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    Critique de la raison pure

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    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Mar 14 Mar 2017 - 14:30

    b) Anticipations de la perception

    Le principe en est : dans tous les phénomènes, le réel, qui est un objet de la sensation, possède une grandeur intensive, c'est-à-dire un degré.

    Preuve.

    La perception est la conscience empirique id est une conscience dans laquelle intervient une sensation. Les phénomènes  contiennent le réel de la sensation. Celle-ci constitue une représentation subjective par laquelle on prend conscience que le sujet est affecté. La conscience d'être affecté conduit le sujet à rapporter le réel de la sensation à un objet en soi. La notion de chose en soi exprime le corrélat général de l'affection : la conscience d'une extériorité.

    La sensation n'est pas une représentation objective, elle ne participe pas, en soi, ni à l'espace ni au temps, elle n'a donc pas de grandeur extensive. Mais il lui revient une grandeur intensive (la conscience empirique peut croitre depuis rien = 0 à une mesure donnée du réel de la sensation). Cette grandeur intensive est un degré d'influence sur les sens et doit être attribuée à tous les objets de la perception en ce que celle-ci contient de la sensation.

    Kant appelle "anticipation" toute connaissance par laquelle il est possible de déterminer a priori ce qui appartient à la connaissance empirique. La sensation ne peut, elle, être anticipée : elle appartient à l'expérience (affection par une extériorité). Néanmoins il est possible d'anticiper a priori qu'il y a un réel de la sensation caractérisé par sa grandeur intensive, par son intensité dirait-on aujourd'hui, par son degré. Ce qui est ici anticipé a priori c'est le fait donc que tout réel de la sensation a un degré.  

    Page 244 :

    "Ce qui dans l'intuition empirique correspond à la sensation est la réalité, ce qui correspond à son absence est la négation = 0". "Toute réalité dans le phénomène possède une grandeur intensive, c'est-à-dire un degré". "Le degré désigne uniquement la grandeur dont l'application est non pas successive mais instantanée".

    Toute sensation donc toute réalité présente dans le phénomène possède un degré qui peut varier et même être toujours diminué, ce qui fait qu'il y a entre réalité et négation (non-réalité) un enchainement continu de réalités possibles.

    Kant prête à la grandeur extensive (voir paragraphe précédent sur les axiomes de l'intuition) et à la qualité (ici la grandeur intensive) le caractère de la continuité. Il conçoit la continuité comme on la conçoit en mathématique, c'est-à-dire comme un déroulé sans aucune discontinuité (voir le théorème des valeurs intermédiaires par exemple). Dans une telle conception il n'existe pas de plus petite partie possible, toute partie est divisible. Ce concept de continuité n'est pas retenu en physique, confer les quanta d'énergie par exemple : il existe un plus petit quantum possible d'énergie. C'est même ce principe de continuité qui ne permettait pas de comprendre le rayonnement du corps noir jusque dans le début des années 1900. Le "quantum" d'énergie, en rompant le principe de continuité, a d'ailleurs créé une vraie stupéfaction.

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Ven 17 Mar 2017 - 8:57

    Tous les phénomènes sont donc des grandeurs continues. Mais quand la synthèse du divers du phénomène est interrompue ou achevée, la continuité du phénomène est stoppée et l'on passe alors à la synthèse d'un autre phénomène. L'agrégation de plusieurs phénomènes non continus l'un par rapport à l'autre ne remet pas en cause la continuité du phénomène en tant que quantum.

    Kant prend l'exemple de 13 thalers. Quand on les considère comme formant une quantité d'argent nous sommes dans la continuité. En effet cette quantité d'argent garde sa qualité d'argent et dans chaque partie d'argent considéré il en existe toujours une plus petite pouvant former une pièce d'argent. Mais si nous considérons ces 13 thalers, non plus sous le rapport de leur qualité, mais sous le rapport de leur nombre, il s'agit alors d'un agrégat et non plus de continuité.

