παιδεία | μανθάνω | ἀπομανθάνω

    L'humanité progresse-t-elle ?

    Partagez

    Sondage

    Croyez-vous au progrès social?

    [ 12 ]
    43% [43%] 
    [ 16 ]
    57% [57%] 

    Total des votes: 28
    avatar
    jean ghislain

    Messages : 331
    Date d'inscription : 13/03/2011
    Age : 43

    L'humanité progresse-t-elle ?

    Message  jean ghislain le Mer 16 Mai 2012 - 19:12

    Peut-on dégager une certaine cohérence du passé, et en particulier de l'histoire de l'humanité ? Et à partir de cette cohérence peut-on affirmer que le passé est orienté vers le présent dans une direction simple qui dénoterait un progrès ? Y a-t-il en définitive une certaine logique à l'évolution des choses ?

    Déterminons d'abord la façon de décrire les événements historiques. D'abord, il y a l'approche originale qui consiste à rapporter immédiatement ce que l'homme vit dans son époque. Le problème de cette façon est que l'historien est partie prenante de son époque, et manque de recul et risque d'expliquer les faits avec les valeurs de son époque. Ainsi, il vaut parfois mieux attendre un peu, plutôt que de faire le récit immédiat des événements, afin de disposer d'une explication plus globale, et moins ancrée dans l'époque particulière. Cependant, avec le temps, on peut s'interroger sur la valeur des témoignages d'une époque trop ancienne, car nous n'avons plus les moyens de vérifier si tout s'est exactement passé comme c'est reporté sur les documents historiques, puisqu'il manque alors une vision globale qui appartient au passé, et globalité à laquelle nous n'avons plus accès puisque nous avons changé totalement d'époque, la logique d'une époque différant à chaque fois.

    Mais pour revenir à la question de savoir si l'histoire a un sens, Hegel répond que l'humanité est sur le chemin qui mène à la liberté et à la raison, et ce sens qu'a l'histoire de l'homme relève de l'idée de progrés. Hélas, il existe des exemples qui contredisent cette thèse, il n'y a qu'à penser à la barbarie nazie, ou à l'intolérance du temps obscur de l'Inquisition pour ne plus croire au progrès. De même, chaque époque répète des individus qui commettront bis repetita les mêmes crimes. Contre cette idée de progrès on oppose l'idée pessimiste que l'homme sera toujours capable du pire auquel il faut s'attendre indifféremment à chaque époque...
    avatar
    Collegienmv

    Messages : 85
    Date d'inscription : 16/01/2012
    Age : 19

    Re: L'humanité progresse-t-elle ?

    Message  Collegienmv le Mer 16 Mai 2012 - 19:40

    Oui, quel paragraphe démoralisant. Bis repetitia placent.

    Cependant, l'humanité ne progresse-t-elle pas en raison des "erreurs" (mot trop faible pour symboliser ce que je pense) comme la barbarie nazie, grâce à la réflexion suite à ses actes, à la culpabilité, le sentiment le plus humain je pense, mais aussi aux héros qui ont montré des valeurs et à leurs reconnaissances ?
    avatar
    Euterpe

    Messages : 4212
    Date d'inscription : 29/01/2011
    Age : 46

    Re: L'humanité progresse-t-elle ?

    Message  Euterpe le Mer 16 Mai 2012 - 20:56




    Dernière édition par Euterpe le Jeu 4 Aoû 2016 - 10:30, édité 1 fois
    avatar
    Ronin

    Messages : 180
    Date d'inscription : 19/01/2012
    Age : 62
    Localisation : Sud de France

    Re: L'humanité progresse-t-elle ?

    Message  Ronin le Jeu 17 Mai 2012 - 8:41

    J'ai voté non. Parce que dans le terme "progrès", j'entends l'insinuation d'un "moins bien" vers un "mieux". Pourtant, je ne pense pas l'inverse, je veux dire que je ne crois pas qu'il y ait un déplacement vers un "pire".
    La larve progresse-t-elle lorsqu'elle "mûrit" vers l'insecte qu'elle tend à devenir ? Je ne parviens pas à m'installer dans ce type de regard comparatif. Je pense que toute évolution est un développement qui se fait à partir de ce qui est déjà présent. Si donc, tout est là, dans une mémoire et des souvenirs indépendants du phénomène temporel que nous concevons, peut-on parler d'évolution ou de progrès ?
    avatar
    Euterpe

    Messages : 4212
    Date d'inscription : 29/01/2011
    Age : 46

    Re: L'humanité progresse-t-elle ?

