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    Vérité philosophique.

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    Héraclite

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    Re: Vérité philosophique.

    Message  Héraclite le Mer 11 Juil 2012 - 23:00

    sophie.h a écrit:Pour moi, la vérité, c'est tout ce qui se conforme au réel (c'est à dire tout ce qui existe). Seulement, je ne perçois qu'une infime partie de la réalité de par mes sens limités. Aussi, ma vision de la vérité est très personnelle puisque subjective. Chacun a donc sa vérité. Et vous, comment définissez-vous la vérité ?
    ==> En ce qui me concerne, je préfère la vision platonicienne. Donc, la vérité doit être absolue - même si elle n'est pas exprimable - et non relative à nos capacités actuelles de perception, qui nous trompent certainement, au moins en partie. Dans ces conditions, nos "visions partielles" actuelles méritent-elles le nom de vérité ? Je ne crois pas. Surtout si on considère que notre conscience humaine est perfectible et est susceptible d'atteindre une vision absolue...
    Car jusqu'à présent, nous n'avons pas trouvé nos limites. Pas de limite à la science, pas de limite spirituelle, les jeux sont ouverts.
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    Euterpe

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    Re: Vérité philosophique.

    Message  Euterpe le Mer 11 Juil 2012 - 23:39

    sophie.h a écrit:Pour moi, la vérité, c'est tout ce qui se conforme au réel (c'est-à-dire tout ce qui existe).
    Dans ce cas, vous êtes plutôt du côté d'Aristote et/ou de Russell, par exemple. Mais ça implique des conséquences que vous ne semblez pas vouloir tirer pour votre raisonnement. Vous dites qu'on ne perçoit qu'une infime partie de la réalité. Mais, derechef, qu'est-ce que la réalité ? Ne pas envisager la question, c'est la juger résolue. Or c'est ce que vous faites. Ce n'est pas tout. L'accès à la réalité est très loin de se réduire à la question de la perception. D'abord, qu'est-ce que percevoir ? La perception est-elle exclusivement sensorielle ? La question de la perception épuise-t-elle l'empirisme ? Que faites-vous des jugements analytiques a priori, lesquels consistent en des jugements nécessairement et universellement vrais, donc en des connaissances indubitables sans recours aucun à l'expérience ? Dès lors, affirmer que votre vision de la vérité est "très personnelle" (puisque subjective), c'est prendre le risque d'affirmer une fantaisie. Le simple fait d'énoncer, dans une seule et même proposition, "pour moi..." et "la vérité", c'est courir au devant des problèmes. Si chacun a sa vérité, selon vous, à quoi cela s'applique-t-il ? A des préférences ? A des valeurs ? Si c'est le cas, quel est le rapport à la vérité ? Si je préfère le vin blanc au vin rouge, je n'ai pas encore affaire à une vérité, pas plus qu'à quelque chose de "personnel". On ne parle de vérité et de personnalité ou de subjectivité qu'à partir d'un certain seuil, qui dépasse celui de l'accident.

    sophie.h a écrit:
    Euterpe a écrit:Et comment appliquez-vous votre hypothèse à un penseur nazi ? Sa sincérité parle-t-elle pour lui ?
    Le psychisme d'un individu dépend-il de sa volonté ?
    Qu'est-ce que le psychisme ? Est-il réductible à l'inconscient ? Les instincts y ont-ils part ? Le psychisme et le déterminisme, serait-ce la même chose ? Le four crématoire serait-il une œuvre collective inconsciente ? Etc., etc., etc.


    Dernière édition par Euterpe le Mer 27 Juil 2016 - 22:27, édité 1 fois

    sophie.h

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    Re: Vérité philosophique.

    Message  sophie.h le Jeu 12 Juil 2012 - 0:39

    Je serais très curieuse de connaître votre définition de la vérité !
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    Re: Vérité philosophique.

    Message  Invité le Jeu 12 Juil 2012 - 1:05

    sophie.h a écrit:Je serais très curieuse de connaître votre définition de la vérité !
    "Vérité" en tant que vocation.
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    Re: Vérité philosophique.

    Message  Euterpe le Jeu 12 Juil 2012 - 1:08

    sophie.h a écrit:Je serais très curieuse de connaître votre définition de la vérité !
    Il n'y a pas "ma", "votre", "notre", "leur" définition de la vérité. Il y a des manières philosophiques d'envisager la question. Aussi, pour appréhender philosophiquement la question, faut-il éviter les simplifications et les raccourcis. Aussi nombreux et divers soient les points de vue, ils sont irréductibles les uns aux autres, ce qui interdit de se contenter du relativisme, lequel n'est lui-même qu'un point de vue.

