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    Raison et déraison.

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    nnikkolass

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    Re: Raison et déraison.

    Message  nnikkolass le Sam 3 Aoû 2013 - 10:53

    Vangelis a écrit:
    nnikkolass a écrit:J'ai l'impression que dans ce post fort passionnant, on essaie de séparer raison et passion (sentiments), pourtant il me semble que le fonctionnement humain ne permet pas de distinction entre ces deux paramètres, ils ne sont pas seulement liés, de mon point de vue, mais en fusion totale, on ne peut pas faire l'un sans l'autre, de ce fait essayer de comprendre l'essence de la raison, son fonctionnement propre est illusoire et inutile...
    Il faut tout de même préciser. Suite à un traumatisme, des patients ont perdu l'émotivité (Cf. A. Damasio), mais ils n'ont pas perdu la raison. Par contre, c'était devenu un tel handicap qu'ils devenaient incapables de faire les bons choix dans la vie courante.

    J'ai trouvé la référence de Damasio, je n'ai pas encore lu son livre : l'erreur de Descartes qui traite du sujet dont vous parlez... J'ai trouvé un article sur le patient que vous évoquez Eliott :
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    Ce que cela m'inspire : si on trace une droite avec une unité de mesure de 0 à 100, représentant le sentiment émotionnel (7 émotions d'après la PE) :

    7 émotions recensées par la psychologie évolutionniste  : joie, tristesse, dégoût, peur, colère, surprise, mépris (sachant qu'il y a d'autres émotions comme la nostalgie, mais elles sont un mélange complexe des 7 émotions de bases, comme en peinture avec les couleurs primaires, à partir desquelles on peut créer d'autres couleurs (jaune et rouge, cela donne du orange par exemple, la honte serait un mélange de peur et de colère par exemple)). Ces émotions sont reconnaissables par toutes les sociétés humaines quelle que soit leur culture (elles seraient donc préinscrites par l'évolution dans le code génétique de l'espèce humaine).

    Donc quand on est proche de 0 en ressenti émotionnel, il y a des difficultés à prendre des décisions ou faire des choix (c'est en cela que Damasio critique Descartes, une raison sans émotion ne serait pas capable de vivre "normalement", ce serait un handicap) et plus on approche de 100, et plus il y a un risque de mise en action "grave" (plus le sentiment est fort (quel qu’il soit) et plus l'acte risque d'être irréfléchi, c'est l’hypothèse téléologique ou finaliste d'Aristote.

    Merci Vangelis pour le lien avec Damasio, je sens que ce livre va être passionnant...

    papillon

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    raison, déraison

    Message  papillon le Lun 5 Aoû 2013 - 17:38

    La raison est raison tant qu'elle maintient le raisonnement. Une fois que le raisonnement s'arrête, commence la déraison. La déraison est une forme de sclérose, la répétition d'une idée fixe.
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    Vangelis
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    Re: Raison et déraison.

    Message  Vangelis le Lun 5 Aoû 2013 - 18:24

    papillon a écrit:la raison est raison tant qu'elle maintient le raisonnement.
    Au-delà de la tautologie, ce n'est pas suffisant. Amusez-vous à prendre en défaut de raisonnement un jaloux, pour reprendre l'exemple d'Euterpe, vous allez avoir des sueurs.

    eric yomo

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    Re: Raison et déraison.

    Message  eric yomo le Ven 16 Aoû 2013 - 13:13

    Bonjour à tous ! l'orientation à laquelle je voudrais porter ce sujet de réflexion consiste à concevoir la déraison dans un autre angle que celui de l'absence de toute rationalité. En fait considérant le domaine d'exploration de notre raison il paraît tout à fait limité pour pouvoir analyser le vaste champ de l'univers. Si la raison, qui est faculté humaine, se trouve inapte dans l'explication des phénomènes comme la bilocation, la sorcellerie, la téléportation... devrons-nous les considérer en bloc comme tout à fait irrationnels ou déraisonnables ? Le psychotique, l'aliéné mental, celui-là qu'on qualifie de fou a-t-il perdu la raison ?
           
    Pour approfondir cette réflexion, je conseille la lecture d'un ouvrage intitulé : La rationalité d'un discours africain sur les phénomènes paranormaux, de Pierre Meinrad Hebga, éd. L'Harmattan, 1998.
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    Vangelis
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    Re: Raison et déraison.

    Message  Vangelis le Jeu 22 Aoû 2013 - 10:32

    Votre question est biaisée parce qu'elle a un fort présupposé, celle de tenir pour réels les phénomènes que vous évoquez. Et aussi, faites attention avec ce genre de manifestation qui n'est pas du tout du genre de la maison. Par contre, vous citez Meinrad. Sans le connaître, le titre de l'ouvrage que vous citez porte sur la notion de discours et ouvre une perspective intéressante. En effet, des actions extraordinaires et des êtres extraordinaires ne sont pas toujours issus de la folie quand ils s'inscrivent dans un discours qui peut être cohérent dans son ensemble, comme par exemple dans certaines cosmogonies antiques.  Donc c'est le discours et son environnement qui importe plus que tel ou tel élément.

    Quant à la sorcellerie en Afrique, c'est une véritable question pour la psychiatrie occidentale. Il n'est bien sûr, pas question de parler des pratiques en  elles-mêmes, mais on ne peut pas l'évacuer du contexte social et culturel du patient. Croire, n'est pas a priori une déficience de la raison. Tout dépend du discours dans lequel il s'articule.
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    Euterpe

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    Re: Raison et déraison.

    Message  Euterpe le Sam 30 Juil 2016 - 16:33

    Édition complète du topic (orthographe et mise en page). Un message hors-sujet déplacé dans les Archives du forum.

      La date/heure actuelle est Ven 20 Oct 2017 - 5:12