    Message  Euterpe le Jeu 17 Mai 2012 - 12:41

    J'ai voté oui, mais c'est en me bouchant le nez, en pinçant la bouche, et avec les auriculaires pointés vers l'extérieur.

    Mais c'est moins les hommes qui ont progressé que les moyens qu'ils ont été capables d'inventer pour vivre (accrocher un poster Bouillon Kub ou Banania dans un bistrot, rouler en Volvo p1800 ES, manger une tapenade violette aux sardines, parler correctement, etc.). Remarquons au passage que plus les femmes sont aux affaires, moins les homuncules disposent de moyens pour nous ramener aux sous-couches de la civilisation.

    Au total, le cortex n'est pas seulement sous-employé, mais se trouve être là où il est, chez beaucoup de nos frères en humanitude, pour la seule raison qu'il faut bien occuper un espace vide, en l'occurrence une partie de la boîte crânienne - mais c'est vraiment pour la décoration.

    Gnomon

    Messages : 88
    Date d'inscription : 07/05/2012

    Re: L'humanité progresse-t-elle ?

    Message  Gnomon le Jeu 17 Mai 2012 - 12:42

    Il est bien possible de trouver de la cohérence entre tous les faits particuliers de l'humanité jusqu'à en produire une histoire. Il suffit d'avoir quelque chose à expliquer comme le phénomène du nazisme dans ses causes et ses conséquences historiques. Faire de l'histoire, n'est-ce pas donner une finalité à ce qui n'en a pas à première vue : les événements successifs de la vie humaine ? Donc, la cohérence trouvée dans les événements de l'humanité amènera à raconter une histoire en fonction d'un but précis comme honorer la mémoire d'un homme (les Evangiles, les chroniques royales) d'un peuple opprimé (Black Panther, Shoah) ou d'un événement précis (la guerre du Péloponnèse). La cohérence en histoire est toujours possible, mais il me semble qu'elle sera fonction du but à atteindre par celui/celle qui veut raconter, ou écrire une histoire ; vu qu'il n'y a pas qu'une histoire mais toujours des histoires collectives et particulières.

    Se demander si le cours de l'histoire est celui d'une longue marche vers le progrès, c'est donner à l'histoire un pouvoir qu'elle n'a pas. D'autant que les exemples de l'histoire infirment très nettement l'idée selon laquelle l'histoire possèderait une cohérence interne par elle-même, menant irrémédiablement au progrès. Les humains font l'histoire, je pense que c'est à eux qu'il faut s'adresser si l'on veut connaître le sens de l'histoire.

    Pour répondre à votre dernière question, il faut bien qu'il y ait un minimum de logique dans l'évolution des choses sinon, primo, elles ne seraient pas saisissables et, secondo, personne ne prétend agir, non plus que les gouvernements, contre toute logique. Le chômage a bien ses causes dans des faits précis qu'il n'est pas toujours simples de reconstituer, de même pour l'émergence du nazisme en Europe.
    avatar
    Euterpe

    Messages : 4212
    Date d'inscription : 29/01/2011
    Age : 46

    Re: L'humanité progresse-t-elle ?

    Message  Euterpe le Jeu 17 Mai 2012 - 13:05

    Gnomon a écrit:Les humains font l'histoire, je pense que c'est à eux qu'il faut s'adresser si l'on veut connaître le sens de l'histoire.
    Mais les historiens sont des hommes qui esquissent en le reconstituant un sens historique que l'histoire n'a pas, précisément parce que ceux qui la font, les hommes, ne savent pas ce qu'ils font. Au présent, il n'y a que de l'imprévu et de l'imprévisible. Et pour démêler cet écheveau mettant aux prises d'innombrables fous et folles, il faut un historien époussetant la mêlée pour distinguer un tableau, une profondeur de champ, le premier plan et le second plan, etc., et pour faire les présentations. C'est une affaire de montage, de scénographie et de mise en scène. C'est pourquoi l'historie-science est nulle et ridicule.

