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    Expérience de psychologie sociale, l'expérience de Asch

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    Papiou

    Messages : 14
    Date d'inscription : 20/08/2012

    Expérience de psychologie sociale, l'expérience de Asch

    Message  Papiou le Lun 20 Aoû 2012 - 19:15

    On vous conduit dans une pièce où se trouvent neuf chaises disposées en demi-cercle.
    On vous installe sur l'avant dernière et peu à peu tous les sièges sont occupés par d'autres participants.

    On vous projette alors deux cartes simultanément.
    Sur la première figure une seule ligne, de huit pouces;
    la deuxième comporte trois lignes, de 6, 8 et 10 pouces respectivement.
    On vous demande d'identifier la ligne de la deuxième carte qui correspond à la ligne de la première carte.
    Facile comme tout!
    Les participants situés à l'autre bout du demi cercle se prononcent avant vous.
    Stupeur: ils ne donnent pas la bonne réponse !
    Tous optent pour la mauvaise ligne.
    Bien entendu, ce sont tous des complices, encore une fois.
    La question est: que ferez-vous à votre tour de parler?

    Ici encore, les résultats de l'expérience, de manière consistante, ont été troublants.
    Plus du tiers des sujets se ralliaient à l'opinion du groupe; 75% se ralliaient au moins une fois.

    Papiou

    Messages : 14
    Date d'inscription : 20/08/2012

    Re: Expérience de psychologie sociale, l'expérience de Asch

    Message  Papiou le Mar 21 Aoû 2012 - 0:04

    J'ai trouvé une vidéo.



    Existe-t-il d'autres expériences sur le conformisme ?

    Connaissez-vous un(des) recueil(s) d'expériences de psychologie sociale avec si possible des explications détaillées ?

    Papiou, je vous ai expliqué que les balises comprises entre < > ne fonctionnaient pas sur le forum ! Utilisez le bouton avec le f en rouge (Flash) (Liber)
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    jem

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    Age : 23

    Re: Expérience de psychologie sociale, l'expérience de Asch

    Message  jem le Mar 21 Aoû 2012 - 12:15

    Précisons qu’il s’agit ici d’influence majoritaire. Vous pouvez vous intéresser dans la même lignée aux expériences de Moscovici sur l’influence minoritaire.

    On notera par ailleurs que le conformisme et la capacité à se conformer dépendent beaucoup de la culture. Selon que nous avons été éduqués de manière individualiste ou non. Voir l’expérience de Berry en 1967.

    Homans dira que « se laisser influencer par les autres est le prix que nous payons pour exercer une influence sur eux. »

    Les expériences d’Hollander sur la théorie du crédit idiosyncrasique (deux choses influencent la crédibilité, le conformisme pour l'aspect social, et la compétence pour l'aspect cognitif) montrent ce phénomène, il montre qu'être conforme d’abord permet ensuite de changer les choses ensuite. On montre sa capacité et son obéissance, puis une fois que cela est fait, on peut se permettre d’être moins conforme et d’avoir un poids au sein d’un groupe.

    Shérif a étudié la normalisation, et la formation des normes, cela peut peut-être vous intéresser. Asch voulait savoir comme les normes restaient stables, et Moscovici comment les normes évoluaient. Ces chercheurs et leurs collaborateurs suivent une même ligne directive. Ils ajoutent chacun des éléments nouveaux, faisant apparaître différents mécanismes d'une même structure.


    Papiou

    Messages : 14
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    Re: Expérience de psychologie sociale, l'expérience de Asch

    Message  Papiou le Mar 21 Aoû 2012 - 12:33

    Merci Jem pour votre aide.

    Trois proverbes me viennent à l'esprit :
    Ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort qu'ils ont raison.
    La franchise est une des qualités qui déplaît le plus aux esprits médiocres.
    La complaisance fait les amis la franchise engendre la haine.


    @Jem a écrit:On montre sa capacité et son obéissance, puis une fois que cela est fait, on peut se permettre d’être moins conforme et d’avoir un poids au sein d’un groupe.
    Une stratégie pleine de bon sens dans notre société.

    Laurehirth

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    Re: Expérience de psychologie sociale, l'expérience de Asch

    Message  Laurehirth le Sam 25 Aoû 2012 - 9:59

    Je me permets de glisser le lien d'une autre vidéo sur le conformisme, d'une expérience antérieure à celle de Ash, menée avec un ascenseur, et des chapeaux.
    http://www.koreus.com/video/experience-ascenseur.html
    Assez simple en fait.

