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    Recherche d'un texte.

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    BILLOTTA J-F

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    Recherche d'un texte.

    Message  BILLOTTA J-F le Mar 27 Sep 2011 - 11:33

    Bonjours à tous,

    je suis à la recherche d'un texte que j'avais étudié au lycée. Ce texte, écrit par un philosophe, faisait une critique péjorative des "nouveaux disciples", il relatait l'évolution des comportements et expliquait que les disciples d'avant étaient beaucoup plus sages et respectueux.

    Merci par avance.
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    Euterpe

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    Re: Recherche d'un texte.

    Message  Euterpe le Mar 27 Sep 2011 - 11:39

    Un texte du XVIIIe siècle ?

    BILLOTTA J-F

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    Re : recherche d'un texte

    Message  BILLOTTA J-F le Mar 27 Sep 2011 - 13:25

    Je n'ai aucun renseignement, malheureusement, sur ce texte. Je dois l'avouer au moment où j'avais étudié ce texte, je m’intéressais peu à la lecture. Et pourtant, me voilà devenu enseignant en maintenance et formateur d'enseignants en didactique de la discipline. Et à propos de ce dernier point, je suis constamment interpellé par des enseignants qui trouvent que "c'était mieux avant, que les élèves avaient le respect du professeur...".
    Et ce texte montrait bien qu'à toutes les époques, les enseignants, professeurs, formateurs... avaient déjà le même ressenti.

    Silentio

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    Re: Recherche d'un texte.

    Message  Silentio le Mar 27 Sep 2011 - 13:45

    Vous avez deux critères, l'auteur du texte est un pédagogue et il fait certainement partie des philosophes qui sont officiellement au programme de Terminale. A mon avis il faudrait chercher du côté des stoïciens.
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    Euterpe

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    Re: Recherche d'un texte.

    Message  Euterpe le Mar 27 Sep 2011 - 20:47

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:me voilà devenu enseignant en maintenance et formateur d'enseignants en didactique de la discipline. Et à propos de ce dernier point, je suis constamment interpellé par des enseignants qui trouvent que: "c'était mieux avant, que les élèves avaient le respect du professeur...".
    Et ce texte montrait bien qu'à toutes les époques, les enseignants, professeurs, formateurs... avaient déjà le même ressenti.
    A vrai dire, on trouve cette réaction de partout à propos de tout et depuis toujours. Vous pouvez recourir à l'œuvre d'Hésiode, [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], et au [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] de Rousseau, pas pour étudier les textes en eux-mêmes, évidemment, mais pour montrer qu'il y a une tendance constante de génération en génération, et qui consiste à dire, en gros, que c'était mieux avant.

    Mais, si vous le souhaitez, vous avez un texte magnifique que vous pouvez faire étudier, de Baldassar Castiglione, dans Le livre du courtisan (1528), au programme de l'agrégation de philosophie cette année. Ce sont les trois premiers chapitres du Livre II (je vous cite l'intégralité du premier) :
    A messire Alfonso Ariosto

    J'ai souvent considéré, non sans grand étonnement, d'où procède une erreur que l'on peut croire être propre et naturelle aux vieillards, parce qu'elle se voit communément chez ceux-ci : c'est que presque tous louent le temps passé et blâment le présent, en méprisant nos actions et nos manières de faire, et tout ce qu'ils ne faisaient point dans leur jeunesse. Ils affirment aussi que toute bonne coutume et toute bonne manière de vivre, toute vertu, et en somme toute chose, vont toujours de mal en pis.

    Et vraiment cela semble chose fort éloignée de la raison, et surprenante, que l'âge mûr, qui, par une longue expérience, a l'habitude de rendre, quant au reste, le jugement des hommes plus parfait, le corrompt tellement sur ce point qu'il ne s'aperçoit pas que si le monde allait toujours en empirant et que les pères fussent en général toujours meilleurs que les enfants, il y a longtemps que nous serions arrivés à cet ultime degré du mal qui ne peut plus empirer. Et pourtant nous voyons que ce défaut a toujours été particulier à la vieillesse, non seulement de notre temps, mais aussi dans le passé ; cela est manifeste et connu par les écrits de nombreux auteurs très anciens et principalement des comiques, qui expriment mieux que les autres l'image de la vie humaine.

    Je pense donc que les vieillards ont cette fausse opinion parce que les ans qui fuient emportent avec eux beaucoup de commodités, et entre autres enlèvent du sang une grande partie des esprits vitaux, ce qui altère la complexion, et les organes, par lesquels l'âme exerce ses vertus, s'affaiblissent. C'est pourquoi, dans cette saison de la vie, les douces fleurs de contentement tombent de nos cœurs, comme en automne les feuilles tombent des arbres, et à la place des sereines et claires pensées pénètre la nuageuse et trouble tristesse, accompagnée de mille calamités, de manière que non seulement le corps, mais aussi l'esprit est malade ; il ne retient rien des plaisirs passés, sinon une tenace souvenance et l'image de ce temps si cher de l'âge tendre, dans lequel, quand nous nous y retrouvons, il nous semble que le ciel, la terre et toutes choses font fête et rient sous nos yeux, et dans notre pensée, comme dans un beau et plaisant jardin, fleurit le doux printemps de la liesse. Pour cette raison, peut-être serait-il utile, quand déjà, dans la froide saison, le soleil de notre vie commence à décliner vers l'occident en nous dépouillant de nos plaisirs, d'en perdre aussi en même temps la mémoire, et de trouver, comme disait Thémistocle, un art qui enseignât à oublier ; car les sens de notre corps sont si fallacieux que souvent même ils trompent le jugement de l'esprit.