    Gnomon

    Messages : 88
    Date d'inscription : 07/05/2012

    Re: L'humanité progresse-t-elle ?

    Message  Gnomon le Jeu 17 Mai 2012 - 13:11

    L'histoire sert à expliquer, elle est donc toujours partisane. Mais sans histoire, individuelle ou collective, il n'y a plus de sens du tout. L'histoire des pratiques sociales tend à éviter le piège du subjectivisme de l'histoire-science.
    avatar
    Euterpe

    Messages : 4212
    Date d'inscription : 29/01/2011
    Age : 46

    Re: L'humanité progresse-t-elle ?

    Message  Euterpe le Jeu 17 Mai 2012 - 14:09

    Gnomon a écrit:L'histoire sert à expliquer, elle est donc toujours partisane.
    Non. L'historiographie, c'est un peu plus compliqué. Merci d'éviter les simplifications en étant si lapidaire.

    Gnomon a écrit:Mais sans histoire, individuelle ou collective, il n'y a plus de sens du tout.
    L'histoire collective n'a pas de sens (les mythes en avaient un) si, dans votre hypothèse, vous voulez parler d'une collectivité qui serait auteur de son histoire, que ce soit pour en écrire le récit, ou dans l'hypothèse où elle serait consciente de son action (conscience de classe ou action collective, par exemple). Cela même n'est jamais que l'invention d'un individu (Hugo, Marx, etc.). En outre, seuls des individus (hommes politiques ou autres) font l'histoire, parce que seuls ils mettent en mouvement des "collectivités". La raison s'exerce toujours dans un contexte d'incertitude, et l'action ne se distribue jamais qu'en des conséquences divergentes par nécessité : les objectifs et les résultats.

    Gnomon a écrit:L'histoire des pratiques sociales tend à éviter le piège du subjectivisme de l'histoire-science.
    L'histoire des pratiques sociales mourra de sa belle mort incessamment sous peu. Ça a déjà commencé du reste. Elle a eu le grand tort d'éclater ce que nos aïeux appelaient la raison historique en hyper-rationalité, appliquée à tout et à n'importe quoi, par définition. Cette inflation ne peut durer.

    Que voulez-vous dire par "le piège du subjectivisme de l'histoire-science" ?


    Dernière édition par Euterpe le Sam 18 Oct 2014 - 19:32, édité 1 fois

    Gnomon

    Messages : 88
    Date d'inscription : 07/05/2012

    Re: L'humanité progresse-t-elle ?

    Message  Gnomon le Jeu 17 Mai 2012 - 14:21

    Euterpe a écrit:L'histoire collective n'a pas de sens
    Même dans votre hypothèse où le sujet n'est pas acteur, mais agent de forces sociales qui le dépassent en ce qu'elles sont déterminées par les responsables politiques et autres, l'histoire a bien un sens dans ce cas-là : l'histoire des gouvernements dans leurs relations entre eux.

    Le piège du subjectivisme de l'histoire-science c'est de vouloir donner un sens à l'histoire (matérialisme historique ou le progrès de l'Esprit chez Hegel), l'histoire sociale n'aspire qu'à décrire des faits sans leur donner une signification transhistorique ou absolue à toute l'histoire de l'humanité.
    avatar
    Janus

    Messages : 266
    Date d'inscription : 04/03/2012

    Re: L'humanité progresse-t-elle ?

    Message  Janus le Jeu 17 Mai 2012 - 14:56

    J'ai répondu oui, et sans grimace , parce que ma vision des choses (dont l'optimisme n'est que sur le long terme) s'apparente à celle-ci dont j'ai trouvé une petite synthèse sur le net :

    L’histoire est un devenir rationnel - « La seule idée qu’apporte la philosophie est la simple idée de la Raison — l’idée que la raison gouverne le monde et que, par conséquent, l’histoire universelle s’est elle aussi déroulée rationnellement. » - Hegel, La Raison dans l’histoire (1830).

