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    Le savoir est-il essentiel à la vie ?

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    jean ghislain

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    Le savoir est-il essentiel à la vie ?

    Message  jean ghislain le Sam 29 Oct 2011 - 17:49

    Loin de moi l'idée de rabaisser la philosophie à une contemplation dénuée de valeur. Pourtant, au fur et à mesure de ma découverte des philosophes et de leurs vies, je m'aperçois qu'ils sont loin d'avoir réussi leurs vies (dans le sens moderne). Chercher la vérité, s'ouvrir vers l'absolu, voire Dieu, à quoi bon en définitive ? Je sais que certains philosophent pour le divertissement ou pour la culture, mais à ceux qui philosophent sérieusement je pose la question : la philosophie est-elle finalement utile pour vivre ?

    Desassocega

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    Re: Le savoir est-il essentiel à la vie ?

    Message  Desassocega le Sam 29 Oct 2011 - 18:18

    au fur et à mesure de ma découverte des philosophes et de leurs vies, je m'aperçois qu'ils sont loin d'avoir réussi leurs vies (dans le sens moderne).
    Et encore, les philosophes s'en sortent plutôt bien sur ce point comparé aux artistes je trouve... Quand on voit la vie des poètes (Baudelaire, Rimbaud), des peintres (Van Gogh), des écrivains (Proust), etc.

    la philosophie est-elle finalement utile pour vivre ?
    Vous savez, je ne sais même pas si on peut vraiment dire que la philosophie soit utile. Ça me rappelle les mots d'Aristote, qui dans l'Éthique à Nicomaque dit explicitement que ce dont le philosophe s'occupe est inutile.

    Mais la question est peut-être finalement : est-ce que la philosophie, pour être considérée, doit être utile à la vie ? Doit-on juger d'une chose quant à l'utilité qu'elle offre à la vie ? L’intérêt de la philosophie se limite-il à ce qu'elle apporte à notre existence ?

    Silentio

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    Re: Le savoir est-il essentiel à la vie ?

    Message  Silentio le Sam 29 Oct 2011 - 18:34

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:je m'aperçois qu'ils sont loin d'avoir réussi leurs vies (dans le sens moderne)
    Qu'est-ce que la réussite au sens moderne ? Par ailleurs, peut-être ont-ils réussi, au sens où ils ont mené une vie en accord avec leurs principes et leurs volontés. De plus, ne faut-il pas être philosophe pour élaborer un jugement sur la valeur d'une vie ? Le dernier mot ne revient-il pas au philosophe ? :roll: Cela dit, pour ma part, je suis d'accord pour dire que le philosophe, en tant qu'homme, est souvent inadapté au social, il peut être aussi maladroit que l'Albatros de Baudelaire parmi les autres - et pourtant majestueux dans les airs. Mais n'est-ce pas aussi la condition requise pour penser ? Qu'est-ce qui provoque la pensée ? Ne faut-il pas avoir du mal avec le quotidien ou vivre une situation d'écart ou d'errance pour que le réel devienne problématique ? Philosopher, n'est-ce pas en venir à prendre ses distances avec l'opinion, avec l'évidence ? Mais effectivement, bien vivre exige une croyance au monde, une confiance en soi, ou des certitudes.
    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:Chercher la vérité, s'ouvrir vers l'absolu, voire Dieu, à quoi bon en définitive ?
    Travailler, consommer, regarder la télévision, à quoi bon ? Qu'est-ce qui est mieux ? Que faire de notre vie ?
    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:Je sais que certains philosophent pour le divertissement ou pour la culture, mais à ceux qui philosophent sérieusement je pose la question : la philosophie est-elle finalement utile pour vivre ?
    Philosopher pour le divertissement ou pour la culture je n'appelle pas ça de la philosophie, mais plutôt du divertissement et du snobisme. Quant à la question posée, non la philosophie n'est pas utile et n'a pas à l'être. La philosophie est une vocation, on rencontre quelque chose qui s'immisce dans notre vie. Il faut se débrouiller avec. Pourquoi serait-ce plus bizarre qu'un athlète qui se met à passer des jours entiers à s'entraîner en vue de concourir à des championnats, et ce durant toute sa vie, ou du moins pendant une ou deux décennies ? Est-ce plus utile ? N'est-ce pas aussi absurde en soi ?

