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    Justice et finance

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    Zingaro
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    Date d'inscription : 24/01/2012

    Justice et finance

    Message  Zingaro le Lun 11 Juin 2012 - 15:10

    Les sociétés anonymes relèvent d'un statut juridique permettant de faire émerger une entité morale d'une réunion d'intérêts et d'aspirations économiques individuelles. Elles correspondent à une flexibilisation du capital des entreprises ; elles donnent naissance à la bourse. Une S.A., considérée comme personne morale, ne peut bien évidemment pas être enfermée entre quatre murs, son mode d'existence est purement financier, les sanctions sont financières, les opportunités sont financières. Financières ne signifie pas seulement des capitaux fluides, également des biens qui ultimement sont rapportés à un mode d'existence financier.


    L'idée est en elle-même attrayante dans la flexibilité qu'elle offre, pourtant le système est soumis à une idéologie de profit qui s'y répand comme un parasite jusqu'à l'avoir soumis entièrement à sa dynamique.


    La monnaie n'est pas une mince affaire, il s'agit d'un lien majeur entre tous les différents agrégats sociaux. Son existence ne tient qu'à la confiance qu'on lui confère, à sa stabilité. A une échelle autre, la monnaie incarne l'échange, lui-même constituant une dimension fondamentale de l'existence sociale. La monnaie n'est bien évidemment pas le seul média d'échange, probablement pas même le plus constitutif de l'expérience de chacun, elle n'en reste pas moins le lien le plus universel.


    Dans quelle mesure faut-il tenir pour responsables les lois, la justice, de la crise qui ébranle  la monnaie ? La Grèce s'écroule non pas parce qu'elle est en faillite, mais parce qu'elle a subi les raids de spéculateurs. Toute la zone Euro est en proie au hold up le plus magistral de l'histoire de l'humanité. Actuellement les pays occidentaux en réelle faillite, dont la dette ne peut être comblée et dont l'existence financière est la plus précaire, sont les États-Unis et la Grande Bretagne. Est-il normal qu'un pêcheur grec n'ait plus les moyens de faire le plein pour partir en mer parce que des fonds d'investissements anglo-saxons ont vu dans la dette grecque une opportunité de spéculer à la baisse ? Si la crise semble purement financière, elle se cristallise dans des biens tout à fait concrets qui sont transférés d'un acteur à un autre, ou d'une masse d'acteurs vers une autre et inversement. La crise grecque correspond à la naissance de milliardaires qui ont investi sur la démolition du système grec. Il y a une dérive majeure dans les marchés financiers, et ce n'est pas l'euphorie du trader qui est à condamner, ce n'est pas même le trader lui-même, mais bien plutôt le cadre juridique qui agit comme une matrice dans laquelle les désirs peuvent se transformer en de monstrueuses sommes financières, jusqu'à parasiter les institutions mêmes qui leur ont donné naissance. La propriété se désagrège sous le coup de la spéculation, le travail est soumis à des marchés financiers lointains qui font apparaître puis disparaître des richesses. L'idéologie du profit économique trouve par la finance un point d'ancrage sur l'ensemble du reste de la société. L'enfant a trouvé le sein maternel, il ponctionne encore et encore, grand qu'il est de ses produits dérivés et autres modélisations mathématiques.


    Si le système juridique est celui-là même qui génère le monde financier, et si le monde financier est soumis à l'idéologie du profit, est-ce qu'on peut espérer que le système juridique enraye l'idéologie ? N'en est-il pas plutôt un instrument ? Je ne crois pas que le principe des sociétés anonymes soit mauvais ou bon, je crois qu'il reflète simplement les aspirations de notre époque. Alors faut-il penser changer l'Homme ? faut il se battre ?  prendre part à la danse ? informer ? Quelle philosophie, quelle justice face à la finance ?
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    Héraclite

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    Re: Justice et finance

    Message  Héraclite le Lun 11 Juin 2012 - 18:53

    Bonjour Zingaro,

    Je pense en effet que le problème se situe dans l'homme et non en dehors de lui. Contempler et changer uniquement le monde "extérieur" est une façon de procéder qui montrera ses limites, à court, moyen, ou long terme, inévitablement, suivant que la "solution extérieure" sera correctement indexée sur la maturité objective de l'homme ou non. (Ce qui implique la nécessité absolue d'apprendre à développer un regard le plus objectif possible sur soi-même, au lieu de se lancer orgueilleusement et aveuglément dans des querelles infantiles de chapelles).

