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    La psychanalyse au banc des accusés ?

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    Silentio

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    La psychanalyse au banc des accusés ?

    Message  Silentio le Ven 27 Fév 2015 - 17:29

    Je voudrais m'interroger sur la pertinence de l'approche psychanalytique et sur sa légitimité. Pour ce faire, voici une liste non exhaustive de critiques émises à l'encontre de la psychanalyse (notamment freudienne) que l'on peut lire et entendre régulièrement, sous la plume de grands auteurs passés (Foucault, Deleuze, Popper, etc.) ou d'auteurs récents qui ont remis au goût du jour la polémique anti-Freud (tel Michel Onfray) :

    1. La psychanalyse n'est pas scientifique. Ce n'est pas une science de la nature (elle est inexacte comme les sciences humaines) et n'est pas falsifiable.
    2. La psychanalyse est scientiste et sous couvert de scientificité, elle fonctionne comme une idéologie masquant un rapport de pouvoir. Ce dernier assure le domination de l'analyste sur le patient, prive le patient de sa parole et induit une normalisation de ses conduites (le constituer comme malade, c'est le priver de sa liberté). Elle serait donc réactionnaire, en plus d'être une secte.
    3. La psychanalyse est le fruit du cerveau malade de Freud qui a universalisé ses propres problèmes.
    4. La psychanalyse est, dans la pratique, inefficace, et dans la théorie une affabulation continue. C'est de la charlatanerie.
    5. La psychanalyse justifie des comportements moralement répréhensibles (elle sert d'excuse, de la même manière que la maladie avalisée par le médecin : "je ne suis pas responsable puisque je suis névrosé").
    6. La psychanalyse n'a rien de nouveau : Freud a pillé Schopenhauer, Nietzsche, occulté Breuer et Fliess, etc.
    7. La psychanalyse se veut la science de quelque chose qui n'existe pas : l'inconscient.

    Vous semble-t-il que ces critiques soient toutes pertinentes et justifiées ? Rendent-elles justice à la psychanalyse ? Quels arguments pourrait-on leur opposer ? Peut-être peut-on penser, en effet, que bien que la psychanalyse soit critiquable, il est possible d'y trouver un intérêt, qu'il soit théorique ou pratique. Par exemple, l'histoire de la psychanalyse est l'histoire d'une auto-critique et d'une confrontation aux théories initiales de Freud par le raffinement des théories instruites par de nouvelles observations et interprétations. Un autre exemple serait de dire : la psychanalyse n'est pas scientifique, mais cela la rend-elle nécessairement caduque ? Il est d'ailleurs à noter que parfois, c'est moins la psychanalyse comme telle que le freudisme ou le sectarisme qui sont visés, des critiques comme Deleuze et Onfray cherchant à fonder d'autres approches psychanalytiques.


    Dernière édition par Silentio le Sam 28 Fév 2015 - 21:51, édité 1 fois
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    Crosswind

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    Re: La psychanalyse au banc des accusés ?

    Message  Crosswind le Ven 27 Fév 2015 - 17:35

    Eh bien, je demanderai avant tout l'assurance que les divers intervenants prouvent une maîtrise suffisante de la théorie psychanalytique avant de se risquer à la critiquer. Définir la psychanalyse est le préalable obligé de sa critique.

    Qu'est-ce donc, que la psychanalyse ?

    AntiSubjectiviste

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    Re: La psychanalyse au banc des accusés ?

    Message  AntiSubjectiviste le Ven 27 Fév 2015 - 18:33

    @Crosswind a écrit:Eh bien, je demanderais avant tout l'assurance que les divers intervenants prouvent une maîtrise suffisante de la théorie psychanalytique avant de se risquer à la critiquer.
    Difficile : les psychanalystes eux-mêmes ne prétendraient pas en avoir une maîtrise suffisante. Par contre, on peut préciser si l'on est psychanalyste (cela m'étonnerait qu'il y en ait ici...), ou psychanalysé, ou lecteur de Freud/Lacan/autres, etc.

    @Crosswind a écrit:Définir la psychanalyse est le préalable obligé de sa critique.

    Qu'est ce donc, que la psychanalyse ?
    Je crains que la méthode définitionnelle ne fonctionne guère avec la psychanalyse... Mais pour commencer : la psychanalyse est une pratique psycho-thérapeutique durant laquelle un patient entre en relation avec un analyste pour une certaine exploration de la structure psychique du premier à l'aide de modèles théoriques qui ne réduisent pas la psyché à des phénomènes physiologiques.