    Euterpe

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    Re: Le savoir est-il essentiel à la vie ?

    Message  Euterpe le Dim 30 Oct 2011 - 15:55

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:au fur et à mesure de ma découverte des philosophes et de leur vie, je m'aperçois qu'ils sont loin d'avoir réussi leur vie (dans le sens moderne).
    Sartre, Aron, Camus, Merleau-Ponty, Heidegger, etc., ont-ils raté leur vie au sens moderne ? Si le sens moderne de la vie consiste à faire carrière, à être publié et écouté, ils ne l'ont pas ratée. A quels philosophes pensez-vous ? Et qu'entendez-vous par "vie moderne" ?

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:à ceux qui philosophent sérieusement je pose la question : la philosophie est-elle finalement utile pour vivre ?
    Si vous faites de la vie un objectif ou un but, et que vous ravalez la philosophie à l'un des moyens pour atteindre ce but, évidemment, la philosophie n'a pas grande utilité. Mais ça annule la question dans le même temps. Philosopher, c'est vivre. C'est vivre en se rapportant à la vie d'une certaine manière. Ça ne se voit pas, mais cela ne prouve pas qu'aucun des milliers de "professionnels" de la philosophie ne juge la philosophie comme vitale. Bien sûr, beaucoup la pratiquent de la manière que vous dites, mais certains y viennent pour des raisons vitales (mais pas comme on satisferait une passion, un pathos).

    De toute façon, la philosophie n'a pas à être utile, ni même intéressante, encore moins nécessaire (quoiqu'elle ne soit pas comme les objets de luxe, ce qu'est la littérature à plusieurs égards). Elle est instructive (ou pas). Elle fait vivre ceux qu'elle instruit, qu'elle enseigne, mais pas en les rémunérant, la plupart du temps. Ce n'est pas un métier.


    Dernière édition par Euterpe le Sam 30 Juil 2016 - 22:29, édité 1 fois

    Noun

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    Re: Le savoir est-il essentiel à la vie ?

    Message  Noun le Ven 11 Nov 2011 - 23:19

    Philosopher est vivre. Il s'agit d'une manière de penser, d'être. En fait, c'est une recherche perpétuelle de ce qu'est la Vie. "Le savoir est-il essentiel à la vie ?" De manière objective, le savoir n'est pas nécessaire pour vivre mais il s'agit là d'une vie naïve ou dans l'inconscience. Le savoir est utile aux êtres conscients d'eux-mêmes et du monde qui les entoure car ils recherchent un idéal de vie flou, et l'incompréhension de la vie simple qu'expérimentent certains ne leur suffit pas car finalement la vie est peut-être autre chose. Dans ce cas, pour chercher cette Vie, l'être va commencer par le savoir qu'il se doit alors d'acquérir dans l'espoir d'y trouver une réponse ou, au moins, un chemin. Le savoir devient alors nécessaire, non pour vivre mais pour exister.

    melokrik

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    Re: Le savoir est-il essentiel à la vie ?

    Message  melokrik le Dim 24 Juin 2012 - 19:13

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:Loin de moi l'idée de rabaisser la philosophie à une contemplation dénuée de valeur. Pourtant, au fur et à mesure de ma découverte des philosophes et de leurs vies, je m'aperçois qu'ils sont loin d'avoir réussi leurs vies (dans le sens moderne). Chercher la vérité, s'ouvrir vers l'absolu, voire Dieu, à quoi bon en définitive ? Je sais que certains philosophent pour le divertissement ou pour la culture, mais à ceux qui philosophent sérieusement je pose la question : la philosophie est-elle finalement utile pour vivre ?