    Discuter la vérité, c'est immanquablement soulever la question de la réalité, du sens, des valeurs, de la connaissance, de la science, de l'histoire, du droit, de la religion, etc.

    sophie.h

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    Re: Vérité philosophique.

    Message  sophie.h le Jeu 12 Juil 2012 - 1:24

    Sur ce forum, on ne cherche pas à réfléchir mais à se disputer. Les affects priment sur la raison. Mais ce besoin de se sentir supérieur, ne cacherait-il pas un certain manque de confiance en soi ? Je vous laisse à vos délires philosophiques... je ne suis pas masochiste !
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    Re: Vérité philosophique.

    Message  Invité le Jeu 12 Juil 2012 - 1:30

    sophie.h a écrit:Sur ce forum, on ne cherche pas à réfléchir mais à se disputer. Les affects priment sur la raison. Mais ce besoin de se sentir supérieur, ne cacherait-il pas un certain manque de confiance en soi ? Je vous laisse à vos délires philosophiques... je ne suis pas masochiste !
    http://www.forumdephilosophie.com/t1052-la-verite-depend-elle-de-nous

    Silentio

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    Re: Vérité philosophique.

    Message  Silentio le Jeu 12 Juil 2012 - 1:50

    sophie.h a écrit:Sur ce forum, on ne cherche pas à réfléchir mais à se disputer. Les affects priment sur la raison.
    Mais ce besoin de se sentir supérieur, ne cacherait-il pas un certain manque de confiance en soi ?
    Je vous laisse à vos délires philosophiques... je ne suis pas masochiste !
    Au lieu de prendre en compte les remarques pertinentes d'Euterpe vous vous sentez heurtée et en restez à ce sentiment. Votre réaction traduit effectivement que chez vous, et seulement chez vous, les "affects priment sur la raison". Acceptez d'être réfutée, de pouvoir avoir tort et d'être mise en difficulté par autrui. Un propos dérangeant n'en est peut-être pas moins pertinent et valide. Je vous suggère donc de faire quelques efforts pour réfléchir à ce qui ne va pas dans votre réflexion en acceptant les remarques qui vous ont été faites. Et ce n'est pas parce que vous vous sentez en position d'infériorité - ce qui est désolant mais n'est pas notre but (il n'y a rien de personnel dans nos échanges, du moins de notre côté) - que nous cherchons à nous quereller pour asseoir notre domination. Il n'est simplement pas aisé d'apprendre l'art de la réfutation, de la discussion et de la contradiction.
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    Héraclite

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    Re: Vérité philosophique.

    Message  Héraclite le Jeu 12 Juil 2012 - 2:14

    Sophie.h,

    Je ne comprends pas du tout votre réaction ?!  :shock:
    Nous étions là, tranquillement à discuter, je cherchais une définition pour satisfaire votre demande et afin que le débat se poursuive dans la direction que vous souhaitiez, et voilà que vous disparaissez en accusant les participants de se disputer, de chercher à montrer une quelconque supériorité, etc ?!
    Et, comble de l'affaire, vous trouvez que nous sommes dans l'affect ?

    Les remarques d'Euterpe n'étaient pas là pour "écraser" les participants mais pour nous montrer ce qu'impliquaient philosophiquement nos allégations, c'est extrêmement instructif et pédagogique, en tout cas pour moi qui n'ai pas sa formation.
    Soyez objective, il n'a jamais voulu imposer son opinion, il n'a fait que nous resituer dans la logique et les exigences de profondeur d'un débat philosophique.

    J'espère que vous le comprendrez et que la discussion pourra se poursuivre.
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    Tom

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    Re: Vérité philosophique.