    Voici mes premières réactions brèves aux différents points.

    1. La psychanalyse n'est pas une science (ni de la nature, ni humaine). Mais ce n'est pas pour ça qu'elle n'a pas de valeur.
    2. Il ne me semble pas que la psychanalyse soit scientiste, puisqu'elle n'est déjà pas une science. Freud la voulait scientifique, mais je parle de ce qu'elle est devenue depuis. En théorie, l'analyste n'a pas une position de domination sur le patient, en pratique par contre...
    3. Dans ce cas, beaucoup de gens ont un cerveau proche de celui de Freud, car beaucoup de gens sont interpellés par les concepts psychanalytiques. Je pense que critiquer la personne de Freud ne discrédite pas la psychanalyse en elle-même.
    4. Je n'ai pas une pratique de la psychanalyse, donc ne me prononcerai pas là-dessus. Concernant la théorie, la difficulté est que ses concepts doivent être évalués dans une approche holiste. Il est absurde, par exemple, de s'interroger sur l'existence de l'inconscient ou du surmoi indépendamment de leur fonction dans la théorie globale.
    5. Sans généraliser, on peut admettre que certains comportements soient "plus forts" que leur auteur, pour des raisons liées à son vécu passé, et la psychanalyse peut en théorie aider à les explorer. De plus, il faut distinguer la culpabilité de la responsabilité : si certains ne sont pas coupables d'un acte parce qu'ils ont une pathologie, ils restent néanmoins responsables.
    6. Qu'elle soit nouvelle ou pas ne changerait pas sa valeur si elle en a une.
    7. Cf. le point 4.
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    Crosswind

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    Re: La psychanalyse au banc des accusés ?

    Message  Crosswind le Ven 27 Fév 2015 - 19:09

    Si je vous suis bien, AntiSubjectiviste, la psychanalyse ne reposerait sur aucune règle tangible ? Comment peut-il s'avérer possible d'affirmer son appartenance au corps psychanalytique sans démontrer la maîtrise attendue ? Une simple définition du dictionnaire suffit-elle à réguler ce qui, au bout du compte, ne s’avère qu'un phénomène de société ?

    Au vu de la difficulté du sujet, je propose d'y aller pas à pas.

    Qu'en est-il de la scientificité de la psychanalyse ?
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    Re: La psychanalyse au banc des accusés ?

    Message  Invité le Ven 27 Fév 2015 - 19:29

    @AntiSubjectiviste a écrit:Voici mes premières réactions brèves aux différents points.

    1. La psychanalyse n'est pas une science (ni de la nature, ni humaine). Mais ce n'est pas pour ça qu'elle n'a pas de valeur.
    2. Il ne me semble pas que la psychanalyse soit scientiste, puisqu'elle n'est déjà pas une science. Freud la voulait scientifique, mais je parle de ce qu'elle est devenue depuis. En théorie, l'analyste n'a pas une position de domination sur le patient, en pratique par contre...
    3. Dans ce cas, beaucoup de gens ont un cerveau proche de celui de Freud, car beaucoup de gens sont interpellés par les concepts psychanalytiques. Je pense que critiquer la personne de Freud ne discrédite pas la psychanalyse en elle-même.
    4. Je n'ai pas une pratique de la psychanalyse, donc ne me prononcerai pas là-dessus. Concernant la théorie, la difficulté est que ses concepts doivent être évalués dans une approche holiste. Il est absurde, par exemple, de s'interroger sur l'existence de l'inconscient ou du surmoi indépendamment de leur fonction dans la théorie globale.
    5. Sans généraliser, on peut admettre que certains comportements soient "plus forts" que leur auteur, pour des raisons liées à son vécu passé, et la psychanalyse peut en théorie aider à les explorer. De plus, il faut distinguer la culpabilité de la responsabilité : si certains ne sont pas coupables d'un acte parce qu'ils ont une pathologie, ils restent néanmoins responsables.
    6. Qu'elle soit nouvelle ou pas ne changerait pas sa valeur si elle en a une.
    7. Cf. le point 4.

