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    Gouvernement mondial.

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    Georges Réveillac

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    Message  Georges Réveillac le Sam 3 Sep 2011 - 23:35

    Avons-nous besoin d’un État-monde ?

    L’air n’appartient à aucune nation. L’eau non plus. Et le pétrole ? Et toutes les matières premières ? Et les océans ? Et les climats ? L’économie elle-même est de plus en plus planétaire : chaque nation dépend des autres pour assurer sa subsistance. « Je te tiens, tu me tiens, par les tripettes .» Bref, les problèmes de l’humanité sont de plus en plus mondiaux. Et on leur cherche encore et toujours des réponses nationales.

    Comment sortir de cette impasse ? Sur la page vers laquelle je vous donne un lien, dans les parties intitulées « Pour une économie mondiale, faut-il un État-monde ? » et « Puisque la Terre est un village, quand aura-t-il son maire ? », je propose des solutions. Qu’en pensez-vous ? roman philosophique, chapitre 9, 2ème partie
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    Euterpe

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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  Euterpe le Ven 11 Nov 2011 - 2:11

    Georges Réveillac a écrit:L’air n’appartient à aucune nation. L’eau non plus.
    Avez-vous lu Bertrand de Jouvenel, Arcadie, essais sur le mieux-vivre ?

    Georges Réveillac a écrit:Bref, les problèmes de l’humanité sont de plus en plus mondiaux. Et on leur cherche encore et toujours des réponses nationales.
    Il n'y a pas d'État-monde. On n'a encore pas trouvé d'alternative à la nation. Pierre Manent a écrit un opuscule à ce sujet, La raison des nations, qui constitue une excellente critique de l'Europe telle qu'elle se constitue.

    Georges Réveillac a écrit:« Puisque la Terre est un village, quand aura-t-il son maire ? », je propose des solutions.
    En attendant de lire votre ouvrage, une question. Vous voudriez un maire pour administrer un village qu'on appelle Terre. Et le pluralisme ? Quelle différence entre votre maire, un président, un tyran, un despote, un dictateur, un premier secrétaire d'un parti unique, etc. ? D'une certaine manière, votre solution consiste à sortir du politique, de la sphère du politique, puisque votre village n'a rien qui puisse être comparable à la cité.


    Dernière édition par Euterpe le Mar 11 Fév 2014 - 14:20, édité 1 fois
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    Georges Réveillac

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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  Georges Réveillac le Dim 13 Nov 2011 - 22:57

    Euterpe a écrit:Vous voudriez un maire pour administrer un village qu'on appelle Terre. Et le pluralisme ? Quelle différence entre votre maire, un président, un tyran, un despote, un dictateur, un premier secrétaire d'un parti unique, etc. ? D'une certaine manière, votre solution consiste à sortir du politique, de la sphère du politique, puisque votre village n'a rien qui puisse être comparable à la cité.
    Quelqu’un a comparé le monde à un camion fou qui fonce droit dans le mur. Je préfère le comparer à un train dont chaque nation est un wagon. Il n’y a pas de conducteur à ce train. Et il va de plus en plus vite.

    Quand je dis « maire », c’est une image. A l’humanité d’inventer une gouvernance mondiale efficace. Je ne crois pas que ce serait la fin des nations. Ce serait plutôt leur survie et leur épanouissement tandis que, si elles restent prisonnières du train fou, c’est leur mort probable à brève échéance.

    Le monde est compartimenté en États-nations  tandis que le marché, notre grand maître aveugle, est de plus en plus mondialisé. En conséquence, dans les pays pauvres où la main-d’œuvre est très bon marché, il y a de l’or à gagner. On démonte des machines chez nous pour les installer là où les salaires sont les plus bas. Et on importe les produits que l’on fabriquait avant ce tour de passe-passe. Les chiffres suivants ne sont donc pas surprenants :

    • Les investissements étrangers en France sont de 20 milliards d’euros, tandis que les investissements français à l’étranger sont de 60 milliards (pour 2010 - conférence de Philippe Barrieu, professeur agrégé en économie politique).
    • Le déficit commercial de la France est en bonne voie pour battre cette année son record de 70 milliards d’euros.


    Que gagnons-nous à faire fabriquer nos chaussettes et nos statuettes de Lourdes en Chine ?

    Le jeu de "saute-frontières" est un régal pour les mafias, les escrocs du fisc, et qui sais-je encore… Pensez aux paradis fiscaux, aux pavillons de complaisance… Le cheval fou qui mène l’économie mondialisée fait beaucoup de ravages, mais ceci ne met peut-être pas l’humanité en danger de mort. Il existe au milieu de l’océan un continent de déchets, grand comme plusieurs fois la France. Aucune organisation mondiale ne s’en occupe. Les nations ne peuvent s’entendre pour contrôler la pollution planétaire. La vie sur terre reçoit des blessures de plus en plus terribles. Existe-t-il une autorité qui contrôle vraiment les armes nucléaires ?

    Je suis sidéré de voir les prouesses que réalise l’homme en informatique ainsi que dans toutes les sciences et techniques plus ou moins dures et son incapacité à se gouverner lui-même. D’un côté une intelligence éblouissante, de l’autre quelque chose qui frise le crétinisme. J’imagine la stupéfaction d’un extra-terrestre observant l’humanité en marche : « Incroyable ! Ils dirigent des satellites dans l’espace et ils ne sont même pas capables de se diriger eux-mêmes ! »

    Retournons voir comment les États-nations ont fait face à la crise de 1929, laquelle ressemble beaucoup à celle qui nous tourmente actuellement. C’était déjà une crise du commerce mondial. Les grandes nations se sont dit : « Puisque cette crise nous vient du reste du monde, replions-nous sur nous-mêmes, réglons la crise pour nous-mêmes, à l’intérieur de notre domaine ». Il fallait pour cela disposer d’un territoire assez vaste et riche pour fournir toutes les matières premières nécessaires à une économie moderne. Les États-Unis se sont refermés sur l’Amérique, la Grande-Bretagne sur le Commonwealth, la France sur son empire colonial. L’Allemagne, le Japon et l’Italie, enfermés dans leur petit territoire se sont dit : il nous faut conquérir un espace plus vaste, notre « espace vital ». Et nous avons eu la catastrophe, la 2e Guerre Mondiale.

    Voici, à titre d’exemple, la lettre qu’Hitler adressa à Roosevelt, pour se justifier et essayer d’obtenir sa neutralité bienveillante.
    M. Roosevelt,

    Je comprends très bien que l’étendue de votre nation et les immenses richesses de votre pays vous permettent  de vous croire responsable de l'histoire du monde entier et du sort de toutes les nations. Moi, Monsieur, je suis placé dans une sphère beaucoup plus petite et beaucoup plus modeste.

