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    [résolu]Vérités a priori

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    spir

    Messages : 6
    Date d'inscription : 02/09/2013

    [résolu]Vérités a priori

    Message  spir le Lun 2 Sep 2013 - 18:04

    Premier message sur ce forum. Je suis un amateur, dans les 2 sens du terme. Ce post est long, il retrace en gros ma pensée à ce sujet.

    On trouve souvent en philo l'idée que certaines "vérités", ou idées supposées telles, sont en quelque sorte des vérités a priori ou des présupposés nécessaires. Les exemples types étant arithmétiques comme "2+2 = 4" ou logiques comme l'implication ou la déduction. Ça s'oppose à des (supposées) vérités tirées de l'expérience, au sens anglais de vécu : empiriques, factuelles, phénoménales (mon terme favori). Une vérité a priori est considérée, par ces philosophes, connue comme telle sans être issue de, ou nécessiter un recours à, l'expérience.

    J'ai 4 questions à ce sujet :

    0 -- terminologie
    Y a-t-il un terme consacré pour désigner ce genre de vérités ; j'emploie ici a priori sans être bien sûr de pas faire de confusion.

    1 -- portée
    Est-ce qu'on inclut dans cette catégorie les vérités indirectement tirées, par exemple par inférence, de vérités a priori "premières" ? ou seulement ces dernières ?
    Dans les 2 cas, pourquoi ?

    2 -- sens et objet
    Quine introduit un point très juste à mon avis : une vérité a priori est logée dans le sens (voir l'exemple en note [2], et ci-dessous). Bizarrement, du moins à ma connaissance, Quine n'introduit pas la distinction, très usitée en francophonie grâce pê à Saussure, entre signifié (sens) et référent (objet). Or là, si on dit qu'une vérité a priori ne demande pas de connaître l'objet de la proposition, tout devient clair, non ? qu'en pensez-vous ?

    En revanche, il me paraît bien moins clair que les propositions a posteriori soient nécessairement issues de l'expérience. Par exemple, l'équivalence entre droites parallèles et qui ne se coupent pas me semble (1) requérir l'expérience (2) mais pas être fondée dessus ! Il me semble que pour intuiter ça il faut l'expérience qui fournit une représentation concrète, formelle, de ces 2 notions, avec intuitivement leur propriétés (tout aussi concrètes). Mais ça ne suffit pas pour tirer la conclusion, il reste un saut intuitif, un eurêka. La preuve en est, peut-être, qu'on ne peut pas se représenter et encore moins voir concrètement l'étendue à l'infini.

    3 -- argumentation
    Je n'ai jamais trouvé de justification à l'affirmation que telle vérité ou telle autre est nécessairement a priori. D'où, j'expose ma propre exploration du thème. Il me semble au contraire que dans bien des cas on ne peut pas exclure (a priori !) l'hypothèse qu'elles soient bien issues de l'expérience. Pour les exemples couramment cités, chacune me semble (1) être une généralité, càd une induction (2) qui repose ou peut reposer sur l'expérience.

    Dans le cas de l'addition, c'est trivial : chaque fois que je mets (concrètement ou en esprit) 2 choses et 2 choses, ça fait 4 choses. Donc, 2 et 2 ça fait 4 ; point. [1]
    Dans le cas de la déduction, par exemple du genre :

    1. x est un X
    2. tout x est P
    3. donc, x est P


    c'est plus subtil. Mais il me semble aussi évident qu'on peut observer que chaque proposition générale, sur un type implique les propositions particulières correspondantes, sur les spécimens dudit type ; et en déduire la généralité de cette loi, càd la déduction. Mais ce n'est pê pas si simple, voire pas vrai du tout.

    En revanche, dans ce cas de la déduction, il y a un autre phénomène à l'œuvre, caché dans le terme implication : la déduction est impliquée, càd "pliée dans" les prémisses. Elle est déjà là, en fait, la conclusion ne dit rien de nouveau. C'est un point que certains philosophes et logiciens affirment de la logique en général, que son usage est une suite de redondances tautologiques au sens logique d'affirmations nécessairement vraies parce que déjà affirmées dans leurs fondements.

    D'où la notion connexe (et bien notée par l'étymologie) d'implicite. Les vérités logiques seraient ressenties comme nécessairement vraies parce qu'implicites dans leurs fondements ; déjà dites. Et là on rejoint un autre type d'exemples souvent donnés, par exemple (j'invente en copiant) : "Le processus a duré un certain temps." Sûr, c'est vrai, parce que l'idée de processus implique celle de durée; la notion de durée est implicite dans celle de processus. C'est de l'analyse de concept (voir sémantique et linguistique).

    Donc finalement, de la question de vérité a priori, et après avoir éliminé des cas de possible induction issue de l'expérience, j'en viens à un autre mystère, qui est celui de l'implicite. Il semble y avoir dans l'esprit humain un schéma de pensée qui détecte l'implicite, l'isole, et conclut à la validité (si le fondement, l'affirmation contenant l'implicite, est lui-même considéré valide).

    Et ça, ça me semble a priori une connaissance a priori.

    Ce que j'aimerais, là, c'est une critique (honnête, mais critique) de cette exploration du topic. Et surtout vos propres points de vue, qu'ils soient issus d'une réflexion préalable de votre cru ou de la lecture de ce message.
    Au-delà, ce qui m'intéresse, c'est les questions de

    • possibles "schémas de pensée" a priori, dont l'implicite serait un exemple potentiel, quoique simplissime et absolument improductif

    • possibles "schémas de pensée construits au contraire, inventés sans être eux-mêmes des sauts intuitifs a priori, mais éventuellement basés sur eux

    • sortes de schémas syntaxiques, coordinateurs, constructeurs, pour construire les nouveaux schémas ! et d'où sortent-ils, ceux-là ?


    Denis

    [1] En fait, ça repose aussi sur l'abstraction similaire qui mène à la notion de nombre en soi (avec réification, en plus, en maths modernes) : 2 pommes --> 2 choses-d'un-type --> 2 choses --> 2 (à chaque étape, on perd un trait et on grimpe d'un niveau d'abstraction, jusqu'à une sorte d'abstraction absolue, qu'on réifie en plus).
    [2] Un exemple réel souvent cité est l'opposition entre :

    • Machin a régné de 1234 à 2345.

    • Machin a régné un certain temps.


    Le premier est une vérité empirique, a posteriori, qui demande de connaître l'objet (le règne de Machin) ; le second une vérité intuitive, a priori, que l'on sait rien qu'en examinant le sens : en l'occurrence le sème ''durée'' implicite dans le sémème ''règne''.

    Silentio

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    Re: [résolu]Vérités a priori

    Message  Silentio le Lun 2 Sep 2013 - 18:10

    Je pense que la lecture des Prolégomènes à toute métaphysique future qui voudra se présenter comme science de Kant vous serait grandement utile.
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    spir

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    merci !

    Message  spir le Lun 2 Sep 2013 - 21:16

    Silentio a écrit:Je pense que la lecture des Prolégomènes à toute métaphysique future qui voudra se présenter comme science de Kant vous serait grandement utile.
    Merci, je vais chercher ça.
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    Euterpe

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    Re: [résolu]Vérités a priori

    Message  Euterpe le Sam 7 Sep 2013 - 1:41


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