    Message  Tom le Jeu 12 Juil 2012 - 3:05

    Euterpe a écrit:
    sophie.h a écrit:La vérité est relative au discours et à la connaissance. Ce que l'on dit est vrai ou faux. La vérité philosophique consiste à clarifier ses pensées par le langage pour appréhender la réalité telle qu'elle est. La réalité, c'est la vérité. Saint Thomas d'Aquin pensait que "la vérité est l'adéquation de la pensée et des choses." Mais peut-on objectivement connaître la réalité ? Notre langage est conditionné par la perception que nous avons de celle-ci et donc par nos sens, notre raisonnement, nos émotions... Notre regard ne peut être que subjectif et intrinsèque à l'être humain et non extérieur à lui.
    L'esprit humain a su inventer et créer pour s'adapter à cette réalité. Par l'expérience et la recherche, il a su aussi découvrir une infime partie de cette réalité extérieure à l'homme. Mais nos découvertes ne sont jamais totalement acquises et perpétuellement remises en question par de nouvelles découvertes. Donc la vérité ne peut être que relative car subjective de par notre perception limitée. Il n'y a donc pas une mais des vérités. Et il y a autant de vérités qu'il y a d'hommes.
    Vous assimilez vérité et réalité, transposant ainsi tout ce que vous dites de la "réalité" à la vérité elle-même. C'est très platonicien. Pourtant, dans le même temps, vous affirmez purement et simplement qu'il y a autant de vérités que d'hommes. Sans vous en rendre compte, vous adoptez deux positions incompatibles : l'une, dogmatique (métaphysique) ; l'autre, relativiste. Affirmer la réalité d'une chose, ce n'est pas en affirmer la vérité, mais l'existence. Si la vérité est relative au discours et à la connaissance, discours et connaissance sont relatifs à ce à quoi ils sont rapportés. Le réel constitue donc le critère de la vérité. Je me contente de mentionner cette seule difficulté. On pourrait en ajouter d'autres.
    Tom a écrit:Pourquoi une discipline comme la philosophie semble autant stagner dans sa course au progrès
    La philosophie ne court pas après le progrès.
    Tom a écrit:Quand on pense à la vérité, on pense à Descartes. Nul doute que Descartes soit à l'origine d'une certaine science moderne. La vérité, qui est opposée au faux (faux qui vient du latin fallere qui signifie tomber il me semble), est pour Descartes, par opposition, infaillible. C'est ce qui ne peut pas tomber. Si un énoncé, même sur ses quatre pieds, semble rien moins que bancal, il doit être considéré comme faux. Mais comment savoir que quelque chose est ou n'est pas faux ? En appliquant une méthode qui doit tourner autours d'un doute méthodique et hyperbolique. Le problème de Descartes selon moi, est le suivant : Descartes doute de tout SAUF d'une chose. Devinez : ... le doute lui même !
    Chez Descartes, la vérité s'oppose à l'erreur ; la vérité n'est pas infaillible, mais indubitable.
    Tom a écrit:Le problème d'un concept comme Dieu, c'est qu'il est sans objet ! Pensez au triangle sémantique d'Aristote : tout concept (c'est-à-dire langage mental) par lequel on fait référence à quelque chose à partir d'un mot vocal choisi de manière arbitraire (on aurait, oui, pu appeler un chien un chat) fait signe vers un objet. Quand je dis : "chaise", je pense au concept chaise, et je pense à l'objet chaise. On a trois chaises pour le prix d'une. Mais quand je dis Dieu, je n'en ai que le concept, et encore, vague, et je n'en ai nullement l'objet ! Or, comment ne prouver l'existence d'un objet qu'à partir d'un concept ?! On est, ou on n'est pas. Comment être à partir d'une déduction de concept ? Russell disait que l'existence est un prédicat de prédicat. C'est un prédicat qui dépasse le langage.
    Mais qu'est-ce qu'un objet ? Si vous exceptez le christianisme, aucune religion ne se donne un "concept" de Dieu. Pour le reste, vous ne tenez le concept que pour un fait de langue, en ne tenant compte que de l'arbitraire du signe linguistique. On peut certes appeler une tomate "Mickey", la tomate n'en reste pas moins la tomate. Enfin, quand je dis : "chaise", je ne pense tout à la fois au vocable, au concept et à l'objet correspondant que si je suis un linguiste ou un sémioticien. Au quotidien, quand je dis : "chaise", je ne pense ni au vocable ni au concept (ce qui revient à ne penser qu'à l'objet, justement). Si les hommes parlent si facilement, c'est précisément parce qu'ils le font sans y penser, comme on marche si facilement parce qu'on marche sans penser qu'on marche.
    Je suis content d'entendre ça ! La philosophie ne court pas après le progrès , cela rejoint un avis personnel par rapport à l'intérêt de la Philosophie.