    Un jour, j'ai pris en main la direction d'un État menacé d'une ruine totale grâce à la confiance qu'il avait mise dans les promesses du reste du monde et dans le mauvais régime des gouvernements démocratiques. Depuis lors, M, Roose­velt, je n'ai pu remplir qu'une seule mission, très simple. Je ne peux me sentir responsable de la destinée du monde, car ce monde s'est désintéressé du sort lamentable de mon propre peuple. Je me suis vu appelé par la Providence à servir mon peuple et mon peuple seul... J'ai vécu nuit et jour avec pour seul but le renouveau de la puissance de mon peuple, puisque le reste du monde nous abandonnait...

    J'ai sorti l'Allemagne du chaos, rétabli l'ordre, accru la production dans des proportions énormes. J'ai pu rendre un travail utile à sept millions de chômeurs. Non seulement j'ai donné aux Allemands l'union politique, mais je les ai aussi réarmés. J'ai également entrepris de déchirer feuille par feuille le traité dont les 448 articles contiennent l'oppres­sion la plus vile qu'un peuple, que des êtres humains aient jamais dû supporter.

    J'ai rendu au Reich des provinces qu'on nous avait volées en 1919, j'ai ramené au pays natal des millions d'Allemands qui en avaient été arrachés et vivaient une vie misérable, j'ai rétabli l'unité historique de l'espace vital alle­mand - et, M. Roosevelt, j'ai accompli tout cela sans répandre une seule goutte de sang et sans apporter à mon peuple, et aux autres par conséquent, les mal­heurs de la guerre.

    Moi qui, il y a 21 ans, n'étais qu'un travailleur inconnu et un obscur soldat de mon peuple, j'ai réalisé tout cela, M. Roosevelt, par ma seule énergie...

    Vous, M. Roosevelt, vous avez une tâche bien plus facile. Vous êtes devenu Président des États-Unis en 1933, cette année même où je devenais chancelier du Reich. Dès le premier jour, vous fûtes placé à la tête d'un des États les plus grands et les plus riches du monde... Vous avez à votre disposition les res­sources minérales les plus immenses qui soient... Bien que la population de votre pays excède à peine d'un tiers la popula­tion de la Grande Allemagne, vous possédez plus de quinze fois son espace vital. Les conditions qui prévalent dans votre pays sont de telle envergure que vous trouvez le temps et le loisir d'accor­der votre attention aux problèmes universels.

    Vos préoccupations et vos conseils cou­vrent donc un secteur beaucoup plus vaste que le mien, car, M. Roosevelt, le monde où m'a placé la Providence et pour lequel je suis obligé d'œuvrer est malheureusement beaucoup plus petit - mais pour moi, il est plus précieux que n'importe quel autre, car il s'identifie à mon peuple.

    Je crois cependant que c'est de cette façon que je peux le mieux servir ce qui nous concerne tous, la justice, le bien-être, le progrès et la paix pour la communauté humaine.

    Discours, 26 avril 1939.
    Bien sûr qu’un véritable gouvernement mondial est impossible à réaliser dans l’immédiat. Tout juste commence-t-on à parler de « gouvernance mondiale ».

    Alors, que faire ?

    J’espère qu’à nous tous, à commencer par les gens de ce forum, nous saurons trouver à temps une solution. Dans le « nous tous », j’inclus tous ceux qui vivront après moi.
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    Euterpe

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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  Euterpe le Dim 20 Nov 2011 - 19:20

    Georges Réveillac a écrit:A l’humanité d’inventer une gouvernance mondiale efficace.
    Une gouvernance mondiale, ça me paraît une antithèse, une impossibilité, ne serait-ce que parce que l'affaire est une question de proportions ; quel est le dénominateur commun réel, substantiel, consistant (pas théorique), entre un Népalais et un Irlandais ? Les désastres écologiques réels ou supposés provoqués par la civilisation technicienne, l'hyperéminence de l'économie ? Mais où est la politique, ici ?

    Georges Réveillac a écrit:Le monde est compartimenté en États-nations
    Oui et non. Si l'Europe n'est pas au diapason, elle est et reste une institution supra-nationale ; d'une manière générale, ce qui compte aujourd'hui, ce sont les grandes aires d'influence économique ou politique. Face à cela, et réduit à lui-même, le Népal n'existe pas. Une nation ne peut exister que dans un ensemble plus grand qu'elle, ou bien à la condition d'être l'épicentre d'un ensemble virtuel ou réel.

    Georges Réveillac a écrit:tandis que le marché, notre grand maître aveugle, est de plus en plus mondialisé. En conséquence, dans les pays pauvres où la main-d’œuvre est très bon marché, il y a de l’or à gagner. On démonte des machines chez nous pour les installer là où les salaires sont les plus bas. Et on importe les produits que l’on fabriquait avant ce tour de passe-passe. Les chiffres suivants ne sont donc pas surprenants :

    • Les investissements étrangers en France sont de 20 milliards d’euros, tandis que les investissements français à l’étranger sont de 60 milliards (pour 2010 - conférence de Philippe Barrieu, professeur agrégé en économie politique).
    • Le déficit commercial de la France est en bonne voie pour battre cette année son record de 70 milliards d’euros.

    Que gagnons-nous à faire fabriquer nos chaussettes et nos statuettes de Lourdes en Chine ?

    Le jeu de "saute-frontières" est un régal pour les mafias, les escrocs du fisc, et qui sais-je encore… Pensez aux paradis fiscaux, aux pavillons de complaisance… Le cheval fou qui mène l’économie mondialisée fait beaucoup de ravages, mais ceci ne met peut-être pas l’humanité en danger de mort.
    Tôt ou tard, on en viendra à une politique fiscale mondialisée. Nous serons encore loin du paradis institué.

    Georges Réveillac a écrit:Je suis sidéré de voir les prouesses que réalise l’homme en informatique ainsi que dans toutes les sciences et techniques plus ou moins dures et son incapacité à se gouverner lui-même. D’un côté une intelligence éblouissante, de l’autre quelque chose qui frise le crétinisme. J’imagine la stupéfaction d’un extra-terrestre observant l’humanité en marche : « Incroyable ! Ils dirigent des satellites dans l’espace et ils ne sont même pas capables de se diriger eux-mêmes ! »
    Un extra-terrestre ne serait sidéré que parce qu'il ne saurait pas ce qu'est la politique. Vous savez bien qu'une opération technique n'a rien de comparable avec l'action politique, même si la rationalisation du politique, maintenant séculaire, nous en donne l'illusion. Gouverner, c'est ce qu'il y a de plus difficile.

