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    Critique de la raison pure

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    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Dim 28 Fév 2016 - 16:51

    b) La science de la nature contient en elle des jugements synthétiques a priori intervenants comme des principes. (page 105).


    Nous sommes là dans l'énonciation de principes propres à la physique (laquelle science emploie toujours ce mot  : principe) : principe de la conservation des masses dans une réaction chimique (conservation de la quantité de matière dit-on en chimie), principe de l'action-réaction (troisième loi de Newton en mécanique) selon lequel toute force d'action entraîne une force de réaction, d'intensité égale, mais de direction opposée (attention il n ' y a donc pas égalité des forces! puisque les sens sont opposés).
    Ces principes sont effectivement synthétiques.  Quant à dire qu'ils sont tous a priori...Kant est peut être optimiste, car certains principes ne surgissent manifestement dans l'esprit des savants qu'après moultes expériences. Notons que le principe de l'action-réaction défie dans certains cas l'intuition! que l'action exercée par un camion sur un vélo soit immédiatement contrée par une réaction d'intensité égale du vélo sur le camion est un principe difficile à accepter pour certains étudiants en sciences physiques!
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    Crosswind

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  Crosswind le Dim 28 Fév 2016 - 17:18

    Merci, aliochaverkiev. J'ai peu de temps libre pour les jours à venir, mais votre effort n'est pas vain. Au moins pour une personne !

    Je lirai l'ensemble de votre sujet dans les jours à venir. Avec grande attention.

    Bien à vous.

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Mar 1 Mar 2016 - 7:22

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:Merci, aliochaverkiev. J'ai peu de temps libre pour les jours à venir, mais votre effort n'est pas vain. Au moins pour une personne !

    Je lirai l'ensemble de votre sujet dans les jours à venir. Avec grande attention.

    Bien à vous.
    Merci beaucoup pour vos encouragements!

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Mar 1 Mar 2016 - 7:32

    Je jette ici quelques idées matinales avant qu'elles  ne s'envolent.
    Toujours à propos des jugements analytiques et synthétiques.
    Pour moi le jugement "une table possède un plateau" est un jugement analytique, même si j'ai au préalable construit la table intellectuellement.
    Mais formulons le jugement autrement et écrivons :
    "Une table c'est un plateau et des pieds".
    Je suis encore dans un jugement analytique, car les concepts "plateau" et "pieds" sont implicitement compris dans le concept table.
    Mais si j'écris "un plateau et des pieds c'est une table", alors je ne suis plus dans un jugement analytique mais je suis dans un jugement synthétique puisque le concept table n'est pas inclus dans les concepts "plateau" et "pieds".
    Conclusion, le sens de l'écriture est essentiel, car le sujet c'est le premier terme et le prédicat c'est le terme final.
    Donc pour Kant le signe = n'est pas une relation d'équivalence, il ne lui accorde pas la transitivité.
    Mais si j'écris 12 = 7 + 5 au lieu de 7+5 = 12, suis-je encore dans un jugement synthétique. Car le sujet devient 12 et le prédicat 7 + 5, et ces deux concepts ne sont-ils pas alors inclus dans le concept 12?
    La pensée de Kant est parfois floue.

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Mar 1 Mar 2016 - 11:12

    c ) Dans la métaphysique il doit y avoir des connaissances synthétiques a priori.(page 106).


    Il faut entendre sous le verbe "devoir" comme non pas une possibilité mais une nécessité. C'est nécessaire puisque le but de la métaphysique est d'élargir nos connaissances a priori par le truchement de jugements synthétiques a priori qui vont au delà de l'expérience.

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Mer 2 Mar 2016 - 20:37

    6) Problème général de la raison pure (page 106)

    Le véritable problème de la raison est contenu dans cette question :

    Comment des jugements synthétiques a priori sont-ils possibles?


    Répondre à cette question est une question de survie pour la métaphysique. Répondre à cette question c'est aussi permettre la fondation et la mise en œuvre de toutes les sciences contenant une connaissance a priori d'objets c'est-à-dire des sciences suivantes : 

    la mathématique pure
    la physique pure.

    Qu'en est-il de la métaphysique? Bien qu'elle n'ait pas le caractère d'une science, son activité répond à un besoin humain, elle est une disposition naturelle des hommes à se poser des questions qui ne peuvent pas trouver de réponses à travers un usage empirique de la raison.

    Aussi se pose la question : comment la métaphysique est elle possible comme disposition naturelle? Mais se pose aussi cette question au vu des contradictions dans lesquelles tombe la métaphysique dans son exercice dogmatique (confiance absolue dans toute démonstration fondée sur une raison pure livrée à son propre pouvoir sans aucun contrôle ou limitation) : comment la métaphysique est elle possible comme science?


    Dès lors que la métaphysique aura, dans un premier temps, appris à connaître entièrement son pouvoir vis à vis des objets de l'expérience, il lui sera alors facile, selon Kant, de déterminer l'étendue et les limites de son usage légitime au-delà des limites de l'expérience.

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Ven 4 Mar 2016 - 10:59

    7) Idée et division d'une science particulière portant le nom de critique de la raison pure. (page 110)

    De tout ce qui précède Kant a conçu donc l'idée d'une critique de la raison pure.

    Il définit la raison comme le pouvoir qui fournit les principes de la connaissance  a priori, et la raison pure comme celle qui contient les principes  permettant de connaître quelque chose absolument a priori.

    Le mot "absolument" distingue ici raison et raison pure. Le mot "absolument"  qualifie tout connaissance totalement pure c'est-à-dire toute connaissance où ne se mélangent pas données pures et données empiriques.

    Un organon de la raison pure serait un ensemble réunissant les principes d'après lesquels toutes les connaissances pures a priori peuvent être acquises et effectivement établies. Toutefois Kant avertit que si l'établissement d'un tel organon s'avérait impossible à établir alors il se rabattrait sur l'établissement d'un canon de ces connaissances.

    Vocabulaire organon-canon.

    Pour comprendre ce que Kant entend par ces deux mots  nous donnons cette indication reprise dans le vocabulaire  de la philosophie (Lalande) page 119 :

    "Dans sa logique Kant oppose organon et canon  de la façon suivante: la logique n'est pas un organon des sciences, comme le sont par exemple les mathématiques, parce qu'elle ne fournit pas d'indication  sur la manière d'atteindre certaines connaissances et d'élargir le domaine des vérités scientifiques; elle est seulement un canon, en tant qu'elle formule les lois nécessaires que la pensée doit respecter et vérifie si l'entendement, dans ses applications, est resté d'accord avec lui-même".

    Un canon (norme) donne donc seulement les règles élémentaires à suivre dans toute démarche scientifique tandis qu'un organon va plus loin que le respect de la logique de pensée pour établir aussi des moyens d'investigation pour chercher de nouvelles vérités ou données.

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Ven 4 Mar 2016 - 11:37

    L'établissement d'un tel organon procurerait un système de la raison pure. Mais Kant réduit aussitôt une telle ambition en la déclarant trop vaste. Il préfère s'en tenir à une propédeutique (enseignement préparatoire à des études plus approfondies) à ce système, ce qui réduit l'ambition d'écrire une doctrine de la raison pure à celle d'écrire seulement une critique de la raison pure, critique en ce sens qu'il ne s'agit pas de déterminer les usages éventuellement élargies de la raison pure mais uniquement d'en déterminer les limites et les utilisations non entachées d'erreurs.

    Il donne ensuite sa définition de l'adjectif "transcendantal" :

    "Je nomme transcendantale toute connaissance qui s'occupe moins d'objets que de notre mode de connaissance  des objets, en tant que celui-ci (le mode) doit être possible a priori".

    (Nous reviendrons ultérieurement sur la définition de ce mot)

    L'établissement d'un organon de la raison pure et de l'ensemble des concepts purs ouvrant à toutes les connaissances analytiques et synthétiques a priori permettrait de fonder une philosophie transcendantale. Mais là encore Kant réduit son ambition en déclarant vouloir se limiter à l'établissement d'une simple critique (de la raison pure, critique au sens indiqué ci-dessus) qui tracerait  le plan de cette philosophie de façon architectonique "c'est-à-dire en partant de principes et en procurant la garantie pleine et entière que sont complètes et sûres toutes les pièces qui constituent cet édifice".

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Ven 4 Mar 2016 - 12:52

    La critique de la raison pure serait donc l'Idée (l'architectonique) de cette philosophie transcendantale et se limiterait dans l'esprit de Kant à l'appréciation complète de la connaissance synthétique pure et a priori, à défaut de l'analyse détaillée de TOUTE la connaissance humaine a priori. Ce que veut exclure Kant, à ce niveau d'étude, c'est tout concept qui contiendrait en lui quelque chose d'empirique, ce qui exclut notamment tous les concepts fondamentaux de la moralité en ce qu'ils doivent être mis en relation avec des concepts de plaisir et de déplaisir par exemple, tous concepts qui sont empiriques.