    Pour Descartes. Si vous voulez jouer sur les mots alors allons-y, parce que pour moi cela revient au même. Il est difficile de définir ce qu'est la vérité, et la raison en est pour moi qu'elle est essentiellement une qualité. C'est un attribut comme pourrait l'être la couleur rouge : on ne peut définir le rouge de manière intuitive et intelligible par concept, mais, paradoxalement quand on voit quelque chose de rouge, on sait que c'est rouge. Pour Descartes quand on "voit" quelque chose de vrai, on sait, sans forcément comprendre, que c'est vrai. On le saisit, on le sent ce vrai, comme si on pouvait déjà le toucher sans l'embrasser totalement avec nos bras. Pour essayer justement de comprendre on peut partir du faux, comme j'avais déjà tenté de le faire entendre dans mon post précédent. Faux vient du latin falsum qui a un lien étymologique avec fallere qui signifie ce qui tombe, peut tomber. Au contraire, un critère de vérité serait l'infaillible, ce qui ne peut pas tomber. Mais tomber face à quoi ? Face à quelle arme ? Si on ne sait ce qu'est la vérité, comment éviter les erreurs ? Il faut tester la solidité d'un énoncé qui est candidat à la qualité d'être une vérité. Notre arme, pour Descartes, tourne autour du doute. Pour savoir si un énoncé est infaillible et donc vrai, il faut qu'il soit, pour la raison, indubitable. La boucle est bouclée.

    Par rapport au langage, je vais essayer d'être plus clair :
    Que vous le vouliez ou non votre cerveau fonctionne à la manière du triangle sémantique d'Aristote. Le concept de chaise, qui fait partie du langage mental, a deux références : la chaise comme vocable et la chaise qui existe, celle qui est matérielle. La chaise matérielle reste la chaise matérielle et le concept de chaise reste le concept de chaise. Ce qu'il faut souligner c'est que le lien entre le concept et son objet n'est pas arbitraire : il y a comme un lien de nature qui est créé par notre intellect entre la chaise qu'on voit et son concept. Imaginons que nous n'ayons guère la parole, que nous soyons une race muette mais douée de raison : le lien entre la chaise qui est et son concept existerait toujours même sans l'aide du mot. Je ne sais pas si je suis clair là dessus, mais allez voir Ockham, il est assez génial sur ce sujet.

    En tout cas, ce que je voulais au départ souligner c'est la différence entre deux termes comme "dieu" et "chaise", ou comme "liberté" et "saucisse" : ces termes ne fonctionnent pas de la même manière. Alors que le concept de chaise peut être le signe de la chaise réelle, c'est-à-dire qu'il peut être le substitut de la chaise qui existe, le terme de "liberté", quand il est employé, n'a pas de substitut réel. Le fonctionnement n'est pas le même, comme s'il y avait une autre manière de faire signe : comme si avec le concept de liberté on en restait au langage mental.

    Cette différence de fonctionnement doit nous montrer aussi que l'homme ne peut utiliser de la même manière tous les mots. On voit bien que cette différence est déjà une sorte de préfiguration du saut au dessus de ses limites que peut entreprendre l'homme. Pour autant, cette limite n'est pas celle du langage, le problème n'est pas sémantique mais anthropologique ! La différence de fonctionnement a une racine humaine.
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    Euterpe

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    Re: Vérité philosophique.

    Message  Euterpe le Jeu 12 Juil 2012 - 16:41

    Tom a écrit:Pour Descartes. Si vous voulez jouer sur les mots alors allons-y, parce que pour moi cela revient au même.
    Il n'est pas question de jouer sur les mots, Tom. C'est une rectification de ma part, prenez-la comme telle. Que "pour vous", cela revienne au même, c'est votre affaire. Le but du jeu n'est pas d'opiner ni d'échafauder de quelconques fantaisies, mais de se soumettre à la rigueur qu'impose la lecture et la connaissance des œuvres. En l'occurrence, on n'a pas affaire à un problème exégétique.

    Tom a écrit:Il est difficile de définir ce qu'est la vérité, et la raison en est pour moi qu'elle est essentiellement une qualité. C'est un attribut comme pourrait l'être la couleur rouge : on ne peut définir le rouge de manière intuitive et intelligible par concept, mais, paradoxalement quand on voit quelque chose de rouge, on sait que c'est rouge. Pour Descartes quand on "voit" quelque chose de vrai, on sait, sans forcément comprendre, que c'est vrai. On le saisit, on le sent ce vrai, comme si on pouvait déjà le toucher sans l'embrasser totalement avec nos bras.
    C'est complètement fantaisiste, aussi je vous invite à lire ou à relire le Discours de la méthode et les Méditations métaphysiques.

