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    La distinction entre la "gauche" et la "droite".

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    Kthun
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    La distinction entre la "gauche" et la "droite".

    Message  Kthun le Ven 26 Aoû 2011 - 17:24

    Ce fil m'a été inspiré par les nombreuses évocations de ce sujet sur le forum.

    Que signifie être de "gauche" et de "droite" dans la France contemporaine ? On constate que ça implique, pour les individus, d'être de "gauche" : un certain progressisme, être en faveur du libre-échange (donc un libéralisme économique) et de l'égalité des conditions, prôner la liberté dans les mœurs, "solidarité", être du côté du "peuple" et de la "liberté d'expression", etc. Quant au fait d'être de "droite", ça signifierait : être pour l'ordre, être en faveur de la hiérarchie, un conservatisme au niveau des mœurs, la valorisation de la liberté, un certain protectionnisme, etc. Lorsqu'on va de la droite à l'extrême-droite, les termes qui viennent immédiatement à l'esprit pour de nombreuses personnes : racisme, antisémitisme, etc.

    Sauf que tout ça ne résiste pas aux faits : on trouvera dans les discours d'hommes politiques aussi bien de "gauche" que de "droite" des caractéristiques communes. Par exemple, pour le passé aussi bien que pour le présent, on trouvera des hommes politiques de "gauche" racistes voire antisémites (je précise car on a tendance à ne l'attribuer actuellement qu'aux hommes politiques de droite et d'extrême-droite dans les médias à qui l'on doit certaines remarques). Il en est de même pour ceux que l'on qualifie de "gauchistes" : bien qu'ils prônent la "liberté d'expression" ils se montrent, paradoxalement, intolérants voire tyranniques lorsque l'interlocuteur défend des positions qui ne sont pas en faveur de l'égalitarisme, de l'anti-racisme, d'un certain relativisme, etc., dans les médias.

    Il est, de plus, difficile de la voir clairement dans les partis politiques qui, en plus d'être multiples, connaissent des divisions internes.

    Venons-en aux représentations individuelles. Il est difficile pour les individus de définir précisément leur point de vue politique lorsqu'on leur demande. Ainsi, l'étiquette "de gauche" ou "de droite" est une distinction paresseuse que l'on verrait "à peu près" sans pour autant être capable de la définir exactement. Toutefois, ce n'est pas une identité fixe : comme l'a montré une théorie sociologique, l'identité est fluctuante en fonction du contexte, des interactions et du milieu social. C'est-à-dire que l'on sera perçu différemment en fonction des circonstances et des individus que l'on côtoie dans certaines situations (les collègues, la famille, les amis, etc.). C'est relatif : on sera perçu comme étant de "gauche" ou de "droite" en fonction de la sensibilité des personnes à qui l'on a affaire.

    Qu'en est-il de la réalité de cette opposition ? N'aurait-elle pas une existence toute nominale ? Ou bien recouvre-t-elle une réalité ? Ou bien ne signifie-t-elle plus rien aujourd'hui (si on présuppose qu'elle signifiait quelque chose par le passé) ?

    Existe-t-il d'autres oppositions politiques qui seraient plus pertinentes ? Par exemple l'opposition entre le fait d'être libéral et de ne pas l'être (ou les 3 grandes idéologies du XIXème siècle : le conservatisme, le radicalisme ainsi que le libéralisme). Néanmoins, l'histoire de la France nous a montré qu'il a existé des libéraux aussi bien de gauche que de droite (en fonction des circonstances) donc la réalité est toujours plus complexe que cette opposition simpliste.


    Ou bien vivons-nous dans une époque où les grandes idéologies et autres doctrines historiques n'existent plus (comme le marxisme) ? Ce qui expliquerait le brouillard qui entoure l'opposition entre la gauche et la droite et le brouillage de leurs frontières ?

    Que pensez-vous de cette opposition ? Comment la définiriez-vous ? A-t-elle une réalité selon vous ?

    Silentio

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    Re: La distinction entre la "gauche" et la "droite".