    Cela peut sembler être une lapalissade. Pourtant, si on observe l'action de l'homme dans tous les pays du monde depuis toujours, il ne fait que colmater plus ou moins brillamment les failles des systèmes, et ce, de façon purement intellectuelle et provisoire, en privilégiant le confort du moment, sans se soucier de ses réels besoins intérieurs ni de son identité profonde (donc de celle de son pays, par voie de conséquence), et sans se soucier donc du long terme. La vision matérialiste est à court terme, la vision spirituelle, à long terme.

    Ainsi, dans notre monde moderne, il existe une grave particularité. La société n'a pas suivi, à certains moments, son cours naturel d'évolution progressive et raisonnée, mais a dû faire face à des révolutions brutales, les prétendues "Lumières", les révolution française, industrielle, russe, la libération brutale des moeurs, etc, qui, bien évidemment, ne tenaient presque aucun compte de l'Homme, dans ce qu'il est au plus profond de lui-même. "L'évolution est le propre de Dieu, et la révolution est le propre de l'homme", dit-on... En effet.
    Les différents systèmes marxistes et capitalistes ne sont pas invalidés par les criminels Staline, Mao, ni par tous les dictateurs criminels de droite, ni par le désastre économique, sociétal et environnemental actuel. Simplement, il apparaît que tous ces systèmes, tels qu'ils ont été organisés, ne correspondaient pas du tout à la maturité ni à la sincérité de coeur et d'esprit de l'Homme du moment. Les révolutions et bouleversements brutaux arrivent comme un cheveu sur la soupe et sont en grande partie inadéquats, et les mauvaises conséquences, inévitables.
    Un homme qui se révolte seul contre un problème particulier, oui, il peut avoir raison, et sa demande peut être éventuellement juste, on l'a vu dans l'Histoire, et même s'il est accompagné d'un certain nombre de gens, mais les révolutions de masse, elles, sont bien plus sujettes à caution... Non pas qu'il ne faille pas changer les choses, bien sûr, mais c'est le rythme qui est en cause ici. Et cela fait toute la différence.
    Paradoxalement, le tenant exclusif de la Raison, le matérialiste, est un faux intellectuel à bien des égards, et ce, malgré ses brillantes réalisations. Car il montre un empressement en réalité, et en fin de compte, totalement irréfléchi, voire destructeur, sans connaissance profonde de lui-même ni de la vie. Il est un sophiste hystérique malgré ses belles (?) paroles et son calme apparent. En se plaçant exclusivement dans la considération du monde phénoménal, du soi-disant "réel", il se place dans l'émotionnel et ses dérives...

    Alors, pour le communisme, non, les hommes ne voulaient pas réellement partager leurs richesses, non, ils n'étaient pas motivés pour travailler durement et être heureux sans avoir un salaire plus élevé que leurs compatriotes, non, ils n'avaient pas la maturité de remplacer la spiritualité par une générosité "humaine et laïque", non, ils n'étaient pas dans le coeur et oui, ils ont mis en place de terribles dictatures et des privilèges honteux qui ont conduit à des échecs cuisants.

    Et pour le capitalisme, il est très évident qu'en mettant l'accent sur l'individu, avec une insistance particulière sur son bien-être matériel, l'homme allait développer orgueilleusement un infantilisme très égoïste et n'allait finir que par se soucier de lui-même au sens strict, quitte à détruire un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, qui sa famille, qui sa patrie, qui sa culture, qui son environnement naturel, qui ses bonnes moeurs, qui son entreprise, qui l'économie de son pays, etc, en ne pensant qu'à se remplir les poches et en reportant tout son "mérite" sur lui-même, en oubliant totalement que c'est son environnement humain qui l'a façonné. Son manque de solidarité, de vision collective, est alors un vice rédhibitoire et une source de déséquilibre et de désordre pour le système mis en place.