    Tom a écrit:Pour essayer justement de comprendre on peut partir du faux, comme j'avais déjà tenté de le faire entendre dans mon post précédent. Faux vient du latin falsum qui a un lien étymologique avec fallere qui signifie ce qui tombe, peut tomber. Au contraire, un critère de vérité serait l'infaillible, ce qui ne peut pas tomber. Mais tomber face à quoi ? Face à quelle arme ? Si on ne sait ce qu'est la vérité, comment éviter les erreurs ? Il faut tester la solidité d'un énoncé qui est candidat à la qualité d'être une vérité. Notre arme, pour Descartes, tourne autour du doute. Pour savoir si un énoncé est infaillible et donc vrai, il faut qu'il soit, pour la raison, indubitable. La boucle est bouclée.
    Si vous parlez d'un tête-à-queue, je vous le confirme, la boucle est bouclée. Énième fantaisie de votre part, agrémentée d'une fantaisie étymologique avec un vocable qui devrait vous inciter à la prudence : fallere veut dire d'abord tromper (falsus : faux, falsifié, trompeur...) ; vous lisez "faillir" (cf. l'anglais : to fall...).

    Tom a écrit:Que vous le vouliez ou non votre cerveau fonctionne à la manière du triangle sémantique d'Aristote. Le concept de chaise, qui fait partie du langage mental, a deux références : la chaise comme vocable et la chaise qui existe, celle qui est matérielle. La chaise matérielle reste la chaise matérielle et le concept de chaise reste le concept de chaise. Ce qu'il faut souligner c'est que le lien entre le concept et son objet n'est pas arbitraire : il y a comme un lien de nature qui est créé par notre intellect entre la chaise qu'on voit et son concept. Imaginons que nous n'ayons guère la parole, que nous soyons une race muette mais douée de raison : le lien entre la chaise qui est et son concept existerait toujours même sans l'aide du mot. Je ne sais pas si je suis clair là dessus, mais allez voir Ockham, il est assez génial sur ce sujet.
    Dans ce cas, peut-être vous faudrait-il lire ou relire Ockham avec les textes d'Aristote en regard, parce que son langage mental ne consiste pas en un "lien de nature"... Un indice : Umberto Eco s'est intéressé de très près au franciscain, notamment à sa théorie du signe, que vous ne semblez pas encore maîtriser ; chez lui en effet, tous les concepts font signe vers les choses, qu'elles soient présentes ou pas ; autrement dit, les concepts (les signes, qui ne sont pas des universaux) font connaître quelque chose, engendrent des connaissances. Dès lors, peu importe qu'on parle de saucisse ou de liberté. D'autant moins que les choses offrent des ressemblances qui permettent des suppositions confuses, ou signes appliqués à des choses multiples. La liberté désigne des choses multiples qui ont une ressemblance tenue pour pertinente.


    Dernière édition par Euterpe le Mer 27 Juil 2016 - 22:32, édité 3 fois

    Dioxygène

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    Re: Vérité philosophique.

    Message  Dioxygène le Mer 1 Aoû 2012 - 15:31

    Je ne pense pas qu'il y ait une vérité philosophique, ni même des vérités. L'être humain est jeté comme disait le bonnet de nuit alémanique dans un monde confus que nous n'arrivons pas à comprendre, à saisir.
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    Re: Vérité philosophique.

    Message  Euterpe le Mer 1 Aoû 2012 - 19:18

    Dioxygène a écrit:Je ne pense pas qu'il y ait une vérité philosophique, ni même des vérités.
    La banane est un fruit. C'est vrai ? Ou bien c'est faux ?

    Dioxygène a écrit:L'être humain est jeté comme disait le bonnet de nuit alémanique dans un monde confus que nous n'arrivons pas à comprendre, à saisir.
    Si en plus vous vous mettez à énoncer une vérité...
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    Re: Vérité philosophique.

    Message  Desassocega le Mer 1 Aoû 2012 - 22:13

    Dioxygène a écrit:Je ne pense pas qu'il y ait une vérité philosophique
    Voulez-vous dire que la manière philosophique de penser n'accède jamais à aucune forme de vérité ? Que le philosophe n'est même pas en rapport avec la vérité ? Voilà une lourde affirmation... Il va falloir en dire un peu plus pour que vous soyez pris au sérieux je pense.

    ni même des vérités.
    Platon est un philosophe Grec.
    Les objets que l'on jette retombent toujours.
    Euterpe aime les bananes.
    Je suis un homme.

    Cela en fait déjà quelques unes des vérités, non ?

    Liber

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    Re: Vérité philosophique.