    Tout dépendant de ce que chaque individu considère essentiel afin de vivre de son plein épanouissement.

    jean ghislain

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    Re: Le savoir est-il essentiel à la vie ?

    Message  jean ghislain le Lun 25 Juin 2012 - 19:15

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:La philosophie est-elle finalement utile pour vivre ?
    mélokrik a écrit:Tout dépendant de ce que chaque individu considère essentiel afin de vivre de son plein épanouissement.
    Tout dépend d'où l'on part, pourquoi on veut en partir et vers quoi on veut aller, effectivement. Les philosophes seraient-ils des êtres qui partent malheureux ? Mais je crois en la vertu médicinale de la philosophie, c'est du réconfort pour les âmes, non ? Cet univers idéal, où tout s'explique par A+B, où l'on voit Dieu partout - qui nous aime, qui plus est ? Si la religion est l'opium du peuple, la philosophie serait-elle le médicament de l'élite?

    Janus

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    Re: Le savoir est-il essentiel à la vie ?

    Message  Janus le Lun 25 Juin 2012 - 22:40

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:Loin de moi l'idée de rabaisser la philosophie à une contemplation dénuée de valeur. Pourtant, au fur et à mesure de ma découverte des philosophes et de leurs vies, je m'aperçois qu'ils sont loin d'avoir réussi leurs vies (dans le sens moderne). Chercher la vérité, s'ouvrir vers l'absolu, voire Dieu, à quoi bon en définitive ? Je sais que certains philosophent pour le divertissement ou pour la culture, mais à ceux qui philosophent sérieusement je pose la question : la philosophie est-elle finalement utile pour vivre ?
    Il est certain qu'un imbécile même cultivé et gavé de philosophie restera toujours un imbécile, et que donc ce dernier n'en tirera aucune utilité pour vivre puisqu'en tout état de cause il demeurera éternellement comme un cloporte, dans l'obscurité... :D
    Trève de plaisanterie, je dirais plus sérieusement que la philosophie ne peut éclairer que ceux qui l'étaient déjà (éclairé) mais sans le savoir, et n'avaient plus qu'à effectuer un certain travail mental de découverte de la philosophie, pour mettre des mots sur leur "lanterne", découvrir des concepts (livrés par les philosophes) pour ce qui était déjà en eux mais "a priori", qui n'était qu'idée encore abstraite qui ne demandait qu'à "éclore".
    Tout dépend d'où l'on part, pourquoi on veut en partir et vers quoi on veut aller, effectivement. Les philosophes seraient-ils des êtres qui partent malheureux ? Mais je crois en la vertu médicinale de la philosophie, c'est du réconfort pour les âmes, non ? Cet univers idéal, où tout s'explique par A+B, où l'on voit Dieu partout - qui nous aime, qui plus est ? Si la religion est l'opium du peuple, la philosophie serait-elle le médicament de l'élite?
    On peut facilement imaginer que les philosophes (les vrais, à ne pas confondre avec ceux qui ne font que "pratiquer" la philosophie ou émettre des commentaires ou opinions sur les idées philosophiques) n'ont rien de malheureux dans la mesure où ils ne peuvent que se réjouir du haut niveau intellectuel et de l'immense capacité réflexive dont ils disposent (grâce à quoi ils ont été aptes à créer de nouveaux concepts philosophiques, ce qui leur a permis de mériter le qualificatif de philosophe). Alors disons plutôt que le philosophe crée le médicament qui ne pourra de toute façon "soigner" (donner la vue) uniquement qu'à une certaine "élite" qui a déjà une prédisposition en matière de "lumière". Idea

    jean ghislain

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    Re: Le savoir est-il essentiel à la vie ?