    Il en résulte que la philosophie transcendantale, et partant son architectonique : la critique de la raison pure, sera une philosophie (et une  critique)  de la raison pure simplement spéculative (hors expérience).

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Ven 4 Mar 2016 - 13:39

    Kant annonce ensuite le plan de son œuvre : 

    Il exposera d'abord une théorie des éléments puis une théorie de la méthode de la raison pure.

    ll y a deux souches de la connaissance humaine (peut-être issues d'une racine commune) la sensibilité et l'entendement.

    Ls objets sont donnés par la sensibilité et ils sont pensés par l'entendement.


    La sensibilité et l'entendement sont les deux éléments de la théorie des éléments. 

    Ils seront étudiés l'un sous le titre  : esthétique transcendantale, l'autre sous le titre logique transcendantale.

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Lun 7 Mar 2016 - 16:33

    Nous allons maintenant aborder la première partie de la Critique :  Théorie transcendantale des éléments.

    Rappelons que les "éléments" désignent les deux souches de la connaissance humaine : la sensibilité par laquelle les objets nous sont donnés et l'entendement par lequel les objets sont pensés.

    Le mot transcendantal  (le vocabulaire de kant, page 113) "qualifie une connaissance qui concerne nos concepts a priori des objets, notre manière de connaître les objets en tant qu'elle est possible a priori. Le transcendantal désigne un usage a priori de la connaissance".

    Ne surtout pas confondre ce mot avec le mot transcendant. (Nous reviendrons ultérieurement sur le sens de ce dernier mot, mais nous pouvons dès maintenant qualifier de transcendantal tout usage légitime (empirique) des concepts purs et de transcendant tout usage illégitime (au-delà de l'expérience possible) de ces mêmes concepts).

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Lun 7 Mar 2016 - 18:00

    Le premier chapitre de la Critique traite du premier élément, première souche de la connaissance humaine  : 

    I  L'esthétique transcendantale.


    Le mot esthétique signifie ici : sensiblité (du grec aisthêsis : sensibilité).


    Introduction (page 117)


    Toute connaissance, toute pensée en rapport avec un objet s'appuie en premier lieu sur l'intuition. L'intuition serait donc la représentation immédiate d'un objet, immédiate en opposition avec toute représentation "travaillée" par l'entendement (nous reviendrons ci-après sur le problème de la définition même de cette représentation immédiate, spontanée, dite : intuition).

    Mais l'intuition, la représentation immédiate d'un objet, ne peut être que si l'objet nous est donné, et l'objet nous est donné que s'il nous affecte sur un certain mode.

    "La capacité de recevoir des représentations par la manière dont nous sommes affectés par des objets s'appellent : sensibilité. C'est donc par la médiation de la sensibilité  que des objets nous sont donnés" (puis ils seront pensés par l'entendement) "et c'est elle seule (la sensibilité) qui nous fournit des intuitions".

    Tout acte de pensée qu'il soit direct (intuition) ou indirect (concept) se rapporte en définitive à des intuitions, donc à la sensibilité, seule faculté par l'intermédiaire de laquelle (médiation) les objets nous sont donnés.

    L'effet produit par un objet sur la capacité de représentation est une sensation.

    L'intuition qui se rapporte à l'objet à travers une sensation s'appelle intuition empirique.

    L'objet indéterminé d'une intuition empirique s'appelle phénomène (objet au sens  : contenu de l'intuition, représentation dans l'intuition).

    Dans le phénomène est appelée matière ce qui correspond à la sensation.

    La mise en rapport du divers des sensations s'appelle la forme du phénomène.

    La matière du phénomène est donnée a posteriori.

    La forme du phénomène est certes donnée à la matière quand elle se dépose dans l'intuition mais cette capacité à la mise en forme, qui donne forme, qui met en forme est donnée  a priori, ce que Kant simplifie en écrivant que la forme réside a priori dans l'esprit.

    Nous développerons ces notions complexes ci-après.

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Mar 8 Mar 2016 - 8:13

    Essayons de synthétiser les notions précédentes.

    Nous avons d'abord "la chose en soi". Celle-ci affecte nos sens. Nous pouvons déjà, à ce niveau, introduire la notion de "choc" puisque la sensation résulte d'un choc entre une manifestation de la chose en soi et nos sens.

    Nos sens sont donc affectés et là Kant introduit la notion de sensibilité qui est notre capacité à éprouver des sensations (la sensibilité est aussi appelé par Kant réceptivité).

    Intervient alors dans la description de Kant : l'intuition, capacité à recevoir des représentations (par la médiation donc de la sensibilité).

    Dans l'intuition la sensation devient : matière (de l'intuition) laquelle matière est mise en forme, grâce aux formes a priori de l'intuition (l'espace et le temps, nous verrons cela ci-après).

    L'ensemble matière-forme de l'intuition (objet, contenu de l'intuition) s'appelle le phénomène.

    Dans le phénomène la matière est donnée a posteriori, la forme est donnée a priori.

    Une telle intuition (d'un phénomène) est appelée intuition empirique.


    La question que se pose immédiatement un lecteur qui découvre Kant est celle-ci : en quoi consiste cette représentation, ce phénomène?

    Ou encore : puis-je me représenter ce phénomène?

    Nous pourrions penser que c'est la représentation telle qu'elle se dépose en mon esprit, par exemple la vision de cet arbre là devant moi.

    Pas du tout puisque la vision de cet arbre, là devant moi, est déjà le produit d'un "travail" de l'entendement sur le phénomène.

    Du coup le phénomène est "un objet indéterminé".


    Il faut nous arrêter sur cette question de l'interdétemination du phénomène.

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Mar 8 Mar 2016 - 10:28

    Pour approfondir cette question de l'indétermination du phénomène je me réfère à l'étude qui en est faite par M. Rivelaygue dans son œuvre citée plus haut (leçons de métaphysique allemande) page 83.

    "Kant dit de la chose sensible  que "c'est l'objet indéterminé d'une intuition empirique". Pourquoi indéterminée? Ce qu'il faut comprendre , c'est qu'en fait la détermination de la chose n'apparaitra qu'à travers l'entendement" 

    "Au niveau de la perception, si l'espace et le temps sont continus, et d'une continuité qui n'est pas l'addition des parties, la chose perçue n'a pas d'unité"

    Nous anticipons là sur la définition de l'espace et du temps comme formes continues mais l'essentiel n'est pas là pour le moment : l'essentiel est qu'en effet le phénomène ne peut pas être défini. Ce qui pose tout de même problème, car décrire une "réalité" qui ne peut être définie ouvre beaucoup de perplexité.

    Cette position intellectuelle de Kant sera critiquée par Husserl. Page 86, Rivelaygue  :"On comprend que pour Husserl l'Esthétique transcendantale soit à refaire , puisque, de fait, la chose de la perception n'y est pas définie".

    Nous ne rentrerons pas ici dans un débat qui a fait l'objet de réflexions approfondies de la part de Husserl, Merleau-Ponty et Heidegger (Kant a ouvert de nouvelles et passionnantes voies de réflexion!) mais le lecteur ne doit pas s'inquiéter de ne pas bien saisir ce que c'est "cet objet indéterminé  de l'intuition empirique", il est en bonne compagnie! Puisqu'il marche ainsi sur les pas de philosophes tels que Husserl et d'autres.

    Pour ma part, et toujours dans un esprit pratique, concret, je propose une approche du phénomène, dans sa perception, avec cet exemple :

    Lorsque nous découvrons un paysage nouveau, par exemple une chaîne de montagne jamais vue auparavant, nous avons quelque difficulté à distinguer les sommets les uns des autres, nous avons le sentiment d'un certain flou, d'une difficulté à "saisir" ce nouveau paysage. Pourtant si, munis d'une carte, nous nous efforçons de nommer les différents pics et cols de cette chaîne de montagne, nous nous apercevons, après nomination que brusquement nous distinguons les sommets et les cols. Le seul fait de nommer crée pour nous, en nous, la distinction. Je dirai que la nomination fait intervenir de manière plus approfondie les synthèses de l'entendement, et que la perception, avant nomination, se rapproche (peut-être) de ce que Kant appelle phénomène. Il s'agit là bien sûr d'une simple proposition.

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Mer 9 Mar 2016 - 9:13

    Kant nomme "pures" (au sens transcendantal, soit dans le cadre d'un usage a priori de la connaissance) les représentations dans lesquelles ne se rencontre rien qui appartienne à la sensation.

    Cette forme pure de la sensibilité  il l'appelle intuition pure, et il ajoute ce texte important (page 118)  :

    "Quand j'isole abstraitement de la représentation d'un corps ce que l'entendement en pense, comme la substance, la force, la divisibilité, etc. de même que ce qui y revient à la sensation, comme  l'impénétrabilité, la dureté, la couleur etc. quelque chose me reste encore de cette intuition empirique, à savoir l'étendue et la figure"
    (l'étendue : le volume).