    Message  Liber le Jeu 2 Aoû 2012 - 9:02

    Aristippe de cyrène a écrit:
    ni même des vérités.
    Platon est un philosophe Grec.
    Les objets que l'on jette retombent toujours.
    Euterpe aime les bananes.
    Je suis un homme.

    Cela en fait déjà quelques unes des vérités, non ?
    Je n'en vois qu'une, celle sur la gravité, parce qu'elle a été vérifiée par la science. Le reste sont des apparences ou des on-dit, que vous déclarez vrais par conformité avec l'idée que vous vous en faites.

    Silentio

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    Re: Vérité philosophique.

    Message  Silentio le Jeu 2 Aoû 2012 - 9:47

    Est-ce que si je jette une banane dans l'espace elle retombera ? Euterpe aime-t-il manger des bananes ?

    Liber

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    Re: Vérité philosophique.

    Message  Liber le Jeu 2 Aoû 2012 - 10:10

    Vérités partielles donc. Mais pour l'instant, je ne vois aucune vérité philosophique dans les assertions d'Aristippe (le faux ).

    Silentio a écrit:Est-ce que si je jette une banane dans l'espace elle retombera ?
    C'est là que la science est plus vraie que la simple constatation, car même ce cas exceptionnel ne fera que confirmer sa théorie.
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    Desassocega

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    Re: Vérité philosophique.

    Message  Desassocega le Jeu 2 Aoû 2012 - 11:24

    Liber a écrit:Vérités partielles donc. Mais pour l'instant, je ne vois aucune vérité philosophique dans les assertions d'Aristippe (le faux :)).
    En effet, ce n'était pas des vérités philosophiques, mais je ne les ai point données en tant que telles... Vous ne semblez admettre de vérité que scientifique. Ne pensez-vous pas qu'il y ait d'autres formes de vérité ? La vérité philosophique, puisqu'on en parlait, est certainement très différente de la vérité scientifique. Le tort que l'on a est de n'accepter comme vérité qu'un type de vérité...

    J'avais lu beaucoup de choses intéressantes sur cette question chez Heidegger, par exemple l'idée que la vérité philosophique n'est pas la vérité scientifique, et qu'à ce titre l'on ne pouvait juger de la vérité philosophique en la comparant à la vérité scientifique !
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    JimmyB

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    Re: Vérité philosophique.

    Message  JimmyB le Jeu 2 Aoû 2012 - 13:51

    Aristippe de cyrène a écrit:
    Liber a écrit:Vérités partielles donc. Mais pour l'instant, je ne vois aucune vérité philosophique dans les assertions d'Aristippe (le faux ).
    En effet, ce n'était pas des vérités philosophiques, mais je ne les ai point données en tant que telles... Vous ne semblez admettre de vérité que scientifique. Ne pensez-vous pas qu'il y ait d'autres formes de vérité ? La vérité philosophique, puisqu'on en parlait, est certainement très différente de la vérité scientifique. Le tort que l'on a est de n'accepter comme vérité qu'un type de vérité...

    J'avais lu beaucoup de choses intéressantes sur cette question chez Heidegger, par exemple l'idée que la vérité philosophique n'est pas la vérité scientifique, et qu'à ce titre l'on ne pouvait juger de la vérité philosophique en la comparant à la vérité scientifique !
    Je suis intrigué. Avez vous un exemple de vérité philosophique car c'est un sujet qui m'intéresse ?

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    Re: Vérité philosophique.

    Message  Dioxygène le Jeu 2 Aoû 2012 - 14:25

    Euterpe a écrit:
    Dioxygène a écrit:Je ne pense pas qu'il y ait une vérité philosophique, ni même des vérités.
    La banane est un fruit. C'est vrai ? Ou bien c'est faux ?

    Dioxygène a écrit:L'être humain est jeté comme disait le bonnet de nuit alémanique dans un monde confus que nous n'arrivons pas à comprendre, à saisir.
    Si en plus vous vous mettez à énoncer une vérité...
    Qu'est-ce qu'un fruit ? On aurait beau disserter sur une hypothétique essence fruitique qu'on n'y arriverait probablement jamais.

    Pour la deuxième remarque, ce n'est pas moi qui parle, mais le bonnet de nuit alémanique, alias Heidegger. La proposition "il n'y a pas de vérité", n'est pas une vérité selon moi, mais cela ne prouve en aucun cas son contraire.

      La date/heure actuelle est Mer 20 Sep 2017 - 0:33