    Message  jean ghislain le Lun 25 Juin 2012 - 23:07

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:Alors disons plutôt que le philosophe crée le médicament qui ne pourra de toute façon "soigner" (donner la vue) uniquement qu'à une certaine "élite" qui a déjà une prédisposition en matière de "lumière".
    Cela me rappelle ce que dit Nietzsche dans "Ainsi Parlait Zarathoustra, IV, La Salutation":
    Car nous sommes venus, avides de spectacle, nous voulions voir ce qui rend clair des yeux troubles
    et aussi dans "Le Gai Savoir, avant-propos, §2":
    Chez cette personne ce sont les manques qui font les raisonnements philosophiques, chez l'autre les richesses et les forces. Le premier a besoin de sa philosophie, soit comme soutien, tranquillisation, médicament, soit comme moyen de salut et d'édification, soit encore pour en arriver à l'oubli de soi ; chez le second la philosophie n'est qu'un bel objet de luxe, dans le meilleur des cas la volupté d'une reconnaissance triomphante qui finit par éprouver le besoin de s'inscrire en majuscules cosmiques dans le ciel des idées.
    Il y aurait alors une philosophie qui aide et soigne, et d'un autre côté une philosophie qui est une belle affirmation de la vie. Hélas, je pense, comme Nietzsche:
    Mais peut-être les penseurs malades dominent-ils dans l'histoire de la philosophie

    Silentio

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    Re: Le savoir est-il essentiel à la vie ?

    Message  Silentio le Lun 25 Juin 2012 - 23:27

    Pourquoi la première ne serait-elle pas aussi une affirmation de la vie ?

    Janus

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    Re: Le savoir est-il essentiel à la vie ?

    Message  Janus le Mar 26 Juin 2012 - 0:02

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:
    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:Alors disons plutôt que le philosophe crée le médicament qui ne pourra de toute façon "soigner" (donner la vue) uniquement qu'à une certaine "élite" qui a déjà une prédisposition en matière de "lumière".
    Cela me rappelle ce que dit Nietzsche dans "Ainsi Parlait Zarathoustra, IV, La Salutation":
    Car nous sommes venus, avides de spectacle, nous voulions voir ce qui rend clair des yeux troubles
    et aussi dans "Le Gai Savoir, avant-propos, §2":
    Chez cette personne ce sont les manques qui font les raisonnements philosophiques, chez l'autre les richesses et les forces. Le premier a besoin de sa philosophie, soit comme soutien, tranquillisation, médicament, soit comme moyen de salut et d'édification, soit encore pour en arriver à l'oubli de soi ; chez le second la philosophie n'est qu'un bel objet de luxe, dans le meilleur des cas la volupté d'une reconnaissance triomphante qui finit par éprouver le besoin de s'inscrire en majuscules cosmiques dans le ciel des idées.
    Il y aurait alors une philosophie qui aide et soigne, et d'un autre côté une philosophie qui est une belle affirmation de la vie. Hélas, je pense, comme Nietzsche:
    Mais peut-être les penseurs malades dominent-ils dans l'histoire de la philosophie
    Je crains que son style d'écriture ne soit trop ambigu, voire à double sens, et de toute façon bien trop imagé, si bien que chacun peut y entendre ce qu'il souhaite. Je préfère les raisonnements plus rigoureux, du moins prêtant bien moins à confusion, et de toute façon je doute fort que cela rejoigne mes propres dires, sauf peut-être au niveau de leur aspect légèrement cynique.

    jean ghislain

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    Re: Le savoir est-il essentiel à la vie ?

    Message  jean ghislain le Mar 26 Juin 2012 - 0:09

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:Pourquoi la première ne serait-elle pas aussi une affirmation de la vie ?
    Dans Ainsi Parlait Zarathoustra, De la rédemption, Nietzsche a écrit:Et si l'on rend ses yeux à l'aveugle, il voit sur terre trop de choses mauvaises : en sorte qu'il maudit celui qui l'a guéri. Celui cependant qui fait courir le boiteux lui fait le plus grand tort : car à peine sait-il courir que ses vices s'emballent.
    Ce qui veut dire de façon imagée que si l'on donne des instruments intellectuels (par l'enseignement de la philosophie), il débouchera soit d'un côté (si l'âme est à l'origine malade) que des choses malsaines, soit de l'autre côté (si l'âme est déjà saine), que de belles pensées. C'est pour cela que les philosophies qui "soignent" ne peuvent être comparées aux philosophies qui affirment la vie.
    Même si j'aimerais y croire, il n'y a pas de valeur "salvatrice" de la philosophie, de celle qui pourrait ouvrir les yeux qui voient trouble. Comme s'il suffisait de sortir les âmes du fond de leur caverne pour leur faire découvrir la lumière de la vérité. Au contraire la philosophie peut être un instrument pour se confirmer dans ses propres opinions, ce qui en fait un usage malsain.
    Là où la philosophie resterait une bonne chose, ce serait dans le développement d'une vie pleine et saine, mais est-ce le cas? Question

