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    Question sur les sophistes.

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    tabul

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    Date d'inscription : 15/02/2015

    Question sur les sophistes.

    Message  tabul le Dim 15 Fév 2015 - 23:29

    Bonjour à tous, 

    J'ai un petit doute.

    Je voudrais savoir si les sophistes considéraient que la vérité en tant que telle est inaccessible aux hommes et qu'alors la rhétorique devait primer ou, au contraire, estimaient-ils que la vérité est bel et bien accessible, car subjective, et qu'elle appartenait à celui qui savait persuader ?

    De façon plus claire, les sophistes pensaient-ils possible de détenir LA vérité ?

    Question bête, je dois l'avouer. J'ai pu lire qu'ils considéraient la vérité comme inaccessible et que dès lors l'art du discours devenait leur mot d'ordre.
    Cependant, par acquis de conscience, je préfère demander.

    Merci d'avance.
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    Euterpe

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    Re: Question sur les sophistes.

    Message  Euterpe le Ven 20 Fév 2015 - 17:19

    Bonjour,

    Une interprétation plausible de l'enseignement des sophistes implique de lire d'autres œuvres que celles de Platon, d'Isocrate, ou encore d'Aristophane. N'hésitez pas à consulter les biographies de Périclès, d'Euripide ou de Thucydide (chez Plutarque, notamment), pour saisir l'importance de leur enseignement. Les sophistes, à commencer par Protagoras (auteur d'un traité perdu sur la vérité), adoptent un point de vue relativiste, jugé dangereux dans le contexte politique où se trouve l'Athènes de la deuxième moitié du Ve siècle av. J.-C. Dans un fragment d'un autre traité qu'on lui attribue, Des dieux, on peut lire ceci :
    Sur les dieux, je ne puis savoir ni qu'ils existent, ni qu'ils n'existent pas, ni quelle forme est la leur ; bien des circonstances empêchent de le savoir : l'absence de données sensibles et la brièveté de la vie.
    Si Protagoras se contente d'affirmer qu'on ne peut établir une connaissance à propos des dieux, on lui a souvent fait dire qu'ils n'existent pas. Les procès pour impiété furent très nombreux à Athènes, pendant cette courte période.

    En ce qui concerne le recours des sophistes à la rhétorique, et pour faire très bref, il révèle une "préférence" accordée à la vraisemblance (l'argumentation) plutôt qu'à la vérité (la science/la philosophie). Ce qui est congruent avec l'agnosticisme d'un Protagoras. Le problème, c'est que la rhétorique en soi (en tant que technè), est indifférente au bien ou au mal (cf. le Gorgias de Platon), mais son usage suppose une conception relativiste de la justice (la justice comme idée, plutôt que d'origine divine).

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