous l'avons vu plus haut. Donc cette intuition réside dans le sujet (puisqu'elle est a priori) et comme elle n'est pas la matière de l'intuition (a posteriori) elle en est la forme, la forme du sens externe.

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Dim 20 Mar 2016 - 18:05

    C) Conséquences résultant des concepts précédents (page 123)

    L'espace n'est pas la propriété des choses en soi et n'est pas non plus une relation qu'entretiendraient les choses en soi entre elles.

    Il est la forme des phénomènes des sens externes c'est-à-dire "la condition subjective de la sensibilité sous laquelle une intuition externe est possible". Ici "subjectif" est à prendre au sens  : le sujet en tant qu'être humain (l'espace n'a donc de sens que du point de vue d'un être humain et nous ne pouvons (page 124) "aucunement juger des intuitions des autres êtres pensants").

    L'espace est donc la forme des phénomènes, forme qui contient aussi les principes des rapports des objets tels qu'il sont perçus, tels qu'il sont donnés dans l'intuition. 

    L'espace n'est attaché aux choses (en soi) que dans la mesure où elles nous apparaissent, c'est-à-dire en tant qu'elles deviennent alors des objets de la sensibilité.
    L'espace comprend toutes les choses qui peuvent apparaitre hors de nous, mais non les choses en elles mêmes (les choses en soi), autrement dit : toutes les choses sont juxtaposées dans l'espace  à condition que ces choses soient prises comme objets de notre intuition sensible (phénomènes) et non comme choses en soi. 

    En conséquence l'espace est une réalité (validité objective) par rapport aux phénomènes mais une idéalité (un non-existant, pouvant se réaliser dans le phénomène) par rapport aux choses en soi. Ce qui permet à Kant d'écrire ceci : "Nous affirmons...la réalité empirique de l'espace tout en affirmant son idéalité transcendantale" (par rapport aux choses en soi).

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Lun 21 Mar 2016 - 10:56

    Il n' y  pas en dehors de l'espace une quelconque représentation qui soit objective (objective relativement au phénomène) a priori. Ainsi les sensations des couleurs, des tons, de la chaleur, etc. ne sont pas a priori, mais elles ne sont pas non plus idéalité liées aux choses en soi (comme l'est l'espace : idéalité comme potentialité à affecter la sensibilité dans sa texture en quelque sorte, dans la capacité  de la sensibilité à mettre en forme spatiale). Il s'agit là de sensations non d'intuitions (on se demande du coup s'il s'agit de la matière de l'intuition, mais apparemment pas).
    Ces sensations sont associées aux phénomènes que comme des effets modifiant notre subjectivité (subjectivité non plus liée à l'espèce humaine, mais à chaque individu, chacun ressentant ces sensations selon sa constitution propre, selon même ces sentiments).

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Dim 27 Mar 2016 - 18:33

    Deuxième section de l'Esthétique transcendantale : du temps. (page 126)




    A ) Exposition métaphysique du concept du temps

    1- La simultanéité ou la succession des événements ne peut être perçues que sur fond d'une "trame" préexistante, que l'on peut supposer invariante (bien que Kant ne le dise pas pas ainsi à ce stade) qui est le temps. Le temps du coup est ici défini par opposition à la simultanéité et à la succession. Nous pourrions tenter de saisir cette affirmation en imaginant un paysage immobile dans lequel viendraient se mouvoir des objets. Le mouvement (succession)n'est alors perçu que sur fond d'une "trame" immobile. Le temps est donc donné a priori (comme préexistant mentalement à la succession).

    2- Le temps est donné a priori. C'est en lui que toute l'effectivité des phénomènes est possible.

    3- "C'est sur cette nécessité a priori que se fonde la possibilité de principes apodictiques à propos des rapports temporels on d'axiomes de temps en général". Nous pourrions nous demander si Kant n'anticipe pas là sur l'exposition transcendantale (le temps comme possibilité d'acquérir des connaissances synthétiques a priori). Le temps a une seule dimension, différents temps ne sont pas simultanés mais successifs. Affirmations péremptoires qui paraissent tirées de la physique de Newton.