    Message  Silentio le Ven 26 Aoû 2011 - 19:02

    Cette distinction existe dans les imaginations et dans la mémoire sociale. L'enjeu politique par excellence, au travers du discours, me semble être de convaincre et plus encore d'assurer la domination d'idées sur le réel. Le combat politique n'a pas besoin de se baser sur la réalité, c'est une lutte de position, d'intérêts et visant à contrôler l'hégémonie idéologique qui définit les repères même de la bataille et de la société. Je n'ai jamais vu d'être de gauche ou de droite dans la nature, comme si l'on était métaphysiquement ceci ou cela. Pour autant, si l'identité ne relève pas d'une essence mais d'un processus d'élaboration (via un contexte, un héritage culturel, des représentations, etc.) il faut aussi comprendre qu'il y a des individus et des groupes qui se construisent une identité commune avec des codes spécifiques et significatifs et qui acquièrent une signification dans les processus d'identification et de reconnaissance mutuelle. L'identité peut être flottante et multiple, on n'en mesure pas toujours les frontières, toutefois il faut bien prendre en compte le sentiment d'appartenance et la revendication associés à une identité politique qui donne du sens à des existences engagées dans le monde et définie autour de principes et repères que l'on peut vouloir incarner. Est-ce une adhésion authentique et fidèle ? C'est souvent fantasmé, à moins que l'on ne se plie à la ligne d'un parti. Cela dit, plus on revendique une identité et plus on a tendance, me semble-t-il, à soutenir le dogme qui lui correspond.
    Kthun a écrit:Que signifie être de "gauche" et de "droite" dans la France contemporaine ? On constate que ça implique, pour les individus, d'être de "gauche" : un certain progressisme, être en faveur du libre-échange (donc un libéralisme économique) et de l'égalité des conditions, prôner la liberté dans les moeurs, "solidarité", être du côté du "peuple" et de la "liberté d'expression", etc. Quant au fait d'être de "droite", ça signifierait : être pour l'ordre, être en faveur de la hiérarchie, un conservatisme au niveau des moeurs, la valorisation de la liberté, un certain protectionnisme, etc. Lorsqu'on va de la droite à l'extrême-droite, les termes qui viennent immédiatement à l'esprit pour de nombreuses personnes : racisme, antisémitisme, etc.
    Comme le disait quelqu'un sur un autre forum, on s'aperçoit pourtant que la gauche est conservatrice dans les faits (on protège les acquis sociaux) tandis que la droite agit en vue de changer une situation donnée (mais là aussi, comment interpréter correctement l'action menée ? La droite se veut volontariste et moderniste, une autre version nous la montrerait opposée au progrès social et gesticulant sauf pour favoriser certains intérêts déjà dominants). On peut aussi dire que si la gauche se veut tolérante et pacifique elle se veut paradoxalement révolutionnaire, donc violente. Dans les faits elle l'est, toujours insatisfaite du monde dans lequel elle se trouve (pourtant Deleuze définit l'être de gauche comme une attitude tournée d'abord vers le monde). Donnez-lui n'importe quoi elle trouvera toujours un prétexte pour protester contre l'ordre établi. Et elle n'en est pas moins caricaturale que la droite, elle aussi se fabrique un imaginaire où peuvent se jouer des combats contre des figures stéréotypées.
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    Baschus

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    Re: La distinction entre la "gauche" et la "droite".

    Message  Baschus le Sam 27 Aoû 2011 - 11:13

    La distinction entre la droite et la gauche n'a plus grande signification, on le voit tous les jours. Je crois que ceci ne pouvait pas ne pas arriver, cette assimilation progressive était programmée depuis longtemps : car, la gauche, comme la droite, adhère au libéralisme né des Lumières, c'est-à-dire que sur l'essentiel, elles ne peuvent qu'être en accord profond ; les divergences, ensuite, ne sont que des détails, des postures différentes. La gauche, de fait, adhère au libéralisme capitaliste mondialisé, qui est le cœur de tout le système politique actuel ; elle ne s'oppose pas au rêve de la croissance illimitée, elle ne refuse pas le modèle d'un État axiologiquement neutre, elle n'a rien à dire sur le consommateur individualiste qu'est le citoyen moyen. Comme la gauche ne s'oppose pas au libéralisme et à l'économie de marché (ce que l'ère Mitterrand a définitivement démontré, ou, de manière plus plaisante, la présence caricaturale d'un pseudo socialiste au FMI), elle jouera la différence en insistant sur un progressisme bidon et bien-pensant fait de sous-problèmes sociétaux : la légalisation de la drogue, le mariage homosexuel, le scandale des sans-papiers – bref, autant de thèmes qui font le bonheur des bobos et qui font oublier les réels enjeux du politique. Pendant ce temps, le libéralisme avance d'un pas sûr et en toute innocence, détruisant petit à petit ce qui faisait la grandeur de notre civilisation.
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    Etéocle

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    Re: La distinction entre la "gauche" et la "droite".