    Janus

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    Re: Le savoir est-il essentiel à la vie ?

    Message  Janus le Mar 26 Juin 2012 - 0:37

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:....Là où la philosophie resterait une bonne chose, ce serait dans le développement d'une vie pleine et saine, mais est-ce le cas? Question
    Le problème c'est qu'"une vie pleine et saine" ce ne sera pas la même chose pour tout le monde compte tenu de la diversité des hommes et de leurs penchants divergents. La philosophie au contraire a pour but de définir quels sont les critères "universels" de ce qu'est "une bonne chose", sinon ce ne sera pas de la philosophie mais juste un divertissement, un "oubli" de soi. Smile

    jean ghislain

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    Re: Le savoir est-il essentiel à la vie ?

    Message  jean ghislain le Mar 26 Juin 2012 - 1:10

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:
    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:....Là où la philosophie resterait une bonne chose, ce serait dans le développement d'une vie pleine et saine, mais est-ce le cas? Question
    Le problème c'est qu'"une vie pleine et saine" ce ne sera pas la même chose pour tout le monde compte tenu de la diversité des hommes et de leurs penchants divergents. La philosophie au contraire a pour but de définir quels sont les critères "universels" de ce qu'est "une bonne chose", sinon ce ne sera pas de la philosophie mais juste un divertissement, un "oubli" de soi. Smile
    J'ai beaucoup de mal avec ce qui voudrait passer pour universel. Finalement chacun ne partage pas grand chose avec le reste du monde, et ce serait un peu idéaliste que d'avoir des prétentions à l'universalité.
    Mais je serais d'accord avec le fait qu'il faut faire avec la diversité humaine. Je suis plus pour la notion de totalité à l'échelle de tous les hommes, et pour celle de plénitude à l'échelle individuelle, plutôt que pour celle d'universalité. L'universel, c'est faire rentrer l'autre dans ce qui nous est propre. C'est rare et ça ne doit pas être le but de la philosophie d'après moi, que de faire d'autrui un "semblable". Au contraire l'autre, c'est l'altérité, que je fais aussi rentrer dans mon domaine, mais que je laisse être différent.
    Une vie pleine et saine, ce ne serait pas un idéal universel d'existence pour moi, mais un développement de chaque individualité. Là je trouverais une utilité à la philosophie, si elle permettait cela. C'est le cas au moins pour mes philosophes préférés !

    melokrik

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    Re: Le savoir est-il essentiel à la vie ?

    Message  melokrik le Mar 26 Juin 2012 - 5:13

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:
    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:La philosophie est-elle finalement utile pour vivre ?
    mélokrik a écrit:Tout dépendant de ce que chaque individu considère essentiel afin de vivre de son plein épanouissement.
    Tout dépend d'où l'on part, pourquoi on veut en partir et vers quoi on veut aller, effectivement. Les philosophes seraient-ils des êtres qui partent malheureux ? Mais je crois en la vertu médicinale de la philosophie, c'est du réconfort pour les âmes, non ? Cet univers idéal, où tout s'explique par A+B, où l'on voit Dieu partout - qui nous aime, qui plus est ? Si la religion est l'opium du peuple, la philosophie serait-elle le médicament de l'élite?
    Chaque individu est libre de penser comme il le veut. Chaque individu qui philosophe, et ce, même sans le savoir pourrait-il être tout de même heureux ? Pourquoi des personnes qui philosophent seraient-elles des êtres voués nécessairement à être malheureux ? Est-ce qu'une société, si équilibrée et ''parfaite'' soit-elle, pourrait accueillir des âmes philosophiques heureuses ? Je crois que oui... et malheureuses aussi. Tout dépendrait-il de la perception de chacun ?