    Georges Réveillac a écrit:JAlors, que faire ?
    Quand les États ne seront plus les vulgaires clients endettés d'organismes financiers pour qui il est facile de les traiter comme de vils particuliers, l'horizon devrait être un peu plus dégagé. Et puis, ce qui manque aussi, c'est l'imagination politique. Il est sidérant de constater à quel point ce qui manque le plus, même aux meilleurs de nos hommes "politiques", c'est précisément ce qui faisait les hommes politiques, ce qui les distinguait : le jugement et l'action dans les circonstances, autrement dit dans l'imprévisible. Quand on comprendra qu'entre le planisme et la prudence, la prévoyance n'est pas là où on croit, peut-être aurons-nous quelques possibilités supplémentaires.
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    Georges Réveillac

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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  Georges Réveillac le Ven 25 Nov 2011 - 22:17

    Euterpe a écrit: quel est le dénominateur commun réel, substantiel, consistant (pas théorique), entre un Népalais et un Irlandais ?
    Quand je cesse de focaliser sur les différences (réelles) qui séparent les hommes, je suis émerveillé par tout ce qui les rapproche, bien plus important selon mon appréciation. Il suffit de parler à son voisin népalais pour que la glace tombe. Mais, après cela, le plus souvent, les difficultés commencent.
    J'ai enseigné pendant 10 ans aux paysans burkinabés. Je me suis demandé comment les aider à gagner le niveau de vie auquel ils aspirent et qu'ils viennent maintenant chercher chez nous. Puis je suis allé plus loin : comment associer la culture burkinabé et la nôtre, en développant le meilleur des deux, chacune gardant néanmoins sa personnalité, chaque culture restant vivante ?
    Je me cite :
    Comment les cultures peuvent-elles s’entendre et s’enrichir sans se détruire ?

    N’y avait-il pas déjà, là, une barrière infranchissable entre ces peuples et nous ? Eh bien, non ! En fait, la plupart des obstacles que j’ai évoqués, sinon tous, peuvent être franchis. Mais, pratiquement à chaque fois, il faudra y mettre patience et ténacité.

    D’une manière générale, pense que nous avons nous-mêmes érigé ces barrières, laborieusement, au cours de notre lutte pour vivre indéfiniment. Et voici le moment venu de les abaisser, ces maudites barrières, maintenant que toute existence humaine peut s’exprimer à l’échelle mondiale. Les hommes doivent être capables de comparer leurs modes d’existence respectifs et d’en tirer profit, à la manière dont les femmes peuvent se présenter mutuellement et commenter leurs toilettes, enrichissant ainsi leur arsenal de séductrices, sans pour autant se voler dans les plumes.

    Difficiles à présenter et à discuter sont les idéologies. Pour commencer, les interlocuteurs doivent admettre qu’ils ne détiennent pas forcément la vérité, mais qu’ils obéissent à des croyances. Face à ceux qui croient aux esprits maîtres de l’univers, nous aussi, les occidentaux, nous devons reconnaître que nous croyons en une autre explication : la matière dénuée de tout esprit aurait engendré la vie laquelle aurait donné naissance à notre âme mortelle.

    Admettre, le temps de la discussion, que nos croyances sont des croyances et non des vérités premières.

    Si les hommes parvenaient ainsi à baisser leur garde idéologique, le temps de jeter un regard curieux par dessus la haie de leur voisin, il arriverait moins souvent qu’ils égorgent leur semblable pour un banal délit d’opinion.

    Cependant, quelle que soit la culture qui les a formés, la plupart des gens se contentent de mettre en pratique les croyances de leur idéologie. Ils ne sont capables ni de les justifier ni de les discuter : c’est là le rôle des théologiens, ou des idéologues, ou des membres du comité d’éthique de notre douce France. Ce sont donc ces gens-là, ces grands prêtres, qui devraient se concerter pour comparer et tenter d’accorder leurs idéologies.

    Il est plus difficile encore d’apprécier mutuellement des règles de vie qui s’appuient sur des croyances oubliées. Vous savez qu’il faut en faire l’histoire ce qui, bien souvent, nécessite la contribution de spécialistes. Les historiens viendront donc éclairer les débats.
    Il faudrait certainement des années pour que cette synthèse au sommet se réalise, à supposer qu'on y arrive. Ensuite, il faudrait diffuser les idées et les pratiques nouvelles dans le peuple. Là encore, il faudrait beaucoup, beaucoup de temps. Mais ne serait-ce pas mieux que la destruction de langues, de cultures, de civilisations qu'accomplit la confrontation des peuples tout au long de l'histoire ?
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    Euterpe

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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  Euterpe le Sam 3 Déc 2011 - 6:21

    Georges Réveillac a écrit:J'ai enseigné pendant 10 ans aux paysans burkinabés. Je me suis demandé comment les aider à gagner le niveau de vie auquel ils aspirent et qu'ils viennent maintenant chercher chez nous. Puis je suis allé plus loin : comment associer la culture burkinabé et la nôtre, en développant le meilleur des deux, chacune gardant néanmoins sa personnalité, chaque culture restant vivante ?
    C'est là tout le problème. Vous pensez le peuple burkinabé en fonction d'un présupposé si intimement inoculé dans la "culture" occidentale que vous ne vous en apercevez pas : ce peuple n'a aucune antériorité dans votre pensée, vous le faites entrer dans une catégorie occidentale qui lui préexiste et qui n'entretient aucun rapport avec lui : le capitalisme (ou appelez ça comme vous voudrez). Vous le soumettez d'office à la question du "niveau de vie". Mais, à l'instant même où la question est posée, ce peuple n'existe plus.
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    Georges Réveillac

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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  Georges Réveillac le Sam 3 Déc 2011 - 22:53

    Euterpe a écrit:C'est là tout le problème. Vous pensez le peuple burkinabé en fonction d'un présupposé si intimement inoculé dans la "culture" occidentale que vous ne vous en apercevez pas.
    Effectivement, en 1964, quand je reçus une proposition de poste pour la Haute Volta (devenue depuis, le Burkina Faso), je dus aller voir sur l'Atlas où se trouvait ce pays dont j'ignorais tout. J'y allai donc, avec les idées reçues de l'époque,  porter la civilisation en échange d'un salaire confortable.
    J'étais affecté au Centre de Formation des Maîtres d’Éducation Rurale. Cette école formait, en un an, de jeunes gens d'une vingtaine d'années lesquels étaient ensuite dispersés en "brousse". Ils devraient, à leur tour, en trois ans, former de jeunes paysans illettrés, des adolescents. Leur enseignement se composait pour moitié d'alphabétisation et, pour le reste, de notions pratiques simples censées moderniser la vie rurale. C'était un demi, voire un quart, mais une amorce de succès quand même, dans ce pays où rien n'avait progressé en un siècle, mis à part le chiffre de la population. Hélas, pour des raisons propres au fonctionnement interne du soi-disant état voltaïque, le projet fut abandonné, malgré une promesse d'aide importante de l'Europe et de la Banque Mondiale (les autorités voulaient disposer à leur guise de l'argent).
    Donc, je portais à mes débuts une double naïveté : celle de la jeunesse, et celle de l'époque. Mais il me fallut bien apprendre.

    ce peuple n'a aucune antériorité dans votre pensée, vous le faites entrer dans une catégorie occidentale qui lui préexiste et qui n'entretient aucun rapport avec lui : le capitalisme (ou appelez ça comme vous voudrez).
     
