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    Les animaux ont-ils une conscience ?

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    BOUDOU

    Messages : 93
    Date d'inscription : 07/03/2016

    Re: Les animaux ont-ils une conscience ?

    Message  BOUDOU le Dim 24 Juil 2016 - 16:54

    Lou S à écrit :
    J'ai bien vu que pour Descartes, Alain, les animaux n'ont pas de conscience, tout juste des passions, qui seraient peut-être plus des pulsions. Mais aujourd'hui, il me semble que les données de la science nous permettent de remettre sérieusement en doute cette affirmation, non ?

    Les travaux du prix Nobel Gérald Edelman (https://fr.wikipedia.org/wiki/Gerald_Edelman), qui a élaboré une théorie générale de l’organisation et du fonctionnement du cerveau, appelée darwinisme neuronal (http://boris.saulnier.free.fr/DOCS/200306_Saulnier_DarwinismeNeuronal.pdf ) et qui posait ce genre de questions : Comment se fait-il qu’un animal puisse reconnaître un objet sans l’aide d’un professeur ? Et comment se fait-il qu’il soit ensuite capable d’opérer une généralisation et de “construire des universaux” en l’absence de cet objet ou même en sa présence ?”, devraient apporter quelques réponses à vos interrogations.

    Jean Garrabé, Introduction historique à l’étude de la conscience et de l’inconscient, L’évolution psychiatrique 80 (2015) 15–28

    Edelman qui a publié sur le sujet deux ouvrages le premier traitant de la Biologie de la conscience [Edelman G. Biologie de la conscience. Paris: Odile Jacob; 1992] et l’autre exposant comment la matière devient esprit [Edelman G, Tononi G. Comment la matière devient conscience. Paris: Odile Jacob; 2000]a présenté ses idées à Paris lors du Congrès de 2002. Ses références historiques sont William James et Charles Darwin. Il est pour lui possible de replacer l’esprit dans la nature et de construire une théorie du cerveau fondée sur des principes sélectionnistes. Il distingue une « conscience primaire » et une « conscience de niveau supérieur ». Son schéma des connexions cérébrales est celui d’un « enchevêtrement tridimensionnel qui garantit que toute perturbation survenant dans une partie du maillage est ressentie assez rapidement partout ailleurs ». Pour lui, c’est la « rentrée » qui est le mécanisme neuronal clé grâce auquel l’intégration peut avoir lieu et donner lieu à un résultat comportemental unifié. Dans le cerveau « des fibres parallèles et réciproques connectent des cartes distinctes ; l’éveil des neurones de ces fibres transite d’une carte à l’autre ; puis il revient ou réentre de façon dynamique. Ces changements réciproques synchronisent et coordonnent les fonctions des différentes cartes ». Ce sont ces structures thalamo-corticales et leurs connexions agissant ensemble par le biais de la Réentrée qui donne lieu à la création d’une scène consciente ». La conscience ne correspond plus comme chez Jackson à l’activité de la structure cérébrale la plus élevée de la hiérarchie anatomo-physiologique, le cortex. Edelman parle d’une « hiérarchie enchevêtrée » ; c’est-à-dire, qu’« un sous-ensemble d’éléments au sein d’un système constitue un processus intégrateur si, à une échelle déterminée de temps, ses éléments interagissent bien plus entre eux qu’avec le reste du système ». Il estime qu’il n’y a pas d’« aire » ou de « processus » central chargé de la coordination dans le cerveau, qu’« aucun homoncule caché dans notre tête ne décide quelle structure nous devons choisir ou interpréter » et que c’est « par le biais d’une rentrée avec le système mnémotechnique catégoriel et axiologique que l’animal ou l’homme construit une scène qui est liée à son histoire acquise. Cette aptitude à connecter les événements et les signaux du monde est la « base de l’émergence de la conscience », « l’aptitude à construire une scène consciente est l’aptitude à construire, en quelques secondes, un souvenir du présent ». (Il a d’ailleurs écrit un ouvrage intitulé Remember Présent).Cette formulation est particulièrement intéressante car elle évoque le souvenir du temps perdu proustien.


    Bernard Pasobrola, Aperçu de la théorie sélectionniste de Gerald Edelman - http://ekladata.com/FuUZRYGE8rUyFDr7rTU5ugp3A6Q.pdf  
    Concernant le système nerveux des mammifères, la catégorisation perceptive est assurée par des interactions entre les systèmes sensoriels et moteurs, ce qu’Edelman nomme des encartages globaux. L’aptitude à réaliser des catégorisations perceptives – à « donner sens » au monde – permet à un animal de découper les signaux provenant de son corps et de l’environnement en séquences qui donnent lieu à un comportement adaptatif.

    Dienekes  à écrit :
    Je ne sais pas si ça peut répondre à votre question, mais j’avais lu ou entendu (je ne retrouve pas la référence malheureusement) que la cuisson facilite l’assimilation des aliments et a ainsi permis à l’homme de diminuer la longueur de son intestin et de laisser ainsi plus de place aux autres organes tout en permettant le développement du cerveau qui est l’organe le plus consommateur d’énergie dans le corps humain.
    Comme montré par Gérald Edelman, l'émergence de la conscience ne dépend pas simplement de la taille du cerveau.



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