    Ce teste est important car Kant décrit là implicitement le contenu de l'intuition (dans sa composante sensation c'est-à-dire matière) ce qui met partiellement en défaut les critiques qui  lui ont été faites (voir ci-dessus).

    L'étendue et la figure appartiennent ainsi à l'intuition pure (en tant que représentation), laquelle réside a priori dans l'esprit, sans sensation (sans objet).

    La science de tous les principes de la sensibilité a priori est nommée : esthétique transcendantale.

    Après le travail de séparation décrit dans le texte rapporté ci-dessus Kant isolera deux formes pures de la sensibilité (il écrit "intuition sensible", cette variation dans le choix des mots ne facilite pas la compréhension de son texte) savoir : l'espace et le temps.

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Mer 9 Mar 2016 - 18:06

    Le texte qui va ensuite du milieu de la page 119 jusqu'au premier tiers de la page 120 (de "première section..."  jusqu'à "1.L'espace...") peut encore être rangé sous le titre introduction.


    Kant détermine les deux sens  suivants (propriétés de notre esprit) (page 119) :

     Le sens externe par lequel nous nous représentons les objets comme extérieurs à nous, dans l'espace, l'espace étant la forme du sens externe.
     Le sens interne par lequel l'esprit intuitionne son état intérieur, le temps étant la forme du sens interne (cela sera développé plus loin).

    Le temps ne peut pas être intuitionné extérieurement de même que l'espace ne peut pas être intuitionné intérieurement.

    Kant va procéder à l'exposition de ces deux concepts : (page 120)  "J'entends par exposition la représentation claire de ce qui appartient " à chacun des concepts.

    Et il va procéder pour chacun des deux concepts à deux expositions :

     l'exposition métaphysique  : " Quand elle (l'exposition) contient ce qui présente le concept comme donné a priori" (page 120)
     l'exposition transcendantale  : soit " L'explication du concept comme constituant un principe à partir duquel la possibilité d'autres connaissances synthétiques a    
                                                 priori peut être aperçue".

    Ici il nous faut introduire le distinction subtile entre transcendantal et  a priori. Pour cela nous citerons Rivelaygue (leçons de métaphysique allemande, page 54) :

    "La méthode transcendantale consiste à repérer l'a priori (intellectuel, mais aussi sensible quand il s'agit de l'espace et du temps) et à se demander comment il peut servir de forme à l'a posteriori, comment il peut servir à penser l'a posteriori (des représentations)"

    Par exemple l'espace du mathématicien n'est pas une représentation transcendantale bien qu'il soit a priori (l'espace), parce que le mathématicien n'étudie pas l'espace comme condition des objets, il l'étudie pour lui même, indépendamment du contenu sensible (de l'a posteriori).
    En revanche l'espace du physicien est une représentation transcendantale (a priori) car le physicien étudie l'espace comme condition de la possibilité des événements physiques comme le mouvement, l'action des forces, etc.

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Jeu 10 Mar 2016 - 9:47

    Note :  Kant va démontrer que les concepts espace et temps ne sont pas des...concepts!
    Bien entendu le mot concept est employé ici dans des sens différents. Kant va démontrer que l'espace et le temps ne sont pas des concepts empiriques (nous avons défini ce qu'était un concept empirique au début de cette étude).
    Le mot concept est aussi employé par Kant dans un sens général. Est concept tout ce qui peut être pensé. L'espace par exemple n'est pas un concept empirique mais nous pouvons penser l'espace, c'est-à-dire, pratiquement : penser à l'espace, se demander ce qu'est l'espace  et en cela nous pouvons penser à l'espace sans même pourvoir nous le représenter -au sens visuel- Nous voyons ainsi que nous pouvons penser l'espace et nous pourrons alors avec Kant parler du concept espace (idem pour le temps).

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Jeu 10 Mar 2016 - 10:26

    Première section de l'esthétique transcendantale : de l'espace (page 119)


    A) Exposition métaphysique de ce concept

    (Rappel : nous avons rangé le texte qui part sous ce titre (page 119 ) jusqu'au paragraphe 1. l'espace...(page 120) sous le titre précédent de notre étude : introduction)

    1) L'espace n'est pas un concept empirique, car pour pouvoir se donner la localisation de tout objet extérieur il faut déjà avoir la représentation de l'espace, je ne peux avoir l'extériorité d'un objet défini que sur fond d'espace. Et si l'espace était lui-même un objet (concept empirique) je ne pourrais objectiver l'espace que sur fond préalable d'espace. Prenons un exemple pratique. Si je regarde un tableau (peinture) je ne peux voir les figures du tableau que sur fond d'une toile. Et le tableau lui-même ne peut apparaitre que sur fond d'un mur. Et si je me dis, oui mais si le mur est l'espace alors j'ai là un objet (le mur), oui mais le mur lui-même ne peut apparaître que sur un fond plus étendu (qui sera la pièce elle-même, etc.). 

    2) L'espace est une représentation nécessaire, a priori, qui intervient à la base de toutes les situations externes. Il est en effet impossible de construire une représentation (externe) sans fond d'espace (impossible de peindre un tableau sans le fond de la toile).
    L'espace est donc la condition de possibilité des phénomènes (et en cela il ne dépend pas des phénomènes, au contraire il les rend possibles). 
    Il est donc une représentation a priori et (profitons-en pour affiner le sens de transcendantal) transcendantale, transcendantale en ce sens que l'espace est étudié ici en tant que possibilité d'un a posteriori (le phénomène).

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Sam 12 Mar 2016 - 17:28

    3) (page 121) L'espace n'est pas un concept discursif (qui repose sur le raisonnement par opposition à l'intuition) mais c'est une intuition pure. Nous ne pouvons nous représenter qu'un seul espace et si nous pensons à plusieurs espaces c'est toujours en tant qu'ils sont des parties de cet espace unique, qu'ils sont en lui (donc nous ne pouvons pas déduire l'espace à partir de ses parties, car les parties ne sont pensables que sur fond d'un espace unique; le fait de ne pas pouvoir déduire l'espace unique à partir des parties de l'espace, par sommation par exemple, nous fait sortir du raisonnement, de la déduction du tout à partir des parties).
    L'espace est donc une intuition a priori qui intervient à la base de tous les concepts que nous en élaborons.
    Kant cite ensuite l'exemple de l'inégalité triangulaire. Soit a, b et c les mesures des trois côtés d'un triangle, alors nous avons a < (ou égal) b + c, b < (ou égal) a + c et c < (ou égal) a + b. Si nous essayons d'établir cette inégalité en ne nous appuyant que sur les concepts pensés, les seuls concepts intellectualisés du triangle et de la ligne  il est impossible d'établir cette inégalité. Pour l'établir il faut nous représenter spatialement les côtés d'un triangle, soit dans l'imagination, soit (c'est plus pratique!) sur une feuille de papier. Mais alors nous ne sommes plus dans  des concepts intellectualisés mais dans des formes spatialisées (dans l'imagination ou sur la feuille). Et nous voyons que nous ne pouvons établir cette inégalité que dans l'espace représenté par la feuille de papier (avec une certitude apodictique, ce qui est une marque de l'a priori, voir ci-dessus l'introduction; apodictique : incontestable).

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Dim 13 Mar 2016 - 6:17

    Rappelons- nous : le concept empirique est fondé d'abord sur l'expérience d'un objet (nous avions pris comme exemple : une table), puis l'élaboration d'une définition (compréhension) et d'une extension (ensemble des tables telles que définies).
    Nous voyons qu'ici il n' y a pas extension, addition, sommation de tous les espaces limités pour constituer l'espace comme résultant de l'addition des parties, mais il y a donnée d'abord de la totalité de l'espace, sous laquelle il est possible ensuite de ranger des espaces limités. 
    Nous sommes dans une démarche opposée à celle qui permet la définition du concept empirique (ne pas oublier  que le mot: concept, employé seul, désigne ce qui peut être pensé, à ne pas confondre avec le concept empirique).

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Dim 13 Mar 2016 - 8:53

    4) L'espace est représenté comme une grandeur infinie donnée. L'espace est "donné" à la sensibilité. Le mot "infini"est à prendre au sens : non-déterminé, car l'infini en tant que grandeur, appelle déjà l'intervention d'un concept pur de l'entendement  (quantité) alors que nous sommes là dans le cadre de la seule sensibilité.
    Le mot concept utilisé ensuite par Kant a le sens  : concept empirique.
    Un concept empirique contient sous lui la totalité des objets répondant à sa définition (extension du concept empirique) mais il ne les contient pas en lui (la définition de la table ne contient pas en elle la totalité des descriptions de toutes les tables). Or l'espace comme grandeur infinie donnée contient en lui toutes les parties d'espace limitées, ce ne peut donc être un concept empirique.

    Page 121, citation du texte : "Donc la représentation originaire de l'espace est une intuition a priori, et non pas un concept" (concept empirique).

    anormal

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  anormal le Dim 13 Mar 2016 - 10:23


    Nous voyons qu'ici il n' y a pas extension, addition, sommation de tous les espaces limités pour constituer l'espace comme résultant de l'addition des parties, mais il y a donnée d'abord de la totalité de l'espace, sous laquelle il est possible ensuite de ranger des espaces limités.