    Silentio

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    Re: Le savoir est-il essentiel à la vie ?

    Message  Silentio le Mar 26 Juin 2012 - 11:59

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:Ce qui veut dire de façon imagée que si l'on donne des instruments intellectuels (par l'enseignement de la philosophie), il débouchera soit d'un côté (si l'âme est à l'origine malade) que des choses malsaines, soit de l'autre côté (si l'âme est déjà saine), que de belles pensées. C'est pour cela que les philosophies qui "soignent" ne peuvent être comparées aux philosophies qui affirment la vie.
    Je pense au contraire que les philosophies du soin sont la philosophie et qu'elle se préoccupe de la vie sous toutes ses formes et vise à l'élever ou à la parfaire, ou bien encore à faire accepter cette vie. Et puis je trouve votre distinction encore trop emprunte du couple fort/faible, ou vie ascendante/décadente. Or comme le répète Euterpe, vivre c'est agir et créer. Si elle est d'emblée affirmative, spontanée, tant mieux. Si elle est dégradée et lutte pour elle-même, agit pour dépasser ses déchirures et se dépasser elle-même, persévère et résiste, alors elle est active et une vie diminuée n'en est pas nécessairement une vie nulle qui viserait sa propre corruption. Ainsi, le soin, c'est la vie se mettant à son propre service pour, dans ses efforts contrariés et renouvelés, s'autodépasser et s'affirmer. Même au travers de différentes stratégies et d'artifices, de moyens détournés. Une vie faible peut se donner les moyens de se renforcer et s'intensifier dans la lutte ou la réflexivité et la formation d'un ethos, tandis qu'une vie spontanée peut s'épuiser dans son affirmation et dépérir par excès, sans limites, s'affaiblir dans la violence, l'urgence et l'extrémité de son expression. Ainsi, il n'y a pas que le génie romantique qui vit et se consume dans son embrasement, n'importe qui est déjà, de fait, vivant, agissant et créateur, et possède un potentiel qui peut encore s'exprimer. Le soin est alors l'expression de ce potentiel pour pouvoir l'exprimer encore plus et en faisant se faire, laisser la vie se donner ses propres formes au lieu d'en subir.

    Zingaro
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    Re: Le savoir est-il essentiel à la vie ?

    Message  Zingaro le Mar 26 Juin 2012 - 12:14

    Je ne sais pas si la philosophie doit être utile ni même si elle doit quoi que ce soit, en revanche je sais qu'elle est parfois nécessaire. La vie en vient souvent à détruire nos convictions, à balayer nos illusions, ce faisant elle nous amène à redéfinir notre place, notre jugement, notre appréciation des choses. Ce n'est pas celle que je préfère, ce n'est pas une philosophie libre. Je trouve dommage qu'on oublie souvent l'aspect ludique de la philosophie, de la recherche, de l'élaboration philosophique.

    Bergson disait que sa philosophie était de croire, à chaque instant, qu'un miracle est sur le point d'arriver. Je trouve passionnant d'essayer de retracer les enchaînements, les sommets et les vallées de sa pensée. Comment en arrive-t-il à un tel panorama, quelles sont ses forces, ses richesses, ses lacunes ? Ceux qui étudient sérieusement la philosophie doivent bien savoir qu'elle prend souvent la forme d'un jeu de pistes, à l'intérieur d'une même œuvre, d'un même courant ou même à travers les siècles, et surtout, à l'intérieur de soi.

    jean ghislain

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    Re: Le savoir est-il essentiel à la vie ?