    J'enseignais aux Burkinabés des rudiments d'histoire de leur pays. La référence en la matière était le professeur Joseph Ki Zerbo, un Voltaïque agrégé, auteur d'une histoire de l'Afrique. Je ne pouvais donc ignorer totalement les origines de ces peuples.
    Le commerce existait depuis des temps immémoriaux. Et même ! il y avait au moins un peuple spécialisé dans ce domaine : les Dioulas. Il y avait aussi de petits capitalistes, propriétaires d'un ou plusieurs camions, ou d'une quelconque entreprise employant plusieurs salariés. Mais cela se faisait à toute petite échelle. Pour l'essentiel, les paysans vivaient (et mouraient !) de ce qu'ils pouvaient arracher à la terre de leur village.
    Le problème n'était donc pas de diffuser un modèle économique capitaliste dont il existait déjà des embryons.
    L'essentiel des difficultés provenait de la culture burkinabée, de la manière dont ils concevaient et organisaient leur existence. Si, comme tout homme, ils font appel à la rationalité pour faire leur vie, c'est dans une proportion nettement moindre que nous. Ainsi, à l’Éducation Rurale, un de nos grands combats était d'amener les paysans à faire des semis en lignes, ce qui présente quantité d'avantages. Peine perdue : dès que nous avions le dos tourné, ils retournaient à leur semis traditionnel. J'ai même vu les techniciens agricoles procéder ainsi dans leurs champs personnels, après leur journée de travail rationnel. De même, l'artisan refuse d'utiliser les instruments de mesure.
    Autre obstacle de taille : la culture animiste. J'ai découvert son importance au cours de mon travail. A cette époque, je n'enseignais plus. Dans quelques écoles rurales, j'organisais des coopératives post-scolaires. C'était une expérience. Je suivais plus particulièrement la coopérative proche du Centre de Formation des Maîtres. Avec ces jeunes là, puisque nous étions proches de Ouagadougou, la capitale, nous cultivions un jardin maraîcher. Nous avions choisi une terre riche dans un bas-fonds. Après les dernières pluies, fin septembre, les hautes herbes de la savane commençaient à sécher. Il était temps de les couper afin de débuter la mise en culture. Or, je découvris avec stupeur que personne ne voulait faire ce travail. Personne !
    Permettez-moi de me citer :
    Pour obtenir ce qu’on veut de la nature, il faut appeler la puissance des esprits.

    Je découvris cette croyance par hasard, un jour où tous mes élèves refusaient de couper les hautes herbes sur le terrain qui allait être leur jardin. Ils étaient pourtant très motivés pour ce travail. Tous avaient improvisé, avec plus ou moins de bonheur, des excuses dont la somme était invraisemblable : noces, funérailles, travaux collectifs, marché, convocations administratives... Il y avait même un faux pansement.

    « - Que vous ai-je donc fait, pour que vous me traitiez ainsi tel un imbécile ? Pourquoi cette insulte ?

    Et l’un d’eux osa me révéler la vraie raison de leur attitude.

    « - C’est le dieu, Monsieur. Il est dans les herbes. Si on les coupe, il va être fâché.
    - Trop fâché, même ! Renchérit un autre. Il va y avoir un grand malheur.
    - Tu vois, patron, l’herbe est verte : le dieu est là, c’est sûr !
    - Monsieur, tu attends quelques jours seulement. Quand l’herbe est bien sèche, le dieu est parti. Alors on coupe l’herbe... tranquilles. »

    Évidemment, de telles croyances ne sont guère propices aux découvertes scientifiques : quand on cherche quel mauvais esprit est responsable d’une maladie, les chances sont amoindries de découvrir le véritable coupable, un microbe, par exemple.

    Ceci dit et malgré tout, quand on suit un chemin différent, fût-il largement erroné, on doit découvrir des choses différentes. Donc, en suivant les voies tracées par leur credo animiste, les Burkinabés devaient avoir fait d’originales découvertes.
    C’est vrai, mais je ne parvins à voir que les plus évidentes. Je pense d’abord à la virtuosité de leurs batteurs et de leurs danseurs pour qui leur art paraît aussi aisé et essentiel que la respiration chez moi. Je pense aussi à leur large sourire qui n’est pas de politesse comme chez les Asiatiques, mais de simple bonne humeur, et qui trône comme un soleil au milieu de l’extrême pauvreté. Je ne pus découvrir le secret de ce sourire...


    Vous le soumettez d'office à la question du "niveau de vie". Mais, à l'instant même où la question est posée, ce peuple n'existe plus
    Tout le monde sait que les gouvernants d'Afrique Noire sont peut-être les plus corrompus du monde. Pourquoi cherchent-ils à amasser tant de richesses ? N'est-ce pas le souci d'élever leur niveau de vie ?
    En 1974, avec ma famille, j'ai quitté définitivement la Haute-Volta qui ne s'appelait pas encore Burkina Faso. Alors, Marcel et Jean-Pierre, nos deux "boys",  qui avaient si bien veillé sur nos enfants, ont demandé à nous suivre en France. Le déferlement des peuples pauvres vers les pays riches d'Occident en était encore à ses débuts. Et les noirs de nos anciennes colonies n'avaient pas encore commencé leur migration vers le mirage français. Mais il était évident que ça n'allait pas tarder. Nous refusâmes d'emmener nos deux boys, malgré les liens qui s'étaient noués.
    Alors, qui "soumet" les peuples d'Afrique et d'ailleurs" à la question du niveau de vie" ?
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    Euterpe

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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  Euterpe le Dim 4 Déc 2011 - 7:19

    Georges Réveillac a écrit:J'y allai donc, avec les idées reçues de l'époque, porter la civilisation en échange d'un salaire confortable.
    Georges Réveillac a écrit:Leur enseignement se composait pour moitié d'alphabétisation et, pour le reste, de notions pratiques simples censées moderniser la vie rurale. C'était un demi, voire un quart, mais une amorce de succès quand même, dans ce pays où rien n'avait progressé en un siècle
    Georges Réveillac a écrit:L'essentiel des difficultés provenait de la culture burkinabée, de la manière dont ils concevaient et organisaient leur existence. Si, comme tout homme, ils font appel à la rationalité pour faire leur vie, c'est dans une proportion nettement moindre que nous.
    Georges Réveillac a écrit:Ainsi, à l’Éducation Rurale, un de nos grands combats était d'amener les paysans à faire des semis en lignes, ce qui présente quantité d'avantages. Peine perdue : dès que nous avions le dos tourné, ils retournaient à leur semis traditionnel. J'ai même vu les techniciens agricoles procéder ainsi dans leurs champs personnels, après leur journée de travail rationnel. De même, l'artisan refuse d'utiliser les instruments de mesure.
    C'est dire à quel point la "culture républicaine" de la IIIe république est inoculée dans l'esprit des Français, et, d'une manière générale, le credo de la civilisation moderne et technicienne, lequel implique aussi le refus de saisir l'altérité pour ce qu'elle est. C'est revenir avant Hérodote.