    Bravo, pour le gros travail que vous produisez!

    Juste une petite incise: ce passage nous montre que Kant, avait déjà l'intuition de ce que l'on nomme aujourd'hui "l'univers fractal".

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Mer 16 Mar 2016 - 18:39

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:

    Nous voyons qu'ici il n' y a pas extension, addition, sommation de tous les espaces limités pour constituer l'espace comme résultant de l'addition des parties, mais il y a donnée d'abord de la totalité de l'espace, sous laquelle il est possible ensuite de ranger des espaces limités.



    Bravo, pour le gros travail que vous produisez!

    Juste une petite incise: ce passage nous montre que Kant, avait déjà l'intuition de ce que l'on nomme aujourd'hui "l'univers fractal".
    Tout à fait! Toute une branche de mathématiques avec Mandelbrot et l'application qui à z fait correspondre z² + c (dans le corps des complexes). Ce n'est pas une branche des mathématiques que j'ai étudiée, j'ai juste contemplé les effets visuels de cette application. Merci pour vos encouragements.

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Mer 16 Mar 2016 - 19:03

    B) Exposition transcendantale du concept de l'espace (page 122).

    Kant définit à nouveau le concept "transcendantal" ainsi: 

    "J'entends par exposition transcendantale l'explication d'un concept comme constituant un principe à partir duquel la possibilité d'autres connaissances synthétiques a priori peut être aperçue."

    Nous voyons là qu'il faut appliquer "transcendantal" à un principe ou à un concept qui permet d'accéder à des connaissances synthétiques a priori. Cette définition ne contredit pas la définition donnée plus haut, elle la complète.

    Kant part de cette constatation (qu'il commente ensuite) :

    La géométrie est une science qui détermine synthétiquement et a priori les propriétés de l'espace.

    Sachant que ces deux sources de la connaissance sont la sensibilité et l'entendement mais qu'un concept ne peut rien offrir comme connaissances que ce qu'il contient, les connaissances apportées par la géométrie ne peuvent pas venir de concepts, elle viennent donc de l'intuition (la sensibilité). Cette intuition doit nécessairement être a priori car les propositions géométriques sont toutes apodictiques, elles sont nécessaires, marque de l'a priori comme nous l'avons vu plus haut. Donc cette intuition réside dans le sujet (puisqu'elle est a priori) et comme elle n'est pas la matière de l'intuition (a posteriori) elle en est la forme, la forme du sens externe.

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Dim 20 Mar 2016 - 18:05

    C) Conséquences résultant des concepts précédents (page 123)

    L'espace n'est pas la propriété des choses en soi et n'est pas non plus une relation qu'entretiendraient les choses en soi entre elles.

    Il est la forme des phénomènes des sens externes c'est-à-dire "la condition subjective de la sensibilité sous laquelle une intuition externe est possible". Ici "subjectif" est à prendre au sens  : le sujet en tant qu'être humain (l'espace n'a donc de sens que du point de vue d'un être humain et nous ne pouvons (page 124) "aucunement juger des intuitions des autres êtres pensants").

    L'espace est donc la forme des phénomènes, forme qui contient aussi les principes des rapports des objets tels qu'il sont perçus, tels qu'il sont donnés dans l'intuition. 

    L'espace n'est attaché aux choses (en soi) que dans la mesure où elles nous apparaissent, c'est-à-dire en tant qu'elles deviennent alors des objets de la sensibilité.
    L'espace comprend toutes les choses qui peuvent apparaitre hors de nous, mais non les choses en elles mêmes (les choses en soi), autrement dit : toutes les choses sont juxtaposées dans l'espace  à condition que ces choses soient prises comme objets de notre intuition sensible (phénomènes) et non comme choses en soi. 

    En conséquence l'espace est une réalité (validité objective) par rapport aux phénomènes mais une idéalité (un non-existant, pouvant se réaliser dans le phénomène) par rapport aux choses en soi. Ce qui permet à Kant d'écrire ceci : "Nous affirmons...la réalité empirique de l'espace tout en affirmant son idéalité transcendantale" (par rapport aux choses en soi).

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Lun 21 Mar 2016 - 10:56

    Il n' y  pas en dehors de l'espace une quelconque représentation qui soit objective (objective relativement au phénomène) a priori. Ainsi les sensations des couleurs, des tons, de la chaleur, etc. ne sont pas a priori, mais elles ne sont pas non plus idéalité liées aux choses en soi (comme l'est l'espace : idéalité comme potentialité à affecter la sensibilité dans sa texture en quelque sorte, dans la capacité  de la sensibilité à mettre en forme spatiale). Il s'agit là de sensations non d'intuitions (on se demande du coup s'il s'agit de la matière de l'intuition, mais apparemment pas).
    Ces sensations sont associées aux phénomènes que comme des effets modifiant notre subjectivité (subjectivité non plus liée à l'espèce humaine, mais à chaque individu, chacun ressentant ces sensations selon sa constitution propre, selon même ces sentiments).

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Dim 27 Mar 2016 - 18:33

    Deuxième section de l'Esthétique transcendantale : du temps. (page 126)




    A ) Exposition métaphysique du concept du temps

    1- La simultanéité ou la succession des événements ne peut être perçues que sur fond d'une "trame" préexistante, que l'on peut supposer invariante (bien que Kant ne le dise pas pas ainsi à ce stade) qui est le temps. Le temps du coup est ici défini par opposition à la simultanéité et à la succession. Nous pourrions tenter de saisir cette affirmation en imaginant un paysage immobile dans lequel viendraient se mouvoir des objets. Le mouvement (succession)n'est alors perçu que sur fond d'une "trame" immobile. Le temps est donc donné a priori (comme préexistant mentalement à la succession).

    2- Le temps est donné a priori. C'est en lui que toute l'effectivité des phénomènes est possible.

    3- "C'est sur cette nécessité a priori que se fonde la possibilité de principes apodictiques à propos des rapports temporels on d'axiomes de temps en général". Nous pourrions nous demander si Kant n'anticipe pas là sur l'exposition transcendantale (le temps comme possibilité d'acquérir des connaissances synthétiques a priori). Le temps a une seule dimension, différents temps ne sont pas simultanés mais successifs. Affirmations péremptoires qui paraissent tirées de la physique de Newton.

    4- Le temps n'est pas un concept discursif. Différents temps ne sont que des parties du même temps. La représentation qui ne peut être donnée que par un seul objet (ici le temps comme totalité dont on tire les parties) est une intuition.

    5- La représentation originaire de temps est donnée comme illimitée et toute grandeur temporelle déterminée n'est possible que par des limitations  imposées à ce temps unique. La représentation entière ne peut pas être donnée par un concept (un concept empirique; même raisonnement que pour l'espace : un concept empirique, dans sa compréhension, ne contient pas son extension). Donc il s'agit d'une intuition, dont on a vu au 1- qu'elle était a priori.

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Lun 28 Mar 2016 - 10:43

    B) Exposition transcendantale du concept du temps (page 127)

    Ah je vais me jeter des fleurs! Puisque je n'avais pas encore lu ce paragraphe quand j'ai rédigé mon post hier. Kant reconnaît lui-même que le point 3- de l'exposition métaphysique du paragraphe précédent aurait dû être traité dans l'exposition transcendantale et non dans l'exposition métaphysique comme je le faisais remarquer hier. Il y a un certain manque de rigueur dans l'écriture chez Kant (mais ce n'est certes pas un littéraire).


    Le concept du mouvement  (changement de lieu) n'est possible que dans la représentation du temps. Si cette représentation du temps n'était pas a priori aucun concept (empirique) ne pourrait rendre compréhensible la possibilité du mouvement. En effet comment un objet pourrait-il occuper des espaces différents (dans l'espace total) dans nos concepts empiriques s'il n'existait pas "avant", a priori, dans notre esprit, la possibilité du changement  du même (même objet) dans le même (même espace). C'est seulement dans le temps (donc conçu, comme l'espace, comme un invariant de dimension infinie, c'est mon interprétation) que deux déterminations opposées peuvent se rencontrer de façon successive. 
    C'est ainsi que le concept du temps comme forme a priori de la sensibilité rend compte de la possibilité de connaissances synthétiques notamment concernant la théorie générale du mouvement (Kant parle là de la mécanique, divisée en cinématique et en dynamique; c'est un fait qu'à partir des trois lois de Newton sur la mécanique, plus la loi de la gravitation universelle, il est possible d'étudier par exemple la trajectoire d'un objet sur le "papier" sans recours à l'expérience, c'est même un bijou cette mécanique tant elle est parfaite sur le plan mathématique pour des vitesses bien sûr qui restent "raisonnables").