    Message  Etéocle le Sam 27 Aoû 2011 - 21:53

    L'abandon gaullien de l'antiparlemenrarisme et l'abandon socialiste de l'idée révolutionnaire, tous deux contemporains du début de la mondialisation et de la financiarisation du capitalisme, ont certes ouvert la voie à cette égalité droite/gauche. Mais, aussi bien à l'intérieur des deux partis majoritaires qu'à leurs extrêmes, de puissantes variantes de ces tendances demeurent, simplement marginalisées par les médias. Si l'on additionnait les intentions de vote pour LO, le parti anticapitaliste, le front de gauche et la gauche du ps, je ne suis pas certain que le centre-gauche serait au dessus. Idem avec le FN, la droite populaire de l'UMP et le centre-droit. Nous sommes dans une période où effectivement la fin de la guerre froide a permis l'absence ou la dispersion des idées d'alternative radicale, sans force face à l'homogénéisation néo-libérale. Mais cela ne signifie pas la fin de l'opposition gauche/droite, simplement que le changement du sens de cette opposition (dans le respect des fondamentaux égalité/ordre) ne partira pas des partis mais loin d'eux, des intellectuels libres, de la société civile et des masses.

    Par ailleurs, je sais d'expérience que le militantisme n'est jamais perçu par ses acteurs comme un débat d'opinions entre concurrents, ainsi que souhaiteraient nous le faire croire les groupes de presse influents, mais comme une lutte du vrai contre le faux. C'est sur le plan institutionnel qu'il y a quasi-uniformisation. Heureusement la politique, et a fortiori la démocratie, ne se réduisent pas à cela. La résignation à l'état actuel des choses me semble nier la politique, c'est le diagnostic d'un manque qui, si la volonté politique ne s'efface pas complètement face aux injonctions économiques des grands groupes, entraînera toujours des tentatives pour le combler, lesquelles n'aboutiront qu'à travailler à l'unité et au renouveau.

    Liber

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    Re: La distinction entre la "gauche" et la "droite".

    Message  Liber le Dim 28 Aoû 2011 - 16:04

    Je ne suis favorable à aucun parti, mais je me sens naturellement de gauche. En effet, la droite ne s'intéresse pas du tout à la culture (sauf pour prôner les valeurs de la nation). C'est je pense la différence majeure entre droite et gauche aujourd'hui.
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    Desassocega

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    Re: La distinction entre la "gauche" et la "droite".

    Message  Desassocega le Dim 28 Aoû 2011 - 16:35

    Personnellement je me sens apolitique, attaché à aucun parti. La politique est pour moi un milieu trop corrompu, ça me dégoûte un peu. Bien sûr je m'y intéresse quand il s'agit de l'analyser sous le prisme de la philosophie, etc. Mais quand on me demandera de voter l'année prochaine, je voterai blanc.
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    Baschus

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    Re: La distinction entre la "gauche" et la "droite".

    Message  Baschus le Dim 28 Aoû 2011 - 16:48

    La gauche a beaucoup participé à la déliquescence du sens de la culture. En faisant la promotion d'une sous-culture, la gauche rabaisse l'idée de la culture et flatte la médiocrité ambiante, lui donnant des justifications ; elle encourage la propagation de la soupe industrielle qu'on nous sert à longueur de journée. Comme le piège de la volonté d'avoir le trois-quarts d'une génération obtenant le baccalauréat, la tentative de démocratisation de la culture a abouti à un désastre : au lieu de faire s'élever le peuple jusqu'à la culture, on a abaissé la culture jusqu'au peuple. Étant libérales toutes les deux, la gauche et la droite participent l'une comme l'autre à l'effondrement de l'instruction publique et de la culture elle-même.
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    Desassocega

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    Re: La distinction entre la "gauche" et la "droite".

    Message  Desassocega le Dim 28 Aoû 2011 - 17:41

    Pensez-vous que le communisme soit le système où la gauche est le plus elle-même ? Je ne sais pas si ma question est bien posée ou même si elle est pertinente...
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    Baschus

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    Re: La distinction entre la "gauche" et la "droite".

    Message  Baschus le Dim 28 Aoû 2011 - 18:23

    Les catégories de gauche et de droite sont bien encombrantes. Il me semble que la gauche, qui est devenue de plus en plus libérale, n'a sur le fond plus grand chose à voir avec le communisme ; c'est par commodité qu'on dit que le communisme est une idée de gauche. Remarquez que même l'extrême gauche fait le jeu du libéralisme capitaliste mondialisé, son opposition contre ce système n'est que pure apparence. À n'en pas douter, la barbe de Karl Marx se décomposerait s'il entendait quelqu'un comme Besancenot !
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    jem

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    Re: La distinction entre la "gauche" et la "droite".