    Je retiens quand même deux choses (ce n'est pas vous que je vise, mais, à travers le propos, une habitude "culturelle" si enracinée qu'elle est devenue "naturelle", constitutive de l'identité occidentale). D'abord, les difficultés viendraient des Burkinabés eux-mêmes. C'est vous qui le dites. D'emblée, ils ne sont autres qu'en tant que leur altérité est une non conformité à une norme pré-établie, conçue, thématisée ailleurs que chez eux, et appliquée (même sympathiquement et avec bonne volonté) chez eux. C'est une entreprise de négation. Qu'on le veuille ou pas. D'autre part, tout homme serait rationnel. Mais qu'est-ce que l'homme ? Qu'appelez-vous humanité ? L'homme rationnel ? Mais qu'est-ce que c'est au juste ? Une fiction, une idée, une théorie ; juridique, politique, philosophique, tout ce que vous voudrez, mais une fiction.

    Nous qui aimons à gonfler le poitrail démocratique, nous devrions nous laisser enseigner avec un peu moins de morgue par l'expérience grecque de la démocratie, qui consiste à vivre au milieu d'autres sans oublier qu'ils sont des autres (la preuve, ces autres étaient parfois massacrés sans vergogne par les Grecs). Nous, nous avons la prétention de parler au nom de l'humanité, d'une humanité dont on ne sait pas ce que c'est. La preuve, ceux à qui on veut l'importer n'en veulent pas toujours, et quand ils l'acceptent, ce n'est jamais inconditionnel.

    Georges Réveillac a écrit:Tout le monde sait que les gouvernants d'Afrique Noire sont peut-être les plus corrompus du monde. Pourquoi cherchent-ils à amasser tant de richesses ? N'est-ce pas le souci d'élever leur niveau de vie ?
    Les dirigeants d'Afrique noire sont souvent, vous le savez sans doute mieux que moi, des fantoches placés là comme des clients pour l'éternité de la mission civilisatrice de la France. Clients qui agissent et pensent en fonction de modèles exogènes qui n'ont pas fini de produire des conséquences lamentables.

    Liber

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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  Liber le Dim 4 Déc 2011 - 15:42

    Euterpe a écrit:Nous, nous avons la prétention de parler au nom de l'humanité, d'une humanité dont on ne sait pas ce que c'est. La preuve, ceux à qui on veut l'importer n'en veulent pas toujours, et quand ils l'acceptent, ce n'est jamais inconditionnel.

    Ce qui nous renvoie au débat sur la morale, est-elle une ou multiple ? Je pense qu'il peut y avoir autant de valeurs morales que de peuples. Pascal le disait clairement :
    "Pourquoi me tuez-vous ? - Eh quoi ! Ne demeurez-vous pas de l'autre côté de l'eau ? Mon ami, si vous demeuriez de ce côté, je serais un assassin et cela serait injuste de vous tuer de la sorte; mais puisque vous demeurez de l'autre côté, je suis un brave, et cela est juste."
    Je ne comprends pas non plus comment on peut parler de "crime contre l'humanité", étant donné cette différence de morale. Peut-être qu'un jour, la CPI sera établie en Afrique ? Prenons un dirigeant comme Laurent Gbagbo. Il a sans doute fait tuer des gens pour des raisons politiques, mais Ouattara, son concurrent heureux, a fait de même, Sarkozy et Cameron aussi (en Libye). Pourquoi seul Gbagbo se voit-il accusé ? Réponse : parce qu'il est resté africain, parce que ces gens-là ne connaissent pas notre morale ! Il faudrait enfin qu'ils sachent que nous seuls tuons pour de bonnes raisons, comme l'homme placé du bon côté de l'eau.

    Georges Réveillac a écrit:Tout le monde sait que les gouvernants d'Afrique Noire sont peut-être les plus corrompus du monde. Pourquoi cherchent-ils à amasser tant de richesses ? N'est-ce pas le souci d'élever leur niveau de vie ?
    Les dirigeants d'Afrique noire sont souvent, vous le savez sans doute mieux que moi, des fantoches placés là comme des clients pour l'éternité de la mission civilisatrice de la France. Clients qui agissent et pensent en fonction de modèles exogènes qui n'ont pas fini de produire des conséquences lamentables.
    En effet, les élites africaines font leurs études en Europe ou aux Etats-Unis.
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    Georges Réveillac

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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  Georges Réveillac le Ven 24 Fév 2012 - 21:52

    Euterpe a écrit:C'est là tout le problème. Vous pensez le peuple burkinabé en fonction d'un présupposé si intimement inoculé dans la "culture" occidentale que vous ne vous en apercevez pas : ce peuple n'a aucune antériorité dans votre pensée, vous le faites entrer dans une catégorie occidentale qui lui préexiste et qui n'entretient aucun rapport avec lui : le capitalisme (ou appelez ça comme vous voudrez). Vous le soumettez d'office à la question du "niveau de vie". Mais, à l'instant même où la question est posée, ce peuple n'existe plus.
    Je suis effectivement entré en Haute-Volta avec une bonne dose de présupposés. Confronté à la réalité, il m’a bien fallu les remettre en question, ces présupposés. Cependant, nul n’est capable de faire table rase de tous ses acquis, ni moi ni vous à plus forte raison. Qui donc pourrait remettre en cause tout ce qu’il a appris depuis sa venue au monde ? Alors, j’ai fait ce que je pouvais, c’est-à-dire pas grand-chose.

    Je devais enseigner leur propre histoire à mes élèves noirs d’Afrique Noire. Il a bien fallu que j’en apprenne un minimum. Évidemment, il n’était plus question de « Nos ancêtres les Gaulois ». Il y avait sur place, d’ailleurs, un professeur agrégé d’histoire, Joseph Ki Zerbo, lequel vit peut-être encore.

    Toute culture étant en mouvement, pourquoi les diverses cultures des peuples burkinabés (au moins soixante) ne le  seraient-elles pas ?  Or, ce   mouvement en pousse un grand nombre  à venir chez nous pour une existence qu’ils croient meilleure. A l’échelle de l’Afrique Noire, ils sont des milliers à mourir en route. Qu’importe, le flot ne tarit pas. Donc, en essayant, avec  les paysans et non malgré eux, de  trouver des techniques qui les aideraient à sortir de la pauvreté, je n’avais nullement l’intention de détruire les cultures africaines, cultures dont j’admire quelques belles réalisations. Je voulais les aider à se réaliser dans le monde actuel.