    Ainsi, je ne comprends pas que l'on s'étonne de toutes ces mauvaises conséquences, au contraire, je pense que l'on a déjà bien de la chance de ne pas avoir succombé à des guerres nucléaires ou à des catastrophes écologiques, sanitaires, ou à d'autres calamités. J'espère que ce n'est pas pour le futur...

    Pour la crise financière, qui découle de tous ces événements qui se tiennent dans le temps et forment une suite logique, il apparaît d'après moi que, l'homme actuel étant trop immature pour mériter un système libéral tel que celui proposé à l'origine, il est indispensable et impératif d'encadrer tout le système économique par des lois sévères et contraignantes les plus justes possibles, afin d'éviter les abus aux niveaux individuel, international et national, et même au niveau de l'entreprise.
    Il y a un grave souci toutefois, puisque les pays se sont engagés et liés de façon internationale par différents traités politiques et économiques. Nous ne pouvons plus légiférer aisément et rapidement que de façon très limitée, alors même que les négociations internationales sont de plus en plus difficiles au fur et à mesure que la crise s'aggrave. Car chacun ne pense qu'à son propre bien-être matériel, au niveau des pays aussi, toujours selon la même logique absurde et funeste...


    Bien à vous,
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    Euterpe

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    Re: Justice et finance

    Message  Euterpe le Dim 23 Fév 2014 - 0:20

    @Zingaro a écrit:Dans quelle mesure faut-il tenir pour responsables les lois, la justice, de la crise qui ébranle la monnaie ? La Grèce s'écroule non pas parce qu'elle est en faillite, mais parce qu'elle a subi les raids de spéculateurs. Toute la zone Euro est en proie au hold up le plus magistral de l'histoire de l'humanité. Actuellement les pays occidentaux en réelle faillite, dont la dette ne peut être comblée et dont l'existence financière est la plus précaire, sont les États-Unis et la Grande Bretagne. Est-il normal qu'un pêcheur grec n'ait plus les moyens de faire le plein pour partir en mer parce que des fonds d'investissements anglo-saxons ont vu dans la dette grecque une opportunité de spéculer à la baisse ? Si la crise semble purement financière, elle se cristallise dans des biens tout à fait concrets qui sont transférés d'un acteur à un autre, ou d'une masse d'acteurs vers une autre et inversement. La crise grecque correspond à la naissance de milliardaires qui ont investi sur la démolition du système grec. Il y a une dérive majeure dans les marchés financiers, et ce n'est pas l'euphorie du trader qui est à condamner, ce n'est pas même le trader lui-même, mais bien plutôt le cadre juridique qui agit comme une matrice dans laquelle les désirs peuvent se transformer en de monstrueuses sommes financières, jusqu'à parasiter les institutions mêmes qui leur ont donné naissance. La propriété se désagrège sous le coup de la spéculation, le travail est soumis à des marchés financiers lointains qui font apparaître puis disparaître des richesses. L'idéologie du profit économique trouve par la finance un point d'ancrage sur l'ensemble du reste de la société. L'enfant a trouvé le sein maternel, il ponctionne encore et encore, grand qu'il est de ses produits dérivés et autres modélisations mathématiques.


    Si le système juridique est celui-là même qui génère le monde financier, et si le monde financier est soumis à l'idéologie du profit, est-ce qu'on peut espérer que le système juridique enraye l'idéologie ? N'en est-il pas plutôt un instrument ? Je ne crois pas que le principe des sociétés anonymes soit mauvais ou bon, je crois qu'il reflète simplement les aspirations de notre époque. Alors faut-il penser changer l'Homme ? faut il se battre ? prendre part à la danse ? informer ? Quelle philosophie, quelle justice face à la finance ?
    Avant d'en venir à une philosophie de la chose, c'est aux économistes de dresser un bilan et d'orienter les décisions politiques. Dans son Manifeste pour l’économie réelle. Les économistes ont-ils une responsabilité dans la crise ? (Revue Réalités industrielles), Stoffaës expose la situation de manière limpide (tableau de 1929 à nos jours) - je ne vous donne que le début et la fin de son article (mais vous pouvez le télécharger en pièce jointe) :