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Lun 28 Mar 2016 - 19:24

    C) Conséquences tirées de ces concepts (page 128)

    a.  le temps n'est pas quelque chose qui existerait pour soi : car alors il serait quelque chose qui, sans objet réel, posséderait pourtant la réalité, ce qui n'est pas     possible.
         le temps n'est pas une détermination objective des choses, car alors nous aurions l'intuition préalable d'une détermination de ces choses ce qui n'est pas possible (la chose est perçue totalement, pas par parties)
         le temps est la condition subjective sous laquelle toutes les intuitions peuvent avoir lieu en nous.

    b. le temps est la forme du sens interne, c'est-à-dire l'intuition que nous avons de notre état intérieur. 
        le temps détermine la relation des représentations dans notre état interne.

    Cette intuition interne ne fournissant aucune figure nous la représentons par une droite, une droite infinie (c'est d'ailleurs la qualité de toute droite en mathématique). Toutefois la droite mathématique a toutes ses parties dans la simultanéité, alors que le temps a toutes ses parties dans la succession.

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Mar 29 Mar 2016 - 15:00

    c. Tous les phénomènes issus soit du sens externe soit du sens interne ont la forme temporelle (dans l'intuition). En effet les phénomènes extérieurs sont intuitionnés dans l'esprit, ils sont donc dans l'intériorité de l'esprit et en cela ils tombent sous le sens interne, ils ont donc la forme du sens interne qui est le temps. Tous les phénomènes sont donc organisés dans la temporalité (mais les phénomènes purement intérieurs n'ont en revanche pas la forme spatiale).
    Le temps est donc une condition a  priori de tout phénomène, une condition immédiate des phénomènes intérieurs et une condition médiate des phénomènes extérieurs.

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Mar 29 Mar 2016 - 15:39

    Si nous prenons les objets tels qu'ils sont en eux-mêmes, c'est-à-dire hors de l'intuition (sans la médiation de la sensibilité donc) le temps n'est rien.
    Le temps ne possède une valeur objective que par rapport aux phénomènes parce qu'il s'agit là des choses ou des objets tels que nous les recevons dans l'intuition, en tant qu'objets de nos sens. 
    En dehors du sujet (le sujet percevant, recevant par la sensibilité l'intuition des objets) le temps n'est rien. Mais dans le sujet, dans son intuition, le temps est une donnée objective puisqu'il est l'une des formes a priori de la sensibilité, c'est-à-dire qu'il concourt à la mise en forme temporelle des phénomènes (qui sont les objets indéterminés de l'intuition, ne l'oublions pas).
    Nous pouvons donc affirmer la réalité empirique du temps, c'est-à-dire sa réalité vis à vis des objets qui peuvent être donnés à nos sens (attention dans le texte il est précisément écrit page 129 : "objets qui peuvent jamais être donnés à nos sens", il faut prendre le mot jamais, employé d'ailleurs seul, au sens : "en un moment quelconque"). Mais nous devons refuser au temps toute réalité absolue, c'est-à-dire toute réalité hors de notre intuition. D'où l'affirmation de l'idéalité transcendantale du temps, c'est-à-dire l'affirmation qu'il n'est rien en dehors d'une forme a priori de l'intuition, ni un objet, ni une substance, ni un accident.

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Jeu 31 Mar 2016 - 10:22

    D) Explication

    Kant observe les critiques qui lui sont faites, notamment celle-ci : les représentations intérieures changent, donc il existe bien quelque chose de réel qui s'appelle le temps (le changement des sensations intérieures présupposant un fond sur lequel se détache le changement, ce fond étant le temps). Kant fait remarquer qu'il n'est pas contesté de la même manière pour l'espace (comme forme a priori de l'intuition) dans le mesure où la réalité des objets extérieurs n'est pas susceptible d'une preuve rigoureuse. En revanche la perception du changement de nos représentations intérieures est, elle, réelle.
    Kant concède la réalité du temps, mais toujours comme forme réelle de l'intuition interne.
    Le temps est "à considérer sur le mode d'une réalité, non pas comme objet mais comme le mode de représentation de moi-même en tant qu'objet". Et il ajoute (page 131) " le temps n'est rien que la forme de notre intuition interne". 
    Elle est subtile cette définition du temps. Il s'agit donc d'une forme (pas d'un objet), la forme d'une matière (pour reprendre le vocabulaire utilisé par Kant pour décrire tout phénomène) qui correspond à la perception que j'ai de moi-même. De prime abord cela est facile à écrire mais beaucoup plus difficile à conceptualiser, à accepter même.

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Jeu 31 Mar 2016 - 18:27

    (page 132) La réalité de l'espace et du temps (il s'agit ici de la réalité empirique de ces formes de l'intuition) laissent inentamée la sureté de la connaissance expérimentale que ces formes s'attachent nécessairement aux choses en soi (attention! comme idéalités, pas comme déterminations de ces choses en soi) ou seulement à notre intuition de ces choses (réalité empirique).
    Mais ceux qui tiennent l'espace et le temps comme des réalités absolues soit comme substances soit comme accidents, sont en contradiction avec les principes de l'expérience.

    Substance  : la substance exprime l'idée qu'il y a, dans chaque être individuel, un "sujet" qui demeure en arrière-plan du changement manifeste de cet être. Etymologiquement "substance" est en effet ce qui se tient (-stance) dessous (sub). [définition tirée de : "Premier pas en philosophie", P. Solal et P-J Dessertine, Ellipses]

    Accident  :  tout ce qui arrive de manière contingente ou fortuite (ces deux adjectifs sont synonymes).

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  Dienekes le Dim 3 Avr 2016 - 15:17

    Pour commencer, merci pour ce gros travail, intéressant et constructif. J’ai lu en détail vos publications et je souhaite vous faire un premier retour sur quelques éléments allant jusqu’à l’analyse de l’introduction (je poursuivrai plus tard avec votre analyse de l’esthétique transcendantale). Notez cependant que je ne suis pas plus professeur de philosophie que vous et que je ne fais absolument pas autorité sur les textes de Kant. Disons simplement que, comme vous, j’en suis un lecteur et que j’aime essayer d’en tirer du sens. N’hésitez donc surtout pas à me contredire si vous pensez que je fais fausse route sur certains points.

    aliochaverkiev, 11 février 9:00 a écrit:Le plaisir de connaître a cédé la place au plaisir de transmettre, et le désir d'apprendre a cédé la place  à l'art de la pédagogie : comment enseigner des enfants et ado exclus du système scolaire, ce comment étant "travaillé" par des enseignements de soutien (bénévoles) donnés à ces jeunes. Je ne suis donc pas du tout inséré dans un exercice  abstrait de l'art de penser, mais dans un exercice concret, où il est nécessaire de porter des enfants à un minimum de réussite scolaire et à la découverte de leurs gouts et de leurs rêves professionnels, le tout en liaison avec des parents dont il s'agit, au quotidien, de résoudre l'angoisse sociale.
    Démarche intéressante et certainement bénéfique. Je me posais juste la question du choix de ce premier texte. Il faut bien avouer que de s’attaquer à l’explication de la Critique de la raison pure n’est pas une mince affaire et d’autres textes philosophiques auraient probablement posé moins de difficulté. D’après ce que j’ai compris dans vos messages, c’est un choix de votre élève ?

    aliochaverkiev, 12 février 10:14 a écrit:Je vais donc choisir d'entrer directement dans le texte de Kant, quitte à faire quelques aller et retour avec les deux auteurs précités afin de mieux comprendre la pansée de  Kant.
    C’est toujours le choix le plus judicieux. Si vous parvenez à ne transmettre que cela à vos élèves, ce serait déjà un gros bénéfice…

    aliochaverkiev, 17 février 9:52 a écrit:De même que, comme je ne connais pas trop la mécanique quantique (pour moi bien la comprendre c'est la suivre dans ses développements mathématiques pour voir ce qu'elle cherche réellement à saisir et je n'ai pas encore eu le temps de faire ce travail de mathématicien, j'ai plus de connaissance sur la relativité) je m'emploierai immédiatement à travailler ce sujet en sortant mes livres de physique afin d'en faire un résumé, comme vous voyez mon attitude est celle de quelqu'un qui veut transmettre les bases d'un savoir à quelqu'un qui ne les connaît pas, comme un prof de français soucieux de transmettre la connaissance de l'alphabet et la formation des phrases.
    Je tiens à garder le cap de ma démarche : expliquer la Critique non dans ses implications mais déjà, au moins dans son sens premier.
    Et là encore, on voit que vous savez tenir un cap ;)

    aliochaverkiev, 15 février 14:52 a écrit:Il paraît impossible qu'un mathématicien puisse exister seul sans que les objets dont il traite  soient donnés par le monde de l'expérience (ou sinon il développe de mathématiques totalement versées dans l'imaginaire). C'est le monde de l'expérience, architecture, comptabilité, guerre, etc; qui fournit les objets (et le cahier des charges parfois!), c'est le  mathématicien qui les transforme en concepts et qui leur trouve des propriétés nouvelles, hors champ de l'expérience.
    Juste à titre d’information, car c’est hors sujet, il existe plusieurs travaux de dépassement de l’a priori kantien. Lors d’un cours sur le sujet, nous avions vu notamment le logicisme de Frege et Russel et le conventionnalisme de Schlick et Carnap qui correspondent à deux voies différentes pour ce dépassement (ce ne sont pas les seules) : redéfinition des contours du synthétique a priori pour les premiers ; réduction de l’a priori à des conventions pour les seconds.