    Quant au « capitalisme », quel mot étrange dans la brousse africaine. Je ne l’ai sûrement jamais employé.

    Voulez-vous, pour préserver les trésors des cultures africaines, enfermer ces peuples ? Ainsi, le développement de leurs civilisations serait rigoureusement autonome, préservé de toute contamination extérieure.

    Sinon, même en supposant une stricte neutralité des intervenants étrangers, comment empêcher ces populations d’aller chercher hors de chez elles ce qui leur paraît bon ?

    Selon mon point de vue, chaque peuple s’efforce de réaliser au mieux l’existence que je crois être la quête commune à toute la nature. Les civilisations ont chacune quelques réussites dans cette voie. Au cours de l’histoire, de gré ou de force, elles ont échangé leurs trouvailles.  Ce processus a souvent entraîné des fusions de cultures et donc la disparition d’un grand nombre d’entre elles. De même pour les langues. De même pour les espèces, selon les lois de la sélection naturelle. Et si l’on veut préserver les acquis des cultures en voie de disparition, il existe des moyens de le faire sans enterrer vivants les peuples concernés.

    Le premier problème ressenti par les Africains n’est pas de préserver leur culture. Il est d’accéder à toute cette richesse qu’ils nous voient gaspiller. Les Japonais y sont parvenus. Les Coréens aussi. Les peuples de tous les continents, jadis dominés par l’Occident, tous ces peuples sont en route vers la fortune, tous sauf ceux d’Afrique Noire. Pardon, il y a au moins une exception : la République Sud Africaine qui fut  le pays de l’apartheid.

    Pourquoi n’y arrivent-ils pas ?  L’esclavage ? Le colonialisme ? Le néocolonialisme ? Ils n’ont pas été les seuls à subir ces abus des plus forts.

    Leur situation me fait penser à celle des « barbares » qui dépecèrent l’empire Romain d’Occident. Ils l’admiraient, cet « Empire Romain ». Ils tentèrent même à plusieurs reprise de le recréer à leur compte : Charlemagne, le Saint Empire Romain Germanique, le Kaiser (César), le tsar (César) de toutes les Russies, Napoléon couronné en présence du pape... A défaut d’empire, ils tentèrent au moins d’en recréer les richesses en conservant sa langue et sa culture. Il fallut plus de mille ans pour parvenir à un semblant de réussite : une synthèse des cultures gréco-romaine, judéo-chrétienne et « barbares » d’Europe de l’Ouest.

    Faudra-t-il mille ans aux peuples d’Afrique Noire pour élever leurs cultures à des niveaux existentiels comparables aux nôtres ? Là encore, je me permets de me citer :
    Comment les cultures peuvent-elles s’entendre et s’enrichir sans se détruire ?

    N’y avait-il pas déjà, là, une barrière infranchissable entre ces peuples et nous ? Eh bien, non ! En fait, la plupart des obstacles que j’ai évoqués, sinon tous, peuvent être franchis. Mais, pratiquement à chaque fois, il faudra y mettre patience et ténacité.

    D’une manière générale, je pense que nous avons nous-mêmes érigé ces barrières, laborieusement, au cours de notre lutte pour vivre indéfiniment. Et voici le moment venu de les abaisser, ces maudites barrières, maintenant que toute existence humaine peut s’exprimer à l’échelle mondiale. Les hommes doivent être capables de comparer leurs modes d’existence respectifs et d’en tirer profit, à la manière dont les femmes peuvent se présenter mutuellement et commenter leurs toilettes, enrichissant ainsi leur arsenal de séductrices, sans pour autant se voler dans les plumes.

    Difficiles à présenter et à discuter sont les idéologies. Pour commencer, les interlocuteurs doivent admettre qu’ils ne détiennent pas forcément la vérité, mais qu’ils obéissent à  des croyances. Face à ceux qui croient aux esprits maîtres de l’univers, nous aussi, les occidentaux, nous devons reconnaître que nous croyons en une autre explication : la matière dénuée de tout esprit aurait engendré la vie laquelle aurait donné naissance à notre âme mortelle.

    Admettre, le temps de la discussion, que nos croyances sont des croyances et non des vérités premières.

    Si les hommes parvenaient ainsi à baisser leur garde idéologique, le temps de jeter un regard curieux par dessus la haie de leur voisin, il arriverait moins souvent qu’ils égorgent leur semblable pour un banal délit d’opinion.

    Cependant, quelle que soit la culture qui les a formés, la plupart des gens se contentent de mettre en pratique les croyances de leur idéologie. Ils ne sont capables ni de les justifier ni de les discuter : c’est là le rôle des théologiens, ou des idéologues, ou des membres du comité d’éthique de notre douce France. Ce sont donc ces gens-là, ces grands prêtres, qui devraient se concerter pour comparer et tenter d’accorder leurs idéologies.

    Il est plus difficile encore d’apprécier mutuellement des règles de vie qui s’appuient sur des croyances oubliées. Vous savez qu’il faut en faire l’histoire ce qui, bien souvent, nécessite la contribution de spécialistes. Les historiens viendront donc éclairer les débats.

    Mais j’ignorais alors tout cela...


    Comment les Africains peuvent-ils sauter dans notre époque tout en préservant le meilleur de leurs cultures ?
    Il existe bien une méthode pour accorder deux cultures très différentes. Nous l’avons vu dans le chapitre théorique « Comment les cultures peuvent-elles s’entendre et s’enrichir sans se détruire ? ».

    Soit, mais la méthode dont je t’ai parlé pour des échanges culturels approfondis était loin d’être praticable puisque Mômmanh vient tout juste de me l’enseigner. Et puis elle doit être réalisée par les sommités culturelles des deux nations en présence. Donc, en dépit de l’accueil chaleureux, des sourires et de la bonne humeur, nous étions voués à rester isolés sur cette terre, dans notre bulle de Martiens.

    Et puis, à supposer que soient réalisés ces accords au sommet entre les cultures occidentales et les animismes burkinabés, on n’aurait fait que la moitié du chemin. Il resterait le plus dur : trouver des familles suffisamment altruistes pour confier l’éducation de leurs bébés à des étrangers et supporter que leurs propres enfants, ayant fait le saut dans un autre univers, deviennent pour eux des étrangers.
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    Georges Réveillac

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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  Georges Réveillac le Dim 4 Mar 2012 - 22:40

    Euterpe a écrit:Je retiens quand même deux choses...
    D'abord, les difficultés viendraient des Burkinabés eux-mêmes....
    D'autre part, tout homme serait rationnel. Mais qu'est-ce que l'homme ? Qu'appelez-vous humanité ? L'homme rationnel ? Mais qu'est-ce que c'est au juste ?...
    Georges Réveillac a écrit:Tout le monde sait que les gouvernants d'Afrique Noire sont peut-être les plus corrompus du monde. Pourquoi cherchent-ils à amasser tant de richesses ? N'est-ce pas le souci d'élever leur niveau de vie ?
    Les dirigeants d'Afrique noire sont souvent, vous le savez sans doute mieux que moi, des fantoches placés là comme des clients pour l'éternité de la mission civilisatrice de la France. Clients qui agissent et pensent en fonction de modèles exogènes qui n'ont pas fini de produire des conséquences lamentables.
    D'abord, les difficultés viendraient des Burkinabés eux-mêmes...
    Je crois avoir déjà répondu. Il s'agit du développement économique lequel est vivement recherché par les Burkinabés qui souhaitent faire plusieurs repas quotidiens, avec de la viande, habiter une maison "en dur", etc, etc... Leur culture fait obstacle à ce développement. Mon message précédent montre qu'il ne s'agit pas de détruire cette culture, mais d'aider les Burkinabés à l'améliorer, tout en enrichissant notre propre culture d'éléments venus de chez eux. Il s'agit d'échanges culturels. Tout ceci est, bien entendu, théorique.