    Message  jem le Dim 28 Aoû 2011 - 21:15

    Mais quand on me demandera de voter l'année prochaine, je voterai blanc.
    Bonne réaction Aristippe. Je critique beaucoup l'absentéisme, révélateur du désintérêt des populations pour la politique. Les gouvernements devraient peut-être réagir à ces indicateurs alarmants. N'oublions pas que ce qui fait un gouvernement démocratique c'est un peuple, une population, ce qui se perd.

    Qu'entendez-vous par "libéralisme" ? J'en entends beaucoup parler mais je n'ai jamais bien compris ce dont il était question dans ce terme.
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    Desassocega

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    Re: La distinction entre la "gauche" et la "droite".

    Message  Desassocega le Dim 28 Aoû 2011 - 21:42

    je critique beaucoup l'absentéïsme, révélateur du désintérêt des populations pour la politique. Les gouvernements devraient peut être réagir à ces indicateurs alarmants. N'oublions pas que ce qui fait un gouvernement démocratique c'est un peuple, une population, ce qui se perd.
    Tout à fait. Quand je vois ceux qui ne votent pas en se justifiant par des discours pseudos-subversifs du style : "moi je ne vote pas, les politiciens sont tous de vils personnages, ils disent tous qu'ils veulent améliorer le système mais ils ne font jamais rien, tous des *****"

    Franchement je comprends ce genre de réaction, bien que tout ne soit pas vrai dans ce qui est dit là. Et je conçois parfaitement que la politique puisse en dégoûter plus d'un. Mais ne pas aller voter, c'est la pire des réactions. Je ne sais pas si mes cours d'éducation civique me sont montés à la tête, mais ne pas voter, n'est-ce pas renier tout ce pour quoi des milliers se sont battus auparavant ? Le droit de vote est un acquis social durement gagné. De plus le droit de vote n'est pas qu'un droit, c'est aussi un devoir me semble-t-il.

    Personnellement je vois les choses ainsi : si on ne vote plus, plus besoin de vote ; si plus besoin de vote, plus besoin d'élections ; si plus besoin d'élections, plus besoin de changement de gouvernement... Et on sait tous où ça mène.

    Ne pas voter, ce serait accepter d'être gouverné par n'importe qui, c'est dire oui à une future dictature.
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    jem

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    Re: La distinction entre la "gauche" et la "droite".

    Message  jem le Dim 28 Aoû 2011 - 23:01

    Je suis d'accord avec vous Aristippe. Quand on ne vote pas, on laisse les autres décider pour nous, par conséquent on ne doit pas se plaindre de ce à quoi on refuse de prendre part. Si l'on ne vote pas, on n'exprime rien du tout, pire : on s'exclut en tant que citoyen. Cela n'exprime qu'une chose : un refus du type de gouvernement ; dire non au vote, c'est dire non à la démocratie. Pour reprendre je ne sais plus qui, la loi n'a de poids que parce qu'on la prend en considération. Le vote c'est pareil. Si l'on ne vote pas, on enlève l'utilité du vote.
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    Euterpe

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    Re: La distinction entre la "gauche" et la "droite".

    Message  Euterpe le Mer 31 Aoû 2011 - 21:31

    Michel Rocard a écrit:Nous sommes dans une société de libre expression, le droit de dire n'importe quoi est un droit fondamental de la personne humaine.

    Liber

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    Re: La distinction entre la "gauche" et la "droite".

    Message  Liber le Jeu 1 Sep 2011 - 9:51

    N'était-ce pas un rôle attribué autrefois au bouffon ?

    Silentio

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    Re: La distinction entre la "gauche" et la "droite".

    Message  Silentio le Jeu 1 Sep 2011 - 14:54

    @Baschus a écrit:La distinction entre la droite et la gauche n'a plus grande signification, on le voit tous les jours.
    Sauf pour ceux qui se revendiquent d'un bord ou de l'autre. Le problème concerne plutôt la représentativité et le bipartisme sous la cinquième République. Entre les partis de gouvernement l'opposition est plutôt factice, surtout lorsque la réalité économique du pays impose à chacun un même mode de gouvernement. Sans argent nous n'avons que très peu de marges de manœuvre. Le problème de cette uniformisation politique est aussi celui de la dépendance du régime politique à un système économique. De Gaulle pouvait encore envoyer balader les intérêts de la Bourse et imposer sa politique, mais qui aujourd'hui pourrait prendre le risque d'aller à l'encontre de la finance ? L'étatisme et l'économisme se sont emparés de tout, nous laissant sans autre choix que de suivre, sinon c'est notre modèle irrigué par eux qui s'effondre.