    aliochaverkiev, 15 février 16:11 a écrit:La raison au collège, c'est la faculté de raisonner; en mathématique, la faculté de raisonner consiste à distinguer le vrai du faux, à séparer l'existence de la non-existence, à aborder la déduction et la logique formelle (démonstration simple); c'est aussi la faculté qui permet de classer, de compter, d'ordonner, d'opérer des équivalences (si A =B, alors B= A, proposition triviale mais j'ai pu observer, même chez des élèves de terminales que cette proposition était loin d'être toujours intégrée!). En français c'est la faculté qui permet d'analyser une phrase (lecture et compréhension) et de la synthétiser (écriture, rhétorique). 
    Comme vous l’avez indiqué au début de votre travail, Kant identifie trois grandes facultés de la connaissance : la sensibilité, l’entendement et la raison. Par rapport à cette dernière, il me semble que vous omettez un point important : c’est elle qui permet de dépasser les limites de l’expérience, de tirer des conclusions qui dépassent même toute possibilité d’expérience (le concept de Dieu par exemple). C’est cette possibilité de dépassement qui nécessite la mise en place d’un « garde-fou » et donc de la méthode critique. Ceci dit, vous indiquez ici que c’est un « début de définition » et vous avez probablement l’intention d’y revenir par la suite.

    Par rapport aux « termes techniques » de Kant, votre approche par des définitions progressives me semble intéressante. Par contre, j’ai peur que les retrouver dans l’ensemble des messages ne soit pas de plus facile pour bon nombre de lecteurs. Pourtant, il est important de les avoir sous la main pour l’analyse de bon nombre de passages de l’œuvre. Il serait peut-être intéressant d’en faire un résumé de temps en temps dans un post dédié tout au long de votre analyse, une sorte de lexique temporaire mis à jour périodiquement. Qu’en pensez-vous ?

    aliochaverkiev, 20 février 19:27 a écrit:S'il n' y a pas de différence entre phénomène et chose en soi alors le principe de causalité doit s'appliquer à toutes les choses (qu'elle soient des phénomènes ou des choses en soi, puisqu'il n' y a plus de différence) et donc l'âme, que Kant considère comme étant libre, ne pourrait plus être considérée comme telle car elle serait alors soumise au principe de causalité elle aussi, c'est-à-dire qu'elle serait soumise  à la nécessité de la nature.
    C’est un point que Kant traitera en détail dans la troisième antinomie et qui a effectivement un impact sur la question de la moralité comme vous le soulignez plus loin.
    Kant, Critique de la raison pure, Antinomies de la raison pure, 3e conflit des idées transcendantales a écrit:Thèse:
    La causalité selon les lois de la nature n’est pas la seule dont puissent être dérivés tous les phénomènes du monde. Il est encore nécessaire d’admettre une causalité libre pour l’explication de ces phénomènes.
    Antithèse:
    Il n’y a pas de liberté, mais tout arrive dans le monde uniquement suivant les lois de la nature.
    Par rapport à votre projet, je me demandais d’ailleurs si une approche par les antinomies pourrait être intéressante (elles frappent assez facilement le lecteur). J’ai noté que vous avez commencé une accroche avec la question de la preuve ontologique et ça me semble également pertinent pour susciter la curiosité de votre élève. Je me demande donc s’il serait possible d’encadrer ce type de démarche pédagogique en la faisant tourner autour de questions de ce type, à même de maintenir l’attention.

    Par ailleurs, un autre passage de la préface de la seconde édition me semble intéressant :
    Kant, Critique de la raison pure, Préface de la seconde édition a écrit:Il faut donc que la raison se présente à la nature tenant, d’une main, ses principes qui seuls peuvent donner aux phénomènes concordant entre eux l’autorité de lois, et de l’autre, l’expérimentation qu’elle a imaginée d’après ces principes, pour être instruite par elle, il est vrai, mais non pas comme un écolier qui se laisse dire tout ce qu’il plaît au maître, mais, au contraire, comme un juge en fonctions qui force les témoins à répondre aux questions qu’il leur pose.
    Kant y manifeste un élément important de sa démarche : la méthode critique vise à mettre au premier plan l’expérimentation.

    aliochaverkiev, 21 février 16:16 a écrit:Kant introduit une distinction entre les connaissances  a priori qui sont pures de celles qui ne le sont pas, les connaissances a priori pures étant sauves de toute trace d'empirisme (expérience); ainsi la proposition "tout changement a sa cause" est une proposition a priori (le concept de cause est a priori) mais elle n'est pas pure car elle inclut le concept de mouvement qui, lui, est issu de l'expérience.
    J’en ai une lecture différente : il me semble que le concept de cause est pur a priori. Kant le donne en exemple dans le second chapitre de l’introduction de la seconde édition :
    Kant, Critique de la raison pure, Introduction de la seconde édition, II a écrit:Or, que des jugements de cette espèce, nécessaires et universels dans le sens strict et, par suite, purs, a priori, se trouvent réellement dans la connaissance humaine, il est facile de le montrer. Si l’on veux un exemple pris dans les sciences, on n’a que parcourir des yeux toutes les propositions de la mathématique ; si on en veut un tiré de l’usage le plus ordinaire de l’entendement, on peut prendre la proposition : Tout changement doit avoir une cause. Qui plus est, dans cette dernière, le concept même d’une cause renferme manifestement le concept d’une liaison nécessaire avec un effet et celui de la stricte universalité de la règle, si bien que ce concept de cause serait entièrement perdu, si on devait le dériver, comme le fait Hume, d’une association fréquente de ce qui arrive avec qui qui précède et d’une habitude qui en résulte (d’une nécessité, par conséquent, simplement subjective) de lier des représentations.
    En y faisant intervenir l’idée de mouvement, il me semble que vous vous rapprochez de l’idée de Hume. Une autre façon de voir cette nécessité de la causalité serait peut-être de considérer la perception même : l’objet en face de moi est cause de sa perception par moi. Sans un concept a priori de la cause, comment pourrais-je savoir que ma perception de cet objet est le signe qu’il est bien devant moi ?

    aliochaverkiev, 1 mars 7:32 a écrit:
    Mais si j'écris "un plateau et des pieds c'est une table", alors je ne suis plus dans un jugement analytique mais je suis dans un jugement synthétique puisque le concept table n'est pas inclus dans les concepts "plateau" et "pieds".
    Conclusion, le sens de l'écriture est essentiel, car le sujet c'est le premier terme et le prédicat c'est le terme final.
    Donc pour Kant le signe = n'est pas une relation d'équivalence, il ne lui accorde pas la transitivité.
    Mais si j'écris 12 = 7 + 5 au lieu de 7+5 = 12, suis-je encore dans un jugement synthétique. Car le sujet devient 12 et le prédicat 7 + 5, et ces deux concepts ne sont-ils pas alors inclus dans le concept 12?
    La pensée de Kant est parfois floue.
    Votre exemple de la table me semble correct. Par contre, pour Kant, toute proposition arithmétique est synthétique :
    Kant, Critique de la raison pure, Introduction V a écrit:La proposition arithmétique est donc toujours synthétique ; on s’en convaincra d’autant plus clairement que l’on prendra des nombres, quelque peu plus grands, car il est alors évident que, de quelque manière que nous tournions et retournions nos concepts, nous ne pourrions jamais, sans recourir à l’intuition, trouver la somme, au moyen de la simple décomposition de nos concepts.
    Mais reprenons le tout début de ce chapitre afin de voir ou veux en venir Kant :
    Kant, Critique de la raison pure, Introduction V a écrit:Les jugements mathématiques sont tous synthétiques. Cette proposition semble avoir échappé jusqu’ici aux observations des analystes de la raison humaine et paraît même exactement contraire à leurs conjectures, bien qu’elle soit incontestablement certaine et de conséquences très importantes. De ce qu’on trouvait, en effet, que les raisonnements des mathématiciens procèdent tous suivant le principe de contradiction (ce qui est exigé par la nature de toute certitude apodictique), on se persuadait que les principes étaient connus aussi en vertu du principe de contradiction ; en quoi ces analystes se trompaient, car une proposition synthétique peut, sans doute, être envisagée suivant le principe de contradiction, mais seulement à condition que soit supposée une autre proposition synthétique, dont elle puisse être déduite, mais jamais en elle-même.
    Sur ce point, Kant répond à Hume :
    Hume, Enquête sur l’entendement humain, IV.1 a écrit:Tous les objets sur lesquels s’exerce la raison humaine ou qui sollicitent nos recherches se répartissent naturellement en deux genres : les relations d’idées et les choses de fait. Au premier genre appartiennent les propositions de la géométrie, de l’algèbre et de l’arithmétique, et, en un mot, toutes les affirmations qui sont intuitivement ou démonstrativement certaines. Cette proposition : le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés, exprime une relation entre ces éléments géométriques. Cette autre : trois fois cinq égalent la moitié de trente, exprime une relation entre ces nombres. On peut découvrir les propositions de ce genre par la simple activité de la pensée et sans tenir compte de ce qui peut exister dans l’univers. N’y eût-il jamais eu dans la nature de cercle ou de triangle, les propositions démontrées par Euclide n’en garderaient pas moins pour toujours leur certitude et leur évidence.
    Les choses de fait, qui constituent la seconde classe d’objets sur lesquels s’exerce la raison humaine, ne donnent point lieu au même genre de certitude ; et quelque évidente que soit pour nous leur vérité, cette évidence n’est pas de même nature que la précédente. Le contraire d’une chose de fait ne laisse point d’être possible, puisqu’il ne peut impliquer contradiction, et qu’il est conçu par l’esprit avec la même facilité et la même distinction que s’il était aussi conforme qu’il se pût à la réalité. Une proposition comme celle-ci : le soleil ne se lèvera pas demain, n’est pas moins intelligible et n’implique pas d’avantage contradiction que cette autre affirmation : il se lèvera. C’est donc en vain que nous tenterions d’en démontrer la fausseté. Si elle était fausse démonstrativement, elle impliquerait contradiction, et jamais l’esprit ne pourrait la concevoir distinctement.
    Hume distingue deux modes de connaissances : les connaissances empiriques qui portent sur le monde qui nous entoure et qui nous apprennent donc quelque chose de nouveau (elles sont donc synthétiques. Sur ce point, Kant est d’accord) ; les connaissances logiques et mathématiques qui proviennent de nous même et qui ne nous apprennent donc rien de nouveau sur le monde (elles sont donc analytiques, ce qui pose problème à Kant).