    Le cours de l’histoire humaine est-il désespérément absurde, ou doit-on y déceler une cohérence rationnelle ? Les événements arrivent-ils au hasard, ou accomplissent-ils un sens et une fin suprêmes ?

    La thèse de Hegel est que, sous son tumulte apparent, l’histoire universelle est gouvernée par la Raison, principe absolu qui se réalise progressivement à travers les actions particulières des hommes.

    En effet, malgré son apparence décousue, le devenir historique est un processus profondément rationnel — comme l’est d’ailleurs toute réalité (« tout ce qui est rationnel est réel, tout ce qui est réel est rationnel )
    Les événements disparates s’unifient dans une « histoire universelle », le devenir dont le sujet véritable est « la Raison divine, absolue».

    Le sens de l’histoire (sa fin, sa direction, son message), c’est l’effort de l’Esprit pour « acquérir le savoir de ce qu’il est en soi pour prendre conscience de sa liberté. Il n’y a donc pas lieu de désespérer ».
    Mais ce sens est ignoré des hommes : telle est la « ruse de la Raison », qui se réalise dialectiquement, c’est-à-dire par son contraire, par le non-sens et l’irrationalité (apparents !) des actions humaines (passions, égoïsmes, guerres, etc.). « Rien de grand ne s’est accompli dans le monde sans passion », et l’histoire est essentiellement conflictuelle (« les périodes de bonheur dans l’histoire sont ses pages blanches»). Le devenir historique a lieu chaque fois qu’une crise ! trouve sa résolution, qui constitue toujours un progrès... vers toujours plus de liberté...

    http://www.livreetclic.com/philvers uneo/demo_histoire.pdf..
    avatar
    Euterpe

    Messages : 4212
    Date d'inscription : 29/01/2011
    Age : 46

    Re: L'humanité progresse-t-elle ?

    Message  Euterpe le Jeu 17 Mai 2012 - 15:11

    Gnomon a écrit:Même dans votre hypothèse où le sujet n'est pas acteur, mais agent de forces sociales qui le dépassent en ce qu'elles sont déterminées par les responsables politiques et autres, l'histoire a bien un sens dans ce cas-là : l'histoire des gouvernements dans leurs relations entre eux.
    Les relations entre États consistent à mettre en œuvre une rationalité la plus élargie possible, mais dont le rayon d'action est nécessairement limité aux circonstances dans lesquelles on la déploie. A long et à moyen terme, pour la seule raison qu'on ne sait jamais ce que fera ce qu'on fait, cela ne peut avoir un sens qu'une fois reconstitué a posteriori par d'autres que ceux qui ont commis l'action. Les grands hommes écrivent leurs mémoires après qu'ils ont agi, en essayant de comprendre ce qu'ils ont fait à la lumière des circonstances dans lesquelles ils agirent, et de celles dans lesquelles ils se trouvent au moment où ils écrivent. C'est d'autant plus vrai avec les historiens de métier qui consacrent leurs récits à des époques lointaines. Le sens de l'histoire n'est pas inscrit dans l'histoire, sauf à confondre la raison à l'œuvre dans l'histoire (les hommes savent ou pensent savoir ce qu'ils font) avec le sens même de l'histoire, ou à en faire le moyen caché de l'auto-réalisation de l'Esprit. Jusqu'à l'invention de l'histoire universitaire puis de type scientifique, l'histoire s'occupait d'abord de raconter des circonstances, d'expliquer et de comprendre ce que font les hommes. On n'avait pas la candeur de certains théoriciens qui veulent à toute force faire entrer l'histoire dans les moules de leurs théories.

    Au total, ou bien attribuer un sens à l'histoire ne consiste qu'à retrouver les raisons pour lesquelles les hommes agissent, ou bien c'est affirmer que l'histoire est un processus téléologique. Deux choses différentes.

    Gnomon a écrit:Le piège du subjectivisme de l'histoire-science c'est de vouloir donner un sens à l'histoire (matérialisme historique ou le progrès de l'Esprit chez Hegel)
    Ce n'est pas du subjectivisme, ça. Et même en disant que les interprétations de Marx et de Hegel sont subjectives au sens où elles seraient le fait d'hommes particuliers (avec leur psychologie propre, etc.), on n'a pas affaire à du subjectivisme, mais à l'explication de leur conception historique par leur subjectivité, ce qui n'a pas de pertinence scientifique.