    Malgré cela, il reste des différences fondamentales dans la façon dont les partis actuels répondent aux enjeux actuels, et en s'inscrivant aussi dans leurs traditions : la gauche défend les acquis sociaux et la justice sociale, croit à l'État-providence, à la redistribution des richesses, alors que la droite favorise le travail, l'investissement, la propriété, une conception plus régalienne de l'État. Sur d'autres points, il y a des clivages ou des rapprochements, notamment en ce qui concerne le local et le global, l'Europe, le fédéralisme, ou l'internationalisme, l'alter-mondialisme, tous les universalismes, ou bien encore le souverainisme. On voit aussi poindre les problèmes identitaires, de sécurité, d'immigration, qui sont des thèmes de droite. La morale, elle, semble être l'apanage de la gauche.
    @Etéocle a écrit:Par ailleurs, je sais d'expérience que le militantisme n'est jamais perçu par ses acteurs comme un débat d'opinions entre concurrents, ainsi que souhaiteraient nous le faire croire les groupes de presse influents, mais comme une lutte du vrai contre le faux.
    C'est ce qui me gêne dans le militantisme, en même temps cela contraste avec la mascarade médiatique des hommes politiques qui sont d'une mauvaise foi à toute épreuve pour gagner des voix. Les militants sont plus honnêtes, ils croient dans leurs idées, il s'agit d'un engagement réel pour une cause. Mais ça ne les empêche pas de faire preuve des mêmes défauts que leurs leaders, d'abord en répétant leurs discours, d'autre part en étant dogmatiques (je trouve ça très bien d'être sûr de soi, je désapprouve néanmoins l'attitude belligérante induite). Soit l'on convainc autrui, soit c'est un ennemi à combattre. Il n'y a pas de demi-mesure. Le pire c'est que bien souvent, ceux qui prônent la liberté contre des fascistes (parfois imaginaires, fantasmés) sont ceux-là même qui objectivent le réel, donnent une identité toute faite aux autres et sont les plus haineux contre ceux qui ne pensent pas comme eux. J'ai pu remarquer qu'il était de bon ton d'être de gauche et de conspuer l'électeur ou le militant de droite (quoiqu'ils aient aussi des défauts semblables) en en faisant un imbécile et un fasciste de nature. Ce manichéisme ne me convient pas.
    @Liber a écrit:Je ne suis favorable à aucun parti, mais je me sens naturellement de gauche. En effet, la droite ne s'intéresse pas du tout à la culture (sauf pour prôner les valeurs de la nation). C'est je pense la différence majeure entre droite et gauche aujourd'hui.
    Je pense surtout que la culture n'a pas besoin de la politique. Les deux me semblent opposées. Et si l'on étend l'appellation politique (qui concerne la cité et son organisation) aux relations de pouvoir, la culture peut servir de contre-pouvoir pour que les individus s'affirment dans un mode de vie personnel dés-assujetti aux normes. En cultivant ses goûts on se cultive soi-même et on se gagne à soi-même.