    Si l'on remplace A, B et C par des éléments de notre choix, n'est-il pas possible de rendre à peu près n'importe quelle doctrine ou courant de pensée irréfutable, inattaquable ? Il faut, pour ce faire, prendre en compte l'ensemble des 7 propositions :


    1. La doctrine ou courant de pensée A n'est pas une science (ni de la nature, ni humaine). Mais ce n'est pas pour ça qu'elle n'a pas de valeur.
    2. Il ne me semble pas que A soit scientiste, puisqu'elle n'est déjà pas une science. Auteur B la voulait scientifique, mais je parle de ce qu'elle est devenue depuis. [...]
    3. Dans ce cas, beaucoup de gens ont un cerveau proche de celui de B, car beaucoup de gens sont interpellés par les concepts C. Je pense que critiquer la personne de B ne discrédite pas A en elle-même.
    4. Je n'ai pas une pratique de A, donc ne me prononcerai pas là-dessus. Concernant la théorie, la difficulté est que ses concepts doivent être évalués dans une approche holiste. Il est absurde, par exemple, de s'interroger sur l'existence de C1 ou du C2 indépendamment de leur fonction dans la théorie globale.
    5. Sans généraliser, on peut admettre que certains comportements soient "plus forts" que leur auteur, pour des raisons liées à son vécu passé, et la A peut en théorie aider à les explorer. [...]
    6. Qu'elle soit nouvelle ou pas ne changerait pas sa valeur si elle en a une.
    7. Cf. le point 4.

    AntiSubjectiviste

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    Re: La psychanalyse au banc des accusés ?

    Message  AntiSubjectiviste le Sam 28 Fév 2015 - 1:11

    @Crosswind a écrit:Si je vous suis bien, AntiSubjectiviste, la psychanalyse ne reposerait sur aucune règle tangible ?
    Je n'ai pas dit ça, par contre il est probable qu'il n'y ait pas de consensus sur les règles.


    @Crosswind a écrit:Comment peut-il s'avérer possible d'affirmer son appartenance au corps psychanalytique sans démontrer la maîtrise attendue ?
    En démontrant une expérience suffisante, à travers la formation, le passage en analyse et la pratique de l'analyse elle-même. Mais l'expérience n'est pas une maîtrise comme un physicien pourrait maîtriser une théorie physique. La connaissance de la théorie freudienne ne suffit pas pour "maîtriser" la psychanalyse freudienne puisque celle-ci est une pratique.

    aldolo

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    Re: La psychanalyse au banc des accusés ?

    Message  aldolo le Sam 28 Fév 2015 - 1:26

    Il n'y a pas longtemps, on a eu un chouette débat sur le mariage gay, avec des types des deux côtés parfaitement incapables de répondre aux arguments de l'autre. Ça a duré un certain temps... 
    Chacun avait sans doute une part de vérité, mais je n'ai vu pour ma part aucun dialogue fructueux : deux clans parfaitement incapables de se parler.
    Et puis le problème s'est posé de l'adoption des enfants avec des parents gay. Et qui a-t-on vu en guise d'experts ? Des psychanalystes et rien que des psychanalystes. Beaucoup étaient réservés à l'idée qu'un môme ait deux parents du même sexe, sans doute que leur récit se conjuguait mal avec ce type de système. Qui leur a répondu ? Et bien personne... je veux dire aucune expertise autre, qui soit posée en contre-pouvoir à la légitimité qu'elle prétend. Bref, l'expertise en matière d'enfants, en France, c'est la psychanalyse et point-barre ! On l'a élevé au rang d'institution, et d'ailleurs tout ce qui tourne autour de la psychologie s'est plus ou moins rallié aux stades de développement de l'enfant qu'elle a comptabilisés et établis en norme.
    Et c'est ça qui gêne.
    Ce n'est pas les traitements eux-mêmes, qui dès fois marchent et d'autres pas. Ce n'est pas même tant que son laïus sur l'inconscient (l'inconscient est structuré blabla) qui semble passer comme une lettre à la poste dans les esprits, c'est que c'est comme ça et pas autrement : on sait, tout est sous contrôle...
    La psychanalyse s'est instaurée (en France bien plus qu'ailleurs d'ailleurs) comme une forme de savoir, et donc exerce un pouvoir normatif dans l'opinion. Elle récite les stades de la formation psychique de l'enfant comme si ça allait de soi, et personne ne semble rien avoir à y redire : à tel âge, il arriverait ceci à bébé, plus tard, il se passera cela etc. et si quelque chose n'a pas l'air de fonctionner comme c'est écrit, c'est tout juste si les pauvres parents ne sont pas terrorisés en imaginant que leur môme est anormal, qu'il va lui arriver tout un tas de trucs : affreux, forcément. Alors ils se précipitent chez l'expert comme on allait voir le docteur il y a cent ans, en tortillant leurs doigts dans la salle d'attente. 
    Bref, elle s'est accaparée ce que doit être un enfant.
    On ne voit plus très bien ce qu'il restera un jour comme place pour l'inconnu, pour la vie dans ce qu'elle peut aussi avoir de surprenant et de magique, si même le regard sur l'enfance doit être répertorié selon des critères stricts de normalité par un savoir, qui veut s'emparer de tout sans laisser une miette à quoi que ce soit qui ressemble à de la créativité, à un peu de liberté.