    Gnomon a écrit:l'histoire sociale n'aspire qu'à décrire des faits sans leur donner une signification transhistorique ou absolue à toute l'histoire de l'humanité.
    L'histoire sociale a la prétention de n'être que descriptive, et est l'instrument principal du relativisme culturel et sceptique. Ça fait beaucoup de responsabilités pour si peu de résultats. Il n'y a d'histoire que politique.

    Gnomon

    Messages : 88
    Date d'inscription : 07/05/2012

    Re: L'humanité progresse-t-elle ?

    Message  Gnomon le Jeu 17 Mai 2012 - 15:49

    Si l'histoire des États et de leurs relations avec les individus ne se fait qu'a posteriori, il y a à ce moment-là un cours de l'histoire des États dans lequel nous sommes impliqués et que nous appelons "actualité". C'est aussi en influençant la façon dont les actualités sont présentées qu'on peut tronquer le cours de l'histoire actuelle des États, c'est-à-dire de l'histoire politique.

    Et l'histoire des attitudes et représentations, telle que Philippe Ariès l'a entreprise à propos de la mort depuis le moyen-âge, nous ne sommes pas là dans l'histoire même des actions vécues par les hommes/femmes à travers les âges ?
    avatar
    Euterpe

    Messages : 4212
    Date d'inscription : 29/01/2011
    Age : 46

    Re: L'humanité progresse-t-elle ?

    Message  Euterpe le Jeu 17 Mai 2012 - 16:04

    Gnomon a écrit:Si l'histoire des États et de leurs relations avec les individus ne se fait qu'a posteriori, il y a à ce moment-là un cours de l'histoire des États dans lequel nous sommes impliqués et que nous appelons "actualité". C'est aussi en influençant la façon dont les actualités sont présentées qu'on peut tronquer le cours de l'histoire actuelle des États, c'est-à-dire de l'histoire politique.
    C'est malheureusement la tare du dernier siècle que de s'être laissé absorber par le tout à l'égout de l'immédiat, exigé par le journalisme et la société. Le politique ne peut plus qu'agir sous influence, il n'a plus ce luxe de la hauteur de vue qui caractérisait même des despotes des temps anciens. On ne voit guère d'hommes préoccupés par ce qu'il se produira après leur mort plutôt que par l'instant présent. Même de Gaulle, qui me fatigue beaucoup, était pour ainsi dire déterminé par des visions, par des considérations de grande envergure, historiques, géopolitiques, etc. Ce n'est pas le cas aujourd'hui, tout au plus avons-nous des objectifs, des plans, etc. Mais des projets ?


    Gnomon a écrit:Et l'histoire des attitudes et représentations, telle que Philippe Ariès l'a entreprise à propos de la mort depuis le moyen-âge, nous ne sommes pas là dans l'histoire même des actions vécues par les hommes/femmes à travers les âges ?
    Ça reste de l'histoire traditionnelle : une histoire des idées (et des mentalités). C'est l'histoire comme science sociale qui pose problème. Ariès est un vrai historien.

    Gnomon

    Messages : 88
    Date d'inscription : 07/05/2012

    Re: L'humanité progresse-t-elle ?

    Message  Gnomon le Jeu 17 Mai 2012 - 16:10

    Effectivement, je vous rejoins dans votre analyse de l'instatanéité de la vie politique et de ses conséquences sur l'action des acteurs poltiques. C'est de cette façon-là que vous expliqueriez la fin de ce que d'aucuns ont appelé "la Grande politique" après Mitterrand ?
    La discipline de l'histoire reste effectivement une discipline qui cherche encore ses paradigmes.

    noals

    Messages : 17
    Date d'inscription : 04/09/2014

    L'humanité progresse-t-elle ?

    Message  noals le Ven 5 Sep 2014 - 1:01

    je vote "non".

    pour résumer mon point de vue, je dirais que l'humanité est de moins en moins capable de s'épanouir sainement.