    En principe, quand les banquiers sautent par la fenêtre, les économistes devraient entrer par la porte. La crise n’est-elle pas la justification de l’économiste, comme la maladie est celle du médecin ? Mais au tribunal pénal international de la crise économique, les économistes sont eux aussi sur le banc des accusés. Car si des erreurs ont été commises, c’est parce que notre vision était erronée.
    Et la vision de l’économie est façonnée par ceux qui la pensent. La crise est donc aussi une crise de la représentation : ceux qui sont chargés d’en façonner le cadre intellectuel n’ont rien vu venir. Au contraire, ils ont fourni l’argumentaire scientifique (ou, plutôt, d’apparence scientifique…) à l’hystérie spéculative.
    [...].
    On peut certes se complaire dans l’appel à la révolution ou dans les voeux pieux. Fustiger – au choix, selon ses opinions : la responsabilité du capitalisme, du libéralisme, de la globalisation… Accuser : la cupidité de Wall Street, les spéculateurs… Incriminer : le cartel de l’OPEP, la propension irrépressible de la Chine à épargner et celle, non moins irrépressible, de l’Amérique à consommer à crédit…
    Autant d’économistes, autant de diagnostics. Trop d’explications, c’est en réalité ne rien expliquer : les mises en cause vindicatives et les généralités ne sont qu’un rideau de fumée pour détourner des analyses pertinentes – c’est-à-dire de celles que l’on peut tester et qui débouchent sur des solutions.

    [...].