    AntiSubjectiviste

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    Re: La psychanalyse au banc des accusés ?

    Message  AntiSubjectiviste le Dim 1 Mar 2015 - 12:50

    @Crosswind a écrit:Qu'en est-il de la scientificité de la psychanalyse ?
    Est-ce vraiment nécessaire de revenir sur cette question déjà débattue mille et une fois ? Serait-ce seulement un problème si la psychanalyse n'était pas une science, si l'on n'est pas scientiste dès le départ ? D'autant plus qu'il n'y a pas beaucoup de définitions de "science" auxquelles les disciplines couramment admises comme scientifiques satisfont...

    Une critique beaucoup plus intéressante me paraît présente, par exemple, dans De l'interprétation de Paul Ricœur, où il affirme que la psychanalyse est une forme d'archéologie du sujet, c.-à-d. une élucidation du sens du sujet présent à partir de son passé. Se cachent derrière cette affirmation au moins deux critiques contre la psychanalyse : 1) elle héberge un déterminisme de l'inconscient qui agit du passé sur le présent, 2) la conscience n'a relativement aucun pouvoir dans la détermination du sujet.

    S'ajoute à cela la critique selon laquelle l'anthropologie que tisse la psychanalyse est celle d'une humanité fondamentalement déviante, et définie par ses déviances. La norme, pour ainsi dire, est d'être déviant, et la santé mentale n'est qu'un point d'équilibre instable au milieu d'un champ de forces pathologiques. Une telle anthropologie est-elle acceptable ?

    mucho

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    La psychanalyse une conviction, et méthode technique mais non empirique

    Message  mucho le Mer 4 Mar 2015 - 21:15

    Il me paraît que la psychanalyse ne justifie la véracité de ses thèses que par :

    Des séances "basées sur la parole, et autres stimulus" donnant au psychothérapeute des réactions qu'il interprète "quoi de plus normal comme processus empirique, cependant le danger réside dans les suggestions et suppositions apportées au patient qui peuvent induire les deux dans l’erreur". Ceci étant, le patient du début 1900 est le plus souvent un hystérique, catatonique et j'en passe, "des gens pas assez normaux".
    Les études anthropologiques et ethnologiques étant assez fiables, donnent une idée "ou plutôt supposition" sur l'organisation de la psyché à partir des structures sociales, l’évolution des mœurs, de la littérature, les contes et légendes, et religions "surtout chamanismes, totems, et sociétés primitives" ...

    Ainsi il paraît qu'au siècle dernier on ne s'est basé que sur des suppositions et non des preuves tangibles ou statistiquement étayées, "même si les psychanalystes apportent comme preuve le supposé rétablissement de leurs patients".

    Mais il faut savoir que Freud voulut suivre la démarche scientifique en ayant choisi au début de faire de la neuroscience "mais étant à ses balbutiements, il opta pour la démarche déjà citée". Pour conclure son intuition était bonne car le salut de la psychanalyse ne viendra que d'une meilleure maîtrise des neurosciences, car il est acquis maintenait que notre cerveau se compose de couches :
    Le cerveau reptilien "partagé avec la majorité des êtres vivants" qui est le siège des sensations et autres pulsions primitives, ainsi que la mémoire longue.
    Et le cortex siège du langage "et donc selon moi de la pensée et de la conscience et la mémoire courte", et du contrôle des pulsions. Ce n'est qu'une compréhension des interactions du cerveau par l’expérience qui fermera ce débat "pouvant même prouver la vraisemblable de certaines thèses de cette technique".

    Silentio

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    Re: La psychanalyse au banc des accusés ?

    Message  Silentio le Mer 4 Mar 2015 - 21:18

    Quel auteur citez-vous dans votre message, mucho ?

    mucho

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    Re: La psychanalyse au banc des accusés ?

    Message  mucho le Ven 6 Mar 2015 - 20:59

    Ce n'est qu'une synthèse qui n'englobe que des œuvres de Freud "ignorant d'autres auteurs prolifiques comme Klein, Jung, ou Lacan... ", et de certaines publications sur la neurologie. Cette analyse ne présente qu'une vision personnelle "mise en cohérence" que j’espère pas trop systématique.
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    Vangelis
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    Re: La psychanalyse au banc des accusés ?