    Vous n’écrivez pas sur votre smartphone, les abréviations sont proscrites. Eunomia. 
    avatar
    Invité
    Invité

    Re: L'humanité progresse-t-elle ?

    Message  Invité le Ven 5 Sep 2014 - 10:21

    Lisez l'éditorial du forum. Vous ne parlez pas de l'évolution de l'humanité, mais de ce que vous en pensez, en proposant un jugement de valeurs.

    Pour aller dans le sens des premiers post d'Euterpe, et qui peut éclairer ce que vous souhaitez dire : 
    Ortega Y Gasset, La révolte des masses, p.113 a écrit:Je ne veux pas dire par là que la vie humaine soit meilleure aujourd'hui qu'autrefois. Je n'ai pas parlé de qualité de la vie actuelle, mais seulement de son accroissement, de sa croissance quantitative ou potentielle. Je crois décrire rigoureusement la conscience de l'homme actuel, le tonus de sa vie; en effet, il se sent doué aujourd'hui d'un plus grand potentiel que jamais et se représente le passé dérisoirement rapetissé à ses yeux. 

    noals

    Messages : 17
    Date d'inscription : 04/09/2014

    Re: L'humanité progresse-t-elle ?

    Message  noals le Ven 5 Sep 2014 - 14:47

    C'est justement parce que l'homme se représente mal le passé qu'il se trompe sur l'évolution de sa conscience, ce n'est qu'une réouverture d'esprit habilement dirigée alors que les indiens d’Amériques vivaient déjà en harmonie par exemple.
    Si on considère la science et le savoir de certains textes anciens ou de certaines anciennes civilisations sans oublier de manière pertinente la spiritualité, il n'y a que de la futilité dans notre progrès actuel par manque d'actions rigoureuse et efficace considérant comme but la cohérence ou encore une fois l’efficacité. Quel intérêt de prendre conscience de son potentiel si il est gâché et restreint par les erreurs du passé et du présent ?
    C'est dans ce sens que l'humanité ne progresse pas, elle tourne en rond face à la justice qu'elle ne sait assumer par manque d'objectivité et de discernement. (edit: ou simplement par mauvaise fois)

    Le savoir est accessible à l'homme mais l'instrumentalisation de l'homme ayant aussi évolué, les prises de conscience ne sont qu'à la hauteur du contrôle établi sur elles, l'humain étant incapable de s'en défaire à notre époque, forcé d'affronter les conséquences de son passé historique et donc de ces mauvais choix avant de pouvoir espérer un progrès constructif, de manière à ce qu'il puisse s'épanouir en harmonie avec sa nature et son environnement dans un future qui pour l'instant reste utopique.

    N'hésitez pas à m'expliquer mes erreurs, c'est pour ça que je suis là mais je préviens, je suis têtu.

    Une majuscule doit se placer, invariablement, après un point. Eunomia. 
    avatar
    Invité
    Invité

    Re: L'humanité progresse-t-elle ?

    Message  Invité le Ven 5 Sep 2014 - 15:27

    noals a écrit:je préviens, je suis têtu.

    Fort bien. Vous ne venez donc pas dialoguer mais exprimer votre vérité. Vous pouvez donc poursuivre votre chemin. En conséquence dois-je prendre du temps pour vous répondre ? J'ose espérer qu'il ne s'agit que d'une formule maladroite. 

    noals a écrit:c'est justement parce que l'homme se représente mal le passé qu'il se trompe sur l'évolution de sa conscience
    En quoi la conscience intervient-elle ? Sur quoi repose cette assertion ? L'ensemble de votre réponse n'est qu'une suite de propos sans liens entre eux, ni avec le sujet d'ailleurs.

    noals a écrit:Quel intérêt de prendre conscience de son potentiel si il est gâché et restreint par les erreurs du passé et du présent ?
    Si c'est une réponse à la citation d'Ortega, rappelons qu'il écrit sur le XXe siècle. C'est toute l'ambiguïté de ce siècle que de s’estimer sans égal vis à vis de la circonstance, mais sans repères. C'est l’inconvénient des époques qui se pensent être des aboutissements, il n'y a pas de but à atteindre, pas de filiation. Pour le XXIe siècle, il y a clairement un positionnement vis-à-vis du court XXe siècle, perçu comme un retour à la barbarie, et dont le vocabulaire inonde nos débats politiques. L'histoire ne dicte pas le présent, son enseignement est négatif. Elle est maîtresse de vie (cf.Cicéron) dans la mesure où elle enseigne ce qu'il convient de ne pas reproduire.

    noals

    Messages : 17
    Date d'inscription : 04/09/2014

    Re: L'humanité progresse-t-elle ?