    Par ailleurs, je ne suis favorable à aucun parti, comme vous, mais certaines idées et certains hommes politiques me plaisent (si on se prête au jeu de la démocratie représentative que l'on a, et que l'on écarte les extrêmes, je me sens plutôt proche du centrisme et de la jeune génération du PS, même si certaines préoccupations de la droite pas toujours très bien vues, pour cause de nationalisme et de soupçon de racisme, m'interpellent ; par exemple l'enjeu du multiculturalisme ou du délitement du modèle culturel français et de nos mœurs). Idéalement je serais platonicien. En laissant une place aux artistes tout de même, l'art pouvant servir de dispositif politique (ayant une fonction dans la cité) comme a pu l'être le théâtre de tout temps. Ou bien je serais rousseauiste (puisqu'il n'y a pas de droit naturel). Pratiquement plutôt sceptique et critique face au pouvoir, apolitique, ou impolitique, cherchant un modèle politique ou éthique favorisant l'individu et la communauté (l'idéal de l'acteur politique est la figure du stoïcien pour moi, même si je le voudrais machiavélien). Il me semble important de défendre un individualisme aristocratique, avec tout ce que ce terme signifie de plus exigeant, sans pour autant se replier sur soi et refuser toute responsabilité collective (a contrario, il ne faut pas être dupe des stratégies de l'État pour s'imposer sur nous). Je suppose qu'on pourrait parler de méritocratie (et donc de justice équitable). Idéalement, encore, j'aimerais un retour à la Rome impériale ou républicaine. Mais on ne peut y revenir, en tout cas la modernité nous force à nous adapter. J'aime la liberté, valeur plutôt réputée de droite et les promesses du libéralisme politique. Cependant, même si je ne suis pas contre le commerce ni la propriété, je suis de plus en plus critique à l'égard de la finance et de l'économisme en général qui nous privent de notre liberté et nous abrutissent. Mais l'étatisme, soutenu par la gauche, avec ses droits sociaux, nous rend encore plus dépendants (je ne dis pas cependant qu'il faut supprimer ces droits). J'aimerais que les États et les citoyens retrouvent leur souveraineté. Concernant les citoyens, d'ailleurs, il me semble qu'ils portent avec eux l'exigence de démocratie qui toujours doit être rappelée, face à une démocratie représentative viciée par les intérêts économiques qui les prive de leur souveraineté propre alors qu'ils incarnent la nation (cependant je déplore l'excès où mènent les droits subjectifs, c'est le règne des opinions et des passions). Je trouve aussi révoltant que l'on ne puisse plus vivre de son travail et que tout soit fait pour que l'on ne sache plus vivre correctement. L'art français par excellence est le savoir vivre. Aujourd'hui en échange du bien-être ou de la promesse de bien-être on n'a plus ni volonté ni savoir ni vie. Je suis très critique de la démocratie, toutefois c'est aussi un défi à relever en espérant qu'elle soit toujours active et critique d'elle-même et forme des individualités fortes dans ses tumultes. Au quotidien ce n'est pas vraiment le cas, mais sait-on jamais. En tout cas, je refuse toute révolution (je suis clairement contre le communisme), sauf celle d'un retour à soi, d'un changement éthique et individuel qui porte le changement localement voire au niveau de l'État. De quoi a-t-on besoin à part ça ? D'instruction, de responsabilisation, de transcendance, etc. Bref, d'une République forte qui ne s'immisce pas partout parce qu'elle sait faire respecter ses lois et produire des citoyens responsables et libres. Cela dit, je suis très pessimiste à l'égard de la modernité et préfère croire à l'alternative qu'est la vie philosophique (celle qu'on trouve promue chez Nietzsche, Strauss et Foucault).
    @Baschus a écrit:Les catégories de gauche et de droite sont bien encombrantes.
    Il n'y a pas de gauche ou de droite en soi. Il y a des mouvements singuliers, des gauches et des droites, des traditions historiques et des variations, des écarts, des partis qui émergent au centre d'influences différentes et répondant à des contextes nouveaux. Mais sont de gauche ceux qui se réclament de cette étiquette, pareil pour la droite. Et les nouveaux courants emploient des symboles anciens pour manifester leur appartenance à certains traditions dont pourtant ils dévient en partie. Après tout, si le sarkozysme contient des éléments de droite, il est singulier et difficile à classer, n'étant ni vraiment du bonapartisme, ni totalement du libéralisme, ni tout à fait du gaullisme (social), ni un parti nationaliste, chrétien et/ou raciste. Il y a un peu de tout ça sans que ce mouvement politique s'inscrive véritablement à la suite d'une de ces tendances majeures et qui constituent ce que l'on désigne communément comme la droite. Je pense que nous devrions nommer chaque parti et seulement après cela essayer de le rattacher à un grand ensemble. En même temps, quel critère employer pour distinguer ces ensembles ? Nous héritons de conceptions politiques du XIXe siècle, pourtant la situation au XXIe siècle est différente (comme vous l'avez dit c'est la mondialisation, l'uniformisation du monde, avec pourtant des revendications identitaires partout, après la chute du régime soviétique et la fin des grandes idéologies ou la victoire du libéralisme, qui s'accompagne très bien du relativisme culturel de gauche). Mais le XXe siècle s'est fait par rapport au marxisme, selon son acceptation ou non. Aujourd'hui on se demande plutôt s'il faut sauver la planète, concourir économiquement, fédérer les pays ou non, etc. La politique est aussi devenue humanitaire.


    Dernière édition par Silentio le Mar 15 Nov 2011 - 18:25, édité 1 fois

    cicero

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    La distinction entre la gauche et la droite

    Message  cicero le Sam 3 Sep 2011 - 20:04

    @Silentio a écrit:Il n'y a pas de gauche ou de droite en soi. Il y a des mouvements singuliers, des gauches et des droites, des traditions historiques et des variations, des écarts, des partis qui émergent au centre d'influences différentes et répondant à des contextes nouveaux.
    Je suis complètement d'accord avec ce que Silentio affirme, et je reste persuadé que la politique comme l'a montré il y a déjà longtemps Jacques Ellul est une illusion  bien incapable de "changer la vie" comme l'ont cru bon nombre de romantiques qui se situent naturellement à gauche.

    etticeticettac

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    Re: La distinction entre la "gauche" et la "droite".