    Il faut séparer le bon grain de l’ivraie, ne pas jeter les acquis positifs avec les erreurs commises. Ce ne sont pas le capitalisme, la propriété privée des moyens de production, la liberté du commerce, le libre-échange, la concurrence qui ont failli. C’est le dogme du marché financier dérégulé qu’il faut réviser.
    Ce n’est pas la science économique qu’il faut condamner. Il faut continuer de préférer le gouvernement par les ratios au gouvernement par les ragots. Toute conceptualisation est par nature une caricature de la réalité. Pour comprendre, pour modéliser, il faut simplifier, mais il faut aussi se garder de l’illusion scientiste. L’enjeu, c’est de retenir les concepts pertinents. Ce qui différencie la science de la croyance, la raison de la religion, c’est la méthode expérimentale, c’est-à-dire la confrontation du modèle de représentation à la réalité, faute de quoi l’hypothèse devient dogme. C’est précisément ce qui vient d’arriver à l’hypothèse du marché financier efficient.
    Lorsque cette confrontation s’avère inexacte, il faut changer de modèle, car la réalité est ce qu’elle est. A mesure que le recours aux démonstrations mathématiques s’imposait comme gage de vérité scientifique, la profession des économistes s’est trouvée comme fascinée par les modèles d’équilibre concurrentiel : des abstractions suffisamment simples pour être mises en équations, assez complexes pour mériter des travaux de recherche. Dérive au demeurant classique dans toute corporation, dont les membres se parlent entre eux selon leurs propres règles, édifient leur tour d’ivoire, dans un cadre conceptuel commun autosuffisant, qui finit par se désintéresser du concret et se passer de la réalité.
    Les abstractions financières avaient effacé l’économie réelle de notre champ de vision : l’entreprise se trouvait réduite à une machine à produire du cash flow, les marchés financiers étant réputés apporter toutes les informations pertinentes. Disparus des écrans radar, les usines, les ouvriers, les ingénieurs, les agents commerciaux ! L’innovation n’était envisagée que comme la part dans le PNB des crédits des ministères de la Recherche, alors qu’il s’agit de la rencontre des techniques avec les machines, des produits avec les clients.
    Un paradigme peut être remis en question de deux manières – suivant qu’il se révèle irrelevant ou inconsistent. Pour assurer l’équilibre et la croissance de l’économie, le test du paradigme EMH a échoué. La « stupeur incrédule » d’Alan Greenspan est en elle-même un aveu. Notre représentation de l’économie est appelée à changer profondément. Le XXe siècle a été le siècle des économistes, baptisés « ingénieurs en sciences sociales ». Après le crépuscule des économistes, le XXIe siècle sera-t-il le siècle des scientifiques ?
    Quels changements de représentation et pour quel monde nouveau ? La mise en œuvre d’une régulation financière mondiale constituera un premier changement institutionnel de grande ampleur. Le second concernera le désendettement. Là aussi c’est un monde nouveau qui se prépare, encore plus nouveau que ne le fut le monde sans inflation issu de la révolution monétariste. Un endettement total américain de 350 % du PNB n’est pas soutenable. Le poids des actifs financiers (qui s’élève aujourd’hui à 350 % du PNB mondial, contre 100 % il y a trente ans) devra lui aussi se réduire. Par ailleurs, deux principes qui motivent aujourd’hui les peuples – le principe de précaution et le développement durable – mettent en question la science économique classique et invitent à penser autrement.
    Est-ce le crépuscule de l’économie des marchés financiers ? Sera-t-elle remisée au placard, comme l’a été la macroéconomie keynésienne ? Quelle discipline lui succédera ? On voit déjà se profiler, comme candidats au mainstream, les économies de l’environnement, des externalités, la compréhension des mécanismes complexes de l’innovation, de la créativité, de l’Internet. Verrons-nous un retour des ingénieurs économistes, calculateurs d’investissements d’infrastructures, semblables à ceux disparus avec la chute du Gosplan ? La « clarté aveuglante du concept » qui inspirera le nouveau paradigme, fait encore défaut.
    Pour autant, l’aggiornamento de la profession est loin d’être accompli, car ils sont encore là, ceux qui ont façonné le cadre intellectuel qui a régné vingt ans durant, avec leurs codes, leurs consensus, leurs manières de voir. Pour beaucoup d’entre eux, le krach est arrivé parce qu’il y avait encore trop d’État. Ce n’est qu’avec le relais des jeunes générations que les mentalités changeront.
    De même, est encore bien présente toute la population spéculative engendrée par le paradigme EMH. Ils ne sont pas prêts à s’effacer, ni à prendre leur retraite, les acteurs des marchés financiers, les intermédiaires enrichis par les commissions d’intermédiation, les chief economists des banques, les spéculateurs des hedge funds, les spécialistes ès paradis fiscaux… On ne va pas les condamner à l’exil, bien qu’ils menacent de transplanter leurs activités à Singapour, si la régulation s’impose sur leurs territoires de chasse actuels…
    La science n’a pas de patrie, dit-on. Est-ce si sûr ? L’économie a été monopolisée par les Anglais, puis par les Américains. Laissons-les s’expliquer entre eux. Laissons Paul Volcker régler ses comptes avec Alan Greenspan. Laissons Joseph Stiglitz (qui fut le président des conseillers économiques de l’administration Clinton et le chief economist de la Banque mondiale) prendre tardivement des accents vengeurs. Laissons le jury du Prix Nobel récompenser in extremis l’éditorialiste polémiste du New York Times Paul Krugman, comme pour se faire pardonner d’avoir décerné de si nombreuses récompenses aux thuriféraires de la dérégulation. Intéressons-nous plutôt à ceux qui n’ont pas échoué : aux économistes chinois – qui pensent le long terme –, à leurs homologues allemands – qui pensent technologie –, et, pourquoi pas à leurs collègues français – qui pensent État. Qui les connaît ?
    Intrinsèquement, l’économie demeure une science sociale et de gouvernement, dont l’objet est d’assister (d’influencer ?) les décisions : décisions macroéconomiques, lorsqu’il s’agit de Nations ; décisions microéconomiques lorsqu’il s’agit des entreprises. Comme telle, elle a été et demeure un enjeu de pouvoir, que les pouvoirs cherchent bien naturellement à mettre à leur service. Il ne faut en vouloir ni aux partis politiques, ni aux banquiers, ni aux économistes. Il faudra seulement s’en souvenir en construisant le nouveau paradigme.
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