    Pour Kant, cette « logicisation » des mathématiques n’est pas possible : même si les raisonnements mathématiques procèdent de ce principe logique, leur fondement ne peut pas en découler et doit provenir de l’intuition. En effet, la découverte d’un principe même est manifestement synthétique (il étend notre connaissance) or le principe de contradiction ne peut s’appliquer qu’entre deux propositions synthétiques. Je peux découvrir deux propositions qui se contredisent et l’une est manifestement fausse, mais d’une proposition synthétique unique, je ne peux rien déduire en m’aidant du principe de contradiction.

    Pour revenir à votre question, pour Kant, de même que vous ne pouvez pas déduire 12 de 5+7 car vous devez recourir à l’intuition pour réaliser cette opération (imaginer un groupe de 5 moutons, un groupe de 7 et les réunir), vous ne pouvez pas non plus déduire 5+7 de 12 sans recourir à l’intuition (imaginer un groupe de 12 moutons que vous séparez en deux groupes, l’un de 5 et l’autre de 7). Attention, je ne dis pas que c’est cette démarche que nous employons en faisant des mathématiques, ce qui aurait pour conséquence de les rendre a posteriori (je regarde des moutons à chaque addition que je souhaite réaliser), n’oublions pas le début de l’introduction : « Mais si toute notre connaissance débute avec l’expérience, cela ne prouve pas qu’elle dérive toute de l’expérience ».

    En aparté, Russel et Whitehead montreront une réduction possible de l’arithmétique à la logique dans Principia Mathematica, réfutant ainsi cette proposition de Kant. Il y a d’autres développements sur ce point, mais c’est hors de propos de ce sujet et je les connais très mal.

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Dim 3 Avr 2016 - 20:19

    Adresse à Monsieur Dienekes.


    Voici ce que je vous propose : je termine l'esthétique transcendantale (je n'ai plus que quelques pages à analyser) puis je fais une pause ce qui me permettra de faire un retour avec vous sur mes premières analyses. Je me disais justement,  il y a quelque minutes, qu'il est bien possible que mon analyse de la seconde préface soit à revoir dans la mesure où je comprends beaucoup mieux la forme d'esprit de Kant maintenant  plutôt qu'au début. 
    Donc je termine l'esthétique puis j'étudie vos remarques.

    Amitiés.

    Aliocha.

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Lun 4 Avr 2016 - 15:52

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:(page 132) La réalité de l'espace et du temps (il s'agit ici de la réalité empirique de ces formes de l'intuition) laissent inentamée la sureté de la connaissance expérimentale que ces formes s'attachent nécessairement aux choses en soi (attention! comme idéalités, pas comme déterminations de ces choses en soi) ou seulement à notre intuition de ces choses (réalité empirique).
    Mais ceux qui tiennent l'espace et le temps comme des réalités absolues soit comme substances soit comme accidents, sont en contradiction avec les principes de l'expérience.

    Substance  : la substance exprime l'idée qu'il y a, dans chaque être individuel, un "sujet" qui demeure en arrière-plan du changement manifeste de cet être. Etymologiquement "substance" est en effet ce qui se tient (-stance) dessous (sub). [définition tirée de : "Premier pas en philosophie", P. Solal et P-J Dessertine, Ellipses]

    Accident  :  tout ce qui arrive de manière contingente ou fortuite (ces deux adjectifs sont synonymes).
    Je continue donc l'analyse du texte à partir de la page 132.

    Ceux qui tiennent l'espace et le temps comme des réalités absolues comme substances admettent l'existence de deux non-êtres qui n'existent que pour contenir en eux tout le réel.Kant part ici de l'idée que, si nous vidons l'espace et le temps de toutes réalités, il n'a y plus d'espace et de temps. Ce sont donc des non-êtres. Comment des non-êtres ne pourraient exister que dans la mesure où ils contiennent toute la réalité?
    En revanche ceux-là se rendent le champ de l'expérience disponible pour les assertions mathématiques (qui ne peuvent être conçues que  dans l'espace). Mais à rebours quand l'entendement veut franchir les limites de l'espace et du temps dans leurs conceptions ils ne le peuvent pas, en raison du caractère de réalité absolue qu'ils donnent à ce deux concepts.

    Ceux qui tiennent l'espace et le temps comme des réalités absolues comme accidents contestent alors aux mathématiques leur caractère de jugements synthétiques a priori et apodictiques. En effet l'espace et le temps ne sont alors pour eux que des produits confus et occasionnels de l'imagination dont on ne peut trouver la source que dans l'expérience. Ce qui rend impossible les connaissances certaines des mathématiques (non permanence de l'espace et du temps).

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Lun 4 Avr 2016 - 18:16

    L'esthétique transcendantale ne contient donc que deux éléments, l'espace et le temps. A propos du mouvement Kant fait remarquer que l'espace en soi, en tant que forme a priori de la sensibilité n'est pas mobile (en soi c'est une forme) donc la mobilité, dès lors qu'elle est perçue , à l'extérieur de soi, n'est trouvée, perçue  que par l'expérience. De même le temps est lui aussi une forme, il n'est pas mobile, la mobilité relativement au temps est donc aussi perçue par expérience.

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  Dienekes le Lun 4 Avr 2016 - 22:13

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:Voici ce que je vous propose : je termine l'esthétique transcendantale (je n'ai plus que quelques pages à analyser) puis je fais une pause ce qui me permettra de faire un retour avec vous sur mes premières analyses. Je me disais justement,  il y a quelque minutes, qu'il est bien possible que mon analyse de la seconde préface soit à revoir dans la mesure où je comprends beaucoup mieux la forme d'esprit de Kant maintenant  plutôt qu'au début. 
    Donc je termine l'esthétique puis j'étudie vos remarques.

    Prenez-votre temps, aucun problème...

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Mar 5 Avr 2016 - 14:44

    Conclusion : remarques générales sur l'esthétique transcendantale (page 133)


    I. Notre intuition n'est rien d'autre que la représentation du phénomène, et non les choses en elles-mêmes (choses en soi). Même les relations intuitionnées entre les objets de l'intuition ne sont pas les relations de choses elles-mêmes entre elles.
    Nous ne connaissons des choses que notre manière de les percevoir , manière qui nous est propre, qui n'appartient peut être même pas aux autres êtres vivants, mais qui appartient en revanche à tout homme. L'espace et le temps en constituent les formes pures (formes a priori), la sensation en constitue la matière (connaissance a posteriori, ou intuition empirique).

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Jeu 7 Avr 2016 - 18:06

    Affirmer donc que notre sensibilité est une représentation confuse des choses (en soi) est une erreur. Quand une représentation est confuse  c'est qu'elle correspond non à un phénomène mais à une représentation liée à un concept de l'entendement (exemple : le concept de droit, concept qui est l'objet de spéculations (quant à sa définition). La différence entre la sensibilité et l'ordre intellectuel (l'entendement) est transcendantale, et ne repose pas seulement dans la forme de la représentation (confusion ou distinction) mais aussi dans l'origine et le contenu de la représentation.