    Message  etticeticettac le Mar 8 Nov 2011 - 18:14

    La différence entre la droite et la gauche n'existe plus. On le voit les gouvernements des pays Européens de droite mènent la même politique que les gouvernements de gauche. Il y a eu abandon à droite comme à gauche. A droite abandon de la nation, à gauche abandon du peuple. Au nom de quoi ? De la raison. Le néolibéralisme tout comme le marxisme avant lui se veut scientifique, il y a une élite qui prétend détenir la raison, le savoir et le peuple "qui ne sait pas" est sommé de suivre. C'est un grand danger pour la démocratie. Car celle-ci suppose la liberté de choix or quelle liberté de choix reste-t-il lorsque quelqu'un prétend détenir la raison, sauf à être fou? Lors du référendum de Lisbonne les Hollandais, les Français ont voté non, pourtant il est là. Avec la crise nous voyons des gouvernements pourtant dépositaire de la volonté populaire obéir à des agences de notations, des organismes, d'autres gouvernements. Nous assistons à une soviétisation de l'Europe.
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    Georges Réveillac

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    Re: La distinction entre la "gauche" et la "droite".

    Message  Georges Réveillac le Jeu 10 Nov 2011 - 19:45

    @Baschus a écrit:Venons-en aux représentations individuelles. Il est difficile pour les individus de définir précisément leur point de vue politique lorsqu'on leur demade. Ainsi, l'étiquette "de gauche" ou "de droite" est une distinction paresseuse que l'on verrait "à peu près" sans pour autant être capable de la définir exactement. Toutefois, ce n'est pas une identité fixe : comme l'a montré une théorie sociologique, l'identité est fluctuante en fonction du contexte, des interactions et du milieu social. C'est-à-dire que l'on sera perçu différemment en fonction des circonstances et des individus que l'on côtoie dans certaines situations(les collègues, la famille, les amis, etc.). C'est relatif : on sera perçu comme étant de "gauche" ou de "droite" en fonction de la sensibilité des personnes à qui l'on a affaire

    Wiipedia a écrit:L'origine historique de ce clivage se trouve dans un vote ayant eu lieu en France à l’Assemblée nationale d'août-septembre. Lors d'un débat sur le poids de l'autorité royale face au pouvoir de l'assemblée populaire dans la future Constitution, les députés partisans du veto royal (majoritairement ceux de l'aristocratie et du clergé) se regroupèrent à droite du président (position liée à l'habitude des places d'honneurs). Au contraire, les opposants à ce veto se rassemblèrent à gauche sous l’étiquette de « patriotes » (majoritairement le Tiers état)
    C’est l’origine de cette tradition : au Palais Bourbon, les députés sont placés à droite ou à gauche du président, selon leur appartenance politique.

    Depuis cette origine, la gauche et la droite fluctuent à tel point qu’on ne sait plus les définir. Et si, chez l’individu, elles étaient l’expression d’un choix existentiel ? La droite rechercherait ce qui est au plus près de l’ego, du « moi-ici-maintenant », tandis que la gauche tendrait vers l’opposé, le « nous-universel-pérenne ». Cela ne signifie pas que le bien serait à gauche et le mal à droite. En effet, on peut adopter des valeurs de droite parce qu’on les juge plus réalistes, et inversement. On peut aussi entrer au parti communiste pour faire carrière, ou du moins pour améliorer sa condition personnelle, surtout si on vit dans un régime communiste.

    Par ailleurs, de même que tout individu compose avec des tendances opposées, les unes égoïstes, les autres altruistes, les choix politiques sont toujours composites : plus ou moins de droite, plus ou moins de gauche, même dans les cas extrêmes. Ainsi, quand Hitler introduit le mot socialiste dans son parti, il fait un pas à gauche ; quand il décide d’éliminer les êtres et les peuples qu’il considère comme nuisibles ou parasites, il fait un grand pas à droite ; quand il veut assurer au peuple allemand mille ans de bonheur, il va un peu à gauche ; quand il décide que les vaincus seront assujettis au Grand Reich, il plonge à droite.

    Ainsi, selon mon hypothèse, les notions de gauche et de droite seraient liées à la nature humaine et vouées à fluctuer indéfiniment.
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    Euterpe

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    Re: La distinction entre la "gauche" et la "droite".