    Message  jean ghislain le Mar 26 Juin 2012 - 19:39

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:Si elle est d'emblée affirmative, spontanée, tant mieux. Si elle est dégradée et lutte pour elle-même, agit pour dépasser ses déchirures et se dépasser elle-même, persévère et résiste, alors elle est active et une vie diminuée n'en est pas nécessairement une vie nulle qui viserait sa propre corruption. Ainsi, le soin, c'est la vie se mettant à son propre service pour, dans ses efforts contrariés et renouvelés, s'autodépasser et s'affirmer.
    La philosophie peut aussi servir à soigner l'âme, encore faut-il partir sur de bonnes bases. Quand on est le nez dans les problèmes, il y a très peu de bonnes paroles qui fassent mouche. Mais c'est sûr, avec de la bonne volonté, de la sincérité envers soi-même, on peut avancer avec l'aide de la philosophie. Il faut alors aller chercher en soi les ressources les meilleures afin d'arriver à un résultat admirable. Et avec un peu de chance, oui pourquoi pas, la philosophie peut soigner... l'espoir n'est pas interdit ! Dans ce sens je serais d'accord avec vous, mais cela demanderait plus qu'un moindre effort, d'après moi... car en réalité bien souvent on retrouve chez ceux qui pratiquent la philosophie autant de vices (de pensées, j'entends) que l'on retrouve parmi la multitude (mal-)pensante, je veux dire autant de préjugés, d'opinions à la va-vite, d'a-priori, où l'idée que l'on veut bien se faire du monde remplace la réalité - et c'est là que réside le principal problème, je pense.

    Janus

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    Re: Le savoir est-il essentiel à la vie ?

    Message  Janus le Mer 27 Juin 2012 - 10:49

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:J'ai beaucoup de mal avec ce qui voudrait passer pour universel. Finalement chacun ne partage pas grand chose avec le reste du monde, et ce serait un peu idéaliste que d'avoir des prétentions à l'universalité.
    Mais je serais d'accord avec le fait qu'il faut faire avec la diversité humaine. Je suis plus pour la notion de totalité à l'échelle de tous les hommes, et pour celle de plénitude à l'échelle individuelle, plutôt que pour celle d'universalité. L'universel, c'est faire rentrer l'autre dans ce qui nous est propre. C'est rare et ça ne doit pas être le but de la philosophie d'après moi, que de faire d'autrui un "semblable". Au contraire l'autre, c'est l'altérité, que je fais aussi rentrer dans mon domaine, mais que je laisse être différent.
    Une vie pleine et saine, ce ne serait pas un idéal universel d'existence pour moi, mais un développement de chaque individualité. Là je trouverais une utilité à la philosophie, si elle permettait cela. C'est le cas au moins pour mes philosophes préférés !
    Et pourtant la notion d'universalité est essentielle en philosophie. Mais le but de la philosophie n'est pas d'établir un modèle "idéal et universel" d'existence pour quiconque, ou nous convaincre que ce modèle serait le meilleur, mais plus exactement d'observer et de décrire comment les "choses" se passent dans la nature, dans l'histoire, etc... Ceux qui ont la prétention d'établir et de nous proposer des modèles idéaux de société ou de conduite sont les hommes politiques et non les philosophes, qui eux n'ont pour rôle que d'interpréter le plus objectivement possible la réalité et le réel.
    Nous dévoiler la portée de ce concept d'universalité, nous faire comprendre sa fonctionnalité, sa portée... à cela se limite le rôle du philosophe et non à nous "faire passer pour universel" ce qui ne l'est pas.

    Je dirais donc que le propre de l'homme est de rechercher ce qui est universel dans le divers à commencer par la démarche scientifique (cf. Kant CRP) qui consiste, au moyen de cet outil qu'est la raison, à comprendre les relations qui animent les "lois universelles" de la nature, ce qui est le premier pas qui fut accompli par l'homme vers ce concept fondamental d'universalité.

    Euterpe

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    Re: Le savoir est-il essentiel à la vie ?

    Message  Euterpe le Sam 30 Juil 2016 - 22:40

    Édition complète du topic. Messages hors-sujet déplacés dans les Archives du forum.

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