    Sinon Papiou, en ce moment je lis un bouquin intitulé "psychologie sociale" édité aux PUF, pas forcément exhaustif, mais comme introduction, ça passe ^ ^

    Mais la franchise ce n'est que de la franchise. Être franchement agressif engendre une lutte, mais être franchement gentil, j'en suis moins sûr ^ ^


    Par contre, le conformisme peut être une stratégie, mais aussi le simple résultat d'une grande suggestibilité et d'un grand nombre d'inductions.
    "C'est une expérience, il y a des savants, c'est sérieux. Je dois faire ça bien. On est plusieurs. On doit faire ça sérieusement. Je sais ce que j'ai vu. Premier interrogé, j'ai tort. Deuxième, j'ai tort. Troisième... " facile de penser qu'on s'est trompé, non ?
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    jem

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    Age : 23

    Re: Expérience de psychologie sociale, l'expérience de Asch

    Message  jem le Sam 25 Aoû 2012 - 12:56

    Laurehirth, non. Le sujet se pose bien évidemment des questions, mais les stimulus utilisés ne laissent pas de doute. C'est un peu comme si je vous disais: "Entre un bâton de 10cm et un bâton de 20 cm, lequel est le plus grand ?" La réponse est évidente, et dans l'expérience, les compères (le naïf pense que les autres sont des individus sélectionnés comme lui, ils sont donc, comme lui, des sujets de l'expérience) choisissent d'aller contre l'évidence perceptive. Le naïf se conforme tout de même. Et pour montrer que le sujet ne pense pas qu'il se trompe, une des variantes de l'expérience met le naïf à part. Tantôt les réponses seront gardées secrètes, tantôt elles seront énoncées à voix haute devant les autres compères. Dans le premier cas, même si les compères vont contre l'évidence perceptive, le sujet répond bien. Dans le deuxième cas, le sujet suit l'avis des compères. Non non, le sujet sait qu'il a raison. Une autre variable donne au naïf un compère qui donnera la bonne réponse, alors le sujet se rapproche du compère, et sachant son avis soutenu, se fiera à l'évidence perceptive.
    Mais vous verrez cela dans vos cours plus en détail, puisque j'ai cru voir que vous rentriez en psychologie: le conformisme est au programme de première année. (enfin, ça a été le cas pour moi :))
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    Janus

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    Re: Expérience de psychologie sociale, l'expérience de Asch

    Message  Janus le Mer 29 Aoû 2012 - 10:24

    Je voudrais vous faire partager mon regard sur cette question du conformisme qui résulte d'enseignements "interdisciplinaires" que j'ai pu récolter au cours de mes différentes lectures. Je dirais qu'on ne peut bénéficier de tout l'intérêt que présente ce type d'expériences de psychologie sociale et les conclusions à en tirer au niveau du conformisme individuel, sans associer ces observations aux données fournies en particulier par la psychanalyse, à savoir en l'occurrence qu'un individu n'a aucune signification en soi, aucune existence propre (entendu au sens de "conscience" et, au niveau de l'appareil psychique, de l'ensemble conscient/inconscient..) en dehors d'une extériorité, d'un Tout dont il fait partie intégrante, sachant que tout dépend aussi du symbolique.

    C'est dans ce type d'expériences que se manifeste le besoin de résoudre cette contradiction permanente, propre à toute réalité mentale et physiologique, en même temps que sociale, qui obéit à une logique non pas simplement causale, mais à une logique plus complexe car, fonctionnellement parlant, de type "organique". Comment chaque individualité (qui appartient à ce "corps" dit social) va-t-elle devoir concilier, dans son comportement au sein du groupe, cette dichotomie résultant de la "polarité" des deux tensions ou tendances opposées qui l'animent, aussi inconscientes que contradictoires : la première comparable à une force (pulsion) "centripète", dirigée vers l'intérieur, confrontée à l'obligation du besoin d'affirmer sa différence par rapport à ce tout formé des autres membres du groupe, pour justifier de sa singularité et son originalité – voire de sa supériorité - comparativement aux autres. Condition indispensable pour satisfaire son amour propre ou narcissisme (cf. notion d'idéal du moi).
    Force agissant en concurrence d'une deuxième dirigée à l'opposé, vers l'extérieur et vers les autres, force "centrifuge" d'attraction et adhésion au groupe, tout aussi irrésistible mais cette fois assurant une fonction "unifiante" (cf. "moi idéal", stéréotypes, leadership) auquel il va vouloir se conformer, pour y trouver une identité. Condition indispensable cette fois pour satisfaire son besoin de ressentir la réalité de sa propre existence mais aussi d'être accepté, voire aimé, "reconnu" dans le regard de l'Autre qui lui renvoie sa propre image comme le ferait un miroir. Dichotomie et forces contradictoires qui devront sans cesse et à chaque sollicitation, agir en vue de réajuster leur point d'équilibre.

    La psychologie sociale parlera de nécessité d'adaptation sociale (individu acceptant la société), ou encore d'intégration sociale (groupe acceptant l'individu). La psychanalyse interfère dans ces domaines pour expliquer aussi comment au niveau des normes morales, intervient dans l'inconscient de l'homme civilisé la formation du "surmoi" (sorte de juge intérieur qui dialogue avec le "moi", menaçant de le sanctionner en cas de faute, satisfaisant à son besoin plus ou moins prononcé de se valoriser, jusqu'à s'auto-punir, etc…) qui complique encore les schémas lorsqu' interviennent dans les comportements au sein des groupes (concurrents et à tailles multiples), des jugements résultant non plus de simple perception-conscience-connaissance, mais incluant des "valeurs" relevant de conscience faite d'une Raison devenue morale.

      La date/heure actuelle est Lun 11 Déc 2017 - 1:22