    Message  Euterpe le Ven 11 Nov 2011 - 1:56

    @Georges Réveillac a écrit:la gauche et la droite fluctuent à tel point qu’on ne sait plus les définir.
    Vous l'avez rappelé, la distinction entre la gauche et la droite est celle que fit le premier président de l'Assemblée constituante. Cette distinction de circonstance ne signifie pas pour autant qu'on ne puisse établir des distinctions claires si on tient compte de l'histoire. Les bancs de l'assemblée ne bougent pas. Les hommes peuvent le faire, mais une assemblée où les parlementaires bougeraient systématiquement au gré des débats qui solliciteraient un coup leur "nature" de gauche, un coup de droite, une telle assemblée serait intenable. La seule chose qui puisse défiler, bouger sans nécessiter le déploiement de toute une logistique, ce sont les idées. Mieux vaut consulter l'histoire, donc, qui permet d'aller encore plus loin que vous ne faites vous-même en essayant de montrer que chaque individu est un composé de "droite" et de "gauche", à la fois égoïste et altruiste. Bien sûr, nous sommes à la fois les deux, mais vous figez à votre tour ce que vous disiez justement ne pas pouvoir figer. On peut être un monstre communiste, on peut être un inoffensif de droite. Quand Staline provoque la famine que l'on sait dans les années trente, en Ukraine, et qui a provoqué des millions de morts, est-il de "droite" ou de "gauche" ? Quand il envoie au goulag des millions de personnes, dont 17 millions décèderont sous son "règne", est-il de "droite" ou de "gauche" ?

    Aux États-Unis, il n'y a pas de gauche, uniquement des démocrates ou des républicains. L'altruisme n'y existe pas ? Savez-vous comment on appelait les démocrates (les républicains), dans la première moitié du XIXe siècle ? Les libéraux exagérés. Benjamin Constant siégeait à la droite des exagérés, à la gauche du centre (les libéraux). Or qu'a-t-on retenu de B. Constant ? Son "individualisme" : l'individu comme sphère absolument privée, interdite aux prérogatives de l'État. Et dire qu'un génie politique de sa trempe ne saurait pas où siéger aujourd'hui...


    Pour ceux qui prétendent qu'on ne peut plus faire de différence entre droite et gauche (modernes), au motif que la gauche s'est "droitisée", si j'ai bien compris, outre le contre-exemple américain, vous avez le contre-exemple anglais, pour voir que cette indistinction prétendue est fallacieuse. Voilà deux grands pays caractérisés par un bipartisme très net, et que personne n'aurait l'idée de mettre au ban de la démocratie au motif qu'on n'y trouve pas une gauche à la française (le socialisme). Le problème vient plutôt de ce que les sociaux-démocrates français ne sont pas acceptés chez nous comme ils le sont ailleurs. Nous, et nous seuls, rêvons encore du rêve d'une gauche qui n'est plus qu'un objet historique (monde bipolaire, industriel, etc.). Les royalistes, qui ont aussi leur ridicule, quoique ou parce qu'ils sont réduits à une quasi inexistence, ne font pas tant de manières ; ils auraient pourtant mille raisons de réclamer des titres et une existence politique, si on se réfère à l'histoire.

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    Re: La distinction entre la "gauche" et la "droite".

    Message  Liber le Ven 11 Nov 2011 - 10:33

    On peut dire que la droite se reconnait toujours au conservatisme, disons un certain conservatisme, imaginaire, plus ou moins affirmé, le "c'était mieux avant", mais qui n'a rien à voir avec la vérité historique. Hier je voulais me renseigner sur un candidat aux primaires républicaines (USA), Mitt Romney, je ne connaissais pas grand-chose de lui, mais je savais déjà ce que je trouverais chez lui comme convictions : religion, peine de mort, rigorisme moral, nationalisme, militarisme. Le tout bien évidemment coloré par le pays et l'Etat (mormon) où il a été élu. En France, la droite défendra l'idée de nation dans sa continuité historique (ce qui est un paradoxe, l'histoire étant un devenir), donc l'opposition aux étrangers, aux moeurs nouvelles ou venues d'ailleurs (l'Islam...), la morale, mot qui en soi veut dire tant de choses, réduit ici à sa portion congrue de "sévérité des moeurs". La culture sera laissée de côté, car jugée dépravante. Mais, coloration nationale oblige, elle garde quelques valeurs révolutionnaires qu'on attribue à la gauche, parce qu'elle les a reprises à son compte, dont la devise du drapeau français, pourtant contradictoire avec les valeurs de droite que j'ai énumérées ci-dessus. En effet, la droite française ne peut pas revenir à l'Ancien Régime, pas plus que les Républicains états-uniens ne peuvent revenir à la guerre de sécession. Néanmoins, par son action et ses manières, elle essaiera de rappeler l'autoritarisme de jadis. La gauche, bien qu'elle se réclame d'une histoire beaucoup plus courte, tombe dans la même caricature en se référant elle aussi à un passé imaginaire et idéalisé. Le point commun de ce bipartisme est donc l'incapacité à vivre dans le présent et à créer pour l'avenir, sans doute un signe de la sénilité de nos nations occidentales vieillissantes.

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