    Message  Vangelis le Dim 8 Mar 2015 - 12:39

    Un des grands problèmes de la psychanalyse est la notion de résistance. Si le sujet résiste c'est qu'il refuse l'accès à son inconscient, et c'est donc la mise en évidence que la thérapie vise juste. Dans ce cas de figure la psychanalyse gagne à tous les coups. Cela illustre - entre autre - la non falsifiabilité qu'a exprimée Silentio.

    mucho

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    Re: La psychanalyse au banc des accusés ?

    Message  mucho le Ven 13 Mar 2015 - 20:39

    Non pas que "Si le sujet résiste c'est qu'il refuse l'accès à son inconscient, et c'est donc la mise en évidence que la thérapie vise juste. Dans ce cas de figure la psychanalyse gagne à tous les coups", mais que s'il nie la supposée évidence il la refoule "alors à coup sûr il faut le soigner". Ainsi cette "non falsifiabilité" est juste. Et donc cette chose "loin d'une science, se définissant comme technique, mais existant comme thèse et surtout comme un métier" nécessite un apport de preuves.
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    Octopus

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    Re: La psychanalyse au banc des accusés ?

    Message  Octopus le Mer 20 Juil 2016 - 17:58

    Le fait que beaucoup de scientifiques s'attardent à dire que la psychanalyse n'est pas une science, se base uniquement sur leur conception de la science. La psychanalyse se base sur l'expérience. Le problème c'est que pour beaucoup de gens, c'est insuffisant, que la psychanalyse ne rempli pas toutes les caractéristiques pour être considérée comme une science. Seulement la psychanalyse ne se limite pas aux apports de Freud dans la société, qui a réussi à démontrer qu'une personne étant catégorisée comme folle pouvait enfin être considérée comme malade. Son apport également sur l'angoisse, les phobies, la construction narcissique infantile et bien d'autres choses. Bien sûr, Freud s'est basé sur pas mal de choses, il prenait de la coke mais ce qu'il a apporté n'est pas rien. La psychanalyse se base aussi sur Dolto, qui a réussi à prouver que l'enfant avait une âme. Bien d'autres auteurs ont apportés leurs pierres à l'édifice : Mélanie Klein, Bion, Winnicott ou encore Lacan. La psychanalyse n'apporte pas que du mauvais puisque c'est la psychologie clinique, la psychopathologie (étude des troubles mentaux), la psychiatrie... qui lui doivent beaucoup. Car ils se sont basés sur les connaissances psychanalytiques pour faire des entretiens, comprendre les maladies mentales et j'en passe.

    La psychanalyse s'intéresse à l'inconscient. Dans ma fac, beaucoup d'intervenants (pédopsychiatres, psychiatres, psychologues) s'accordent à dire que la psychanalyse a apporté dans leur travail et leur vision du patient, du transfert, contre-transfert etc. Après comparé à un entretien clinique, elle ne s'intéresse pas aux mêmes choses. Pour expliquer grossièrement, la psychologie clinique s'intéresse au "pourquoi le patient est comme ça", les thérapies comportementales et cognitives s'intéressent au symptôme (ex : angoisses, cauchemars etc.) et à "comment agir dans l'environnement du patient pour qu'il vive mieux'. La psychanalyse elle, s'intéresse à l'inconscient, ce qui en découle. Laissant le patient exprimer ses angoisses profondes. La psychanalyse et la psychologie clinique et toutes autres approches thérapeutiques semblables, sont des thérapies "longues". Qui peuvent durer 1 mois comme 10 ans, car tout dépend du patient. Si il est prêt à accepter les choses psychologiquement par exemple. Elles sont recommandées pour les personnes psychotiques par exemple. Les thérapies comportementales et cognitives elles, sont sur le symptôme et le risque est de le déplacer, soit qu'un autre symptôme soit créé. Cependant, elles marchent bien pour les troubles du comportement alimentaire, les névroses (phobie, stress post-traumatique). 

    Dans tous les cas, beaucoup de gens se prennent le chou sur la meilleure thérapie. Oubliant que tout dépend du patient, que c'est du cas par cas et qu'on ne peut réduire la maladie du patient à une thérapie recommandée. Il faut faire en fonction de lui (personnalité notamment) afin de juger ce qui est le plus approprié. C'est ça les complexes de la psyché humaine, c'est que ce qui est bon pour quelqu'un ne l'est pas pour d'autres.

    J'espère avoir répondu à vos questions.


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