    Toute réalité présente dans la perception présente un degré. Dans tout phénomène il y a une réalité  : "Ce qui veut dire (page 246) que ne peut de l'expérience jamais être tirée une preuve que l'espace est vide ou que le temps est vide". Kant critique les physiciens qui, constatant (page 247) une grande différence concernant la quantité de matière d'espèces différentes occupant un même volume, en concluent unanimement que ce volume (grandeur extensive du phénomène) doit contenir du vide". Kant souligne que ces physiciens fondent ainsi leur conclusion sur cette supposition métaphysique : le réel présent dans l'espace est de toute part d'une seule espèce (la matière considérée) et ne pourrait se différencier que par la grandeur extensive (le nombre). Il oppose aux physiciens  l'argumentation suivante : tout réel possède son degré de résistance ou de poids même si ce degré tend vers 0. En quelque sorte, pour lui, dès lors qu'il y a phénomène, il y a réalité, laquelle a un degré, même infiniment petit, il n' y a donc pas de vide. Le réel s'oppose au degré 0, il représente "quelque chose".

    Page 248 :

    "On peut faire totalement abstraction de la grandeur extensive du phénomène et se représenter pourtant dans la simple sensation, en un unique moment, une synthèse de la progression uniforme qui fait monter de 0 jusqu'à la conscience empirique donnée". Toutes les sensations possèdent cette propriété d'avoir un degré, propriété connue a priori. Il faut reconnaître que cette assertion de Kant qui défend l'idée d'une progression synthétique de l'intensité d'une sensation dans un instant unique est paradoxale, sauf à considérer que le temps n'est plus alors synthèse de moments, mais qu'il s'agit alors de temps en soi, forme "immobile".

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Jeu 23 Mar 2017 - 7:20

    c) Analogies de l'expérience

    Page 249 :

    "Le principe en est le suivant : l'expérience n'est possible que par la représentation d'une liaison nécessaire des perceptions".

    Dans la première édition Kant a écrit :

    "Le principe général en est le suivant  : tous les phénomènes sont, quant à leur existence, soumis a priori à des règles déterminant les rapports qu'ils entretiennent dans un temps".

    Le mot "représentation" doit donc être pris au sens : détermination.

    Dans l'expérience les perceptions n'entrent en rapport les unes avec les autres que de manière contingente. Aucune nécessité de leur liaison ne se dégage des perceptions elles-mêmes. Leur liaison nécessaire qui seule constitue l'expérience est le fait de concepts qui effectuent cette liaison a priori dans le temps.

    Les trois modes du temps sont la permanence, la succession et la simultanéité. D'où trois règles, trois principes structurant les rapports temporels des phéomènes, principes que Kant appelle analogies de l'expérience.

    Ces principes s'appliquent aux phénomènes sous le rapport de leur existence et du rapport qu'ils entretiennent entre eux quant à cette existence. En cela Kant qualifie ces pricipes comme étant des principes régulateurs au contraire des principes étudiés dans les deux paragraphes précédents que Kant appelle principes constitutifs car ils déterminent les phénomènes  en tant que grandeurs numériques.

    aliochaverkiev

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    Re: Critique de la raison pure

    Message  aliochaverkiev le Dim 26 Mar 2017 - 11:44

    Première analogie

    Page 253 :

    "Dans tout changement connu par les phénomènes, la substance persiste".

    Texte de le première édition : "Tous les phénomènes contiennent quelque chose de permanent (substance) constituant l'objet même, et quelque chose de changeant correspondant à une simple détermination de cet objet, c'est-à-dire à un mode de son existence".

    Le temps en lequel est pensé tout changement des phénomènes ne change pas. Le temps ne peut pas être perçu en lui-même. C'est dans les phénomènes que l'on trouve le substrat qui représente le temps et ce substrat c'est la substance. L'élément permanent dans le phénomène c'est la substance.

    Le changement ne concerne pas le temps lui-même mais seulement les phénomènes inscrits dans le temps.

    Page 254 :

    "C'est par l'intermédiaire du permanent et de lui seul que l'existence reçoit, dans les diverses parties successives de la série chronologique, une grandeur que l'on appelle durée. C'est sur le fond du permanent qu'apparait la succession. Dans tous les phénomènes la dimension de permanence est la substance tandis que tout ce qui change appartient à la manière selon laquelle cette substance existe. "La substance demeure et seuls les accidents changent". Les accidents : déterminations, modes particuliers d'existence de la substance.

    Page 256 : 

    "Les détermiantions d'une substance qui ne sont que des modes particuliers de son existence s'appellent accidents". "On appelle cette existence (celle de l'accident) l'inhérence pour la distinguer de l'existence de la substance, que l'on appelle subsistance".

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