    Ce pourquoi il me semble que les vieillards sont dans la même condition que ceux qui, partant du port, ont les yeux fixés sur la terre, et il leur semble que le navire ne bouge pas et que la rive s'en va tout au contraire ; car le port, et pareillement le temps et les plaisirs, demeurent en leur état, et nous, fuyant avec la nef de la mortalité, nous nous en allons l'un après l'autre vers cette mer tempétueuse qui engloutit et dévore toute chose, et il ne nous est plus jamais permis de revenir à terre, mais, continuellement battus par des vents contraires, nous finissons par rompre notre vaisseau contre quelque écueil.

    Parce qu'il n'est donc plus apte à beaucoup de plaisirs, l'esprit du vieil homme ne peut plus les goûter ; et de même que tous les vins, encore qu'ils soient bons et délicats, paraissent amers à ceux qui ont la fièvre, à cause de leur goût qui a été gâté par les vapeurs corrompues, de même, chez les vieilles gens, à cause de leur inaptitude, à laquelle pourtant ne manque pas le désir, les plaisirs semblent fades, froids et forts différents de ceux qu'ils se souviennent avoir éprouvés, bien que les plaisirs en soi soient les mêmes. C'est pourquoi, se sentant en être privés, ils se plaignent et blâment le temps présent comme mauvais, et ne perçoivent pas que cette mutation procède d'eux et non du temps. Au contraire, faisant revenir en leur mémoire les plaisirs passés, ils se souviennent aussi du temps où ils les ont eus, et pour cette cause, ils le louent comme bon, parce qu'il semble qu'il apporte avec lui une odeur de ce qu'ils sentaient en lui quand il était présent.

    Car nos pensées effectivement ont en haine toutes les choses qui ont été compagnes de nos déplaisirs, et aiment celles qui ont été compagnes des plaisirs. Au moyen de quoi il advient qu'un amoureux prend parfois grand plaisir à voir une fenêtre, bien qu'elle soit fermée, parce qu'une fois il aura eu la faveur d'y contempler sa maîtresse ; pareillement il aura plaisir à voir une bague, une lettre, un jardin, un autre lieu, ou quelque chose que ce soit, qui lui semble avoir été le témoin complice de ses plaisirs. Au contraire, souvent, une chambre bien décorée et belle sera abhorrée par celui qui y aura été emprisonné, ou qui y aura souffert quelque autre déplaisir. J'en ai connu certains qui jamais ne boiraient dans une coupe ressemblant à celle dans laquelle, quand ils étaient malades, ils avaient pris quelque médecine ; car, de même que la fenêtre, ou l'anneau, ou la lettre, représente à l'un la douce mémoire qui lui est si agréable, parce qu'il lui semble qu'elle a été autrefois une part de ses plaisirs, de même il paraît à un autre que la chambre ou la coupe, avec le souvenir, ramène la maladie ou la prison. Je crois que pour cette raison les vieillards sont amenés à louer le temps passé et à blâmer le présent.
    Je n'aimerais pas être à votre place. On ne combat pas la sénilité de ceux qui, parce qu'ils vont mourir, croient que le monde est mort avant eux. Si votre auditoire est convaincu de vivre en des temps barbares, il mourra avec cette pensée.

    Liber

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    Re: Recherche d'un texte.

    Message  Liber le Mer 28 Sep 2011 - 9:53

    Leopardi a également écrit un texte sur le sujet.
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    Desassocega

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    Re: Recherche d'un texte.

    Message  Desassocega le Mer 28 Sep 2011 - 12:41

    Merci pour ce texte, Euterpe, je le retiens ! Moi qui ai toujours éprouvé une haine (le mot est peut-être un peu fort) pour les vieux séniles et réactionnaires !
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    Euterpe

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    Re: Recherche d'un texte.

    Message  Euterpe le Mer 28 Sep 2011 - 16:33

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:Leopardi a également écrit un texte sur le sujet.
    Vous pensez à son Histoire du genre humain ?

    Liber

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    Re: Recherche d'un texte.

    Message  Liber le Jeu 29 Sep 2011 - 10:06

    Dans les Pensées, aux éditions Allia. Je n'ai trouvé que cet ouvrage de Léopardi.

    Liber

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    Re: Recherche d'un texte.

    Message  Liber le Sam 1 Oct 2011 - 9:11

    J'ai retrouvé ce texte. Pensée XXXIX, qui cite votre passage du Courtisan, de "Je pense donc que" jusqu'à "le témoin complice de ses plaisirs". Suit un long commentaire de Léopardi qui débute par :
    Ainsi, en des mots aussi beaux que redondants, comme il sied aux prosateurs italiens, Castiglione énonce-t-il une pensée des plus justes.

      La date/heure actuelle est Lun 11 Déc 2017 - 4:49