    Message  noals le Ven 5 Sep 2014 - 19:21

    Eunomia a écrit:En quoi la conscience intervient-elle ? Sur quoi repose cette assertion ? L'ensemble de votre réponse n'est qu'une suite de propos sans liens entre eux, ni avec le sujet d'ailleurs.

    La conscience intervient dans le sens où elle est perçue comme progressante dans le temps et mettant donc en évidence un certain potentiel humain, mais que de par sa nature subjective propre à notre époque à cause de toutes sortes d'influences devenus omniprésentes, elle n'est donc pas en évolution mais sous le joug d'un certain conditionnement étroitement lié aux conséquences historiques des choix de l'homme qui aura par exemple favorisé un profit égoïste en dépit d'un équilibre épanouissant pour l'humanité dans sa généralité, l'humanité ne se dirigeant donc pas vers une évolution mais plutôt vers une auto-destruction car n'étant capable de tirer leçons objectives du passé voir du présent.
    De plus, la conscience n'étant pas une faculté nouvelle et constatant son expression à travers le temps, j'en conclus que la conscience n'a donc pas évolué mais plutôt régressé en comparaison à la sagesse illustré d'anciennes civilisations qui n'aura été qu'oubliée temporairement en quelque sorte pour une humanité se redécouvrant mais plus subjectivement cette fois ci car ne pouvant plus faire preuve d'un discernement historique.

    Eunomia a écrit:Si c'est une réponse à la citation d'Ortega, rappelons qu'il écrit sur le XXe siècle. C'est toute l'ambiguïté de ce siècle que de s’estimer sans égal vis à vis de la circonstance, mais sans repères. C'est l’inconvénient des époques qui se pensent être des aboutissements, il n'y a pas de but à atteindre, pas de filiation. Pour le XXIe siècle, il y a clairement un positionnement vis-à-vis du court XXe siècle, perçu comme un retour à la barbarie, et dont le vocabulaire inonde nos débats politiques. L'histoire ne dicte pas le présent, son enseignement est négatif. Elle est maîtresse de vie (cf.Cicéron) dans la mesure où elle enseigne ce qu'il convient de ne pas reproduire.

    Je suis d'accord avec cette citation pour décrire notre contexte actuel sauf que je pense qu'il y un but à atteindre et que l'humanité s'en éloigne, d'où mon vote, en considérant que l'histoire est un repère de taille dans cette logique et que certaines "erreurs" de l'histoire n'étaient pas forcément des erreurs mais des nécessités en accord avec leur temps au même titre que l'animal tuera sa proie pour survivre ou développera des mécanismes de défense. Pour être plus clair dans mon propos, disons que je considère l'existence comme un grand tout suivant une logique d'équilibre et que l'homme favorise le déséquilibre plutôt que l'harmonie d'où mon vote encore une fois.

    Je ressens déjà une même critique se répéter, il est difficile pour moi d'élaborer une description complète de ma logique de par un manque habituel d'interlocuteur valable, je vous remercie donc de vos réponses et accepte avec plaisir l'instruction ainsi que les critiques.

    En fait je crois que le débat pose la question de savoir ce que l'on pourra considérer comme une amélioration.
    C'est difficile d'y répondre quand on considère les besoins, les envies ou le mérite de chacun dans un contexte où la justice est nécessaire à l'équilibre et à l'épanouissement de notre existence, mais alors à quoi bon se poser la question si dans ce contexte, personne n'a apparemment le discernement nécessaire pour prendre les décisions qui s'impose ?
    Et donc, comment cette confusion pourrait être vu comme une amélioration ?

      La date/heure actuelle est Dim 22 Oct 2017 - 21:02