παιδεία | μανθάνω | ἀπομανθάνω


    Stephen Hawking et la philosophie

    Partagez

    PhiloGL

    Messages : 28
    Date d'inscription : 07/10/2015

    Re: Stephen Hawking et la philosophie

    Message  PhiloGL le Mer 18 Juil 2018 - 21:47

    Eric a écrit :


    "Les philosophes n'ont-il aucun rôle à jouer dans ce processus ?"


    Bonne question, en effet. Mais qu'est-ce que philosopher aujourd'hui ? Qu'enseigne-t-on dans les écoles de philosophie ? N'y parle-t-on pas surtout du Passé de la Philosophie, comme s'il s'agissait en somme d'un cours d'Histoire. Nos ancêtres "jonglaient avec les idées" dans un monde mental qui n'était pas occupé par les faits mis à jour par l'approche scientifique du Réel.


    "poser les bonnes questions, ou plutôt bien poser les questions"



    Cela est-il possible sans avoir une formation scientifique ? Quelles bonnes questions ou bonnes formulations de questions peuvent encore sortir d'un cerveau humain faisant abstraction des découvertes scientifiques ?

    PhiloGL

    Messages : 28
    Date d'inscription : 07/10/2015

    Re: Stephen Hawking et la philosophie

    Message  PhiloGL le Ven 27 Juil 2018 - 12:19

    Après avoir relu La Nouvelle Alliance, je viens juste de débuter la relecture d'Entre le Temps et l'Eternité. On trouve dans  l'Introduction et la Préface à l'édition de 1992, deux passages très explicites de ce qui oppose le scientifique I.Prigogine au scientifique S. Hawking, et aussi à A. Einstein. La Nouvelle Alliance et Entre le Temps et l'Eternité ayant été écrit en collaboration avec une Philosophe, I. Stengers, il n'y a pas de doute sur la possibilité d'un dialogue entre Philosophie et Science et ce dialogue existant, il est la négation même du point de vue de S. Hawking évoqué au début de cette discussion. Comme ce dialogue est alimenté par le travail scientifique de Prigogine, qui lui a valu son prix Nobel, on sait aussi qu'il s'agit d'une discussion basée sur le Réel et non d'une réflexion purement métaphysique.

    Je vous propose de lire ces extraits.

    "Une vision scientifique du monde, quel qu'en soit le contenu, est par définition close, porteuses de certitudes, privilégiant les réponses par rapport aux questions qui les ont suscitées."

    (Il parle ici de "l'idéal d'éternité" dont était porteuse la Physique classique.)

    "Le développement des sciences a ainsi contribué à figer en oppositions indépassables les tensions qui marquent depuis l'origine la culture occidentale, c'est-à-dire aussi à tarir le dialogue, si fécond en idées et en problèmes jusqu'à la fin du XVIIIème siècle, entre sciences et philosophies."

    (c'est moi qui souligne)

    "Comment alors échapper à l'hésitation permanente entre un profond pessimisme, ramenant le sentiment de nouveauté et de découverte qui nous habite à une illusion - l'écriture de cette préface n'était-elle pas préprogrammée dès le début de l'Univers ? -, et un optimisme arrogant, l'espoir, comme l'a écrit Hawking, que bientôt "nous connaîtrons la pensée de Dieu" ? Aujourd'hui la passion qui mène les sciences est plus vive que jamais, mais elle change de signification. Les "lois" de la nature, telles que nous pouvons les déchiffrer désormais, sont les lois d'un Univers ouvert. Elles concernent des probabilités d'évolution, dans un avenir qu'elles ne déterminent pas"
    avatar
    Eric Jalmasque

    Messages : 2
    Date d'inscription : 24/06/2018

    A Philo-G

    Message  Eric Jalmasque le Jeu 9 Aoû 2018 - 12:19

    Je ne pense pas que le rôle utile des philosophes dans la problématique que j'ai soulevée soit de se doter d'une seconde formation à même d'entrer dans les discussions techniques qu'ont à mener les scientifiques quant aux procédures expérimentales les plus susceptibles de trouver des réponses objectivables aux objets de leurs recherches, surtout compte-tenu de la fréquente difficulté à saisir les notions mathématiques complexes que beaucoup d'entre elles impliquent aujourd'hui.

    Bien entendu si certaines personnalités d'exception comme il y en a eu tout au long de l'Histoire réunissent à un haut degré ces deux capacités, ce n'en est que mieux, mais mon propos ne vise pas ce niveau d'exception, mais l'ensemble de ces philosophes ayant une connaissance profonde des systèmes de pensée proposés par leur discipline aux grandes questions n'ayant pas reçu de réponses scientifiques et à celles restant pendantes au-delà des réponses scientifiques reçues; et une partie de la difficulté me semble amortie par le fait que d'une part beaucoup de ces philosophes manifestent un bon degré de culture scientifique et que d'autre part beaucoup de recherches scientifiques de pointe, au moins dans la compréhension de leur problématique, ne nécessitent pas une maîtrise mathématique de haute volée.

    En résumé, mon propos est : le rôle utile des philosophes pourrait être d'aider les scientifiques à mieux formater les questions auxquelles ils cherchent des réponses expérimentales, autrement dit réduire le domaine de la sérendipité.

    Voici un exemple de ce que je veux dire : l'Inconscient depuis son affirmation par Freud est restée une notion intensément disputée, et qui n'avait reçue aucune objectivation scientifique; aujourd'hui la quasi-totalité des neuroscientifiques en admettent la notion.

    Comment cela s'est-il passé ?

     Je vous renvoie à l'expérience-princeps du neurochirurgien Benjamin Libet en 1985, qu'on trouve facilement sur le net. Benjamin Libet cherchait tout autre chose quand son dispositif expérimental a révélé que le cerveau humain débutait une action motrice avant que la conscience de l'avoir décidée n'apparaisse; pendant quelques années il a penché du reste du côté de ceux qui conjecturaient différentes explications alternatives à l'Inconscient du phénomène. Puis vint la diffusion massive des IRM fonctionnelles, des Scanners à positons et autres stimulateurs magnétiques transcraniens.

    Et le ralliement de la quasi-totalité des neuroscientifiques à la notion d'Inconscient, même si elle n'est pas exactement celle de la conjecture freudienne.

    Contenu sponsorisé

    Re: Stephen Hawking et la philosophie

    Message  Contenu sponsorisé


      La date/heure actuelle est Jeu 16 Aoû 2018 - 2:30