    D'autre part, tout homme serait rationnel
    L'homme rationnel, c'est la part de l'esprit humain capable de percevoir la logique du monde (A est A) et de développer sur cette base l'art du raisonnement. Cette part de l'esprit humain est semblable à l'intelligence des ordinateurs, dénuée de tout sentiment. Dans tout choix humain, je vois une part de sentiment et une part de rationnel. D'une culture à l'autre, les proportions changent. J'ai constaté que, chez les Voltaïques (ancien nom des Burkinabés), la part de rationnel est moindre que chez nous.

    Les dirigeants africains sont-ils vraiment des fantoches mis en place par l'ancienne puissance coloniale ? Il y a cette tentation de nos gouvernants, mais les Africains ne sont pas si naïfs qu'ils se laisseraient faire. Ils sont avant tout les membres d'une famille élargie (clan), d'une tribu ou d'une ethnie, voire d'une religion. La notion d'État est trop neuve pour être déterminante. Les empires et les royaumes africains du passé ont été presque tous éphémères. D'ailleurs, au moment de la décolonisation, ils n'ont pas demandé à les reconstituer. Au Burkina Faso, cependant, les royaumes mossis avaient plusieurs siècles d'existence, si mes souvenirs sont bons, et il y avait peu de corruption du temps où j'y travaillais. Mais en général, la patrie de l'Africain Noir est avant tout son clan. Les devoirs envers le clan sont impérieux. On doit recevoir et nourrir tout membre du clan qui le demande. Un de mes collègues, petit fonctionnaire voltaïque, devait nourrir 40 personnes. Un autre, venu du Mali, me disait :"J'ai fui le Mali pour échapper à la famille". Il semble que les Chinois et les Juifs aient la même obligation de solidarité, à ceci près que les bénéficiaires d'une aide doivent rendre ce qu'on leur a "prêté".
    Les chefs d'État africains sont-ils des fantoches ? Les puissances concurrentes de la France ne se privent pas de placer leurs pions. Voyez les Chinois. Voyez les Américains.

    pato

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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  pato le Ven 16 Mar 2012 - 10:02

    Bonjour,

    Pour pouvoir ne serait-ce que fantasmer un gouvernement mondial il faudrait déjà que le politique soit à nouveau au centre de notre civilisation.

    Aujourd’hui, notre civilisation mondialisée  (le terme civilisation est peut être malheureux il serait plus opportun de parler d’un modèle idéologique qui est aujourd’hui mondialisé) n’est plus ordonnée autour d’un choix politique collectif mais autour d’une notion d’efficience économique (qui est elle-même politique, qualité que nous cherchons à camoufler en parlant notamment d’évolution) qui tend à tout évaluer sous l’angle de la productivité (même l’élément le plus significatif de ce qui fait de nous un animal vivant en collectivité, la production de normes, ne fait pas exception et n’échappe pas à l’emprise de l'expertise des économistes, il suffit de lire les rapport « doing business » émis par la banque mondiale).

    Il est donc vain de parler de gouvernement mondial car dans notre univers faussement apolitique la société civile (qui est en réalité l’ordre du marché) s'est substituée au gouvernement politique.

    Pour pouvoir un jour parler d’une telle notion (est-il souhaitable de penser un gouvernement mondial ? Je ne le crois pas) il faudrait dans un premier temps opérer un retour du politique, et la seule façon de marquer un tel retour est de s’appuyer sur la seule structure politique tangible actuellement : l’État nation. Les solutions ne pourront venir que de l’échelon national, car cet échelon n’est pas qu’un wagon du « train-monde » mais est l’unique forme dans laquelle peut aujourd’hui exister l’animal politique.
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    Georges Réveillac

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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  Georges Réveillac le Ven 16 Mar 2012 - 14:37

    Le poids des lobbies financiers alias grand capital est énorme. C'est vrai.
    Ce grand capital cherche à gagner beaucoup d'argent tout de suite. Les vieilles entreprises dans les vieux pays à forte protection sociale n'offrent plus ces super-profits. Par contre, la fragmentation du monde en États-nations, voilà un délicieux fromage. Elle permet de payer les salariés jusqu'à cinquante fois moins cher, dans les pays pauvres. Quelle aubaine ! Elle permet d'utiliser les paradis fiscaux, les pavillons de complaisance, le trafic d'armes, l'argent des mafias... Elle permet de spéculer sur les monnaies, sur tout ce qui peut rapporter vite, à l'abri des lois nationales.
    Comment sortir de cette galère ?

    pato

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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  pato le Ven 16 Mar 2012 - 15:21

    Dire que l'État nation est une aubaine pour contourner les lois nationales est quelque peu paradoxal non ?

    Je pense au contraire que la situation actuelle (est-elle bien ou mal ? peu importe après tout) résulte d'une crise de l'État-nation, crise qui est la conséquence de la substitution de la société civile (ou marché pour faire un raccourci) à l'État qui conduit à substituer des règles mécaniques (la rencontre de l'offre et de la demande pour caricaturer) à la décision politique (au sens Schmittien du terme) dans le processus de production normatif.
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    Georges Réveillac

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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  Georges Réveillac le Sam 17 Mar 2012 - 0:50

    pato a écrit:Dire que l'État nation est une aubaine pour contourner les lois nationales est quelque peu paradoxal non ?
    Dans un monde régulé par une gouvernance mondiale, y aurait-il des paradis fiscaux ? Des pavillons de complaisance ? Des écarts de salaire aussi énormes ? Des possibilités de spéculer contre l'intérêt des hommes ?
    Il est également vrai que dans notre petit État français, les politiques ont le pouvoir d'imposer certaines règles de bonne conduite aux marchés qui sont sous contrôle national. Dans la situation internationale que nous connaissons, les États du nord de l'Europe se débrouillent bien mieux que nous.

    pato

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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  pato le Sam 17 Mar 2012 - 16:02

    Un pouvoir centralisé n'est pas synonyme d'une législation uniforme. Par exemple, le régime fiscal français (mais la France ne fait pas exception, loin de là) peut être différent en fonction de l'endroit où l'on se situe sur le territoire national (ainsi Saint Barthélémy peut être considéré comme un paradis fiscal, et c'est pour cette raison que la "jet-set" française y est très présente).