    4- Le temps n'est pas un concept discursif. Différents temps ne sont que des parties du même temps. La représentation qui ne peut être donnée que par un seul objet (ici le temps comme totalité dont on tire les parties) est une intuition.

    5- La représentation originaire de temps est donnée comme illimitée et toute grandeur temporelle déterminée n'est possible que par des limitations  imposées à ce temps unique. La représentation entière ne peut pas être donnée par un concept (un concept empirique; même raisonnement que pour l'espace : un concept empirique, dans sa compréhension, ne contient pas son extension). Donc il s'agit d'une intuition, dont on a vu au 1- qu'elle était a priori.

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Lun 28 Mar 2016 - 10:43

    B) Exposition transcendantale du concept du temps (page 127)

    Ah je vais me jeter des fleurs! Puisque je n'avais pas encore lu ce paragraphe quand j'ai rédigé mon post hier. Kant reconnaît lui-même que le point 3- de l'exposition métaphysique du paragraphe précédent aurait dû être traité dans l'exposition transcendantale et non dans l'exposition métaphysique comme je le faisais remarquer hier. Il y a un certain manque de rigueur dans l'écriture chez Kant (mais ce n'est certes pas un littéraire).


    Le concept du mouvement  (changement de lieu) n'est possible que dans la représentation du temps. Si cette représentation du temps n'était pas a priori aucun concept (empirique) ne pourrait rendre compréhensible la possibilité du mouvement. En effet comment un objet pourrait-il occuper des espaces différents (dans l'espace total) dans nos concepts empiriques s'il n'existait pas "avant", a priori, dans notre esprit, la possibilité du changement  du même (même objet) dans le même (même espace). C'est seulement dans le temps (donc conçu, comme l'espace, comme un invariant de dimension infinie, c'est mon interprétation) que deux déterminations opposées peuvent se rencontrer de façon successive. 
    C'est ainsi que le concept du temps comme forme a priori de la sensibilité rend compte de la possibilité de connaissances synthétiques notamment concernant la théorie générale du mouvement (Kant parle là de la mécanique, divisée en cinématique et en dynamique; c'est un fait qu'à partir des trois lois de Newton sur la mécanique, plus la loi de la gravitation universelle, il est possible d'étudier par exemple la trajectoire d'un objet sur le "papier" sans recours à l'expérience, c'est même un bijou cette mécanique tant elle est parfaite sur le plan mathématique pour des vitesses bien sûr qui restent "raisonnables").

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Lun 28 Mar 2016 - 19:24

    C) Conséquences tirées de ces concepts (page 128)

    a.  le temps n'est pas quelque chose qui existerait pour soi : car alors il serait quelque chose qui, sans objet réel, posséderait pourtant la réalité, ce qui n'est pas     possible.
         le temps n'est pas une détermination objective des choses, car alors nous aurions l'intuition préalable d'une détermination de ces choses ce qui n'est pas possible (la chose est perçue totalement, pas par parties)
         le temps est la condition subjective sous laquelle toutes les intuitions peuvent avoir lieu en nous.

    b. le temps est la forme du sens interne, c'est-à-dire l'intuition que nous avons de notre état intérieur. 
        le temps détermine la relation des représentations dans notre état interne.

    Cette intuition interne ne fournissant aucune figure nous la représentons par une droite, une droite infinie (c'est d'ailleurs la qualité de toute droite en mathématique). Toutefois la droite mathématique a toutes ses parties dans la simultanéité, alors que le temps a toutes ses parties dans la succession.

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Mar 29 Mar 2016 - 15:00

    c. Tous les phénomènes issus soit du sens externe soit du sens interne ont la forme temporelle (dans l'intuition). En effet les phénomènes extérieurs sont intuitionnés dans l'esprit, ils sont donc dans l'intériorité de l'esprit et en cela ils tombent sous le sens interne, ils ont donc la forme du sens interne qui est le temps. Tous les phénomènes sont donc organisés dans la temporalité (mais les phénomènes purement intérieurs n'ont en revanche pas la forme spatiale).
    Le temps est donc une condition a  priori de tout phénomène, une condition immédiate des phénomènes intérieurs et une condition médiate des phénomènes extérieurs.

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