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Jeu 7 Avr 2016 - 18:58

    (Page 135) Dans la vie courante nous savons distinguer, dans les événements, ce qui s'attache, dans l'intuition, à la sensibilité (perception) de manière générale de ce qui ne vaut que de manière contingente. Par exemple nous savons distinguer la pluie associée au soleil (sensibilité en général), de l'arc en ciel (dont la perception ne vaut que selon la disposition particulière du sens de la vue). Nous considérons alors "la pluie associée au soleil" comme étant la chose en soi, et l'arc en ciel comme étant le phénomène. Mais en vérité, "la pluie associée au soleil" est le phénomène (la chose en soi restant incessible à la sensibilité) et l'arc en ciel est une affection contingente.

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Ven 8 Avr 2016 - 21:16

    Kant va essayer de démontrer par l'absurde la véracité de sa proposition (l'Esthétique transcendantale comprend les deux formes a priori de la sensibilité, l'espace et le temps).
    Pour cela il suppose que l'espace et le temps sont objectifs  en eux-mêmes et sont les conditions de possibilité des choses en soi. Cette hypothèse n'empêche pas qu'il continue d'exister des propositions apodictiques et synthétiques a priori notamment  à propos de l'espace (il va se concentrer sur l'espace avec les connaissances a priori relatives à la géométrie).
    D'où tire-t-on de telles propositions, de telles connaissances? Elles ne peuvent provenir que de concepts (entendement) ou d'intuitions donnés soit a priori soit a posteriori. 
    Elles ne peuvent pas être a posteriori car, par cette voie-là, il n'existe aucune connaissance apodictique (une expérience ne donne aucune certitude en soi pour tout autre expérience).
    Elles sont donc a priori.
    S'agit-il de concepts a priori? Prenons l'exemple du concept de trois lignes droites. Conceptuellement il est impossible de construire une figure avec ce concept (il ne faut surtout pas s'imaginer les trois lignes droites! car dans l'imagination nous faisons intervenir l'espace, nous n'en restons donc plus au seul concept des lignes droites). La voie purement conceptuelle ne permet pas de construire une figure.
    Il ne reste plus que l'intuition a priori.
    Nous devons donc fournir notre objet (un triangle, figure formée par les trois droites) a priori dans l'intuition et fonder sur lui notre proposition synthétique.
    Il faut donc que réside en nous un pouvoir d'intuitionner a priori, et comme l'objet alors donné dans l'intuition a une spatialité il faut que cette forme (l'espace) soit la condition universelle a priori sous laquelle l'objet est saisi. Si l'objet (le triangle) était quelque chose en soi, sans aucun rapport avec notre subjectivité, nous ne pourrions absolument rien ajouter à la figure de triangle que ce qui appartient aux trois droites, puisque la figure nous est donnée avant toute connaissance du triangle. Nous ne pourrions absolument pas construire une connaissance synthétique, nous ne pourrions rien ajouter au triangle, qui puisse nous assurer  que ces ajouts ont un rapport avec l'objet en soi (en quoi l'objet intuitionné, créé, pourrait être identifié avec l'objet en soi?).
    Il est donc certain que l'espace (et le temps) sont les conditions subjectives de notre intuition eu égard auxquelles tous les objets sont de simples phénomènes et non ces choses en soi.

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Dim 10 Avr 2016 - 9:10

    II (page 138) Kant fait cette remarque : tout ce qui , dans notre connaissance, appartient à l'intuition (en exceptant les sentiments de plaisir et de peine  qui ne sont pas des connaissances) ne contient que de simples relations :

    Celles des lieux dans dans une intuition (étendue), le changement des lieux(mouvement) et les lois selon lesquelles ce changement est déterminé.

    Kant  désigne l'espace pour l'intuition (étendue),  le temps pour le changement des lieux (puisque pour lui aucun mouvement n'est possible dans l'espace pur). Mais les lois? il n'est pas possible que ces lois soient des connaissances issues de l'intuition. Il y a donc là une certaine imprécision chez Kant. Les lois ne peuvent provenir, en tant que connaissances, que de l'entendement.

    Pour Kant l'espace et le temps ne sont que simples relations, ce sont des formes pure de l'intuition qui expriment des relations. Mais des relations entre les objets phénoménaux, aucunement entre les choses en soi.

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Dim 10 Avr 2016 - 9:21

    Dans l'intuition interne (le temps) nous y retrouvons aussi les représentations des sens externes (espace) puisque toutes représentations sont en effet cérébrales et donc logées à l'intérieur de notre esprit, lesquelles représentations sont alors soumises au temps, à la forme pure de la sensibilité qu'est le temps, lequel contient a priori les relations de succession, de simultanéité et de permanence.

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Dim 10 Avr 2016 - 9:51

    La forme de l'intuition quand elle ne contient que des relations (aucune "matière" donc n'est posée), quand donc elle ne représente rien (idéalité), est la manière dont l'esprit est affecté par sa propre activité, laquelle activité consiste à poser la représentation de ces relations par lui-même c'est-à-dire par le sens interne (le terme représentation est un peu abusif, puisque, en principe nous sommes dans une situation où il n' y a aucune représentation).

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Dim 10 Avr 2016 - 12:39

    Par le sens interne l'esprit s'intuitionne lui-même. Mais le sujet est alors l'objet (empirique) de cette intuition et le sujet ne peut alors apparaitre que comme phénomène,  et non en tant ce qu'il est lui-même (esprit en soi, chose en soi) sinon l'intuition serait spontanéité (connaissance immédiate) et elle serait intuition intellectuelle, ce qui, bien sûr n'est pas le cas.

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Dim 10 Avr 2016 - 18:57

    (Page 139) Comment un sujet peut-il s'intuitionner lui-même intérieurement?
    La conscience de soi-même (l'aperception) requiert une perception interne du divers donné dans le sujet et cette perception passe par la sensibilité. C'est le pouvoir de prendre conscience de soi qui affecte l'esprit et c'est ainsi qu'il produit une intuition de soi-même dont la forme (la forme a priori de l'intuition interne, soit le temps) détermine  la manière dont le divers est rassemblé dans l'esprit. L'esprit s'intuitionne lui-même tel qu'il apparait phénoménalement et non pas tel qu'il est [ici il faut entendre d'un côté le divers dans le sujet, et de l'autre le divers tel qu'il est rassemblé dans l'esprit recevant l'intuition de lui même].

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Dim 10 Avr 2016 - 21:28

    III En disant que les objets en soi apparaissent dans l'intuition en tant que phénomènes, cela ne signifie pas que les phénomènes sont des apparences. Les phénomènes sont une donnée réelle  de la sensibilité.  Ce qu'il faut comprendre c'est que l'objet en tant que phénomène est distinct de l'objet en soi. L'un n'est pas une apparence de l'autre, il s'agit bien de deux réalités de nature différente. Ainsi on ne peut pas dire que les corps paraissent être en dehors de nous (sens externe)  ou que notre âme (ou notre esprit) paraît être donnée dans notre conscience de nous-mêmes.

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Dim 10 Avr 2016 - 22:24

    IV (Page 140) Dans la théologie où l'on se forge la pensée d'un objet (Dieu) qui ne peut pas être un objet de notre intuition, nous éliminons les conditions de l'espace et du temps de l'ensemble de l'intuition qui lui est propre (sa connaissance doit être intuition et non pensée car toute pensée témoigne toujours de limites). 
    Mais cette élimination nous ne pouvons pas la faire si l'espace et le temps sont des formes des choses en soi qui subsistent quand bien même on supprime les choses elles-mêmes. En tant que conditions de toute existence en général (de toutes choses en soi) elle devaient aussi être conditions de l'existence de Dieu.  
    L'espace et le temps sont donc bien des formes subjectives de nos modes d'intuition, lesquels modes sont dits sensibles en ce qu'ils ne sont pas originaires, c'est-à-dire que ce n'est pas par eux que l'existence même de l'objet de l'intuition est donné (l'objet en soi), mais au contraire ils sont sous la dépendance de l'existence de l'objet (en soi) qui les affecte.

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Lun 11 Avr 2016 - 7:44

    Conclusion de l'esthétique transcendantale (page 141)


    Nous disposons désormais d'un des deux éléments requis pour répondre à la question : "comment des propositions synthétiques a priori sont elles possibles?" (le deuxième élément c'est la logique transcendantale dont l'objet est l'entendement). 
    Cet élément c'est donc l'esthétique transcendantale (en rapport avec la sensibilité). 
    L'esthétique transcendantale comprend donc les intuitions pures, l'espace et le temps, qui permettent les jugements a priori en synthétisant les concepts. Mais ces jugements ne peuvent jamais porter plus loin que sur les objets des sens et ne peuvent valoir que pour des objets d'une expérience possible. 





    FIN DE L'ESTHETIQUE TRANSCENDANTALE.

      La date/heure actuelle est Jeu 17 Aoû 2017 - 15:34