    L'intérêt de l'État nation ne se situe pas dans l'hypothétique unité de législation qu'il permet, mais dans la matérialisation d'un pouvoir de commandement qui le caractérise et qui autorise la mise en jeu d'une responsabilité tant politique (l'élection) que juridique (même si elle est marginale aujourd'hui) des titulaires du monopole de la décision politique.
    C'est cette responsabilité qui garantit la légitimité des actions entreprises au noms du collectif et c'est pour cette raison que le retour à l'État-nation est un préalable indispensable à toute réforme du système idéologique qui organise notre vie collective.
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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  Georges Réveillac le Mer 1 Aoû 2012 - 21:50

    pato a écrit:Un pouvoir centralisé n'est pas synonyme d'une législation uniforme. Par exemple, le régime fiscal français (mais la France ne fait pas exception, loin de là) peut être différent en fonction de l'endroit où l'on se situe sur le territoire national (ainsi Saint Barthélémy peut être considéré comme un paradis fiscal, et c'est pour cette raison que la "jet-set" française y est très présente).

    L'intérêt de l'État nation ne se situe pas dans l'hypothétique unité de législation qu'il permet, mais dans la matérialisation d'un pouvoir de commandement qui le caractérise et qui autorise la mise en jeu d'une responsabilité tant politique (l'élection) que juridique (même si elle est marginale aujourd'hui) des titulaires du monopole de la décision politique. C'est cette responsabilité qui garantit la légitimité des actions entreprises au noms du collectif et c'est pour cette raison que le retour à l'État-nation est un préalable indispensable à toute réforme du système idéologique qui organise notre vie collective.
    Une autorité mondiale dotée de pouvoirs réels ne signifie pas la disparition des États-nations. Cela pourrait prendre la forme d'une confédération comme la Suisse, par exemple.
    Je ne suis pas cramponné à l'exigence d'un gouvernement mondial. Par contre, je cherche des solutions efficaces pour que l’humanité cesse de scier la branche qui la porte. Je suis prêt à encourager toute proposition réalisable et efficace.
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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  Georges Réveillac le Mer 1 Aoû 2012 - 22:28

    pato a écrit:Dire que l'État nation est une aubaine pour contourner les lois nationales est quelque peu paradoxal non ?
    Ce paradoxe est une contradiction apparente, une illusion de contradiction.
    Entre les États contemporains, il y a d'énormes disparités de niveaux de vie ; les hommes d'affaires trouvent là l'occasion de réaliser de gros bénéfices, en délocalisant. En agissant ainsi, ils nuisent aux intérêts des États riches qui sont, le plus souvent, leurs propres pays. Cette fragmentation du monde est une source de richesses pour d'autres acteurs. Les maîtres de la finance internationale qui ont ce pouvoir maléfique sur le monde veulent que ça dure.
    Comment échapper au fisc français, au SMIG français, aux lois françaises sur les trafics d'armes, de drogue, de prostituées ? En allant à l'étranger, bien sûr. Il n'y a aucune contradiction : ce n'est pas l'État qui viole ses propres lois, mais des organisations. A ce propos, on dit que les capitalistes en pays protestants du nord de l'Europe refusent souvent, pour des raisons morales, de telles pratiques. L'exemple le plus connu est celui de l'entreprise Lego, au Danemark.
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    Kvothe
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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  Kvothe le Jeu 2 Aoû 2012 - 0:19

    Un malentendu s'installe. Parler d'un État-monde, d'une gouvernance globalisée, n'est possible qu'après avoir résolu la crise protéiforme que nous traversons. Crise économique, culturelle, identitaire.

    La solution est mondiale, mais les réponses sont au mieux régionales, voire locales. J'imagine bien mon propos brumeux... il faut un consensus mondial, qui passe par le dépassement des intérêts partisans (ah, une formule éculée s'il en est). Mais, vous l'avez souligné, c'est la pluralité des situations, les divergences juridiques (qui découlent de divergences quasi philosophiques), qui permettent cette crise.

    Il existe des institutions supra-nationales qui devraient remplir cette mission d’harmonisation et de résolution des conflits, et s'en montrent incapables. En dehors de toutes considérations d'ordre organisationnel, leur inefficacité est due à la persistance des intérêts particuliers de certains États (USA, Chomsky l'explique avec brio, Chine, Russie), la crise syrienne en est un exemple récent. Le monde n'est envisagé que comme un jeu à somme nulle. Mais là nous touchons à la nature de l'Homme, la nature du pouvoir (cf. le fil sur le pouvoir corrupteur). Je ne peux que rejoindre Hobbes sur la nature de l'Homme, et la nécessité d'un État fort (mais État de droit tout de même).

    Le consensus devrait (et la c'est une proposition des plus personnelles) s'axer autour de la synergie entre réponses aux problèmes écologiques et amélioration sociale. C'est, peu s'en faut, l'axe principal de la majeure partie des problèmes mondiaux actuels.

    L'autre pendant de ce questionnement est : les peuples sont-ils prêts à ce grand saut ? Et accessoirement, la voix des peuples compte-t-elle vraiment ?
    Je pense que la mondialisation, qui exacerbe les mouvements de contestations et de résistances, atteste bien que non. Le moment historique, le fait fédérateur n'est pas encore venu. L'air du temps est ailleurs. D'autant que la crise accentue cette situation. Quant à l'impact de l'opinion des peuples : le "Non" franco-hollandais lors du référendum de 2005 n'a pour ainsi dire pas eu d'effet. Le traité de Lisbonne est signé 2 ans plus tard.

    En espérant n'avoir fait que peu de fautes... bonne soirée à tous.


    Dernière édition par Euterpe le Jeu 28 Juil 2016 - 16:45, édité 4 fois (Raison : mise en page à refaire)
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    Re: Gouvernement mondial.

    Message  Euterpe le Sam 4 Aoû 2012 - 3:15

    Kvothe a écrit:En espérant n'avoir fait que peu de fautes...
    Je crains qu'il ne faille décevoir votre espérance. Vous avez écrit la mention "lu et approuvé" dans l'annonce dédiée à l'orthographe et à la syntaxe. On ne demande pas un vœu pieu, ni de faire plaisir à l'administration. On demande aux membres de tenir coûte que coûte cet engagement. Pour l'instant, Kvothe, votre orthographe est calamiteuse et incompatible avec les exigences du forum. L'administration devra en prendre acte si vous ne consentez pas les efforts nécessaires.


    Dernière édition par Euterpe le Mar 11 Fév 2014 - 14:24, édité 1 fois

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