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    Gouvernement mondial.

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    bodiam

    Messages : 5
    Date d'inscription : 19/07/2013

    Re: Gouvernement mondial.

    Message  bodiam le Ven 19 Juil 2013 - 4:19

    Je ne pense pas qu'avoir une sorte d’État-monde, ou encore de gouvernement mondial soit une idée tout à fait idéale. Déjà les pays actuels souffrent de forts dysfonctionnements et de disparités régionales très fortes ce qui rend leur gestion de plus en plus difficile.
    On peut prendre l'exemple d'un pays comme la Russie où la gestion d'une telle immensité, avec des populations aussi diverses, devient impossible. Si on transforme ce modèle à l'échelle mondiale ça serait le début d'une série infinie de guerres identitaires et ethniques qui seront sans doute là pour rappeler le Moyen Âge... 
    Même avec une sorte de fédéralisme, avec une hiérarchie allant des régions, communes vers l’État, puis vers un gouvernement mondial cela serait ingérable, sans parler des coûts supplémentaires que cela va engendrer. 
    De même je doute fortement que les richesses de la planète soient suffisantes pour tous, soit on aura des régions riches et des régions pauvres et par conséquent une immigration énorme et incontrôlable vers les pays riches, soit on aura une distribution des richesses qui ne va profiter à personne et tous les pays vont vivre avec un niveau de vie très moyen... 
    Je pense d'ailleurs que les inégalités doivent se perpétuer pour permettre un certain équilibre sur Terre.
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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  Invité le Sam 20 Juil 2013 - 15:17

    bodiam a écrit:Je ne pense pas qu'avoir une sorte d’État-monde, ou encore de gouvernement mondial soit une idée tout à fait idéale.
    On peut d'ailleurs citer Schmitt sur l'impossibilité d'un État unique, universel, régissant l'ensemble de l'humanité :
    Carl Schmitt a écrit:Le caractère spécifique du politique entraîne un pluralisme des États. Toute unité politique implique l'existence éventuelle d'un ennemi et donc la coexistence d'une autre unité politique. Aussi, tant que l’État en tant que tel subsistera sur cette terre, il en existera plusieurs et il ne saurait y avoir d’État universel englobant toute l'humanité et la terre entière. Le monde politique n'est pas un universum, mais, si l'on peut dire, un pluriversum. [...] L'unité politique ne saurait, vu sa nature, être universelle au sens où elle serait une unité englobant toute l'humanité et la planète entière. Le jour où les peuples, les religions, les classes et les autres groupes humains sur cette terre, dans toute leur diversité, seront unis au point de rendre impossible et inconcevable une lutte entre eux, où la possibilité même d'une guerre civile au sein d'un empire englobant la terre entière sera très réellement écartée à tout jamais, où donc même la simple éventualité d'une discrimination ami-ennemi aura disparu, il n'y aura plus que des faits sociaux purs de toute politique : idéologie, culture, civilisation, économie, morale, droit, arts, divertissements, etc., mais il n'y aura plus ni politique ni État. J'ignore si la Terre et l'humanité connaîtront jamais cet état et quand cela se produira. En attendant, il n'existe pas.

    La notion de politique (1932), Flammarion, p.95-96.
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    Kthun
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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  Kthun le Jeu 5 Déc 2013 - 18:36

    Gabriel Tarde, Les Lois de l'imitation, 1890, Éditions du Seuil, p.441-442 a écrit: A toute époque, jusqu'à la nôtre, on a vu les États les plus grands s'étendre aussi loin ou plus loin que les moyens de communication alors en usage le leur permettaient pratiquement. Mais, de nos jours, il est manifeste que les grandes inventions de notre siècle rendraient possibles et durables des agglomérations bien supérieures en étendue à toutes celles qui existent. C'est donc là une anomalie historique sans exemple dans le passé, et nous devons croire qu'elle est destinée à disparaître. Le monde est plus mûr maintenant pour la concentration de toute l'Europe, du nord de l'Afrique et de la moitié de l'Asie en un seul État, qu'il ne l'a jamais été pour la conquête romaine, pour la conquête arabe ou l'empire de Charles Quint. - Est-ce à dire que nous devions nous attendre à voir un Empire unique, étendu au globe entier ? Non. De la loi développée plus haut sur l'alternance de la mode et de la coutume, sur le retour final, inévitable, au protectionnisme coutumier après un temps plus ou moins long de libre-échange des exemples, il résulte que l'agrandissement naturel, je ne dis pas factice, d'un État quelconque, ne saurait jamais dépasser certaines limites. Par suite, il n'y a pas lieu de concevoir l'espérance qu'un seul État règne durablement sur toute la terre et que la possibilité de la guerre y soit supprimée. Bien mieux, à mesure que l'unification ou du moins la fédération des nations civilisées devient plus désirable et plus ardemment souhaitée, les obstacles qui s'opposent à sa réalisation, orgueil et ressentiments patriotiques, préjugés nationaux, intérêts collectifs mal compris ou étroitement conçus, souvenirs historiques accumulés, ne cessent de grandir. On dirait que cette aspiration grandissante, arrêtée par cette croissante difficulté, est le supplice infernal auquel la civilisation condamne l'homme. Toujours plus brillant, mais toujours plus reculé, luit à nos yeux, ce semble, le mirage de la paix perpétuelle et universelle.
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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  Invité le Mar 29 Avr 2014 - 18:31

    Julien Freund, Qu'est-ce que la politique ?, 1967, Éditions du Seuil, p.46 a écrit:L'aspect positif de la sécurité (entendu comme recherche et sens formel des espoirs de l'humanité et non comme réalisation pratique) s'oriente d'après la notion de l'amitié intelligible, sous la forme de l'unité politique mondiale unique ou, à défaut, d'une communauté internationale cohérente, homogène et la plus paisible possible. Il s'agit là, semble-t-il, d'une aspiration qui restera sans doute toujours idéale et utopique, bien qu'à l'occasion et à certaines périodes elle réussisse à se concrétiser dans des essais d'institutions destinées à garantir la sécurité collective des États. Ces espoirs toujours déçus et toujours renaissants se fondent sur le phénomène connu suivant : au-delà d'un certain seuil la plus grande puissance devient sa propre ennemie. En effet, il s'en faut de beaucoup qu'il y ait nécessairement adéquation entre la plus grande force et la plus grande sécurité, car à un certain niveau il se produit une rupture qui fait que l'accroissement de la puissance entraîne un affaiblissement, soit que par jalousie ou par peur les amis et les alliés se détachent et rejoignent le camp adverse, soit que le sentiment de la supériorité suscite une fausse impression de sécurité par suite d'un relâchement intérieur dû à l'absence d'une compétition ouverte, soit que les calculs de prudence et l'estimation du pire dégénèrent en précautions pusillanimes, soit enfin que la griserie de la gloire fasse perdre de vue les objectifs politiques. D'un autre côté, bien que les organisations internationales ne voient en général le jour que sous l'impulsion d’États victorieux après une guerre longue et pénible, avec l'espoir souvent déçu qu'ils réussiront par ce moyen à consolider davantage leur suprématie, les petites nations manifestent le plus souvent une confiance presque instinctive en un système de sécurité collective et sont donc portées à favoriser de tels projets, parce qu'elles croient y trouver le bénéfice d'une puissance au moins apparente.
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    Euterpe

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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  Euterpe le Jeu 28 Juil 2016 - 16:48

    Édition complète du topic. Messages hors-sujets et fantaisistes déplacés dans les Archives du forum.

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